‹ Rome et Démétrius d'après des documents nouveaux, avec pièces justificatives et facsimileChapitre 31 sur 73 · A MOSCOU · texte numérisé non relu

A MOSCOU

Le P. Lawicki à Cracovie et à Rome. ^ Instruction de Démétrius au P. Lawicki . — Instruction du cardinal Borghése au même . — Lettres de Paul V à Démétrius, à Marine et au palatin Mniszech. — Deux audiences du P. Czjrzowski chez Démétrius. — Esprit de mécontentement à Moscou .

Ce fut avec une joie sincère que les jésuites de Cracovia virent au milieu d'eux le P. Lawicki, en costume ecclésiastique oriental avec la barbe, les cheveux longs et la croix byzantine sur la poitrine. Il se rendait de Moscou à Rome sur l'ordre exprès de Démétrius.

L'idée d'envoyer un représentant auprès du pape préoccupait le tsar depuis longtemps. Dès ses premières entrevues avec Claude Rangoni à Cracovie, il s'était empressé d'y faire allusion; plus tard, au milieu même des pompes du couronnement, il fit rappeler aux jésuites, qui y avaient assisté, que l'un d'eux devrait entreprendre le voyage de Rome pour y déposer aux pieds du pape Thommage de sa piété filiale, A cette ouverture, les jésuites ne manifestèrent qu'un seul désir, celui que la politique restât complètement étrangère à cette mission. Quelques mois s'écoulèrent, pendant lesquels le silence de Démétrius fit croire aux jésuites qu'il avait renoncé à son projet. Il n'en était pas ainsi. Au mois de

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novembre, comme nous l'avons remarqué plus haut, le tsar annonçait au pape l'arrivée prochaine du P. André Lawicki. Ai^ers la fin de décembre 1605(1), le jésuite partait de Moscou avec une instruction latine, signée par Démétrius et munie du petit sceau de TÉtat. En voici la traduction :

« Instruction donnée pour cause de mémoire au Père André Lawicki, de la Compagnie de Jésus, pour le très-saint Seigneur, Seigneur Paul V, Souverain Pontife, 18 décembre

1 . En premier lieu il déclarera à Sa Sainteté notre intention d'entreprendre la guerre contre les Turcs et de conclure des alliances dans ce but avec quelques princes chrétiens. Il demandera à Sa Sainteté qu'elle persuade par son autorité le serenissime Empereur Romain de ne pas abandonner facilement les armes et la guerre turque, de faire au contraire une ligue ou une alliance avec nous contre' eux.

2. Qu'elle amène à la même alliance et union sacrée le serenissime Roi et le Royaume de Pologne.

3. Il demandera à Sa Sainteté, qu'après avoir appris notre dessein et celui du Serenissimo Empereur Romain par rapport à cette pieuse guerre, elle en ifasse mention à la Diète du royaume de Pologne, où nous aurons aussi nos ambassadeurs officiels, et cela avant la dissolution de la Diète.

4. Il déclarera à Sa Sainteté que nous avons résolu d'envoyer dans ce but le plus tôt possible notre ambassadeur au Serenissime Empereur Romain. Il demandera que Sa Sainteté ait en même temps quelqu'un auprès de l'Empereur, qui traite la même affaire au nom de Sa Sainteté ; et si cette personne arrive avant Notre ambassadeur qu'elle l'y attende.

5. Il indiquera à Sa Sainteté que nous avons une certaine controverse avec le Serenissime Roi de Pologne à cause du titre impérial, dont nous ne nous laisserons pas priver facilement, de même que nous le possédons de plein droit. Il

(1) Wielewicki, éd. Mouchanov, p. 137.

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demandera que Sa Sainteté connaisse et juge de celte cause.

6. Quoique Sa Sainteté le sache mieux quels sont par rapport à la sainte et sacrée Église rorafûne et catholique les mérites du très-illustre et très-révérend Père en J.-C., seigneur Claude Rangoni, Évêque et Prince de Reggio, Nonce Apostolique auprès du Serenissime Roi de Pologne; cependant comme noua avons connaissance nous-même du zèie et de la vigilance de Son Altesse à défendre le Saint-Siège ; il demandent H Sa Sainteté en Notre Nom qu'elle confère la dignité cardinalice au Reverendissime Claude Rangoni susmentionné, car rien ne saurait Nous être plus désirable à cause de Nos sentiments envers son Altesse, que de la voir élevée par nos efforts à la dignité qu'elle mérite (1). »

IjB p. Lavicki était en outre porteur, pour le nonce de Pologne et le Saint-Père lui-même, de lettres de recommandation dont le style recherché se ressent du goût de l'époque (2). Jean Paprocki. chambellan intime du prince, profita aussi de son départ pour écrire à Paul V une lettre encore inédite dont nous avons eu l'original fntre les mains, mais qui ne contient rien de remarquable.

