‹ RomeChapitre 65 sur 133 · L ESPAGNE A HOME · texte numérisé non relu

L ESPAGNE A HOME

Les Espagnols chantaient en donnant l'assaut à Rome :

Calla, calla, Julio Caesarc, Hannibal, Scipion, Viva la fama de Borbon

A bas, Jules César, Annibal, Scipion, Vive la gloire de Bourbon.

Furieux de sa mort , ils mirent Rome à feu et à sang en criant : Sonore! Sangre! Carne! Carne! Cierra Espaha ! Cierra! Bourbon en montant à l'assaut, portait un vêtement blanc qui le rendit le point de mire des assiégés ; au moment où il mettait le pied au dernier échelon de l'échelle appliquée au mur, il reçut un coup d'arquebuse de la main d'un Romain nommé Francesco Valentini \ Il tomba mort en disant : Bourbon, en avant ! et le doigt sur la bouche, pour indiquer qu'il fallait cacher sa mort à ses soldats. Byron, dans son étrange drame, The de formed transformai, nous peint Bourbon mourant, à qui le démon attaché à ses pas propose ironiquement de baiser la garde de son épée en guise de croix , comme Bayard :

1 Quel masnadiere fu colpito a morte con un' archibugiata fra il ventre e la coscia, colpo tiratogli da Francesco Valentini, Romano, e di la fu trasportato in una capelletta délia Madonna del Rifugio, dove mori. Questa cappella era dei Gozzadini, ed era attaccala alla vigna del cardinale Lorenzo Pucci, dove fino ai tempi di Pio V, riraaséro appese alcunc bandiere gialle tolte a quelle orde, e sul muro era l'iscrizione

Qui è morto Borbone.

Questa tradizione si accorda con quella di Benvenuto Cellini, testimnnio oculare délia sua morte, e solo dilîerisce nel fatto di dirsi cgli medesimo luccisore di Borbone. (Pompilio Totti, Rilratto di Roma, 1638.)

ROME. LETTRES l/UN PÈLERIN .

Cœsar. Would not your highness chuse to kiss the cross? Wc have no priesl hère, but tlie liilt of sword May serve instead : it did the same for Bavard.

Bourb. Tliou bitter slave ! to name kim at this time !

La bibliothèque du Vatican conserve l'armure du Connétable, et son épée est au musée du collège Romain. Bourbon laissa à Rome une telle impression de terreur et de haine, que son nom Borbone continue à y être un objet de crainte, et, changé en Barbone, il sert encore, comme notre Groquemitaine, d'épouvantail aux enfants. Dans la citadelle de Gaete , les Espagnols conservèrent longtemps le corps du Connétable , debout dans une armoire vitrée, magnifiquement vêtu, botté, éperonné, l'épée au flanc. On avait le singulier usage de le changer de costume trois fois par an. On raconte que le soldat chargé d'habiller cette momie héroïque, disait : Qitesto

B grida la notte corne un diavolo, se non si veste a

suo tempo; Ce B là crie la nuit comme un diable,

quand on ne l'habille pas au moment voulu.

On lisait, sur l'armoire, cette épitaphe en espagnol :

Francia me dio la lèche

Spagna fuerza y ventura Roma me dio la muerte Y Gaeta la sepultura

Au sommet de la citadelle de GaSte, on aperçoit la tour pittoresque qu'on nomme encore Tour de Roland; le souvenir du vaillant neveu de Charlemagne est populaire en Italie. Ici les deux noms de Roland et du Connétable rappellent la défaite de Roncevaux et la défaite de Pavie, toutes deux dues à deux traîtres qui ont passé

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