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LETTRE XXXI

LE PHÉNIX DES BASILIQUES

Via Appia. — Tombeaux païens et chrétiens. — La tour de Cécilia Metella. — La basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs. — Son incendie et sa résurrection. — Les schi&matiques et les musulmans concourent à la reconstruire. — Pie IX l'achève et la consacre, après la proclamation de l'Immaculée Conception. — Les adieux de saint Pierre et de saint Paul. — L'atelier de mosaïques du Vatican et les portraits des Papes. — La dynastie des Souverains-Pontifes et la maison de Savoie.

Au-delà de Saint-Sebastien, la voie Appiennc continue à mériter son vieux nom de la reine des voies *. Elle a aujourd'hui deux mille trois cents ans d'existence, et montre encore avec orgueil son antique pavé formé de gros polygones de lave. Après avoir été foulée par les triomphateurs de l'antique Rome, l'Appienne a vu passer saint Pierre, et Notre-Seigneur lui-môme a daigné lui laisser l'empreinte de ses pieds ; elle a vu les premiers chrétiens porter furtivement les corps de leurs héros martyrs aux Catacombes, et elle voit aujourd'hui les pèlerins du monde chrétien qui vont vénérer ces reliques au fond des antiques sépultures de nos aïeux.

t Qua limite noto

Appia longarum teritor regina viaruni.

(Stare, Sylv. II.)

Que vous dirai-je de toutes les ruines antiques que l'on rencontre sur cette voie? La villa de l'empereur Maxence, le cirque et le temple de Romulus, et là-bas, entre Albe et Rome, le champ de bataille des Horaces et des Curiaces, avec deux grands tombeaux qu'on dit être ceux des Horaces. Je me plais à faire résonner dans ce désert sauvage le Qu'il mourût de leur vieux père, ce cri que les vieux Romains n'ont point trouvé et qu'ils auraient admiré. Il nie semblait trouver ici une harmonie entre le génie de Rome et le génie de Corneille, au milieu de cet horizon grandiose de la campagne romaine.

Toute cette voie Appienne, bordée d'une double rangée de tombeaux, était une avenue funèbre à l'usage des riches Romains ; c'était la mode de s'y faire enterrer, et d'y mettre des épitaphes mélancoliques, plaisantes ou injurieuses1. Quelle différence avec les inscriptions catacombales si graves, si dignes, si religieuses î

Sous le sol de l' Appienne, chargé de tant de magnifiques témoifjnafjes du néant de l'homme, se sont creusés les labyrinthes sacrés, les cités sépulcrales du Christianisme, destinés, non plus seulement comme les toin-

i Exemple de jovialité : Un mari et une femme *e disputent encore dans leur tombe; c'est un dialogue entre eux et un passant: Heu viator paulisque consiste. — Miraculum hic, vir et uxor non litigant. — Qui sumus non dico at îpsa dicam hic levius. — Ebrius me ebriam nuncupat. — Non dico amplius. — Hei uxor etiam mortua liligat.

Exemple de mélancolie- :

Te lapis oblcstor lévite saper ossa quiescas Et raediai «tali ne gravis esse velis.

Pierre, je t'en conjure, ne pèse que légèrement sur ces os, et ne sois pas trop lourde à un mort encore jeune.

LE PHÉNIX DES BASILIQUES

beaux païens, à rappeler aux hommes leur mortalité, mais à élever leurs âmes vers la pensée du triomphe et de l'immortelle vie.

En face de la troisième colonne milliaire, sur le sommet d'une colline, à gauche de l'Appienne, s'élève la plus gracieuse et la mieux conservée des sépultures païennes : c'est un des plus nobles ornements de la campagne de Rome. Ce tombeau a la forme d'une tour aux proportions élégantes. Comme le môle d'Adrien, il fut crénelé et fortifié au moyen âge ; c'était la forteresse féodale des Gaétani, comme le Colysée était celle des Frangipani. Cette tour a une frise à festons entrecoupés de têtes de taureaux, ce qui lui fit donner le nom de Capo di Bove par les pâtres de VÀgro Romano. C'est Je tombeau de Gecilia Métella. Nous essayons en vain d'appeler l'écho artificiel qui répétait sept fois, dit-on, le doux nom de Gecilia. Cette ruine est imposante ; le lichen et les câpriers sauvages s'en sont emparés et s'enroulent aux festons de marbre, triomphe de la vie végétative sur l'oubli éternel. Quelle était cette Cecilia ? Tout ce que nous apprend l'inscription de son tombeau, c'est qu'elle était fille de Quintus Cœcilius Métcllus-îe-G rétique, et femme de Crassus, le riche triumvir, qui lui éleva ce monument. On dit qu elle enseigna à Cléopâtre la manière de fondre les perles dans du vinaigre pour les avaler dans son breuvage. Byron lui a consacré de beaux vers.

