‹ Rome, de l'ère des catacombes à l'avènement de Jules IIChapitre 3 sur 24 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

BASILIQUES ET MOSAÏQUES

Dès le règne de Constantin, le christianisme victorieux éleva autour de Rome de grands et magnifiques monuments. Le mausolée d'Hélène, mère de l’empereur, fut bâti sur la via Labicana, près d’un cimetière vénéré, celui des Saints- Pierre-et-Marcellin, où ont été retrouvées quelques fresques, entre autres celle du repas céleste ; le mausolée des filles de Constantin, qui a gardé le nom de l’une d’elles. Constance, s’éleva sur le terrain d’un autre cimetière où reposait sainte Agnès, vierge et martyre. Deux églises furent fondées à côté de ces tombeaux. D’autres églises, dont la fondation remonte authentiquement à Constantin, furent construites, comme les mausolées impériaux, le plus près possible des martyrs qui reposaient dans les cryptes de la Campagne. Les basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul s’élevèrent sur les tombeaux mêmes des deux apôtres, séparées par la ville entière et par le Tibre : l’une au milieu du cimetière qui bordait la route d’Ostie ; l’autre sur la via Comelia, au pied de la colline du Vatican. Ces tombeaux du Ier siècle se trouvaient presque à fleur de sol : l’autel put être directement établi sur la crypte où dormait le martyr et que les fidèles appelaient la <> confession ». Une autre basilique constantinienne fut élevée hors des murs, sur le tombeau d’un martyr fameux du me siècle, le diacre saint Laurent, enseveli dans le cimetière de Yager Veranus ; cette fois il s’agissait d’une crypte cachée dans les profondeurs du sol. Il fallut, pour atteindre cette crypte, creuser profondément la colline dans les flancs de laquelle s’ouvrait la catacombe. L’église bâtie sur le tombeau de saint Laurent, et qui fut peut-être le premier siège officiel de l’Église romaine, se trouva comme encaissée dans une sorte d’immense fosse : elle n’a été dégagée qu’au xixe siècle par les travaux qui ont achevé de démolir un pan de la colline pour faire place au nouveau cimetière du Campo Verano (fig. io). Les basiliques mêmes que Constantin fonda dans l’enceinte se trouvèrent éloignées du centre de la ville. Il donna à l’Église deux palais dont il avait hérité. Tous deux étaient situés à

BASILIQUES ET MOSAÏQUES

l’Est de Rome, contre la muraille d’Aurélien. Celui des Raterani, qui garda le nom de ses premiers possesseurs (c’est le Ratran), devint le palais des Papes; auprès de lui, Constantin éleva la basilique qui devint la mère et la reine de toutes les églises. Déjà la vie se retirait du quartier qui, sous les Antonins, avait formé la plus majestueuse assemblée de monuments qui fût au monde. Re christianisme se détourne du Capitole où trône encore Jupiter, du Palatin, dont,

Fig. 10. — Eglise de Saint-Laurent hors les Murs, avant les derniers agrandissements

du cimetière.

pendant le ive et le Ve siècle, les empereurs de Byzance ne seront les hôtes qu’à de longs intervalles, du Forum et de la voie Sacrée, où Constantin a bâti encore ses deux grands monuments profanes, la basilique voisine du couvent des Vestales et l’arc de triomphe voisin du Colisée. Rome aura désormais deux centres, dont l’un est rejeté sur la rive droite du Tibre : le Ratran et Saint- Pierre.

R’architecture chrétienne, dont les tombeaux et les églises fondés par Constantin sont les premiers monuments, plonge par ses fondations dans les cimetières où a été élaborée l’iconographie primitive du christianisme ; mais ce n’est pas des cryptes funéraires que cette architecture est sortie. Res

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