Aux Uffizi de Florence et au Musée des Conservateurs
hontes, tant de gloires y ont passé ! Tant de bonheurs aussi !
C'est par là qu'entrait l'extase des pèlerins du Nord, chrétiens mystiques ou néo-hellènes. « En chemin, dit Goethe, je craignais encore, et ce n'est que sous la porte du Peuple que j'ai été bien sûr de posséder Rome. » Le beau mot d'amoureux, et sensuel! Mais des souvenirs innombrables qui s'accumulent sous le cintre, je ne veux retenir que deux : un triomphe pontifical, un triomphe militaire; car le glaive et la croix ont tour à tour traversé la baie qu'il dessine. En l'an 800, le pape Léon III rentre en maître à Rome. Deux ans avant, Paschal et Campulus neveux de l'ancien pape, qui le guettaient devant S. Lorenzo in Lucina, l'avaient assailli, dépouillé de ses ornements pontificaux, terrassé, avaient tenté de lui arracher la langue et les yeux. A demi aveugle, à demi muet, il s'était échappé auprès de Karl le Grand, avait guéri. Et voici qu'avec l'aide de l'Empereur le Pape balafré s'approche delà ville apostolique, avide de le revoir. La vieille chronique* défile, en masse compacte, avec une solennité à la fois guerrière et liturgique. « Les Romains, dans une immense joie, s'en vont au-devant du Pasteur. Aux vigiles de saint André apôtre, les princes des clercs avec tous les clercs, les optimates et le Sénat et toutes les milices, et tout le peuple romain avec les moines et