MANGIA LA MADRE SI GRATTA LA FIGLIA
i Voici la lettre de Courier : « Dites, écrivait-il à son ami Chlewaski, dites à ceux qui veulent voir Rome, qu'ils se hâtent, car chaque jour le Ter du soldat et la serre des agents français flétrissent ses beautés naturelles et la dépouillent de sa parure. Permis à vous, Monsieur, qui êtes accoutumé au langage naturel et noble de l'antiquité, de trouver ces expressions trop fleuries, ou même trop fardées; mais je n'en sais point d'assez tristes pour vous peindre l'état de délabrement, de misère et d'opprobre où est tombée cette pauvre Rome que vous avez vue si pompeuse, et de laquelle à présent on détruit jusqu'aux ruines. On s'y rendait autrefois, comme vous savez, de tous les pays du monde. Combien d'étrangers qui n'y étaient venus que pour un hiver, y ont passé toute leur vie? Maintenant il n'y reste plus que ceux qui n'ont pu fuir, ou qui, le poignard à la main, cherchent encore dans les haillons d'un peuple mourant de faim quelque pièce échappée à tant d'extorsions et de rapines.... Les monuments de Rome ne sont guère mieux traités que le peuple... »
C'est alors que les deux statues satiriques de Pasquin et de Marforio publièrent ce sanglant calembour: Marforio dit un matin: Les Français sont de grands voleurs, ladrissimi sono i Francesi. Pasquin répliqua : Aon tutti ma buona parte (Buonaparte), pas tous, mais une bonne part (HonaparU:). Lors de l'invasion française, les Espagnols appelaient l'empereur Nnpo-ladron (Napo-le-larron).