‹ Rome chrétienne ou tableau historique des souvenirs et des monuments chrétiens de RomeChapitre 27 sur 48 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le riffne de Charlemagne eut une lueur de politesse qui fut probablement le fruit du voyage de

Voltaire.

HUITIÈME SIÈCLE

Depuis l'invasion des Lombards l'Italie était divisée en une foule de petites principautés qui n'étaient unies au gouvernement central siégeant à Pavie que par les liens du vasselage. Il y avait des ducs de Frioul, de Bénévent, de Spolette, et, plus tard, il y en eut de Turin, de Brescia, de Toscane, de Naples. L'exarque de Ravenne ne régnait plus que sur la Pentapole ; et Rome, entourée de princes ambitieux, réduite à ses anciennes limites des premiers âges de la république, formait, elle aussi, un duché, sous l'autorité nominale d'un magistrat envoyé de Constantinople, et sous l'autorité réelle des papes. Qu'était-ce, en effet, que ces empereurs de Constantinople pour sauver l'Italie de la crise sociale dans laquelle elle était plongée? Y avait-il en eux quelque sentiment de dignité et de force, quelque souci de la gloire, quelque pensée d'avenir? Avaient-ils au moins quelque droit à la couronne? Depuis longtemps le sang de

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Constantin et de Théodose était tari. On avait vu un paysan de la Thrace et une comédienne ceindre fièrement le bandeau impérial, et le sceptre des Césars était devenu le prix de l'intrigue et de la cruauté. Justinien II, petit-fils d'Héraclius, occupa le trône durant la seconde moitié du septième siècle ; mais ayant voulu se donner le spectacle de la destruction de Constantinople, comme Néron de celle de Rome, il fut détrôné, en 680, par le patrice Léonce, qui lui fit couper le nez et le relégua dans la Chersonèse. Léonce ne régna que quelques jours; les légions d'Afrique ayant proclamé empereur Tibère Absimare, leur général, Léonce fut enfermé dans un monastère, après avoir subi à son tour des mutilations hideuses. Cependant Justinien II rêvait encore, dans son exil, de trône et de crimes. Il s'allie avec le roi des Bulgares, vient attaquer Constantinople, en 705, y pénètre par un aqueduc, et ressaisit le pouvoir qui lui était momentanément échappé. Alors il y eut un spectacle affreux. Tibère et Léonce furent amenés dans l'hippodrome ; on les y coucha par terre comme des animaux qu'on va égorger, et le lâche empereur leur tint le pied sur la gorge, tandis qu'une imbécile populace criait : Vous marchez sur V aspic et le basilic, vous foulez aux pieds le lion et le dragon ! Les deux malheureux eurent ensuite la tête tranchée. On creva les yeux, par ordre de l'empereur, au patriarche Callinique, et le sang continua de couler jusqu'à Tannée 711, où Bardane- Philippique se rendit maître de Constantinople, et vengea par d'abominables représailles les victimes de Justinien. La tête de Justinien fut promenée dans les villes de l'empire, et on la porta même jusqu'à Rome.

Philippique était monothélite, et il s'empressa de convoquer un conciliabule dans le but de réformer les décisions du sixième concile général par lequel l'hérésie de Macaire d'Antioche avait été condamnée. Le peuple de Rome en conçut une indignation profonde ; il ne souffrit pas que l'image de l'empereur fût portée dans l'église, ni que son nom fût prononcé dans les prières; puis, s'étant assemblé sur la voie Sacrée, devant le palais, il y attaqua à main armée les soldats du duc Pierre, que Philippique avait envoyés pour gouverner Rome. Vingt -cinq hommes des deux partis restèrent sur la place ; le peuple triomphait et Pierre était en danger de la vie, lorsque tout à coup des évèques et des prêtres vinrent par ordre du pape, avec la croix et les Évangiles, interposer leur ministère de miséricorde, et réussirent à calmer la sédition 1

Philippique, au reste, ne régna pas longtemps ; une nuit, pendant qu'il dormait, on lui creva les yeux, et la couronne passa sur la tête de son secrétaire Anastase. Deux ans après, Anastase fut enfermé dans un monastère par Théodose III, que l'armée de Phénicie proclama empereur à sa place ; et Théodose à son tour éprouva le même sort, lorsque Léon, fils d'un cordonnier d'Isaurie, monta sur le trône des Césars, le 25 mars 71 7. Vivre et se venger, telle était la seule pensée de ces empereurs d'un jour. Que leur importait Rome, lorsqu'ils no se tenaient même pas assurés de Constantinople, lorsque les flottes des Sarrasins venaient insolemment jeter l'ancre à la pointe du Bosphore, et

1 Peu d'années auparavant, le pape Jean VI avait également sauvé l'exarque Théophylactc, que les soldats voulaient massacrer dans les rues de Rome.

