‹ Rome et Démétrius d'après des documents nouveaux, avec pièces justificatives et facsimileChapitre 7 sur 73 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

firmo pas moins avoir été présente au malheur, un certain Cyrille Mohovikov en dit tout autant de lui-même. Impossible de concilier ces divergences.

Nous voici en présence de la sentence judiciaire. Le 2 juin Tenquête était déjà sous les yeux du tsar Théodore, qui l'envoyait au patriarche pour être lue en plein synode. Cette grave assemblée écouta en silence la lecture des pièces, les aveux de la tsarine, transmis par Gélase, et la supplique du bailli d'Ouglitch, qui accusait Michel Naghi d'avoir été ivremort (iTiertvetzki-piane) le jour de l'accident. Après quoi, le patriarche Job, prenant la parole, exprima Thorreur, que lui inspiraient les massacres d'Ouglitch, et déclara coupables Michel et Grégoire Naghi, leurs serviteurs et les habitants de la ville. Déraétrius, ajouta-t-il, a reçu la mort par un jugement de Dieu, c'est-à-dire qu'il a été emporté par la maladie, tandis que Michel Naghi a profité de la circonstance pour assouvir des vengeances personnelles et faire massacrer des innocents, qui détournaient le peuple de la rébellion. Cependant, comme c'est une affaire profane, le patriarche s'en remet à Dieu et au tsar, qui peut sévir ou gracier selon qu'il le jugera à propos. Théodore Ivanovitch, ajoute le procèsverbal, ordonna de mettre à exécution ce qui avait été décidé.

Quel qu'ait été le degré de publicité, accordé par Godounov à l'enquête officielle, il n'en est pas moins étrange que les annalistes indigènes soient en fiagrante opposition avec la thèse du patriarche. Parvenus à cette époque, ils ne trouvent sous leur plume que des reproches sanglants à l'adresse de Boris. Dévoré par l'ambition, il convoitait le trône, disentils tous d'une seule voix; Démétrius était un obstacle, sa perte fut résolue. Comme le poison n'agissait pas, Boris eut recours à des sicaires, dont les uns reculent épouvantés devant le régicide, les autres, plus liardis dans le crime, acceptent ses

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