LA FRANCE AI* COLYSÉE
Il vit à cette époque des tournois et des combats de taureaux ; puis il tomba en mine , et les palais Farnèse et Barberini furent bâtis avec les pierres arrachées à ses vieux flancs ; il fut laissé dans un tel abandon, qu'il servait de repaire, la nuit, aux brigands, aux bohémiens et aux sorciers Enfin, Benoît XIV consacra l'arène du Golysée à la Passion de Notre-Seigncur, et y fit élever les stations qu'on y voit encore avec cette simple croix de bois, symbole de la victoire du christianisme, monument plus grand, plus touchant et plus solide, dans sa rustique simplicité, que la masse entière du vieux Colosse.
Je ne puis me lasser de parcourir ce calvaire de l'Eglise, ce champ de bataille du Christianisme où nos pères, gladiateurs de la vérité, ont combattu jusqu'à la mort sous l'œil et sous le ciel de Dieu ; sub cœlo I)ei, dit Tertullien , qui appelle les chrétiens une race toujours prête à mourir, expédition mort genus.
Lorsqu'il travaillait à Saint-Pierre, Michel-Ange, déjà très-vieux, fut trouvé, un jour d'hiver, après la chute d'une grande quantité de neige, errant tout seul au milieu de l'amphithéâtre colossal^ il venait monter son âme au ton du sublime, et s'inspirer du Colysée pour bâtir Saint-Pierre; son génie s'emparait des ruines païennes pour fonder le triomphe monumental du christianisme.
?es terres pour acheter des grains en Flandre. Le roi l'en récompensa par la dignité de Grand-Panetier de France, et les Parisiens par le surnom du Boulanger, que l'alné des Montigny porta toujours depuis ce temps.
1 A segno di servir* dicampo a stregonerie durante ta notte. Voirie curieux récit que fait Benvenuto Cellini d'une scène de sorcellerie nocturne à laquelle il assista avec un prêtre sicilien dans le Colysée.
Le Colysée, réparé et soutenu par les Papes successeurs des Césars, restera comme un monument éternel de la cruauté antique et de l'héroïsme chrétien. Une tradition proverbiale assure qu'il durera autant que Rome elle-même ; quand il tombera, Rome tombera aussi, et quand Rome tombera, ce sera le signal de la fin du monde l.
Depuis bientôt quinze ans, une sentinelle française garde Rome et le Colysée avec tous les souvenirs qui se rattachent à notre patrie.
Un jour, au onzième siècle, un moine français nommé Othon, né à Rheims, et devenu pape sous le nom d'Urbain II, promenait sa douloureuse rêverie sous les arcades du Colysée devenu son asile et son Vatican. L'antipape Guibert, soutenu par l'empereur Henri V, s'était emparé du Capitole, du Latran, du château Saint-Ange et de Saint-Pierre; Urbain s'était réfugié au Colysée, dans la forteresse des Frangipani. Tandis qu'il réfléchissait à ses malheurs et à ceux de l'Eglise, il vit tomber a ses pieds un pèlerin venant de Jérusalem. C'était un compatriote, un Français, un ermite d'Amiens, appelé Pierre ; il apportait au Pape une lettre dans laquelle le patriarche de Jérusalem implorait son secours contre les Musulmans. Pierre l'Ermite venait offrir à Urbain l'idée des croisades au milieu des ruines de l'amphithéâtre Flavien, teint du sang des martyrs. Urbain le comprit et alla prêcher la guerre sainte à Clermont ; ici la pensée des croisades avait pour moi un patriotique intérêt. Un
i Quaradiù stabit Coliseus, stabit et Roma, quando cadet Coliseus, cadet et Roma ; quando cadet Roma cadet et mundus. (Cité par le vénérable Bède.)