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que d'ailleurs le lit où ils dormaient, la table où ils mangaient, pouvaient le lendemain appartenir à un autre assassin comme eux I

La même anarchie gouvernementale existait chez les Lombards ; mais chez eux c'était plutôt l'effet de l'énergie inquiète d'un peuple nouveau que de la débilité capricieuse d'un peuple vieilli. Les ducs so disputaient entre eux des villes, des forteresses ; mais le pouvoir suprême n'en demeurait pas moins stable, exercé, comme il Tétait le plus souvent, par des mains fermes et habiles.

On voit combien était difficile la position de Rome et des pontifes romains au milieu de tant de prétentions diverses. D'un côté, l'autorité des empereurs d'Orient opprimait quelquefois, ne protégeait jamais ; de l'autre, l'épée des Lombards ne rentrait jamais dans le fourreau, et cette épée, maniée par des hommes tels que Luitprand et Astolphe, était pour les malheureuses populations une menace continuelle. Les populations du territoire romain étaient en outre sans cesse pillées par les troupes des ducs de Bénévent et de Spolette ; on enlevait les troupeaux, on incendiait les fermes de Saint-Pierre, on s'emparait des places qui commandaient le pays ; et, sans l'énergie des habitants qui repoussaient souvent la force par la force, sans l'incessante médiation des pontifes entre tous les intérêts rivaux, Rome eût bientôt courbé la tête sous l'influence prédominante des Lombards.

Les papes occupaient le premier rang à Rome, d'abord à cause de la primauté du siège apostolique, puis aussi en raison de l'étendue déjà considérable des domaines de Saint-Pierre, dont ils étaient les usufrui-

tiers et les gérants. Ces domaines, consacrés à l'entretien du luminaire des églises, à la nourriture des pauvres et des pèlerins et au service des hôpitaux, s'étaient formés et accrus tant par les donations successives des empereurs, que par les générosités des fidèles. En outre de ceux dont Constantin avait gratifié les basiliques fondées par lui, on comptait, dès le temps de saint Grégoire, vingt-trois autres domaines répartis dans l'Italie, l'Istrie, la Dalmatie, rillyrie, la Sardaigne, la Corse et les Gaules. L'un de ces domaines comprenait à lui seul les Alpes cottiennes avec les villes d'Aix, Bobbio, Savone, Gênes, etc. A une autre extrémité de l'Italie, l'Église possédait Gallipoli et Otrante. Naples même recevait un tribun que le pape y envoyait pour commander aux troupes et défendre la ville. Plus l'anarchie devenait profonde et plus on sentait le besoin d'avoir recours à la seule force vive qui demeurât dans la société. Quant aux papes, leur puissance grandissait naturellement en raison môme de leurs devoirs, pour le salut du pauvre peuple qui n'avait pas d'autre défenseur l .

« Ce qu'il y a de véritablement étonnant, a dit de Maistre, c'est de voir les papes devenir souverains sans s'en apercevoir et même, à parler exactement, malgré eux. Une loi invisible élevait le siège de Rome, et l'on peut dire que le chef de l'Eglise universelle naquit souverain. De l'échafaud des martyrs il monta sur un trône que l'on n'apercevait pas d'abord, mais qui se consolidait insensiblement, comme toutes les grandes choses, et qui s'annonçait, dès son premier âge, par je

' Rohrbacher, Ilist. de l'Eglise, t. IX, p. 409.

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ne sais quelle atmosphère de grandeur qui l'environnait sans aucune cause humaine assignable. Le pontife romain avait besoin des richesses, et les richesses affluaient... elles furent l'œuvre de la Providence, qui les marqua, dès l'origine , du sceau de la légitimité. On les voit, et Ton ne sait d'où elles viennent ; on les voit, et personne ne se plaint. C'est le respect, c'est l'amour, c'est la piété, c'est la foi qui les ont accumulées.

a Dans Rome encore païenne, le pontife romain gênait déjà les Césars. Il n'était que leur sujet, ils avaient tout pouvoir contre lui, il n'en avait pas le moindre contre eux ; et cependant ils ne pouvaient tenir à côté de lui... Une main cachée les chassait de la Ville éternelle pour la donner au chef de Y Eglise éternelle. » (Du Pape, 1. II, ch. VI.)

Sergius était encore sur le trône au commencement du huitième siècle ; il fut remplacé, en 701 , par Jean VI. On raconte de ce dernier pontife, qu'il consacra les trésors de l'Eglise à racheter les captifs faits, dans la Campanie, par Gisulfe, duc de Bénévent. C'était là, eu effet, une des destinations les plus sacrées des biens ecclésiastiques; souvent même on vendait les vases destinés au service des autels, et Fortunat, évèque de Fano, sauva ainsi, en 592, un grand nombre de malheureux qui étaient emmenés par les Lombards.

