‹ RomeChapitre 110 sur 133 · ANATOLIVS FILIO RENEMERENTI FECIT QVI VIXIT ANNTS VU MENSIS VII DIE · texte numérisé non relu

ANATOLIVS FILIO RENEMERENTI FECIT QVI VIXIT ANNTS VU MENSIS VII DIE

RVS XXI SRIRITVS TWS RENE REQVIES CAT IN DEO PETAS RRO SORORE TVA.

« Anatole a fait (ce monument) à son fils bien méritant, qui a vécu sept ans, sept mois et vingt et un jours ; que ton esprit repose bien en Dieu ; prie pour ta sœur. »

FIRMIA . VICTORAQVE VIXIT . AN . LXV.

En bas est grossièrement sculpté un navire voguant vers une tour à quatre étages, au haut de laquelle s'élève

une flamme : c'est le phare, c'est le port de l'éternité, terme de la navigation de l'homme.

STRATONICE NEOPHITA EXIVIT E SAECULO ET DEPOSV! EAM IN MARTYRIO PRECATVS CVM PACE.

« Stratonice, néophyte, est sortie du siècle ; je l'ai déposée dans le lieu des martyrs (les catacombes), ayant prié, pour sa paix. »

Ces épitaphes sont une nouvelle preuve contre les protestants que, dès les premiers temps du Christianisme, on a invoqué les saints et prié pour les-morts.

AELIA BICTORI NA POSVIT AVREL1AE PROBAE.

« Elia Victorina (le B pour le V) a fait (ce monument à Aurélia Proba. » A droite on a sculpté une brebis, symbole de la douceur chrétienne, à gauche, un paon, emblème de la résurrection et de l'éternité \

Le 2 octobre 1860, par ordre de Pie IX, de solennelles funérailles s'accomplissaient dans la basilique du Transtevère ; sur son portique on lisait cette inscription :

i Le plus brillant oiseau de nos climats, le paon, n'est plus pour nous grâce à nos fabulistes, que l'emblème d'une sotte vanité. Nos pèrvs avaient compris que la magoifique parure que Dieu lui a donnée doit avoir une autre signification. Ils le représentaient sur les tombeaux comme l'emblème de la transfiguration future. (Mgr. Gerbet.)

LES MYSTÈRES J»l* TKANSTEVÈKE.

AVE. ANIMA. FORTIS O. ET. LU VIN 1. ET. H VM AN I . I VR1S. VINDEX TE.OVIRVS.ALIQVIS.RESIDET IV8TI . ET. HONESTI . PVDOR SCELESTO . OCCISVH . DEFLENT. LATROC1N IO TE.QVIDQVID.E8T. HOMINVM . GEN EROSIOR VM HEROA. HEROA . ADCLAMAT TE. Q VI . C ATHOLICVM . NON . MENTIVNTVR. NOMEN M A RT Y R EM . M ARTYREM PR.EDICANT

* Salut, âme forte, vengeur du droit divin et du droit humain ! ceux à qui il reste (iuelque sentiment du juste et de l'honnête te pleurent victime d'un infâme brigandage , les hommes les plus généreux acclament en toi un héros ; ceux qui ne mentent pas à leur nom de catholiques te proclament martyr. »

Quel était donc l'homme qui méritait un pareil éloge? C'était un Français. Lisez son nom sur le cénotaphe :

GEORGIO. DE. PIMODAN V1RO. NOBILISSIMO DVCI. FORTISSIMO OVEM. PRO. SE1». APOSTOLICA MAGNjE. ANHLE. PRODIGVM CATHOLICVS. ORBIS. LVGET P1VS IX. PONT. MAX SVO. ET. ROMANAS. ECCLESIJE. NOMINE

SOLEMNE. FVNVS TANTJ5. VIRTVTI. ET. PI ET ATI. DERITVM MCERENS. PERSOLVI I .

Quoi de plus vrai et de plus expressif que ce portrait de Pimodan: Prodigue de sa grande àmc? Quoi de plus grand que : le monde catholique pleure ? Et quel trait : Pie IX, en son nom et au nom de l'Eglise romaine, accomplit, gémissant, des funérailles solennelles dues à tant de vertu, à tant de piété! On ne regrette pas le noble sang versé par Pimodan et ses compagnons, lorsque le Vicaire de Jésus-Christ rend de ce sang un si haut témoignage. Pie IX avait donné l'idée de cette inscription à M. le chevalier de Rossi, et tous les antiquaires, chose rare, ont été unanimes dans leur admiration de ce grand style, où la langue des vieux Romains s'est surpassée.

Le corps de Pimodan fut remis à ses aides-de-canip par Cialdini avec un sauf-conduit qui ne fut pas respecté ; les bandespiémontaises insultèrent le glorieux mort, et menacèrent de se porter contre lui à de tels excès, que ses aides-de-camp furent obligés de se détourner de leur route et de s'embarquer à Livourne. Arrivé à Rome, Pimodan fut déposé dans l'église franciscaine de Saint- François-à-Ripa, et de là transporté à Sainte-Marie du Transtevère. Le cardinal Barberini célébra la messe solennelle qui fut accompagnée du chant des chapelains pontificaux sur la musique du célèbre Baini. Le général comte de Goyon, commandant en chef de l'armée française, assistait à cette messe avec son état-major.

Le peuple romain, qui a le sens chrétien de la piété et. de la foi, a fait au jeune général de touchantes funérailles. Ce peuple, dit la Civiltà Cattolica, n'a pu s'empêcher de lui rendre des hommages presque de culte (omaggi quasi di culto). Non content de se porter en foule auprès du cercueil, il l'a orné de guirlandes et couvert de lauriers

LES MYSTÈRES 1»L" TKANSÏEVÈRE

et de fleurs, les reprenant ensuite pour les conserver religieusement. Il baisait l'épée du général, il accompagnait dévotement te corps dans les translations d'une église à l'autre ; il bénissait son nom et l'invoquait comme celui d une âme qui est déjà dans le sein de Dieu. Que de mères et d'épouses sont allées pleurer sur ce cercueil qui contenait les restes d'un homme qui fut un si bon fils, un époux si tendre, et qui a sacrifié, uniquement pour défendre les droits du Vicaire de Jésus-Christ, une vie qu'il pouvait mener tranquille et heureuse dans l'opulence et les plaisirs. Nous nous souvenons d'avoir entendu raconter auprès de ce cercueil comment, après s'être confessé la nuit qui précéda la bataille, il avait communié le matin dans la sainte maison de Lorette, d'où il était sorti pour conduire ses compagnons au combat et tomber ensuite atteint de cinq blessures. Et les assistants répondaient à ce récit par ces exclamations : 11 est bien heureux ! Il est vraiment martyr! il prie pour nous et pour le Pape dans le ciel ! — L'un d'eux ajouta : Il dit maintenant les paroles que Gacciaguida, mort pour la foi dans la croisade de l'empereur Conrad 111, adresse dans le Paradis à son petit-fils, Dante Alighieri :

Quivi fu' io da quella gente turpa Disvilluppato dal mondo fallace.

11 cui amor molt' anime deturpa, E veuni dal martirio in questa pace

« Là cette race honteuse de Mahomet me délivra des liens du monde trompeur, dont l'amour avilit tant d ames, et je passai du martyre au sein de cette paix. »

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