Au-dessous de la frise ornée de tôtes de bœufs, on lit cette inscription du côté de la route :

t'.JECILIJS C>. CKETICI F. METELLE CKASSI.

Au-dessous on en a gravé une autre pendant la doraination française :

LES OFF. DV CORPS IMP. DES ING. GÉOG. FRANC. ONT RÉTA- RLI CE TERME OCCID. DE LA RASE MESVRÉE EN 1751 PAR LES P. P. MARC ET ROSCOWICH, POVR LA DÉTERMIN. dVn DEGRÉ DV MER. DE ROME. 1809, AN. V DV RÈGNE DE NAP. EMP. ET ROI, PROTECT. DE LA CONF. DV RHIN. LE DVC DE FELTRE ÉTANT MINISTRE DE LA G VER RE, ET LE COMTE MIOL- LIS GOWERNEVR DES ÉTATS-ROMAINS.

Du tombeau de Gœcilia Métella on va à Saint-Paulhors-les-Murs, à travers la campagne romaine, par des chemins de traverse, creusés par les pluies dorages et ombragés de grands arbres ; ils nous rappellent ces chemins creux du Nivernais et du Bourbonnais, que nos paysans appellent aussi des mes, comme les Romains, vie. L'un de ces chemins s'appelle ici Via Paradîsi, et est bordé par line petite chapelle dédiée à saint Isidore. Làbas, voici des fouilles commencées dans ce sol inépuisable, qui garde encore dans ses flancs des mines et des trésors d'antiquités. A droite apparaissent, de loin en loin, les hautes murailles crénelées de Rome.

Après un voyage assez long et fort lent, voilà qu'au détour d'un gros rocher rouge, surmonté d'un pin, on découvre Saint-Paul-hors-les-Murs , à demi voilé par une longue file de cyprès. C'est une des plus anciennes basiliques de la chrétienté, bâtie au lieu môme où on enterra, après son martyre, l'Apôtre des nations.

Cette basilique, solitaire, immense, mélancolique, véritable temple du désert, se dresse majestueusement

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non loin du Tibre ; sa charpente fut formée de cèdres du Liban, comme le temple de Salomon ; fondée par Constantin, ruinée par les Vandales, dévastée par les Sarrazins qui remontaient le Tibre, renversée par un tremblement de terre, incendiée trois fois, dont une par le feu du ciel, on l'a toujours vue renaître de ses ruines et de ses cendres, comme le Phénix de la fable, comme la religion immortelle dont elle est un des sanctuaires les plus vénérés. Son dernier incendie eut lieu dans la nuit du 15 au 16 juillet 1823. Le vénérable Pie VII touchait à ses derniers moments; cette môme nuit, le Pape, mourant, fut agité par un songe qui lui présentait sans cesse un grand malheur arrivé à l'Eglise. Il s'éveilla en sursaut plusieurs fois , et demanda s'il n'était rien arrivé de nouveau. Le lendemain, pour ne pas aggraver son état, on lui cacha ce désastre, et il est mort peu après sans l'avoir jamais su. Cet incendie servit de bûcher funèbre à Pic VII; voyant Saint-Paul renaître de ses cendres, je l'ai appelé le phénix des basiliques. Sur les sépulcres des catacombes, cet oiseau fabuleux est un des symboles de la résurrection et de la renaissance éternelle. La reconstruction, obstinément poursuivie de cette basilique, est un grand acte de foi que les incroyants ne comprennent pas.