Mais ce n'était pas seulement les fers ou la prison qu'on avait à redouter dans ces temps calamiteux. L'hérésie des iconoclastes était devenue ardente et persécutrice : non-seulement on brisait les statues, on déchirait les tableaux, on mettait à nu les sanctuaires ; mais on dispersait aussi les évêques, et les tortures et la mort venaient en aide à l'empereur. Cet empereur,

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qui était Léon l'Isaurien, ayant vainement commandé l'apostasie aux hommes distingués qui enseignaient dans la bibliothèque de Constantinople, mit le feu à cette bibliothèque, et se débarrassa ainsi de trente mille volumes, de tableaux et de médailles sans nombre, et des savants préposés à leur garde. Or, un pareil triomphe ne suffisait pas à l'orgueil impérial ; il fallait encore que le feu parcourût l'Italie, et Ton ne sait à quelles extrémités se seraient portés, les uns contre les autres, les Italiens et les agents de l'empereur, sans la fermeté de Grégoire II.

Grégoire était né à Rome en 669 ; il avait passé sa jeunesse dans le palais patriarcal de Latran, où sa science et sa vertu s'étaient développées sous les yeux des pontifes, et l'influence qu'il exerça dans les rangs inférieurs de la hiérarchie, le désigna naturellement pour occuper le premier. Dès son entrée au pouvoir, en 715, il se montra préoccupé de tous les devoirs d'un souverain et d'un évêque. Il répara les murs de Rome ; il établit près de Saint-Paul et de Sainte-Marie-Majeure des monastères destinés à assurer le service divin dans ces deux basiliques ; et, après la mort de sa mère Honesta, sa maison paternelle fut transformée par lui en un couvent, près duquel il éleva une église sous l'invocation de sainte Agathe. C'est cette église de Sainte- Agathe trans Tiberim que Clément VIII donna, dans la suite, à la congrégation de la Doctrine chrétienne.

En même temps, Grégoire relevait de ses iuinesl' abbaye du Mont-Cassin détruite par les Lombards, et il envoyait saint Boniface à la conquête de la Thuringe et de tout le nord de l'Allemagne. Boniface était un jeune Anglais, dont le véritable nom était Winfrid. Il

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avait fui l'Angleterre parce que les moines de son couvent avaient voulu l'élever aux dignités de l'ordre; et seul, avec l'aide de Dieu, il était venu à Rome demander au père des chrétiens des instructions et des pouvoirs pour travailler à la conversion des peuples. Des royaumes entiers se convertirent à la voix do Winfrid; et Grégoire II l'ayant alors rappelé, il l'ordonna évêque dans l'église du Vatican, le 30 novembre 723. Boniface revint une troisième fois à Rome, dans sa vieillesse, pour se recommander aux prières des apôtres; puis il se rendit dans la Frise, où il souffrit le martyre à l'âge de soixante-quinze ans : digne récompense de sa courageuse mission.

Cependant Tordre arriva à Grégoire II de détruire dans tous les lieux de son obédience , les statues, tableaux, bas -reliefs, qui reproduisaient les images de Dieu et des saints. Grégoire refusa d'obéir. « Puisque Jésus est véritablement né, écrivait-il, qu'il a fait des miracles , qu'il a souffert, qu'il est ressuscité, plût à Dieu que le ciel, la terre, la mer, tous les animaux, toutes les plantes pussent raconter ses merveilles, par la parole, par l'écriture, et par la peinture ! »

L'éloquent et courageux pontife, se laissant aile, ensuite à toute l'émotion de son cœur, rappelait les impressions qu'il éprouvait en entrant dans la basilique de Saint-Pierre. « Le Christ m'est témoin, disaitil, que, lorsque j'entre dans le temple du Prince des apôtres et que je contemple son image, je me sens pénétré d'une telle componction , que mes larmes coulent comme la pluie du ciel. Jésus-Christ rendait la vue aux aveugles, et vous, ajoutait-il en s'adressant

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à Léon Tlsaurien, vous aveuglez ceux qui jouissent de la vue la meilleure. »

Alors l'empereur envoya des assassins pour le tuer. Ces assassins se nommaient Basile, Jourdain et Lurion, et ils étaient approuvés par Marin, duc de Rome; mais, Marin ayant été frappé de paralysie avant l'exécution du crime, l'entreprise fut abandonnée. Paul, exarque de Ravenne, prétendit ranimer le zèle des sicaires; mais le peuple romain se souleva et mit en pièces Jourdain et Lurion. A cette nouvelle, Paul assembla des troupes et marcha sur Rome ; mais toutes les populations étaient en armes, et il ne put y entrer.