Le 31 janvier, le P. Lawicki était déjà à Cracovie, oïl il fut reçu en audience par le roi, désireux d'être bien renseigné sur les affaires de Moscou, Les ordres pressants de Démétrius ne permettaient pas au jésuite de prolonger son séjour en Pologne ; il se mit donc immédiatement en route pour Rome au cœur de l'hiver, le 5 février I60(î, en compagniedu P. Stanislas Kryski. Le pape et ses ministres l'attendaient avec impatience, plutôt pour pouvoir s'entretenir avec un témoin oculaire que pour s'arrêter à des résolutions définitives, car les plus importantes étaient déjà un fait accompli à l'arrivée du P. Lawicki. En effet, dès le 4 mars, on avait expédié les

(1) Voir le texte latin aux Pièces jiist-t I, 8.

(2) Ces lettres sont rapportées in exUnso par Wielewielii, éd. MonchanoT, p. 13S.

dépêches relatives à la guerre contre les Turcs, au titre de tsar et aux dispenses demandées pour Marine (1), tandis que le P. Lawicki n'arriva à Rome que vers le 18 mars (2). Toute son activité diplomatique dut dont nécessairement se borner à Tapprobation pleine et entière de la ligne de conduite adoptée par le Saint-Siège, comme on peut facilement s'en convaincre en comparant les dépêches en question avec les lettres et instructions romaines dont il fut chargé à son retour. Paul V et son secrétaire d'État y consignèrent le résultat des négociations qui avaient eu lieu à Rome. Dans l'instruction du P. Lawicki, datée du 10 avril 1606 (3), le cardinal Borghése approuve au nom du pape, en termes formels, le projet de combattre le croissant; il conseille même au tsar de descendre le premier dans l'arène pour entraîner par son exemple tous les peuples chrétiens ; l'appui des représentants pontificaux auprès de l'empereur et du roi de Pologne lui est assuré, pourvu qu'il envoie ses propres ambassadeurs à ces deux souverains, afin de les engager à prendre part à la guerre; le différend à régler avec Sigismond III au sujet du titre impérial est réservé à Sa Sainteté. Quant à la dignité cardinalice, demandée par Démétrius pour le nonce Rangoni, on n'y fait pas la moindre allusion. Le silence était en effet la réponse la plus délicate qu'on pût donner. En hasardant cette démarche, Démétrius s'était arrogé, sans le savoir peut-être^ un privilège réservé aux plus puissants monarques de la chrétienté. La dignité du Saint-Siège exigeait qu'on ne discutât pas ce point avec un souverain dont le titre était encore contesté et qui n'avait pas eu l'occasion de bien mériter de Rome.

(1) Hist. Russix mon. y II, lxxii, lxxiii, lxxiv.

(2) La dépêche inédite, envoyée de Rome à Claude Rangoni, le 18 mars 1606, commence par ces mots : « Mentre s'andava discorrendo che il Padre Lavitio potesse tardare qualche giorno a comparir qua, è venuto poco fa a bacciaro li piedi a N. S'«. »

(3) Wielewicki, éd. Mouchanov, p. 145,

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Les réponses officielles données à l'envoyé de Démétrius ne sont au fond, comme on le voit, qu'un commentaire des dépêches du 4 mars. Le P. Lawicki reçut en outre des lettres du Saint-Père pour le tsar, pour Marine, pour le palatin Mniszech et pour le cardinal Maciejowski (1). Paul V avait déjà écrit à plusieurs reprises à Démétrius, le 3 et le 16 décembre 1605, le 11 février 1606 (2). Dans la première de ces lettres, il le félicite de son union avec Marine, dans les autres ce sont toujours les mêmes pensées qui reviennent sous des formes diverses. On s'aperçoit aisément que le Pontife n'a qu'une seule chose en vue, répandre en Russie la connaissance de la vérité et confirmer Démétrius dans les sentiments qu'il avait exprimés lui-même lorsqu'il communiquait à Clément VIII les premiers élans de son zèle. Plus remarquable que les précédentes est la lettre du 10 avril, qui fut consignée au P. Lawicki, Elle porte la double empreinte de la dignité royale et de la sollicitude paternelle. L'empereur Constantin y est proposé au tsar comme modèle à suivre, et tandis que le souverain n'épargne pas les éloges à l'heureux conquérant, le pasteur, fidèle à son devoir, exhorte sa brebis à se guider par des principes surnaturels, à se défier des hérétiques désireux de le perdre, à s'entourer enfin de prudents et honnêtes conseillers. Sans doute, des bruits confus étaient déjà parvenus jusqu'à Rome que Démétrius ne justifiait point, par sa conduite personnelle, les espérances qu'on avait fondées sur lui relativement au retour de son peuple à l'unité. Muni de ces lettres, le P. Lawicki reprit, dans la soirée du 11 avril (3), le chemin de Moscou, où il ne devait point parvenir.

