‹ Rome, complexité et harmonieChapitre 4 sur 73 · Cf. Babelon, Monnaies de la République romaine · texte numérisé non relu

Cf. Babelon, Monnaies de la République romaine

collines elles-mêmes, accoudée au roc, les pieds sur la vallée où glisse le Tibre visqueux. Une fête et deux mots célèbres fixèrent cette vision et ce destin. La fête était le « Septimontium » de décembre, fête quasi mystique où la ville est figurée par le nombre sacrosaint. Les deux mots furent prononcés par le christianisme respectueux ou haineux : « Roma Septicollis », dit Prudence, et TApocalypse lui lance de Pathmos cet outrage : « Grande prostituée, assise sur sept montagnes ! ^ »

En vérité, il n'y en a pas sept, mais onze. Avec le Tibre elles donnent au visage de Rome ses traits les plus personnels : il est d'un modelé ferme, où collaborent à la fois les reliefs du sol, les contrastes de la lumière et de l'ombre. En effet, montez au Janicule, et regardez : la Terre artiste a soulevé ça et là sur l'espace sacré des éminences, qui scandent sa ligne comme on rythme une mélodie. Tous les jours sur la terrasse de Saint-Pierre in Montorio, des étrangers se recueillent à écouter leur cadence. Lorsque le soleil descend derrière vous, qu'il a déjà abandonné les vallées où s'étale le soir, ses rayons s'accrochent encore là-haut aux campaniles de l'Angelus, aux façades des monuments solitaires, aux pointes des cyprès et à la coupole immobile des pins. Aucune ville n'offre par ses collines une physionomie plus diverse : une cosmogonie

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