Quelques jours après, le bruit des massacres de Constantinople, de l'incendie de la bibliothèque, des violences exercées contre le patriarche; retentit dans les rues de Rome. Aussitôt, par un mouvement spontané, les images de l'empereur furent partout abattues ; on les lacéra, on les foula aux pieds, et l'on attendit fièrement les effets de sa vengeance. Cette vengeance pouvait être terrible, car l'exarque de Ravenne s'était allié avec Luitprand, roi des Lombards, et les deux armées s'avançaient ensemble vers Rome. Lorsqu'elles furent aux portes de la ville, Grégoire sortit et parla à Luitprand avec tant d'entraînement et de noblesse, que ce prince se prosterna à ses pieds, détacha son manteau, son baudrier, son épée dorée, et les déposa, en signe d'offrande, sur le tombeau de saint Pierre, avec une couronne d'or et une croix d'argent. Grégoire pardonna ensuite à l'exarque, et l'aida même de son influence à maintenir la domination impériale sur la Toscane.

Cependant les passions fermentaient toujours en

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Italie, lorsque de nouveaux ordres pour la destruction des images arrivèrent de Constantinople. Alors l'Italie entière se souleva. Paul, exarque de Ravenne, et Exhilarat, duc de Naples, qui voulurent attenter à la vie du pape, furent massacrés ; et, d'une voix unanime, on résolut d'élire un nouvel empereur. Grégoire, fidèle à sa mission de concorde, s'opposa à ce parti extrême. Tous les jours il réunissait le peuple de Rome dans des processions et des prières, et il s'efforçait de lui inspirer, non plus seulement la fermeté contre la persécution, mais aussi la charité et la douceur, qui calment les haines et adoucissent les blessures. C'est en pratiquant ces œuvres de dévouement et de piété qu'il accomplit sa carrière, le 13 février 731.

Parmi les images les plus vénérées qui existent de Notre-Seigneur, il en est une qui fut apportée miraculeusement, dit-on, de Constantinople à Rome, lors do la persécution des iconoclastes, sous le pontificat do Grégoire IL Elle représente Jésus-Christ en pied, de grandeur naturelle, et repose sur une tablette de cèdre ou d'olivier. De tout temps cette image a été désignée par le surnom d'Achêropite, c'est-à-dire qui n'a pas été faite de main d'homme. Grégoire II la plaça au palais de Latran, dans la chapelle de saint Laurent, connue aujourd'hui sous le titre àeSancta Sanctorum . Pendant longtemps on ne la découvrit que le jour de l'Assomption, et aujourd'hui encore elle n'est visible que pendant la semaine sainte, le temps de Pâques, l'octave de l'Assomption et les années du Jubilé. Enfin, le jour de l'Assomption et toutes les fois que des calamités menaçaient la ville, les papes portaient solennellement

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l'image achèropile, du SanctaSanctorum à Sainte-Marie- Majeure.

Au souvenir de cette image vénérée vient se joindre naturellement celui de la Vierge de Sainte-Marie in Cosmedin, échappée, elle aussi, à la persécution des Grecs et transportée à Rome dans ces malheureux temps. L'église, dont elleest l'ornementleplusprécieux, est une de celles dont la disposition intérieure rappelle le mieux l'antique origine. Elle succéda, paraît-il, à un oratoire fondé par saint Denis au troisième siècle, et à l'école dans laquelle enseigna saint Augustin. Plus tard elle devint le refuge des catholiques d'Orient poursuivis par les iconoclastes, et prit alors le nom d'école des Grecs, Reconstruite enfin et embellie par le pape Adrien I er , elle ne fut plus désignée que par le surnom de in Cosmedin, c'est-à-dire l'ornée ou la belle l .

Sainte Marie in Cosmedin est au bord du Tibre et sur la place déserte qui s'étend de son portique au temple de Vesta et à celui de la Fortune virile, comme la représentante solitaire de l'église désolée de Saint- Chrysostôme. Son clocher est byzantin, son nom est grec, et la Vierge, qui attire tous les yeux, derrière son maître-autel, est à la fois un pieux souvenir des persécutions de Constantinople et L'un des plus beaux produits de l'art de l'Orient. On y lit encore son antique inscription : Mère de Dieu, toujours vierge, eeoroxo?

attitxpQevoç.

1 De Kocftof, ornement, gloire, honneur. On appelle quelquefois cette église Bocca délia verità, d'un mascaron antique formant sans doute l'embouchure d'un égout, et dont la bouche se fermait, se plaisait-on à dire, sur la main des menteurs.