Personne ne pouvait mieux comprendre l'opportunité des

il) Hist, Russlâs mon.^ II, lxxvi.

(2) Ibid., II, LVI, LXII, LXXVI.

(o) Pièces just, ^ II, 29. La dépêche romaine dit expressément que le P. Lawicki est parti de Rome dans la soirée du mardi, 11 avril, avec les réponses aux demandes de Démétrius.

sérieuses paroles adressées par Paul V à Démétrius, que le P. Czyrzowski, témoin oculaire de tout ce qui se passait à Moscou. Bien qu'il attendît avec confiance un avenir plus serein, il sentait cependant les difficultés et les périls de la situation présente. Deux lettres de ce Père au provincial de Pologne, Decius Striverius, nous initient quelque peu à ses espérances et à ses appréhensions (1). Dans le courant du mois de février, deux audiences qu'il eut de Démétrius lui

permirent de bien apprécier les événements. La première eut

lieu vers le 15 février. Le P. Czyrzowski Pavait demandée à cause des rumeurs répandues en Pologne par les anabaptistes, que Démétrius était le protecteur avoué de leur secte. C'était une excellente occasion pour entrer doucement en matière et rappeler à Démétrius les premiers élans d'une ferveur qui semblait décliner peu à peu. Malheureusement une circonstance imprévue ne permit pas au jésuite de parler avec toute la liberté que son zèle lui inspirait : deux témoins incommodes assistaient à l'audience : le protestant Stanislas Buczynski (2) et un boyar russe qui remplaçait par intérim Massalski, envoyé à la rencontre de Marine. Le tsar ne semblait pas non plus disposé à une conversation sérieuse; il demanda avec empressement des nouvelles du P. Lawicki, exprimant le désir de le voir de retour le plus tôt possible. Puis, comme pour écarter tout autre sujet, il se prit à louer la fidélité des jésuites, qui avaient partagé courageusement sa mauvaise fortune pendant les jours les plus critiques de la campagne. Ses souvenirs le reportèrent alors au désastre de Dobrynitchy, aux murs imprenables de Novgorod, à l'inaction forcée de Ponti vl. Il attribua aux Pères le mérite d'avoir retenu sous ses drapeaux bon nombre de Polonais qui, tentés

(1) Les lettres du P. Nicolas Czyrzowski au P. Decius Striverius sont datées de Moscou, 16 et 20 février 1606.

(2) Frère de Jean Buczynski, qui avait été envoyé en mission auprès de Claude Hangoni .

de regagner leurs foyers, changeaient d'avis lorsqu'ils voyaient le timon du carrosse des jésuites dirigé vers Moscou. Ces paroles firent une impression favorable sur le boyar, qui se montra aussitôt très-bienveillant envers le P. Czyrzowski. A la suite de cette audience et sur une offre spontanée de Démétrius, le jésuite prit son logement, le 15 février, dans une maison située au centre même du Kremlin, Les carmes, destinés pour la mission de Perse, partagèrent sa modeste demeure. En outre, comme gage de sa satisfaction, le tsar offrit au P. Czyrzowski un calice avec une patène et un encensoir, soigneusement travaillés par les orfèvres de Moscou.

Quelques jours après, le 18 février, le P. Czyrzowski se présenta de nouveau chez Démétrius. Cette fois l'audience fut privée. Aussi les allures du tsar furent-elles bien différentes et laissa-t-il un libre cours à ses sentiments. Après avoir écouté le jésuite avec une bienveillance marquée, il lui fit part d'un dessein étrange qu'il avait conçu, celui de faire venir à Moscou le Père provincial de Pologne, Decius Striverius. Dans quel but? nous ne saurions l'indiquer; nos documents se taisent sur ce fait, qui cependant est hors de doute, car le tsar écrivit une lettre au Provincial pour l'engager à venir promptement dans l'intérêt des jésuites qui se trouvaient en Russie, de la Compagnie entière et de toute l'Église romaine. Il chargeait en même temps le palatin de Smolensk de pourvoir aux frais du voyage (1). Cette pressante invitation n'eut pas de suite. Pour en revenir à Taudience du 18 février, Démétrius y exprima l'intention de se confesser de nouveau et de voir de temps en temps le P. Czyrzowski, mais toujours secrètement. Celui-ci ajoute à ce propos qu'une violente tempête avait été soulevée par les popes contre le tsar, à cause de son mariage avec une polonaise catholique, qui passait à leurs yeux pour une païenne; on avait remarqué

(1) Pièces just, y I, 12.

