tome I
vient d'accorder à l'intercession du jeune zouave Guérin. Vendredi dcrnierr une jeune fille de bonne famille, pieuse comme une Romaine, et qui était complètement aveugle depuis deux ans par suite de convulsions épiloptiques qui avaient fini par paralyser tous ses membres, vit un jeune zouave qui lui demanda ce qu'elle desirait de lui. « La vue, » dit-elle — « Eh bien ! prends confiance. » L'enfant raconta cette vision à ses parents, qui la grondèrent de n'avoir pas demandé toute sa guérison, la cécité n'étant qu'une partie de son mal.
« La nuit suivante, ou plutôt le soir de ce môme jour, le jeune soldat fit une seconde visite à sa petite protégée, qui ne manqua pas de lui tout demander. Quelques instants après, l'heureuse fille appelait sa mère pour lui dire : « Je vois, je vois. // mio Zuaveito m'a coticedulto tullo. Mon petit zouave m'a tout accordé. » Elle était complètement guérie de tous ses maux ; et la mort, que les médecins attendaient, avait fait place à une vie pleine, parfaite et toute de joie. Je tiens ces détails du docteur même qui soignait la malade, et qui ajoute que le cas était tellement désespéré qu'il n'y avait plus qu'une mort prochaine à désirer. Cette jeune fille doit être présentée au Pape vendredi prochain. Le docteur en question m'a prorais de me mener avec lui ce soir ou demain pour me faire jouir du spectacle saisissant de cette grâce prodigieuse prise sur le fait. Il n'y a plus de doute que Pic IX, qui avait déjà pris cette cause tant à cœur, ne lui donne prompte suite. Le petit ZiuivcUo breton va bientôt arriver à la vénérabilité, pour passer ensuite à la béatification. Quelle gloire pour le bataillon de nos chers Zouaves ! »