LA FRANCE AU COLYSÉK
Pape français habita donc le Colysée; plusieurs siècles après lui, un pèlerin de France vint établir aussi sa demeure dans les ruines du vieil amphithéâtre, et il arriva que la mémoire du Pape fut éclipsée par la splendeur du mendiant mis par Rome sur les autels. C'est le bienheureux Benoît-Joseph Labre, le héros de la pauvreté volontaire au XVIIIe siècle. Pie IX a permis de restaurer et de transformer en chapelle l'arcade du Colysée sous laquelle ce bienheureux restait à prier pendant des nuits entières; une statue en marbre blanc va être élevée à ce paysan de l'Artois. Jamais, depuis que les statues qui décoraient ramphithéâtre Flavien se sont brisées, en tombant avec la paganisme, jamais aucune statue chrétienne n'y avait été érigée. La Providence, ce semble, réservait une consolation aux chrétiens de notre époque. Et c'est un pauv re , c'est un Français , qui le premier va avoir l'honneur d'un tel monument.
L'éloquence d'un évôque français a laissé des échos au Colysée. A la Pentecôte de 1862, quand les trois cents évêques vinrent à Rome des quatre vents du ciel pour assister à la canonisation des martyrs Japonais, et pour affirmer la royauté déniée à Pie IX, les pèlerins du monde catholique firent le chemin de la croix au Colysée, sous la conduite de l'archevêque de New-York. Malgré la pluie, une foule immense, évaluée à 20,000 personnes, remplissait l'arène du vieil amphithéâtre étonné de ce concours inusité. On voyait là pêle-mêle pèlerins, évêques, prêtres, religieux, Romains, étrangers, femmes et enfants, hommes de toute langue et de toute nation; les pantalons rouges des soldats français se mêlaient aux vestes grises de ces zouaves pontificaux dont la vue rappelait que le sang