‹ Rome, complexité et harmonieChapitre 32 sur 73 · Cf. Luchaire, Innocent III : rAvènement; et Libe · texte numérisé non relu

Cf. Luchaire, Innocent III : rAvènement; et Libe

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On doit être si bien ici pour dormir! Les palmiers frissonnent comme des feuilles de bronze, les roses et les pivoines s'ouvrent à la caresse des abeilles, les fraisias embaument autour du puits et des deux citernes qui exhalent une fraîcheur de cour mauresque ou de patio espagnol. Ainsi, comme à San Lorenzo, l'éternelle poésie des choses enveloppe le passé et le présent de ce cloître basilical, qui n'a cessé d'être un atrium après celui des Laterani, tout en devenant un musée d'archéologie chrétienne et un délicieux cortile fleuri. Que le plaisir des sens, surtout en mai, ait ici son compte, messer Lorenzo Valla, qui a longtemps reposé sous ce portique avant d'être transporté dans l'église, saurait bien le dire : chanoine du Latran, il cultivait Épicure et Lucrèce, et professait, sans cesser de se croire très chrétien, que le but de la vie est le plaisir. Il était de « Placentia », de Plaisance! « Ce que la nature a créé et formé, disait-il, ne peut être que bon et sacré.... Elle est identique ou à peu près identique à Dieu. » Voilà pourquoi ce cloître met encore autour de son dernier sommeil, comme il l'avait mise autour de sa vie, la « volupté », à laquelle il consacra un grand ouvrage comme à son Dieu.

Et c'est l'impression dernière que laissent les cloîtres romains. Soit par la recherche de l'architecture, surtout du décor, soit par la présence des débris àt paganisme, soit par la vertu magique de ce ciel qi baigne de joie les êtres et les choses, ils troubleû d'un charme profane leur caractère sacré. Mais c'esl

toute Rome, cela; Rome, dont le singulier christianisme, qu'on l'étudié dans l'àme du peuple ou dans ses formes extérieures, n'est souvent que la revanche des anciens dieux.

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La plupart des églises de Rome sont d'extraordinaires entassements d'histoire; la saisissante originalité de l'iVra Cseli, c'est qu'elle cristallise tous ses souvenirs autour de deux sentiments, la piété chrétienne et le patriotisme de la cité, intimement unis. Le Capitole est le siège de la majesté romaine, et l'Ara Caeli est l'église capitoline.

Ce n'est pas que la piété toute pure n'y réserve ses droits. Voici, dès l'entrée, la chapelle des Buffaiini, peinte à fresque par le Pinturicchio : rien que douceur franciscaine, Ombrie suave et grave. Sur les parois Bernardin de Sienne accomplit des miracles, meurt et a triomphe ». Pour que le lit d'agonie où il est déjà raidi, pour que les visages douloureux qui se penchent ou prient ne nous accablent pas d'émotion, le peintre, qui excelle à distraire la sensibilité par le décor et la piquante saveur des anecdotes, a dispersé autour de la civière ces jolis enfants qui jouent avec

des fleurs, ces pages au pourpoint mi-parti, ces jeunes femmes toutes au bonheur d'exister et d'être belles, le donateur messer BufTalini en robe fourrée d'hermine et les gants blancs à la main, enfin ces portiques sveltes où la joie de la Renaissance circule avec l'air et l'espace, autour des colonnes, parmi les groupes. Plus pénétrée de charme franciscain est la glorification de saint Bernardin. Dans un paysage bleu les montagnes de Pérouse ou d'Assise, qui sont à la fois souriantes et nobles, regardent frissonner un lac d'argent. Ce palmier retombant ne nous trompera point : il n'est, près du cyprès d'Italie, que le symbole de la Terre Promise. Que l'œuvre trahisse l'influence de Fior. di Lorenzo ou celle du Pérugin, nous sommes bien au cœur de l'Ombrie, où Bernardin apporta de Toscane la règle de la stricte observance, la parole enflammée qui brûlait le cœur des Pérousins, mettait en fuite le démon de la Peste et de la Guerre et faisait partout refleurir sur les cadavres l'espérance. Est-ce parce qu'il est un des patrons de Pérouse, patrie du peintre, ou son protecteur patronymique, que Bernardino di Betto, dit Pinturicchio, l'a si fidèlement pourtraicturé? Sur le crâne poli brillent des reflets ivoirins, comme sur les têtes de morts que le saint posait devant sa méditation; les petits yeux bridés semblent « cligner » devant une flamme intérieure; les lèvres rentrées, retirées dé toutes les tendresses humaines, ont la sécheresse dé l'ascétisme et laissent s'avancer le menton pointu,

