Liber Pontificalis, éd. Duchesne, II, p
!• Et stabiliantur animo qui canonicantur
Ut coDJungantur lapidesque sic policentur.
vainqueurs déçus, il leur attribue le monastère de Sainte-Marie « de la Paix » où Bramante leur construira en 1304 le si joli cloître, en attendant que Raphaël, en 1514, peigne à fresque dans l'église les fameuses Siyblles. Joli est le cloître, mais ils y perdaient tout de même : c'est un peu l'échange, après la bataille, de Diomède et de Glaucos.
D'autres richesses aujourd'hui, richesses de musée, ornent le cloître du Latran; mais c'est un musée paléochrétien en harmonie avec son cadre. Une inscription rappelle que le sarcophage de sainte Hélène reposa longtemps ici. Que n'y est-il resté, parmi ces reflets d'Orient, dans cette « Terre Sainte », sous la tutelle du Latran fondé par Constantin, le fils d'Hélène, et à quelques centaines de pas de Sainte- Croix-en- Jérusalem, basilique civile de son palais à elle, puis basilique sacrée quand elle y eut apporté les restes de la croix? Hélène et Constantin sont bien chez eux : voici les débris de l'église Constantinienne, fragments de plafonds à caissons et à rosaces, d'ambon, de presbyterium. Au milieu du jardin un plutée aux reliefs byzantins s'arrondit sur l'eau profonde. On voulait, il y a cinquante ans, que ce fût la margelle du puits de Jacob où la femme de Samarie désaltéra Jésus; et on avait bien raison, car les jolies Samari* taines d'aujourd'hui s'y penchent toujours, mais comme on se mire dans une psyché limpide. De l'église médiévale, du xiii^ siècle particulièrement, voici un reste de tabernacle gothique, si précieux de
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travail, si fleuri d'émail polychrome, que « Maître Deodat », marbrier romain de la famille des Gosmates, a tenu à le signer en belles majuscules sous une rosace qui s'épanouit comme son orgueil. Et surtout, je m'arrête devant le trône papal, tout incrusté aussi de mosaïques : en haut du baldaquin les pinacles s'effilent pour s'approcher des cieux, en bas la faune romano-gothique, aspic et basilic, lion et dragon, rôdent sur le piédestal où les pieds du Pontife les écrasait mystiquement comme les symboles de l'hérésie et des vices. Là fut aussi la « sedes stercoraria » et les deux sièges curules en porphyre rouge sur lesquels on intronisait le Pape ^ : j'en ai vu un au Cabinet des masques du Vatican, l'autre dans les galeries d'Antiques du Louvre, près de la statue du Nil. Percés d'un :rou et dits stercoraires eux aussi du beau mot d'humiité qu'on prononçait devant le nouvel élu, en fallait-il lavantage pour y asseoir en esprit la papesse Jeanne ît faire défiler au-dessous la libertine vénération des îdèles? Mais rien ne me touche plus que cette pierre ombale d'un chanoine (car ce cloître fut un cimeière) : assis dans sa cathèdre, la tête appuyée sur le îoude, il semble faire sa sieste comme entre matines ;t vêpres; si naturel, si vivant, qu'on ralentit le pas )our ne point le tirer de son somme; et c'est bien le ommeil en effet, le sommeil profond et doux dans la >aix du Seigneur en attendant le réveil des trompettes lans la vallée de Josaphat.