LE BEAU LAC DE NÉMI : SES ÉPOUVANTES
Le beau lac de Némi qu'aucun soufle ne ride A moins de transparence et de limpidité,
dit Lamartine des yeux de Graziella. C'est en effet à travers leur suavité, dans l'enchantement que Sorrente et Procida mettaient autour de ses vingt ans, que son souvenir a revu le lac. Aveuglé d'un incurable optimisme, pinçant partout et toujours sa harpe élégiaque, il n'a point discerné l'horreur sacrée de ce paysage.
Il est un détail qu'il a vu : cette eau ne frissonne jamais, elle est morte. Pourtant, le vent chasseur de nuages court là-haut derrière le troupeau échevelé. Il est rare qu'il ne soit point en chasse : mais il n'éveille sur le visage de Diane ni sourire ni ride. Le soleil lui aussi a beau verser ses ruissellements : la surface reste morne et glaciale. Un oiseau de proie tournoie. Des rives abruptes s'enlèvent, surplombent,