expressif d'une volonté qui a renouvelé l'âme siennoise et ombrienne. Physionomie si fine en son ardeur mystique! Que de fois l'ai-je rencontrée à Sienne, à Pérouse, où elle perpétue la foi exaltée du xm^ siècle, réincarne le séraphisme de saint François, semble se figer dans l'arc des fenêtres gothiques et dans la frêle minceur des meneaux! A son souffle brûlant, en effet, la Sienne de briques s'effile et se gracilise vers la lumière : elle est gothique en tant qu'elle est bernardinesque, car la forme et l'àme en elle ne font qu'un. Mais ici aussi, en pleine Rome, il est chez lui, car non seulement il fut canonisé à Rome, mais encore dès i2o2 l'Ara Caeli appartint aux frères mineurs; et elle a prêté son merveilleux cadre basilical à la condamnation de Jean de Parme, adepte de l'Evangile Eternel, et à l'élection de saint Bonaventure au généralat. Voilà comment, même dans l'Église Capitoline, reste un parfum de piété pure et détachée de tout.

Cependant c'est Rome, la ville impériale, la commune du moyen âge, la cité municipale de la Renaissance, qui présida ici au culte. Le vocable de l'église frappe dès l'abord ; les inscriptions de l'arc triomphal, « Providentia dei »; de l'arc absidal, « Haec est ara cœli » ; et du baldaquin de Sainte-Hélène : « Ici l'on croit que la Vierge, mère de Dieu, apparut avec son fils dans un cercle d'or à César Auguste », disent assez la très vieille légende d'après laquelle la Sibylle de Tibur ayant révélé l'avènement du vrai Dieu à l'Em-

pereur, celui-ci refusa l'apothéose offerte par le Sénat et éleva un autel au fils de Dieu. Voilà la Rome officielle rapprochée pour la première fois des destins du Christianisme.

Tout le monde connaît cette légende; mais pour en rafraîchir en moi la poétique impression je n'ai qu'à me rappeler les innor ibrables œuvres picturales où les Sibylles renouvellent la prédiction des Prophètes : teste David cum Sibylla. Dans toute l'Italie, dans Rome surtout, à Sainte-Marie de la Minerve, de la Paix, du Peuple et de la Consolation, au Vatican dans les appartements Borgia et à la Sixtine, on entend les Sibylles de Perse, d'Erythrée, de Cumes et de Tibur, sans compter les autres, prononcer, à l'instigation des plus grands artistes de la Renaissance, la parole qui va rendre au monde une Vita Nuova. Exactement comme aux temps critiques où le Sénat de la République et de l'Empire consultait les vieux livres, la ville des apôtres est pleine aujourd'hui des voix sibyllines. Seulement, au lieu de conseiller en termes ambigus des expédients provisoires, elles redisent la bonne nouvelle qui galvanisa le vieil Occident, déjà rajeuni par le sang des barbares. Il est très émouvant d'écouter tomber des parois dans le silence des églises romaines, quelquefois vieilles c( comme Hérode » par leurs matériaux, les sentences concises et graves. Il y a même au Vatican la c( Chambre des Sibylles », décorée par Pinturicchio : elles sont douze, accompagnées de douze prophètes,

CE QUE DIT LA BASILIQUE DE L'ARA C.^i:LI. 10b

et développent des phylactères d'où les paroles fatidiques semblent s'échapper. Mais c'est la Cuméenne et la Tiburtine que vous entendrez le plus souvent à Rome : elles sont italiennes, en effet, et quasi romaines, l'une par l'histoire des Livres Sibyllins et d'Enée, ancêtre de Rome, l'autre par Tivoli, où se dresse encore sur les rochers caverneux l'exquis petit temple rond « de la Sibylle ». Aussi toutes les deux ont-elles été choyées des peintres de la Renaissance. La Cuméenne a mille ans et davantage, puisqu'elle est la voix du monde antique; voilà pourquoi elle est si vieille, et ridée, et pointue du menton dans la terrible fresque de Michel-Ange à la voûte de la Sixtine. De ses mains osseuses elle ouvre le livre du Destin : cette Sibylle est une vraie Parque, sœur de celles du Pitti, mais une Parque qui n'intercepte le fil de la civilisation antique que pour tramer l'avenir; sous le pinceau de Michel-Ange on la croirait devenue chrétienne, entre ses lèvres serrées on entend gronder le Dies irae. Parquet besoin irrésistible de jeunesse et de fraîcheur Raphaël a-t-il fait d'elle à Sainte-Marie de la Paix une belle fille au regard un peu sauvage? Estelle le symbole de l'antiquité rajeunie, de la « Renaissance »? Il y a en elle autant d'amour que de mystère, et l'on sent bien qu'Imperia n'est pas loin. Il est vrai qu'il fait très vieille la Sibylle de Tibur.

