‹ Rome, complexité et harmonieChapitre 44 sur 73 · Cf. le Marzocco de Florence, 3 juin · texte numérisé non relu

Cf. le Marzocco de Florence, 3 juin

LE CULTE DE LA BEAUTÉ : LE RÈGNE d'iMPERIA

« Qui fut rimperia, courtisane de Rome, dit Bandello, et combien en son temps elle fut belle, aimée des hommes considérables, je crois que la majorité d'entre nous le savent par ouï-dire ou pour l'avoir vu \ » La célébrité d'Imperia est, en effet, un fait historique et Tun des plus significatifs de la Renaissance romaine sous le pontificat de Jules II : ce fut, pendant et après sa vie si brève, la plus triomphale apothéose qu'une ville, un demi-siècle aient offerte à la Beauté. C'est l'époque où l'on jouit tant à contempler une femme belle « qu'on croit être au Paradis ». Dieu me pardonne de germaniser ainsi : dans le Libro del Gortegiano le mot de bellezza rythme jusqu'à vingt-quatre fois la page^, comme le leit-motiv d'un hymne. Gastiglione, pourtant si riche de vocables, n'a cure de reprendre à satiété celui que tout synonyme diminuerait et qui doit rester unique parce qu'il répond à un concept absolu. Firenzuola, dans ses Bellezze délie donne montre le même scrupule. Et la Beauté force l'amour. De Venise àNaples, à Rome surtout, la Renaissance a eu la passion de la

1. Novellino, Londra, 1792, XLII. — Cf. aussi Rodocanachi, Conrtis. et bouffons, i^aris, 1894; et P. Picca, dans Vltalia moderna, juin 1906.

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