A peine Pie VII mort, ses successeurs, Léon XII, Pie VIII, et Grégoire XVI, sans s'étonner de ce désastre, sans s'effrayer de la dépense à une époque où la chrétienté ne donne plus de secours d'argent au Saint-Siège, résolurent de tout relever, avec une infatigable persévérance et une sainte obstination, Enfin, Pie IX a eu la gloire d'achever la réédification de ce monument unique.

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J'ai entendu blâmer la reconstruction de Saint-Paul ; les uns la critiquent à cause de l'énorme dépense qu'elle nécessite ; les autres à cause du désert qui l'entoure et de la mal' aria qui l'enserre ; certains vont jusqu'à regretter, sous le rapport de l'art et du pittoresque, qu'on n'ait pas laissé Saint-Paul en ruines, comme Palmyreou Balbeck, la basilique leur ayant paru faire bon effet avec sa forêt de colonnes calcinées par le feu, sa voûte crevée, ses grands murs pantelants, noircis par la fumée et recouverts d'un manteau de lierre, etc. C'est à merveille ; mais Messieurs, il ne s'agit ici ni d'argent, ni d'air salubre, ni de pittoresque. L'Eglise n'est pas une ruine ; elle n'en veut pas autour d'elle ; elle ne peut, ni ne doit à aucun prix renoncer à ses plus augustes souvenirs. Demandez à une fille pourquoi elle restaure à si grands frais le tombeau de son père, pourquoi elle ne le laisse pas plutôt à l'état de ruine pittoresque, ou bien pourquoi elle ne le rebâtit pas ailleurs : pourquoi ? parce que c'est là même que son père est mortet qu'il a été enseveli, parce qu'on ne change pas un souvenir de place ! Ainsi vous répondra l'Eglise sur les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul, ses deux pères, ses deux fondateurs. Voilà pourquoi c'est un projet aussi risible que coupable de vouloir transporter la Papauté loin de Rome. « Saint Paul, dit Louis Veuillot, étant l'apôtre des nations, l'église de saint Paul est le chef-lieu d'une paroisse qui se compose du monde entier, et un jour elle sera trop étroite pour contenir l'abondance des députés des nations. »

A celui qui occupe dans l'Eglise la plus grande place après saint Pierre, il fallait une basijique digne de lui, la plus belle après le temple august/du Vatican. II conve-

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nait que le citoyen romain qui obligeait ses accusateurs à le suivre devant Néron, que le prisonnier qui sommait les magistrats de venir ouvrir sa prison, restât enseveli ou plutôt vivant sous un temple offrant l'image complète, correcte et pompeuse d'un prétoire impérial. Il est là, devant l'hémicycle dont la chaire rappelle le tribunal de l'empereur. Il est à la place où l'accusé répondait, et il répond depuis dix-huit siècles par sa confession, et cetto confession dirait d'elle-même ce qu'on y a gravé en lettres d'or : Mihi vivere Christusest, et mon fuerwn. La basilique est vide, afin que la pensée évoque plus rapidement dans les galeries, sur les combles, à toutes les arcades et à toutes les fenôtres, les spectateurs qui entendirent la confession de saint Paul devant Néron. Tu es vas electionis. La basilique aussi devait être un vase d'honneur. Et bien que Dieu ait choisi pour la refaire aussi belle que jamais un siècle d'indifférence, il a fallu que tous y prissent part, jusqu'aux schismatiques et aux musulmans \ A côté des deux colonnes qui, pour soutenir l'arc principal, ont été taillées dans le granit piémontais par la munificence de l'empereur d'Autriche, voici quatre colonnes d'albâtre oriental envoyées par Méhémet-Ali. Et ces tables, qui brillent partout comme des masses d'émeraudes, sont venues du fond de la Sibérie par ordre du czar appelé Nicolas I". On a gravé autour de l'abside, les noms des Evèques, des Archevêques, des Cardinaux qui environnaient Pic IX, quand l'oracle infaillible a déûni le dogme de l'Immaculée-Conception.

* Nous empruntons ces eonsidéralions à un article de Son Eminenre le cardinal Doin Fitra.

C'est à ce moment solennel que Pie IX a consacré le nouveau Saint-Paul. A la Pentecôte de 1862, le Pape a donné à chacun des évèques une grande médaille qui représente la basilique de Saint-Paul sortant plus splendide de l'incendie, c'est l'image de la société future que l'Egilse va réparer avec plus de magnificence encore que dans le passé.

