‹ Rome, complexité et harmonieChapitre 35 sur 73 · Prédelle, auj. à la Pinacothèque vaticane · texte numérisé non relu

Prédelle, auj. à la Pinacothèque vaticane

dans ces fresques des échos plus vibrants encore. L'influence de son élève B. Gozzoli ne suffît pas, en effet, à expliquer cette manière presque « historique », qui donne à la comparution de saint Laurent devant Decius Fallure d'un récit d'Annales. Il y a une mise en scène somptueuse, quasi protocolaire, et une magnificence de costumes guerriers ou civils qui décèle l'impression récente d'une illustre cérémonie. Les fresques étaient-elles terminées en 1452, lors du couronnement à Rome de l'empereur Frédéric III? Cette fête laissa dans les imaginations un éblouissement : il était venu en Italie a avec grandissime pompe de barons et seigneurs, avec merveilleux ornements tant de chevaux que de seigneurs,... et ambassadeurs quasi du monde entier » \ J'ai déjà vu à la Libreria de Sienne, en une fresque étincelante du Pinturicchio, les fiançailles de l'Empereur et de « Lionora di Portogallo », négociées et bénies par le cardinal iEneas Sylvius Piccolomini. Le monarque couronné a inspiré fra Giovanni à Rome comme le fiancé avait inspiré le Pinturicchio à Sienne. Il est bien piquant de retrouver ici, chez le moine, un peu de ce même goût pour la parade et l'éclat. Naguère il n'y avait pour lui d'actuel que l'Eternité : il devient un « contemporain », il naît au sentiment de la durée, de ce qui passe, à la Chronique et à l'Histoire. Enfin le goût du réel induit notre mystique au

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