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LA COLONNE DE HENRI IV

romains les compagnons du Béarnais? Je m'en plaignis à un abbé romain qui me répondit : Pourquoi avez-vous costumé Louis XIV en empereur romain sur la place de Notre-Dame des Victoires?

Henri IV avait donc abjuré; mais il était excommunié, comme ayant été un huguenot relaps, et il fallait qu'il fût absous par le Pape. Il implora en vain cette grâce de Clément VIII, rendu défiant par la précédente rechute de Henri dans l'hérésie. Après trois jours de prières, saint Philippe de Néri, alors l'oracle de Rome, va trouver le cardinal Baronius, confesseur du Pontife et lui dit : « Refusez l'absolution au Pape s'il la refuse au roi, et dites-lui que je vous ai donné ce conseil. » Baronius, qui appartenait à l'Oratoire, obéit à son supérieur qu'il savait inspiré de l'esprit de Dieu. Clément VIII fit examiner de nouveau cette grave affaire, et se laissa fléchir. Comme témoignage de sa reconnaissance, Henri IV envoya à l'église de l'Oratoire une magnifique chapelle, dont on conserve encore le calice fleurdelisé #

Henri IV envoya à Rome Duperron et d'Ossat pour recevoir en son nom l'absolution. Le 7 septembre, ces deux envoyés se présentèrent devant la porte du péristyle de la Basilique Vaticane et s'agenouillèrent devant le Pape, qui était assis sur son trône, entouré des hauts dignitaires de l'Eglise, et ils firent abjuration de toutes les doctrines contraires à la foi catholique. Le Pape leur toucha la tête avec une baguette en signe de pénitence; c'était ce coup de baguette que les huguenots, par déri-

1 Vie de Baronius citée par M. de Maumigny. (Les voix de Rome.)

ROME. LETTRES l/lJN PÈLERIN.

sion, appelaient la gaulade. Aussitôt après, le chœur, dans la basilique, entonna le Miserere. Ensuite le Pape se releva, prononça la parole de réconciliation, et le

Te Deum succéda au cantique de la douleur.

Une fois l'absolution accordée, il y eut des réjouissances publiques à Rome, pour célébrer le triomphe de l'Eglise et la pacification de la France. D'Ossat écrivait : « Le canon du château Saint-Ange a tiré ce matin, dont les Espagnols ont mal aux oreilles, et se feront ce soir d'autres signes de réjouissance, qui leur feront encore mal aux veux. »

La conversion du Béarnais était d'un intérêt, nonseulement national , mais européen , mais catholique. Aussi la joie fut universelle, et de son côté le roi, comme on le voit dans ses lettres inédites, garda une vive reconnaissance à Clément VIII.

Lps négociations avaient duré deux ans, tant il avait l'allu de peine pour réenfanter (ripartorire) au christianisme le Roi Très-Chrétien, et à l'Eglise, son tils aîné !

Tante molis rrut (lallorum condere jîentem !

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