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Grégoire III, qui succéda à Grégoire II, employa vis- à-vis des empereurs les mêmes armes du courage et de la patience. Peu de jours après son avènement, il écrivit à Léon : « Vous croyez nous épouvanter en disant : — J'enverrai à Rome briser l'image de saint Pierre, et j'en ferai enlever le pape Grégoire chargé de chaînes, comme Constant fit à Martin. Sachez que les papes sont les médiateurs et les arbitres de la paix

entre l'Orient et l'Occident Nous ne craignons point

vos menaces. » Il assembla ensuite un concile, où le respect dû aux saintes images fut consacré par l'autorité de 93 évêques ; et des sommes d'argent furent en même temps distribuées à tous les peintres et sculpteurs de l'Italie, pour qu'ils les multipliassent dans les églises. L'irritation de Léon fut alors à son comble. Il envoya une flotte contre le pape ; mais cette flotte fit naufrage dans la mer Adriatique, et Léon se vit contraint à vieillir et à mourir sans vengeance, sous le poids des excommunications dont il avait été frappé.

Cette image de saint Pierre, que l'empereur voulait venir briser jusqu'au sein de Rome, c'était la statue de bronze qu'on y vénère encore et dont Maphœus Veggius a dit : « A l'exception du maître-autel, il n'y avait pas dans toute la basilique d'endroit qui attirât un plus grand concours de peuple. » Un autre écrivain, cité par Mgr Gerbet, l'appelle la très-antique statue de saint Pierre en airain t qui a été autrefois celle de Jupiter Capitolin. Il paraît en effet certain que saint Léon fit fondre le Jupiter du Capitole pour en faire la statue de l'apôtre. Ce fut de sa part un témoignage d'actions de grâces pour la délivrance de Rome que menaçait Attila.

Léon risaurien fut remplacé sur le trône par son fils, Constantin Copronyme, et le nouvel empereur surpassa s'il est possible les crimes de son père. Il jouait de la lyre, comme Néron, pendant qu'on mutilait ou qu'on tuait par ses ordres les orthodoxes. Le sang coula à flots pendant son règne ; mais l'Italie ne dépendait plus en réalité de l'empire de Constantinople, et elle demeura à l'abri de ses fureurs. Malheureusement, des divisions intestines l'empêchaient d'ailleurs d'avoir aucun repos. Luitprand vint assiéger Rome, parce que Grégoire III refusait de lui livrer le duc de Spolette qui y avait cherché un refuge. Ce siège n'eut pas de résultat ; mais, d'un instant à l'autre, le joug des empereurs d'Orient pouvait néanmoins être remplacé par celui des Lombards, nation inquiète, dont le catholicisme n'avait encore qu'imparfaitement adouci les mœurs, et qui conservait toujours sa rude et sauvage énergie.

Et ce n'était pas seulement l'Italie , c'était la chrétienté tout entière qui était dans un profond état de souffrance. De tous côtés les ennemis fondaient sur elle. Dépouillée de ses belles provinces de l'Asie et de l'Afrique , elle ne pouvait même plus se défendre en Europe ; car la mer avait cessé d'être un rempart contre ces terribles invasions de deux et trois cent mille hommes qui dévoraient, en passant, les royaumes, et marchaient toujours comme entraînés par la fatalité. Depuis un siècle, les Arabes s'étaient partagé le monde, dominés qu'ils étaient par leur humeur aventureuse et par une sorte d'abandon fanatique à ce qu'ils considéraient comme le décret de Dieu. Pendant que quelques-uns se diri-

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geaient vers les Indes et la Chine *, d'autres pénétraient en Espagne, traversaient les Pyrénées, et il fallait toute la force du bras de Charles Martel pour enfouir ces hordes terribles dans les champs de Poitiers. La victoire de Poitiers sauva peut-être la civilisation en Europe, et elle plaça Charles Martel, duc d'Austrasie, au premier rang des princes chrétiens. On ne peut donc s'étonner que Rome, abandonnée à ses propres forces, impuissante à se défendre seule contre les ennemis qui l'entouraient, ait eu recours à Charles, par l'organe de ses pontifes.

Grégoire II fut le premier à l'implorer ; Grégoire III lui envoya à son tour une ambassade, en 740, avec les clefs du sépulcre de saint Pierre et une partie de ses chaînes. Il lui faisait demander secours et assistance contre les rois lombards. — « Ces rois, lui écrivait-il, prennent occasion de notre confiance en vous pour vous insulter. — Qu'il vienne donc, ce Charles, disentils, qu'elle vienne cette armée des Francs en qui il espère ! et, s'ils le peuvent, qu'ils l'aident, qu'ils l'arrachent de nos mains 1 » — Mais l'alliance des Lombards était précieuse alors pour le duc d'Austrasie dans sa lutte contre les Sarrasins, et l'ambassade demeura sans effet,

