‹ Rome et Démétrius d'après des documents nouveaux, avec pièces justificatives et facsimileChapitre 10 sur 73 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

La première est susceptible d'une solution satisfaisante. On a vu que l'hypothèse du haut mal repose sur des fondements trop fragiles pour se faire pardonner son invraisemblance. Celle de l'assassinat, au contraire, est aussi probable en ellemême que les suif rages, qui l'attestent, sont nombreux et décisifs.

En effet, les chroniqueurs indigènes et les contemporains étrangers s'accordent à dire qu'une scène tumultueuse s'est passée à Ouglitch le 15 mai 1591, qu'elle a été provoquée par des sicaires, armés contre Démétrius, que le sang a coulé dans le palais^SSTsrtsâiÇine et qu'en dépit des efforts officiels le peuple ne cessa d'y croîi^. Il est donc difficile, en regard de cette unanimité, de ne pas admettre que l'assassinat de Démétrius a été pour le moins attenté. Mais le tsarévitch a-t-il succombé réellement? Trompés par les ténèbres, les assassins n'ont-ils pas frappé un autre à sa place? Pour répondre à cette question il faut examiner, si le tsar couronné au Kremlin en 1605 était ou non le vrai fils de Jean IV? L^histoire n'a pas encore dit son dernier mot là-dessus et les historiens se partagent en différentes opinions, que nous donnerons ici en résumé.

Quelques années après la catastrophe d'Ouglitch les tristes prévisions des boyars se réalisèrent. Miné dès l'enfance par la maladie, Théodore mourut à la fleur de l'âge et le trône resta vacant, Irène ayant renoncé à ses droits pour embrasser la vie religieuse. Les branches cadettes et latérales de la maison de Rurik pouvaient aspirer à la 5uccession qui venait de s'ouvrir, mais leurs représentants étaient tous éclipsés par la puissance d'un parve;iu d'origine tartare. Ce fut donc à Boris Godounov déjà retiré au fond d'un cloître qu'on proposa la

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