C'est celle-ci que la plupart des versions du moyen âge font parler à Auguste dans la légende de l'Ara Caeli. Romaine est la Sibylle, romaine la légende.

,deux fois romaine (puisque Gapitoline) la basilique où je suis : le patriotisme de la cité trouve triple satisfaction sur cette pointe de la colline sacrée. Mais, pour assister soi-même à la révélation de la Tiburtine, il n'est que d'aller au Vatican dans la chambre de la Signature, devant la grisaille-camaïeu de Pierino del Vaga^ Elle est là, montrant la Vierge et le fils assis sur un nuage de gloire. L'Empereur est tombé à genoux; une colonne, j'allais dire l'Empire, est encore debout, mais déjà le chapiteau gît à terre, brisé; un charme inconnu descelle les pierres, pourtant si bien assemblées, oii les cités antiques avaient appuyé leur destin. La fresque est d'assez mince importance, mais à force de la regarder, sous le prestige du « Triomphe de la Foi », à l'heure méridienne où la colline Vaticane désertée par les touristes affamés se remet à parler comme jadis, on finit, comme Auguste, par entendre l'inouï et voir l'irréel.

L'irréel? Ici encore la poésie est plus vraie que l'histoire. Certes l'antiquité n'a nullement pressenti le christianisme, mais dès le premier siècle, inquiète, elle s'attendait à de l'inconnu. Dans tous les cas elle l'a préparé : l'état d'âme par le discrédit croissant de la religion officielle et les cultes de l'Orient; la morale par la pureté stoïcienne et le progrès des idées , humanitaires; la doctrine par l'exégèse néoplatoni- i

1. Comparez avec le Bonifazio 77, n° 257, et le Garofalo, n° 122, au Pitti, et surtout avec le très beau B. Pemzzi, dans l'église Fontegiusta de Sienne.

cienne; la diffusion rapide et sûre par le merveilleux système administratif et le cosmopolitisme impérial. D'ailleurs, si vous fermez l'oreille à l'histoire, écoutez ici les choses : à Rome, la ville historique par excellence, elles composent, combinent quelquefois à l'aveuglette de précieux enseignements. Sur une des colonnes de la basilique est gravé en majuscules romaines « a cubiculo Avgg » (Augustorum) : on suppose que l'admirable fût cannelé provient du portique d'Octavie : et voilà la famille d'Auguste, Auguste lui-même, présents dans le sanctuaire qui remplaça l'autel élevé par lui au a premier-né de Dieu ». J'ai tort de dire : remplaça. A en croire la tradition et l'imperturbable assurance du franciscain qui me fit la première fois les honneurs de sa basilique, l'autel est toujours là, renfermé dans le ciborium à baldaquin où reposent les restes de sainte Hélène. J'ai eu beau regarder, bien souvent : je n'ai rien distingué, dans l'ombre des grilles, qu'un magnifique symbole. Ce qu'Auguste avait le premier appris et accepté (toujours selon la légende), Hélène et Constantin l'ont confîrmxé, officiellement établi. Et près de là le « fils de Dieu » apparaît toujours : aux Augustules d'aujourd'hui il se montre publiquement à la Nativité ; pour les pérégrins comme moi, il glisse par faveur sur des tringles de métal, lentement, hors de son tabernacle. Le voici : poupée emmaillotée d'or, couronnée d'or, cerclée de bagues d'or, de bracelets d'or, de colliers d'or, dans un scintillement fauve que la vibration des

tringles multiplie. Un sourire erre en ses grands yeux sans pensée, et ses joues poupines sont fardées de rose. Je ne lui saurais comparer que la sainte Foy de Conques, bonne vieille grand'mère romano-byzantine ankylosée en son hiératisme sous des gemmes énormes, et qui bénit encore les pèlerins du moyen âge entraînés par la pénitence sur les chemins de Saint-Sernin de Toulouse et de Saint-Jacques de Compostelle. Devant ce bambino oppressé d'or et de pierreries le sourire se risque sur les lèvres, bien vite intercepté : car sous son maillot s'enveloppe une des plus jolies légendes .chrétiennes, très vieille et délicieusement fraîche, si vraie en son sens figuré, que l'esprit rentre sa pointe sèche et noblement s'émeut. On comprend alors qu'à l'Octave de Noël les pifferari de la campagne soient venus naguère lui donner des aubades, et qu'aujourd'hui les bambini de Rome lui récitent des compliments, pendant que les franciscains chantent ces vers si adéquats à l'harmonie grave de la nef et à la rondeur des colonnes :

Stellato hic in circulo, Sibyllse tune oraculo, Te vidit Rex in Cselo!

