L’APPARTEMENT BORGIA
Les Florentins qui avaient travaillé dans la chapelle du Vatican s éloignèrent de Rome après la consécration de cette chapelle. En 1487, le cardinal Carafta, un Napolitain qui fut l’un des plus généreux protecteurs de l’art, lit venir de Florence, pour décorer une chapelle de la Minerve, le peintre Filippino Lippi, le fils de Fra Filippo et le disciple de Botticelli. Caraffa s’est fait peindre au-dessus de l’autel, dans un coin de la chambrette aux pilastres classiques où la Vierge mince et nerveuse reçoit la visite de l’Ange de l'Annonciation, enroulé dans des draperies ballonnées. Le cardinal est présenté par saint Thomas d'Aquin (fig. 99). Parmi les autres fresques qui décorent la chapelle, la plus riche représente le Triomphe du docteur. C’est un thème qui avait inspiré au xive siècle des compositions savantes, telles que la grande fresque de la chapelle des Espagnols, à Santa Maria Novella. Filippino Lippi s’est souvenu de l’église des Dominicains de Florence, en travaillant dans celle des Dominicains de Rome : il a représenté saint Thomas sur un trône, foulant aux pieds Averroès ; il a rangé à ses côtés la Philosophie et les trois sœurs qui composent le 1 nvium de la Scolastique : la Grammaire caressant le front d’un enfant, son élève, la Dialectique, avec le serpent enroulé autour de son bras, la Rhétorique faisant un geste oratoire ; il a couvert d’inscriptions des cartouches, des livres ouverts, des papiers épars. Peut-être les souvenirs du siècle de Giotto ont-ils contribué à donner à la composition de Filippino Lippi son harmonieuse majesté. Mais les quatre femmes assises aux côtés du saint docteur ont les attitudes penchées des nymphes de Botticelli. Au premier plan, les visages des hérétiques, grands vieillards au front chauve ou à la barbe blanche, sont accentués comme des têtes d’expression de Léonard de Vinci ; deux têtes d enfants aux cheveux bouclés ont le charme profond des têtes d’anges que Léonard avait peintes dans l’atelier de Verrocchio, et dont le souvenir se mêle, dans l'œuvre de Filippino, à celui des œuvres de son pere et des figures de Botticelli. Le décor est d'architecture classique ; mais
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la surcharge le? iétiilî "... bizarrerie s- dennelle du balcon élevé sur '"arcade et du portique tournant semblent annoncer les fantaisies dn baroque. Dans cette œuvre somptueuse et compliquée, ni s'éloigne de la vie contemporaine tour chercher un mon te nouveau de grâce, de force et de grandeur, un portrait celui d ur. dominicain à la robuste carrare, appartient encore à la foule iss • .tut- a ' : hs :r - te la Shrir.e rg : .
Le groupe des Ombriens qui avaient travaillé pour Sixte IV s était dispersé en même temps qne le groupe ces Florentins. Le Pérugin fut rappelé à R; me en iqoi par le cardinal Ginliano délia Rovere il y peignit en cette année le charmant triptyque cui se trouve dans les collections de la Villa Album. Reparti pour Florence dès iaut il ne revint plus â Rome qn'en 150C -Seul de tous les artistes réunis pour la décoration de la chapelle Sixtine, le jen ne collaborateur du maître de Pérouse, le Pinturicchio, ne quitta pas Rome en i-i g. F y dét loya pendant douze ans sa prestigieuse facilité.
La première œuvre vue le Pinturicchio ait composé lui-même et peinte t: nt entrere de sa min est la décoration d une chapelle de l égHse d'Aracodi c: nsa crée a saint Bernardin par la famille Buffalini. Ce sont des peintures unes et fraîches comme des miniatures. Le donateur un personnage en houppelante fourrée est présent avec des adolescents indifférents et des enfants qui puent devant le ht funéraire n le vieux franciscain est étendu, sur une mande place entourée de portiques rg 101 Au-dessus de l’autel saint Bernardin est glortné entre saint Antoine de Padoue et saint Louis d’Anjou, évêque de Toulouse, au milieu dm immense paysage de féerie, où un palmier de Terre promise est planté devant les montagnes bleuâtres de TOmbrie ûg 1 02 Dans les groupes de pe rtraits impassibles dans le décor même nomreux - ut encore les souvenirs des grandes fresques de la Sixtine.
Les peintures de la chapelle de TAracœli étaient achetées en lata. A partir de cette année Pinturicchio ne chôma plus : il commença la décoration de - ma Maria tel Popok>. l’éghse ’e la famille Délia Rovere : il peignit des sujets mythologiques et des vues ce villes italiennes dans le palais d’un neveu de sixte IV le ■cardinal D:men:co délia Rovere aujourd'hui Palais des Pénitenciers et dp.-.- la. nouvelle villa : «onti ûcakr du Belvédère : de ces décorations profanes il ne reste que quelques motifs au-dessus d’une porte ou dans la lunette d’une arcade ûg 115 et 117
La vogue du peintre fécond et frivole ne fut point diminuée par la venue d'un rival redoutable Mantegna pue François de Gonzague, le marquis de Mantoue consentit à iai-ser * ^rtir pour Rome en 14 SS sur les instances d’In- : cent \TI1 Le maître austère et fort remplit de ses apures viriles une petite chapelle du pal -is apostoh rue. que Pie YT a fait démolir, avec les chefs-