Peu de jours après cette démarche, qui fait époque dans l'histoire, Grégoire III mourut. Parmi les fondations de son pontificat l'histoire cite un oratoire de la basilique vaticane, situé près du Grand arc, du côté des hommes ; il était dédié à sainte Marie. Grégoire y déposa, derrière une balustrade de bronze, une quan-

1 On vit des Arabes à Canton dès le huitième siècle.

tité considérable de reliques rassemblées de tous les pays du monde. Le culte des saints était attaqué ; il répondit à l'attaque par ce nouvel hommage. Les religieux des monastères voisins durent venir célébrer dans cet oratoire les vigiles des fêtes de tous les bienheureux dont les restes y étaient honorés. Anastase se plaît, en outre, à énumérer les vases d'or, les croix pendantes, les agrafes précieuses dont la piété du pontife enrichit ce sanctuaire.

Le môme pontife releva de ses ruines l'ancienne diaconie des saints Serge et Bacque, qui faisait partie des dépendances du Vatican. Il plaça six colonnes torses devant la Confession de saint Pierre et les fit orner d'architraves d'argent, représentant Jésus avec les apôtres et Marie avec les vierges ; puis il donna à la chapelle de la Crèche, à Sainte-Marie-Majeure, un bas-relief en or parsemé de pierres précieuses. La Vierge y était représentée embrassant son fils.

Les désordres auxquels l'Italie était en proie se prolongèrent longtemps encore, et le pontificat deZacharie fut signalé par les courageuses tentatives d'union de ce saint pontife, près des diversprinces de la péninsule. C'était un homme d'une rare douceur, nous dit Anastase, et orné de toute bonté. Il obtint de Luitprand la restitution des villes qui avaient été usurpées sur le duché de Rome et sur le patrimoine de saint Pierre ; il défendit Ravenne et le domaine impérial contre l'ambition de ce même Luitprand; puis, en même temps qu'il protégeait tous les droits, on le voyait soulager toutes les infortunes. Un grand nombre d'esclaves, que des marchands de Venise conduisaient en Afrique, furent rachetés par lui et rendus à la li-

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berté ; des distributions régulières d'aumônes pour les pauvres, les pèlerins, et les malades des différents quartiers de la ville, furent établies par lui au palais patriarcal. Zacharie remit à neuf ce palais qu'il avait trouvé en grande pénuiiœ, nous dit Anastase. Parmi les appartements qu'il répara, se trouvait une salle à manger, triclinium, située devant la basilique do Théodore. Zacharie l'orna de marbres divers, de vitres, de métaux précieux, de mosaïques et de peintures ; il fit, en outre, peindre de saintes images dans l'oratoire de saint Sylvestre, et édifia un portique et une tour qui devinrent deux des parties les plus remarquables de la demeure pontificale. Le portique lui servit d'entrée ; la tour le dominait. A l'étage le plus élevé de cette tour était un second triclinium, dont les murs couverts de fresques représentaient la carte du monde : Zacharie l'y avait fait dessiner afin de no perdre jamais de vue l'étendue et la responsabilité de sa charge, et afin aussi sans doute que chaque pèlerin, en mettant le pied chez le pasteur universel, y retrouvât un souvenir de sa patrie.

Le même pontife déposa sur l'autel de saint Pierre un tapis tissu d'or et de pierres précieuses sur lequel était figurée la Nativité de Jésus-Christ, et il enrichit la basilique de tous les livres nécessaires à la récitation des différents offices.

C'est au pape Zacharie que Pépin le Bref, maire du palais de Childéric III, envoya saint Burchard, évêque de Wurtzbourg, et Fulrad, abbé de Saint-Denis, pour le consulter sur ses prétentions au trône dont sa famille exerçait depuis longtemps tous les droits. Zacharie ne vit dans l'avènement de cette nouvelle

dynastie que la consolidation de Tordre qu'elle était parvenue à établir dans les Gaules, et il trouva juste qu'on donnât le titre de roi à celui qui en avait le pouvoir. Pépin fut en conséquence sacré roi des Francs (Francorum rex) par saint Boniface, archevêque de Mayence, et Childéric finit ses jours dans un monastère. Ainsi, le pouvoir pontifical devenait de plus en plus un tribunal suprême, auquel les rois et les peuples s'adressaient pour la solution des questions qui intéressaient la société.

Un prêtre, du nom d'Etienne, fut élu pour succéder à Zacharie ; il fut même mis en possession du Latran ; mais trois jours après, et même avant d'être sacré, il perdit tout à coup la parole, la connaissance, et mourut.

