‹ RomeChapitre 125 sur 133 · LA BELGIQUE A HOME · texte numérisé non relu

LA BELGIQUE A HOME

et nul n'ignore son dévouement ardent à la cause du Saint- Siège. C'est lui qui décida le général de La Moricière a offrir son épée à Pie IX. Mgr. de Mérode, dit alors M. Dupin, est toujours prêt à couper l'oreille de Malchus. En juin 1862, Mgr. de Mérode acheta de ses propres deniers, hors de la porte Pia, le magnifique emplacement du camp des Prétoriens, et il en fît hommage au Pape. Pie IX décida qu'on y élèverait une nouvelle caserne pour son armée. La première pierre en fut posée le 12 juin, en présence des évoques venus à Home pour la canonisation des martyrs du Japon.

Le camp des Prétoriens est admirablement approprié à sa nouvelle destination. C'est un vaste quadrilatère encore entouré de hautes et larges murailles, et parfaitement nivelé. A toutes les conquêtes de la Rome des Papes sur la Home des Césars, Mgr. de Mérode vient d'en joindre une nouvelle. Au triple point de vue de l'utilité, de la foi, et de cette poésie chrétienne qu'exhale l'opposition des deux civilisations, on ne pouvait mieux choisir.

Tous les cœurs furent émus aux litanies des saints, quand toutes les voix répétèrent cette vieille prière toujours exaucée : Ut inimicos sanctœ Bcclesiœ hitmiliare digneris, te ror/amus, audi nos !

Après la bénédiction de la première pierre par l'archevêque de Dublin, le Pape bénit l'armée et toute l'assistance, puis le défilé commença. La foule enthousiaste, qui avait acclamé le Pape-Roi à son arrivée, salua ses drapeaux des cris les plus sympathiques. Les applaudissements, dit M.deMaumigny, redoublèrent au défilé des zouaves, car on sentait planer au-dessus de leur drapeau l'ombre glorieuse des Pimodan et des Guérin.

Après la France, c'est la catholique Belgique qui a donné le plus de volontaires à l'armée de Pie IX; le bataillon Franco-Belge en fait foi. Le jeune prince Henri de Ligne était aide-de-camp du général de Pimodan. L'église du collège belge, au Quirinal, renferme les tombeaux de deux volontaires de la Belgique; l'un, Victor Misson, mort à 20 ans, de maladie, avec le regret de n'avoir pas trouvé la mort sur le champ de bataille 1 ; l'autre, Alfred de Limminghe, blessé à CiastelGdardo et tombé sous le poignard d'un sicaire, près du Forum, par une sombre nuit d'avril 1861. 11 mourut plein de foi et en pardonnant à son assassin. Le cavalier de Rossi a composé son épitaphe :

II. ' S. • E. * ALFRII»VS • HE * LIMMINGHE CIV1S ' BELGA • NOBILISSIMO * GENERE * ORTVS VIX. * ANN. ' XXVI. ' MENS. ' VII. * MES * XVI. DEC. * KAL. ' MAI AS. . ANN. ' MDCCCLXI * EVGENTVS * PATER. LEO * FRATER CIVES ' ET ' AMIC1 ' MON. ' POS.

HVTVS * ERG A * ECCLESIAM * MATREM * PIE I AS FLORENTIS * VITAE * CONTEMP1 V * EMICVIT PRO * SEDE * APOST. ' ARMA * BVMP8IT Ali ' CASTRVM * FIDARDVM * VVLNVS ' ACCEPIT IN ' VRBE ' NEFARISSIMIS * INSIDIIS * OCCISVS MORTEM * INVICTO * ANIMO ' OBUT.

i Son père eut la consolation de lui fermer les yeux, en disant aux camarades de son fils : « Je bénis la main divine qui m'a enlevé mon fils et l'a jugé digne de mourir au service de son Eglise ; si j'éprouve, en ce moment, un profond regret, c'est que le frère de mon lils bien-aimé ne -oit pas assez âgé pour veuir prendre son fusil à sa place dans vos rangs.

Page 1