La basilique de Saint-Paul est la digne sœur de la basilique de Saint-Pierre \ Mgr. Gerbet nous a fait remarquer ce triangle sacré, dans lequel les basiliques de Latran, de Saint-Pierre et de Saint-Paul enferment Rome chrétienne. Chacune d'elles tomberait cent fois, qu'on la relèverait toujours. « Les origines, l'histoire, l'organisation de la cité sainte, ont de tant de manières leurs plis et replis dans ces trois églises, qu'elles font partie, pour ainsi parler de son essence monumentale, et que leur durée, sans doute, égalera sa durée. »

L'intérieur de la basilique ressuscitée est d'un grandiose indescriptible ; la forêt de colonnes ofTre des perspectives à perte de vue. La vieille mosaïque du chœur, épargnée par l'incendie, a été remise à sa place. Le tabernacle du treizième siècle, respecté par la flamme, se compose de colonnettes de porphyre incorporées à la table de l'autel, qui recouvre le tombeau de saint Paul, et supportant quatre arceaux et une voûte croisée, en style ogival. Pic IX a voulu que ce monument précieux fût enchâssé

Elles sont aux deux extrémités de Rome, chacune sur leur rive du Tibre, immortelles gardiennes de la Ville-Éternelle ; Rome est entre deux ; donc Dieu est là, dit une vieille inscription rapportée par Baron us :

Ho* intor Roma rst. hir sedet ergo Dp'is.

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dans une nouvelle Confession, ainsi composée : quatre riches piédestaux, incrustés de lapis-lazuli, de malachite, de brèche égyptienne et de bronze doré, et portant, au milieu de ces précieuses matières, les armes de Pie IX, supportent les quatre colonnes d'albâtre oriental données par le vice-roi d'Egypte, et ornées elles-mêmes de bases et de chapiteaux en bronze doré d'un travail achevé. Ces colonnes sont surmontées d'un magnifique baldaquin, dont l'encadrement est orné de ciselures du meilleur style. Sur un fond de malachite et sur les quatre côtés de l'encadrement, on lit en grands caractères les paroles suivantes, choisies par le Souverain-Pontife lui-même : Tu es vas electionis sancte Paule.

Le monastère de Saint-Paul est réoccupé par un abbé et des religieux qui y font revivre toutes les traditions de l'Ordre de Saint-Benoît. Le cloître, épargné en partie par l'incendie, est d'un style ravissant, semi-bysantin, semi-ogival, mais le cintre y domine encore; il est soutenu par plusieurs centaines de délicates colonnettes de marbre roulées en torsades et incrustées de mosaïques. Le préau du cloître est rempli de beaux rosiers épanouis, qui me rappellent ce passage des révélations de sainte Brigitte, où elle compare Rome inondée du sang des martyrs h un champ fleuri de roses rouges. On a trouvé ici une épitaphe mutilée qui semble rappeler cette comparaison :

Pvrpvrevm . velvti . rosios . que . reg

Et genitrix natis lachrymasqve . reliq

Sous les portiques du cloître on a entassé une fuole

ROME. LETTRES I)'i:N PÈLERIN.

d'inscriptions et de débris arrachés à l'incendie et qui attendent encore leur place. Voici 1 epitaphe du tailleur impérial :

Hic depositvs benemeritus Vestitor imperatorvm.

Voici trois sœurs ou trois amies chrétiennes qui se sont fait faire un trisomum, c'est-à-dire un tombeau à trois places dans les catacombes :

Agape et Rvstica et Frêne fecervnt sibî locvra trisomvm.