Si la légende lie Rome au destin du christianisme, c'est pour sacrifier celle-là à celui-ci. Avec Rienzo,

« tribun auguste », Rome est mise sous la protection de la Vierge de l'Ara Gœli, Rome, désormais commune libre, affranchie de la tyrannie des barons et de la tutelle du Pape, hantée de sa gloire ancienne et d'archéologie, consciente enfin de ses droits, tels que laLexRegia de Yespasien conservée alors au Lateran et aujourd'hui au Gapitole les avait établis. Rienzo rend au Gapitole sa vie d'autrefois, et l'église de l'Ara Caeli, participant de la majesté capitolme, devient l'église de la cité, le foyer de son culte public, où sont consacrées les conquêtes du peuple. Rien ici ne perpétue le souvenir de Rienzo (sauf l'escalier extérieur); mais partout apparaissent les témoins de la vie civique de l'Ara Gaeli. Au plafond, sur les montants de l'arc triomphal, s'étalent les majuscules du blason communal S. P. Q. R. G'est qu elle fut l'église du Sénat, qui, fidèle aux pieuses traditions des magistrats antiques, mettait sous les auspices de la Yierge comme eux sous la protection de Jupiter, de Juno et de Mener va, la grande trinité capitoline, ses actes publics et la remerciait de leur issue heureuse.

Jamais cérémonie plus solennelle n'associa plus étroitement Rome et Dieu sous le plafond de la basilique que la célébration de la victoire remportée sur les Turcs par les flottes réunies d'Espagne, de Venise, de Gênes et de Rome pontificale sous le commandement de Don Juan d'Autriche, le 7 octobre 1571, à Lépante, Ecoutez cette inscription commémorative au-dessus de la porte, à l'intérieur :

« En l'honneur de J. Christ auteur du salut de l'humanité, en raison de ce que Pie Y grand Pontife, ayant conclu dans l'élévation de son âme une alliance avec Philippe II roi d'Espagne et avec le Sénat de Venise, a attaqué Selym roi des Turcs près des îles Echinades, et l'a vaincu dans la bataille navale la plus considérable de mémoire d'hommes, le Sénat et le Peuple Romains (S. P. Q. R.), au retour de Marc-Antoine Golonna préfet de la flotte, reçu en triomphe par la reconnaissance de tous les ordres de la Cité, ont orné cette demeure d'un plafond doré et des étendards pris à l'ennemi. » Mais c'est dans le latin qu'il faut lire ! Les beaux mots, graves comme s'ils étaient éperonnés de bronze, s'avancent en ligne, lentement, pompeusement, telles les galères amirales sur les flots de la Méditerranée. Un orgueil puissant les pousse en poupe : c'est qu'ils ont conscience de célébrer, depuis le triomphe d'Auguste à Actium sur l'asiatique Antoine accompagné de Cléopâtre, une seconde victoire sur l'Orient. Après la chute de Rhodes et de Chypre, après l'écorchement du doge Bragadino (allez le voir à S. Zanipolo de Venise) sur les remparts de Famagouste, l'atroce « Orientale » finissait en hymne de joie. Les Sarrasins semblaient s'évanouir à jamais à l'horizon de la Méditerranée qui retrouvait son azur impollué; la Papauté, dont les prières avaient obtenu la victoire, revenait momentanément à la grandeur de l'âge apostolique, et Pie V, quelques mois après,

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mourait de bonheur*. La réception faite par le S. P. Q. R. à Marc-Antoine Colonna est une des pompes les plus magnifiques de la Renaissance, qui s'y entendait : il faut en suivre l'ordonnance majestueuse dans la harangue ^ que Marc- Antoine Muret fut officiellement chargé de prononcer dans « la demeure de la bienheureuse Y. Marie, qui est sur le Gapitole ». Le ciel lui-même, dit-il, favorisa très haut la victoire : sombre auparavant, il se mit soudain à briller d'un éclat inaccoutumé; et les périodes de l'humaniste ondulent, s'enroulent et se déroulent en opulentes volutes comme les vagues méditerranéennes, qui elles aussi depuis l'antiquité savaient leur latin.

Mais rien ne vaut le prestige de l'art, parce qu'il recrée le réel sous nos yeux. Sur les murs des églises, des palais, la gratitude des peuples chrétiens a multiplié l'écho et le remous de la grande naumachie. Avant même de venir en Italie je les avais rencontrés, si je ne me trompe, à Fourvières, dans une mosaïque moderne. Mais l'Italie les a partout fixés. Que je les aie entendus au Palais Ducal de Venise autour des galères de Barbarigo, au Palais Doria de Gênes parmi les souvenirs de l'amiral Andréa, rien d'étonnant, puisque les deux cités maritimes, directement intéressées, avaient été les premières à faire avancer leurs flottes. Mais ils se sont transmis comme des ondes jusque sur les

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