XXII INTRODUCTION
voyageur anglais Coxe (1778). Nous la citons d'après une revue périodique russe (1).
€ Muller exprima franchement plusieurs de ses opinions et manifesta sa parfaite conviction, que c'était bien le vrai Démétrius, qui avait régné sur le trône de Moscou. « Mais je € ne puis, » dit-il, « exprimer en Russie mon opinion véri- « table dans la presse, car la religion est mêlée à cette ques-» € tion. Si vous lisez avec attention mon article, vous remar- < querez probablement, que les arguments, dont je me sers € pour prouver la supercherie, sont faibles et nullement con- € vaincants. » Après cela il ajouta en souriant : « Quand € VOUS écrirez sur ce sujet, réfutez-moi hardiment, mais ne « dites rien de mes confidences, tant que je serai en vie. » Muller communiqua alors à l'auteur (Coxe) la conversation, qu'il avait eue sur le faux Démétrius avec l'impératrice (Catherine II) pendant son séjour à Moscou.
« D'après ce que j'ai entendu, » dit-elle, « vous doutez que € Grichka ait été un aventurier ; dites-moi votre opinion <i hardiment. » Muller écarta cette question avec respect, mais cédant aux exigences réitérées de l'impératrice, il répondit : € Votre Majesté le sait bien, le corps du vrai Démétrius repose 4, dans la cathédrale de Saint-Michel ; on l'y vénère et ses € reliques y opèrent des miracles. Que deviendront ces relire ques, s'il est prouvé que Grichka est le vrai Démétrius ? — « Vous avez raison », répondit l'impératrice en souriant, € mais je voudrais savoir quelle serait votre opinion, si ces « reliques n'existaient pas du tout. » Muller déclina avec prudence une réponse directe et l'impératrice cessa son interrogatoire. »
C'est ainsi que la solution définitive des doutes au sujet de Démétrius reste encore réservée à l'avenir.
(1) Russkaia Starina, février 1877, p. 321.