‹ RomeChapitre 108 sur 133 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

ici allusion à la destruction de Tordre des Chevaliers du Temple ; la suppression des Templiers fît autant de bruit à cette époque que celle des Jésuites au dix-huitième siècle *.

Sur le pavé, épitaphe d'un certain Aurélius, qui se termine ainsi : Raptvs eterne domvs : enlevé pour la demeure éternelle. Au pilier, à droite du cœur, sous une grille, on voit une pierre ronde et noire, avec deux anneaux et cette inscription :

HOC. LAPIDE AD COLLVM ALLIGATO B. CAL1XTVS P. P. IN PVTEVM DEMERGITVR ET MARTIRIO CORONATVR .

Le saint Pontife Calixte Ier, en 266, demeurait ici-près dans la maison d'un soldat qu'il avait converti : c'était là son Vatican. Les bourreaux vinrent l'y saisir et le jetèrent dans un puits avec cette pierre au cou. Sur la maison du brave soldat, on bâtit plus tard l'église et le couvent bénédictin de- Saint-Calixte, qu'on voit à gauche de la basilique Transtevérine. Dans l'intérieur, on vous montre encore le puits du martyre. Cette maison d'un soldat romain, protecteur d'un Pape du troisième siècle,

1 Les Colonna possèdent, à Anagni et dans les environs, des palais et des villas; mais depuis que Sciarra Colonua a donné un soufflet à Boniface VIII, nul de ceux qui habitent ces maisons n'ose y rester quand le Pape donne dans Rome la bénédiction Urbi et t)rbi : car alors les murailles de ces demeures maudites tremblent et meaacent de crouler. Les paysans assurent qu'en prononçant les paroles de la bénédiction, les Papes font toujours une restriction mentale qui exclut les Colonua. 11 n'est pas besoin de signaler la fausseté de cette légende, curieuse seulement parce qu'elle témoigne de l'impression séculaire qui est restée dans le pays des indignes traitements infligés au Vicaire de Jésus-Christ.

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