INTRODUCTION V
crime, qui a fait descendre le fils de Jean IV dans une tombe prématurée. Des difficultés plus sérieuses surgissent de toutes parts dès qu'on admet la conservation providentielle du jeune prince. Dans cette supposition, celui qu'on appelle le faux Démétrhis pourrait avoir été l'héritier légitime d'un trône, qui ne lui a valu qu'une grandeur éphémère avec une fin désastreuse. Les croyances et les préjugés nationaux, qui interviennent dans le débat, dès qu'on agite ces questions, ne servent qu'à les rendre plus complexes. C'est à la critique de donner un jugement impartial.
L'état de la question doit tout d'abord être pris en considération. Quelques contemporains de l'événement d'Ouglitch ont affirmé, que le fils de Jean IV a échappé aux assassins résolus de le perdre. De nos jours, cette opinion est presque abandonnée. Les divergences ne portent que sur le genre de mort. Karamzin, Tarchevéque Philarète et M. Soloviev voient dans le tsarévitch une victime innocente sacrifiée sans remords à une ambition sans mesure et vénérée à* bon droit sur les autels à titre de martyr. Pogodin et M. Bélov inclinent à croire qu'il a succombé à une attaque d'épilepsie.
Quant aux incertitudes par rapport au tsar de 1605, on peut les réduire à trois chefs. Il passait naguère auprès de quelques auteurs pour le vrai fils de Jean Vassilévitch. La tradition nationale de Moscou l'identifie avec Grichka Otrépiev. Des historiens récents le tiennent pour un aventurier quelconque.
Un rapide résumé de tout ce qui se rattache à la catastrophe d'Ouglitch et à la personne de Démétrius trouve sa place naturelle dans Tintroduction. Ces recherches préliminaires dégageront le sujet principal de notre travail, consacré aux rapports, qui s'établirent entre le Saint-Siège et Démétrius.