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aussi quelques velléités de révolte parmi les boyars et dans le peuple. Au dire du P. Czyrzowski, Déjnétrius sut réprimer ces excès par des mesures de rigueur sans toutefois recourir à la peine de mort. C'étaient les signes avant-coureurs de la grande catastrophe, qui allait bientôt remplir de terreur les partisans du tsar. En congédiant le P. Czyrzowski, Démétrius le pria d'accepter une image de la très-sainte Trinité, recouverte à la manière byzantine de plaques d'or et d'argent. Il y ajouta encore une image de la sainte Vierge, moins riche mais également belle. Le jésuite se retira de l'audience sous une impression de tristesse, tempérée par l'espoir d'un meilleur avenir. Il avait quelque confiance dans les promesses de Démétrius, mais pour le moment sa conduite offrait peu de garanties.

Les allusions obscures du P. Czyrzowski à des difficultés et à des complots sont plus explicitement commentées par d'autres contemporains. Un esprit d'opposition et de mécontentement pénétrait peu à peu dans toutes les classes.

Le clergé ne pouvait pardonner à Démétrius, ni l'indifférence, qu'il affectait extérieurement, envers toutes les religions, ni surtout son alliance avec une polonaise catholique, qu'il ne consentait pas à faire rebaptiser .Cette dernière circonstance mérite une attention particulière, car il est à peu près certain que naguère l'église de Moscou ne recevait pas de Latins dans son giron, sans les régénérer par un second baptême. Tombée en désuétude en Russie, cette pratique existe encore à Constantinople pour tracer, dit-on, une ligne de démarcation plus profonde entre les Grecs et les Latins (1).

(1) Voir là-dessus une page intéressante (p. 297) dans le Clergé russe par le R. P. Gagarin. C'est un Anglais, qui de nos jours a appelé l'attention sur la manière différente dont TEgllse de Constantinople et rÉglise russe envisagent les conditions du baptême. La théorie de la démarcation^ c'est-à-dire de la profanation du sacrement a été soutenue par la Causerie ecclésiastique (I7 septembre 1866), journal publié par l'académie ecclésiastique de Saint-Pétersbourg sous les yeux et avec l'approbation du sjnode.

Aux scrupules religieux s'ajoutaient encore d'autres griefs chez les boyars contre Démétrius. Entouré d'étrangers, celui-ci ne se donnait pas la peine de dissimuler ses sympathies pour rOccident et les Occidentaux. D'un caractère vif et emporté, il ne savait pas ménager la susceptibilité de ses sujets et s'irritait d'autant plus à chaque manifestation de barbarie qu'il n'avait lui-même qu'un vernis de civilisation, dont il aimait toutefois à faire parade. Il s'annonçait en outre comme réformateur et ne voulant pas noyer la résistance dans le sang, comme le fit plus tard Pierre 1^% il se faisait autant d'ennemis que l'antiquité avait d'aveugles partisans.

Partant de si haut ces préventions n'en descendaient pas moins jusqu'aux dernières classes de la population. Démétrius leur frayait le chemin lui-même et ses ennemis ne negligaient rien pour les faire pénétrer partout. Habitués à vénérer leurs tsars, comme une espèce de divinité terrestre, qui ne se montrait au peuple que rarement et entourée d'éclat, les Moscovites n'en revenaient point en voyant Démétrius sortir tout seul, se promener dans les rues tantôt à pied, tantôt à cheval, causer familièrement avec les passants. On se disait tout bas que le tsar n'allait pas régulièrement au bain chaque semaine, qu'il faisait servir du veau à sa table et qu'il frater- j nisait avec les païens. Les doutes sur ses origines et sa conduite équivoque étaient aussi jetés en pâture aux dictons populaires. Cependant l'antipathie contre Démétrius semble n'avoir jamais été générale, puisqu'on répandit le bruit que sa vie était menacée par les Polonais pour ameuter le peuple et frapper le grand coup en profitant du désordre.

Le foyer de la révolte, qui se préparait, était dans la maison de Basile Schoujski. Les bienfaits du nouveau souverain l'avaient laissé insensible. Démétrius l'avait arraché aux étreintes de la mort, il méditait le moyen de lui ôter la vie. Ces complots sanguinaires se tramaient à l'ombre, leurs avant-

coureurs ne paraissaient que rarement au grand jour. Dans le palais de Démétrius, on ne songeait après les affaires qu'aux réjouissances et aux fêtes. L'arrivée du comte Alexandre Rangoni, dont nous allons nous occuper un moment, donna lieu, elle aussi, à de brillantes réceptions.

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