‹ Rome chrétienne ou tableau historique des souvenirs et des monuments chrétiens de RomeChapitre 14 sur 48 · TOME i. c · texte numérisé non relu

TOME i. c

frappant le rocher, la multiplication des pains, etc. Les tètes des Apôtres sont souvent reproduites et toujours empreintes de caractères traditionnels. Dans la catacombe de Sainte-Agnès on remarque une Vierge qui remonte au second siècle. Marie, richement vêtue, et ayant l'Enfant Jésus sur son giron, étend les bras dans l'attitude de la prière. Quant à Jésus, il est ordinairement représenté dans tout l'éclat de la douceur et de la jeunesse ! ; mais quelquefois l'artiste se contente de peindre un agneau portant une croix.

La statuaire produisit peu d'œuvres durant les trois premiers siècles : on craignait sans doute le souvenir des idoles. Mais au quatrième, les ciselures furent remplacées par des bas-reliefs, surtout dans la décoration des sarcophages. Ces sarcophages ne nous offrent point de scènes joyeuses ni de folles plaisanteries avec la mort comme les tombeaux antiques, mais des pensées de paix et d'espérance exprimées avec une touchante poésie. Tantôt c'est la Résurrection de Lazare, tantôt Élie emporté dans un char de feu, etc. Les inscriptions qui les accompagnent ne parlent également que de la vie là où les yeux n'aperçoivent que la mort : — « Marzia, tu vis en paix ; — Dioscore, vis éternellement ; — Laurent s'est retiré du siècle ; — Sévère a été emmené par les Anges (accersitus ab Angelis). »

L'art se tait, s'efface devant cette piété des premiers âges, cette foi vive, cet amour ardent, ces derniers

1 Voir surtout dans l'ouvrage de M. Louis Perret (les Catacombes de Rome), uue tète de Christ qu'un de nos grands peintres considère comme la plus belle qui soit connue. Elle se trouve dans la crypte des Apôtres.

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DEUXIÈME SIÈCLE

hommages rendus à des hommes flétris par le pouvoir, reniés du monde, et qui, fidèles à leur vocation, avaient passé en faisant le bien. La religion était alors dans son époque militante ; il lui fallait jeter les fondements de l'édifice, propager ses dogmes, en faire la base des lois et des mœurs, et renverser pour reconstruire à neuf toutes les croyances des nations. Pendant ce temps-là, les arts sont abandonnés à d'humbles et pieux manœuvres. Mais lorsque la religion, haute et dominante, eut accompli sa tâche, lorsqu'elle eut constitué fortement la société, alors ses branches s'étendirent, se ramifièrent; elle féconda l'esprit humain, l'aiguillonna dans toutes les directions, et éclaira de son flambeau ses investigations nouvelles.

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