Étienne II fut alors élu par acclamation dans l'église de Sainte-Marie-Majeure. Il inaugura son pontificat par le rétablissement de quatre anciens hôpitaux à Rome, et par la fondation de trois nouveaux. Les hôpitaux sont une des plus sublimes institutions du Christianisme ; on ne trouve rien dans l'antiquité qui leur ressemble : mais à peine l'Évangile a-t-il été annoncé aux hommes, qu'aussitôt sept diacres sont chargés de la distribution de secours aux indigents et aux malades. Les diaconies de Rome étaient des hôtelleries ouvertes à toutes les misères, et c'était à l'entretien des maisons des pauvres qu'étaient surtout consacrés les trésors de l'Église. Nous remarquerons que deux des hôpitaux construits par Étienne II étaient dans le voisinage de Saint-Pierre, sans doute parce que c'était là que les pèlerins se portaient de préférence. C'est également près de Saint-Pierre qu'Ina, roi des Saxons

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occidentaux, fit édifier, au commencement du huitième siècle, un vaste bâtiment destiné à recevoir les pèlerins de la Grande-Bretagne, et une église sous l'invocation de sainte Marie J . Cette église et cet hospice, ruinés à diverses époques, furent reconstruits au treizième siècle, par Innocent III, sous le titre du Saint-Esprit, SanSpirito in Sassia; c'est aujourd'hui un des plus magnifiques établissements de Rome.

L'hospice du roi Ina est le premier de ce genre que les nations étrangères aient fondé dans la ville pontificale, ce qui nous donne à penser combien était grande l'affluence des Saxons de la Grande-Bretagne aux tombeaux des apôtres. Saint Kilian, saint Ceolfrid, saint Boniface, les rois Ina et Offa, le célèbre Alcuin, appartenaient tous aux îles Britanniques. — « C'était alors, dit Bède, la coutume de bien des Anglais, clercs et laïques, hommes et femmes, d'aller finir leurs jours près des tombeaux des apôtres, afin d'être reçus d'eux plus familièrement dans le ciel. »

Rome devenait au reste, chaque jour davantage, le centre du monde civilisé. Nous lisons qu'un prince de Bavière y vint en pèlerinage durant le huitième siècle ; et, comme autrefois, on voyait se presser dans ses rues des hommes de tous costumes, de toutes couleurs, qui venaient rendre hommage à sa puissance et à sa gloire.

Astolphe, roi des Lombards, s'empara de l'exarchat

1 Ina établit une taxe d'un sou par an sur chaque maison de sou royaume pour l'entretien de cet hospice. Ce tribut était payé chaque année à Rome, le jour de la Saint-Pierre : aussi a-t-il été longtemps connu sous la désignation de (tenter ete saint Pierre.

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de Ravenne sous le pontificat d'Etienne II, et il résolut dès- lors d'ajouter à ses domaines Rome et son territoire, seul vestige désormais de la puissance impériale en Occident. En présence d'un tel danger, Etienne ordonna une procession, au milieu de laquelle il parut , portant sur ses épaules la célèbre image achéropite du Sauveur. Il était nu-pieds , et suivi de tout le peuple, qui avait de la cendre sur la tète et poussait de lugubres gémissements. Aux branches de la croix avait été attaché le traité de paix violé par les Lombards.

En môme temps, Etienne demanda du secours à Constantin Copronyme ; mais Constantin resta muet, et le pontife délaissé tourna alors les yeux vers la France. Il quitta Rome malgré les larmes du peuple, et alla implorer le noble cœur du chef des Francs Pépin fit solennellement don à l'Eglise des villes dont Astolphe s'était emparé, et bientôt après il se mit en marche pour les conquérir. Le retour du pape Etienne fut célébré à Rome par les acclamations de la population entière. Le clergé marcha au-devant de lui, en chantant des hymnes et portant des croix, jusqu'aux prés de Néron, et la foule criait : — Longs jours à notre Père, il est notre salut après Dieu !

Or, Astolphe céda à l'influence toute-puissante du roi des Francs, mais il ne garda pas longtemps la parole qu'il lui avait donnée. A peine les Alpes avaientelles été repassées par l'armée de Pépin, que les Lombards se dirigèrent vers Rome. Ils la tinrent assiégée pendant trois mois, brûlèrent et saccagèrent les fermes environnantes, déterrèrent les corps saints des cimetières, et souillèrent, par les plus vils outrages,

HUITIÈME SIÈCLE

les monastères de vierges. Etienne écrivit alors à Pépin et à ses deux fils.

