DESTRUCTION DES CORVETTES DE SORTIE ALLEMANDES
louvoyaient devant la rade. Lès derniers cuirassés allemands de la Baltique étaient bloqués ; en effet, la belle saison revenue excluait à peu près toute chance de coup de vent qui aurait pu disperser les navires alliés.
Dans la nuit du 12 au 13, au moment où le vice-amiral recevait la nouvelle, apportée par un torpilleur, de notre victoire au sud de Tantow, la division allemande se décidait à appareiller : le cuirassé suédois Svea l'accompagna jusqu'à la limite des eaux neutres. A 2 heures du matin, les torpilleurs allemands se jetaient sur nos cuirassés et parvenaient à torpiller le Montcalm, qui dut se retirer du combat, disposer ses paillets Makarof et mettre en jeu toutes ses pompes. Les torpilles lancées sur le Terrible et VHelgoland n'avaient produit aucun résultat sensible. En revanche, le canon de 42% de l'avant de notre cuirassé avait fait sentir à l'ennemi sa redoutable puissance : la cuirasse- (40% en deux plans) du Sachsen était percée à la flottaison par un obus de rupture de 780 kilogr. lancé à 300 mètres. Quelques secondes avant, le canon de 30%, 5 de l'allemand avait atteint et perforé la tourelle, cuirassée à 25 centimètres, de VHelgoland; mais, dans ce combat presque corps à corps, tous les coups portaient, et les deux pièces de 26% du cuirassé danois vinrent achever l'œuvre du Terrible.
A 3 heures du matin, aux premiers rayons du soleil, le Sachsen cherchait à regagner la rade de Rônne pour s'y échouer ; les torpilleurs français ne le permirent pas et sous leurs coups le malheureux navire coulait à pic, laissant son pavillon frappé à sa corne.
La résistance de VOldenburg, déjà privé par le combat du 7 de ses pièces de 24% de l'avant, ne pouvait être bien longue. Cependant les moyens d'épuisement de l'eauétaient si bien entendus sur ce navire, presque tout neuf, que ni
boulets ni torpilles ne semblaient capables de le couler; ce fut la destruction successive de tous les abris, la mise hors de combat de la plus grande partie de Téquipage, que les petits projectiles des alliés atteignaient partout, qui décidèrent la défaite du dernier cuirassé allemand. Encore fallut-il que le croiseur danois Fyen Tabordât par une manœuvre habile, et que ses hommes, jetés sur le pont désert de VOldenburg, se chargeassent de couper la drisse du pavillon.
V Olga y le Blitz et 4 torpilleurs avaient couru au large pendant ce dernier engagement. Les navires légers de Tescadre les poursuivirent, mais sans succès : la mer, qui commençait à se faire, avec un vent frais du Nord-Est, rendait incertain le tir des torpilles du Vautour et de la Flèche et leurs canons légers restèrent impuissants.
Ces six navires furent les seuls qui rentrèrent à Kiel, où Ton s'occupait activement de renflouer le Bayern, de remettre la vieille corvette cuirassée Hansa en état de marcher, enfin de couvrir de fortifications de campagne la ville et l'arsenal d'Ellerbeck.
Le 16 juin, 6 cuirassés français et danois, 8 croiseurs et 10 torpilleurs étaient réunis devant l'entrée de la rade ; deux divisions danoises se présentaient devant Friedrichsort ; le siège de Kiel allait commencer.
L'armistice l'interrompit, au grand regret de nos marins et surtout des Danois : le 30 juin et le 1®' juillet avait été livrée devant Berlin, sur la ligne de la Wûhle, et d'Ahrensfelde à Franzôsisch-Buchholz, la bataille terrible qui mit aux prises 230,000 Allemands et 270,000 Russes,* Français et Danois. Le V' juillet, le centre de la ligne de défense était emporté, Ahrensfelde et Falkenberg occupés par le 10* corps français et le 6* corps russe.