‹ Rome, complexité et harmonieChapitre 48 sur 73 · De Hortis Hesperidum, op., t. I · texte numérisé non relu

De Hortis Hesperidum, op., t. I

cheur devient fleur, ses bras s'étirent en rameaux et toute sa beauté sourit, dans l'arbuste épandue. « Tu seras toujours arrosé de mes larmes, lui dit Aphrodite, tu feras la gloire des jardins et le charme des demeures. » Et lui, toujours amoureux, secoue son feuillage sur sa maîtresse et verse une pluie de pétales blancs \ Je regarde autour de moi : au fond du jardin deux orangers très vieux, peut-être contemporains de Pontano et de Ghigi! encadrent un sarcophage antique. Adonis n'y fut point inhumé! les strigiles et la facture révèlent l'art romain; mais dans le fond l'humus s'est accumulé, et, dans ce tiède avril, des herbes folles et des fleurs y ont poussé, qui célèbrent à leur manière, comme autrefois les roses d'Alexandrie, la résurrection du jeune dieu. Dans un « delizioso e vago giardino, dit Gastiglione, fîorisca la dolce primavera d'allegrezza ».

Pénétrer dans la villa ce n'est point quitter le parc. Son exquise originalité, c'est d'accueillir en elle la poésie des choses, de s'ouvrir toute à l'air et à la lumière de Rome, aux souffles verts qui descendent du Janicule, à la fraîcheur blonde qui monte du Tibre. Quel que soit l'architecte, Peruzzi ou Raphaël, il avait dans le sang la passion de l'aménité. Grâce à lui deux longs portiques s'étendent sur le parc au nord et vers le Tibre ; de ce côté-ci les vitrages d'aujourd'hui n'existaient pas : les baies, grandes ouvertes

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