« Nous sommes entourés, disait-il, d'une tristesse si amère, telle est notre angoisse et telle est la continuité de nos larmes, qu'il nous semble que les éléments eux-mêmes doivent le raconter. Vous savez comment l'impie Astolphe a violé la paix ; depuis les calendes de janvier il campe à nos portes, et il nous fait dire : — Ouvrez-moi la porte Salaria, livrez-moi votre pape, et je serai patient envers vous ; mais, si vous ne le faites, je renverserai vos murailles, je vous passerai tous au fil de l'épée, et je verrai bien alors si quelqu'un pourra vous tirer de mes mains. —

a Et ses soldats incendient les églises, ils détruisent les images, mettent dans leurs vases impurs, dans ce qu'ils appellent leurs sacs [folles), les dons sacrés, c'està-dire le corps de Notre-Seigneur, pour le manger après s'être repus de viandes. . . Tels sont enfin les maux dont ils nous accablent, que les païens eux-mêmes ne nous en firent jamais autant, et il nous semble que les pierres elles-mêmes crient avec nous.

a Voilà cependant cinquante-cinq jours qu'ils attaquent cette ville infortunée de Rome ; nuit et jour ils lui livrent des assauts et battent ses murailles... Oh ! n'éloignez pas de nous votre bras, princes très-chrétiens, et Dieu n'éloignera pas le sien de vous lorsque vous combattrez vos ennemis. Hâtez-vous de venir à notre aide, ô nos bien-aimés ! Accourez, accourez, et protégez-nous avant que le glaive ait atteint notre cœur. Je vous implore ; empêchez-nous de périr ! Et que les nations ne disent pas, d'un bout du monde à l'autre : — Où en est la confiance des Romains, cette

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confiance, qu'après Dieu, ils plaçaient tout entière dans les rois et dans le peuple des Francs !...

« Dieu a donné la force au peuple des Francs, ajoutait-il, et il n'est pas une nation qui ait eu recours à lui et qui n'ait été sauvée. Combien plus ne devez-vous point avoir à cœur de délivrer la sainte Église de Dieu et son peuple ! »

Dans une autre lettre Etienne fait parler saint Pierre lui-même : — « Je vous regarde comme mes enfants adoptifs, lui faisait-il dire ; c'est vous, peuples des Francs, qui êtes nos peuples de prédilection entre toutes les nations de la terre... La mère de Dieu, toujours vierge, vous fait les mêmes instances que moi. Elle vous presse, elle vous commande avec tous les chœurs des anges, tous les saints martyrs et confesseurs, d'avoir compassion des maux de Rome. On sait que, de toutes les nations qui sont sous le ciel, c'est celle des Francs qui a montré le plus d'attachement pour moi, Pierre, apôtre... »

Glorieux titre que nous avons pu oublier un jour, mais que, Dieu aidant, nous ne renierons jamais.

Pépin se remit aussitôt en campagne, n'écoutant que son amour pour saint Pierre, comme il le disait luimême, nisi pro amore sancli Pétri, et, quelques jours après, Fulrad, abbé de Saint-Denis, déposait, sur la Confession de l'apôtre, les clefs des villes de la Pentapole et de l'Emilie, avec l'acte par lequel le chef des Francs donnait où, pour parler le langage plus énergique du temps , par lequel il restituait — restituit redonavit — ces deux provinces à l'Eglise romaine *.

■ Les villes données par Pépin étaient au nombre de vingt-deux,

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Étienne, de son côté, avait dès lors conféré à Pépin et à ses fils le titre de patrices romains, et le gouvernement de Rome devint une république dont le pape fut le chef et Pépin le protecteur.

« Délaissés par leurs maîtres, a dit un historien peu suspect, Daunou, les Romains durent s'attacher à leurs pontifes presque tous recommandables. Pères et défenseurs du peuple, médiateurs entre les grands, chefs de la religion, les papes réunissaient les divers moyens de crédit et d'influence que donnent les richesses, les bienfaits, les vertus et le sacerdoce suprême. »

Sismondi n'est pas moins explicite. Gibbon, enfin, n'hésita pas à déclarer que « le domaine temporel des papes se trouve fondé sur mille ans de respect, et que leur plus beau titre à la souveraineté est le libre choix d'un peuple délivré par eux de la servitude.»

Ainsi les successeurs de saint Pierre ne furent plus seulement les dépositaires d'une autorité qui s'étendait sur toutes les consciences, mais ils devinrent en outre souverains temporels comme les autres princes, avec puissance et juridiction séculières. Quelle dynastie peut se vanter d'une aussi noble origine I Elle réunit à la fois la voix des peuples, la donation et la conquête ; et, de tous les trônes européens, c'est le seul, depuis onze cents ans, contre lequel soient venus se briser tous les orages.

Cette double couronne donnait d'ailleurs au pontife

savoir : Ravenne, Rimiai, Pesaro, Fano, Césèoe, Sioigaglia, Jesi, Forliropopoli, Forli, Castrocaro, Mcmtefeltro, Acceraggio, Monte- Lucari, Serravalle,Saa-Marino, Bobbio, Urbino, Caglio, Lucoli, Engubbio, Commacchio etNarni.

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