A MES ENFANTS
Vous aspirez à voir cette Cité romaine,
Cette Jérusalem de la nouvelle Ix>i,
Dont les peuples ont dit que lout chemin y mène,
gne ce soit le malheur, la victoire ou la foi !
Cette route de Home est l'ornière du monde : D'un pas humble et pieux le pèlerin la suit, Et croit, derrière lui, tant leur trace est profonde, De tous les conquérants entendre encor le bruit.
Terre épique, salut ; terre prédestinée
Dont le sol s'est formé sous les volcans en feu ;
Vieille terre sacrée, en tous sens sillonnée
Par la gloire de l'homme et les grandeurs de Dieu.
Enfants du pèlerin, vous la verrez, j'espère, Moi-même je voudrais vous y conduire un jour ; Etudiez d'abord, dans ce livre d'un père, Ouels droits cette Cité conserve à notre amour.
A Rome recueillis sur le bronze ou le marbre, Tous ces grands souvenirs ont pour vous plus de prix, Comme le fruit qu'on cueille et qu'on goûte sur l'arbre A de plus doux parfums et semble plus exquis.
Ici, tout se conserve, ici, rien ne s'efface ; Ce n'est point seulement le sol du souvenir : Rome, comme Janus, offre une double face, L une vers le passé, l'autre vers l'avenir.
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INTRODUCTION
Pour le chrétien surtout cette terre est bénie ; Mais tout cœur généreux s'émeut ù son aspect, Et l'on n'a pas besoin de la voix du génie Pour faire naître en soi l'amour et le respect.
Oui, plus d'un converti, devant le Dieu fait homme, S'est ici de l'erreur à jamais séparé ; Il faut le répéter : Tout chemin mène à Home, Tout chemin y ramène, après s'être égaré !
Contre Home aujourd'hui l'attaque recommence, A sa gloire éternelle on ne peut pardonner ; l.a Tiare lui prête une grandeur immense, On voudrait l'avilir et la découronner.
Parmi ses fils ingrats Rome a vu plus d'un traître. Et plus d'un voyageur ose la blasphémer ; Vous, aimez déjà Home, enfants, sans la connaître, Car pour mieux la connaître, il faut d'abord l'aimer.
Quiconque sans la foi prétend expliquer Home, Et veut sur l'infini n'en croire que ses yeux. Celui-là, quel qu'il soit, ressemble à l'astronome Qui veut sans télescope étudier les cieux.
Cette terre est encor la terre des miracles, Que l'esprit du Très-Haut travaille en sens divers, Et le vieux Vatican rend toujours des oracles Qu'un souffle divin porte aux bouts de l'univers.
Home reste immuable au fort dj la tempête, Et, quand tout est vaincu, convertit le vainqueur. Home du genre humain fut autrefois la tète, Elle en est maintenant le cœur !
LETTRES D'ILN PÈLERIN