Nous allons rentrer à Rome par la voie d'Ostie et la porte Saint-Paul. Un peu avant cette porte, à droite, on nous fait remarquer une pauvre petite maison dont la partie inférieure sert de chapelle. Une inscription, encadrée entre deux colonnettes avec un bas-relief, indique aux passants le lieu où l'on croit que saint Pierre et saint Paul se sont séparés lorsqu'on les menait au martyre. « Cette scène d'adieux fraternels fait un heureux effet parmi les souvenirs qui entourent le berceau de l'Eglise romaine. Rome païenne a été fondée par deux frères, dont l'un a égorge l'autre. La ville qui devait régner sur le monde par le glaive, a été marquée originairement de la môme tache de sang que la première ville de guerre construite par Caïn, le père de la race des géants. Rome chrétienne a eu pour fondateur deux hommes pacifiques comme Abel, plus frères par l'âme qu'on ne l'est par la chair, morts de la môme mort, du même dévouement, aux portes de la même ville, la même année, le môme

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jour. L'antique fratricide a été remplacé par une fraternité divine qui a présidé à la seconde naissance de Rome destinée désormais à répandre par toute la terre, avec l'Evangile, le dogme et le sentiment de la fraternité humaine *. »

L'incendie de Saint-Paul avait détruit la galerie des vieux portraits des Papes, collection unique en son genre. On l'a remplacée par une suite de médaillons en mosaïque, dont l'exécution a donné une grande activité à l'atelier de mosaïques du Vatican, établissement grandiose que nous venons de visiter. Cet art monumental, dont le nom vient de Musa, est digne par sa durée de représenter la durée du catholicisme, c'est la véritable peinture de l'éternité, comme disait le peintre Dominique Ghirlandajo à la vue des mosaïques du Latran. On se plaint de la solitude de Saint-Paid? Mais voyez donc si la basilique n'est pas remplie par les deux cent soixante Pontifes rangés dans le cercle d'or de leurs médaillons, comme pour écouter et confirmer la confession apostolique, comme pour prononcer avec l'Eglise les paroles qui décorent le baldaquin triomphal : SanctePaule apostole, prœdicator veritatis in wiiverso mitndo; « 0 saint

1 Mgr. Gerbet. — Voici l'inscription qui met dans la bouche des deux Apôtres quelques paroles d'adieux touchantes et naïves dans leur vieil italien :

In questo luogo si separarono S. Pietro et S. Pavolo andando al martirio et dice Pavolo a Pietro :

La pace sia con teco fundaraento Délia chicsa et pastore di tutti Li agnelli di Cbrsto Et Pietro a Pavolo Va in pace prcdicatore dei buoni Et guida de la salule dei justi.

Paul, apôtre et prêcheur de la vérité par le monde entier ! » Quelle dynastie que celle de tous ces successeurs de saint Pierre ! Et une pauvre petite royauté Savoyarde, qui a vendu sa Savoie à la France, croit qu'elle pourrait usurper un jour la capitale éternelle de cette dynastie immortelle. Est-ce que Victor-Emmanuel II s'imagine qu'il serait le premier à Rome, si on lui laissait un instant remplacer le Pape? Il y tiendrait moins de place que l'ombre seule du Souverain Pontificat, et le Pape régnerait encore à Rome par son absence. Le roi de Piémont veut imiter César ; qu'il dise donc comme César : Mieux vaut être le premier à Turin que le second à Rome !

LES ROSES DE NÉRON

Le martyre de saint Agnès et celui de Louis XVI. — La mort de liasse vil le dans l'histoire et dans la poésie. — La villa des Roses et la maison dorée de Néron. — Le buste de ce César lype de l'empereur romain. — Néron artiste et dilettante se compose une claque pour se faire applaudir. — Forcé de fuir, il se cache près des catacombes et se donne la mort. — Le Tu as vaincu, Galiléen, se répétera dans tous les temps. — Comment la question romaine date de Néron

C'est aujourd'hui le 21 janvier.

Ne vous êtes-vous pas éveillé comme moi oc matin en pensant aux deux martyrs dont on célèbre aujourd'hui la fête : la sainte vierge Agnès et le saint roi Louis XVI ? Louis XVI, qui, pour avoir refusé de souscrire à la déportation des prêtres fidèles, est devenu ainsi lui-même un confesseur de la foi, et fut mis à mort par les Nérons du peuple souverain. Le pape Pie VII, comme docteur particulier, a qualifié de martyre la mort de Louis XVI. La place Louis XV est une enceinte consacrée par le sang comme le Colysée, et l'obélisque du Luxor m'a rappellé souvent l'obélisque de Néron qui s'élève sur la place du Vatican. Au moment où la Convention jugeait Louis XVI à Paris, une coïncidence préméditée cherchait à provoquer une révolution à Rome.

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