‹ RomeChapitre 93 sur 133 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

France de pareilles aberrations ! Mais quant à Pilate, la postérité n'a pas ratifie l'absolution qu'il s'est donnée à lui-même en se lavant les mains. « Depuis dix-huit siècles, s'écrie révoque de Poitiers, il est un formulaire en douze articles que toutes les lèvres chrétiennes récitent chaque jour; dans ce sommaire de notre foi, rédigé avec tant de concision par les Apôtres, figurent, en outre des trois noms adorables des Personnes divines, le nom mille fois béni de la femme qui a donné la naissance au Fils de Dieu, et le nom mille fois exécrable de l'homme qui, lui a donné la mort. Or, cet homme marqué du stigmate déicide , cet homme ainsi cloué au pilori de notre symbole, quel est-il donc ? Cet homme, ce n'est ni Hérode, ni Gaïphe, ni Judas, ni aucun des bourreaux juifs ou romains; cet homme, c'est Ponce-Pilate. Et cela est justice. Hérode, Gaïphe, Judas et les autres ont eu leur part dans le crime, mais enfin, rien n'eût abouti sans Pilate. Pilate pouvait sauver le Christ, et sans Pilate on ne pouvait mettre le Christ à mort. Le signal ne pouvait venir que de lui : Nobis non licet interficere, disaient les Juifs Lave tes mains, ô Pilate ; déclare-toi innocent de la mort du Christ. Pour toute réponse, nous dirons chaque jour, et la postérité la plus reculée dira encore : Je crois en Jésus-Christ, le Fils unique du Père, qui a été conçu du Saint-Esprit, qui est né de la Vierge Marie, et gui a enduré mort et passion sous Ponce-Pilate : Credo m Jesum Christum — qui passas est sub Pontio Pi lato. »

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