‹ Rome et Jérusalem [microforme]Chapitre 21 sur 101 · LIN · texte numérisé non relu

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Telle est la place de Saint-Pierre, la plus belle du monde et, partant, la seule digne du temple auguste que nous allons essayer de décrire.

Au bas des degrés, les colossales statues de saint Pierre et de saint Paul semblent protéger de chaque côté l'entrée de la Basilique, Treize autres statues gigantesques, représentant Jésus ct ses apôtres, surmontent la façade ou le portique.

Vous croyez peut-être que le portique de Saint- Pierre s’élance, avec un dôme svelte et gracieux, bien haut dans les airs, À peu près comme la tour de Babel, dont on voulait se servir pour escalader le ciel ?.. C'était jusqu’à un certain point la pensée de Michel Ange ; mais on dut, hélas ! abandonner ce plan grandiose, parce qu’il ne permettait pas de construire une

galerie d’où le Pape pût donner la bénédiction Urbi

et Orbi. Inutile de le dissimuler : nous sommes un peu désappointés en arrivant en face de ce monument, qui n’en est pas moins resté, dans son ensem-

ble, “la plus grande merveille du monde moderne.”

Voici d’abord le vestibule tout brillant de marbres et de dorures. Cinq portes y donnent accès. Pour abréger, disons qu’il est si beau, si riche, si splendide,

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Y faire leurs Prières repartir contents

l'our nous, ne SOYONS pas si naïfs: pénétrons À l'inté. rieur du temple,

Chose étonnante, en vain cherchons-nous les v

proportions que doit av longueur, largeur,

astes oir le monument ; non, hauteur, tout nous par l'harmonie de l’ensemble, Pourtant Saint-Pierre sur- Passe en grandeur les églises les plus l'Orient et de l'Occident.

Les bénitiers, for

A . . A \ ait ordinaire, grâce À Onsidérables de

més de larges coquille Jaune, augmentent d'abor grandeur ordinaire,

s de marbre d l'illusion, Ils semblent de et soutenus par des Marbre blanc de la taille d’un enfant. À mesure qu'on s'approche, l'illusion disparaît, On voit ces enfants grandir, et Je fus tout étonné de de colosses de six pieds,

anges en

me trouver en présence

De la porte d'entrée au chevet Saint-lierre a 575 ?

pieds de longueur, et 41 La nef du milieu a 82

9 de largeur dans le transept,

pieds de largeur sur 142 de hauteur, y Compris la voûte...

“Mais par où Commencer l'étude

de ce vaste édifice ?

Sous mes pieds je

fotile un brillant parterr

e émaillé de oupé en rosaces, ç

n losanges d’une gracieuse EPL , É . È x |

arièté, d’une grande richesse de dessin, fout en marbre et en

fleurs, déc

Le pavé est porphyre. Devant moi, autour

de moi, de quelque côté que je me tourne, l'œil se perd au milieu de ces richesses, de ces statues, de ces mosaïques, de ces bronzes, de ces marbres qui tous m'invitent à leur payer un tribut d’admiration.”?

Revenu de ce premier éblouissement, je me dirige vers la statue de saint Pierre accolée au dernier pilier de droite. Elle est en bronze et représente le Prinee des apôtres assis sur son trône et tenant les clefs du ciel. Que de fois, pendant mon séminaire, j'ai eu le bonheur de baiser comme aujourd’hui le pied droit de la statue, usé par les lèvres des fidèles !

Cependant, une force intérieure m’attirait vers la Confession. On donne ce nom, à Rome, à l'autel des martyrs, attendu qu’ils ont confessé la foi en lui donnant le plus sublime des témoignages : celui du sang! — Hé bien ! nous voici à la Confession de saint Pierre. Dans cette crypte repose le corps du premier prêtre et du premier pape, ainsi que celui de saint Paul,

l'apôtre des gentils. Ils reposent dans une châsse

d'argent massif, renfermée elle-même dans une enveloppe d’airain d’une épaisseur énorme,

Mon Dieu ! comment exprimer ee qui se passe alors dans lÂâme du pèlerin? Appuyé sur la balustrade en marbre blanc qui règne tout autour de la crypte, le front caché dans les mains, je sentais de grosses lar-

mes me remplir les yeux et tomber brûlantes et préci-

pité tout que méni détai (héla élève le 4j mess heur.

d'hui revoy dotalc L.-A.

Lemie Saint-] tager mier $ vent, !

nouille faisait :

Vrai voir pre Et je re Confess saint, n

beauté,

me M UT

pitées, Faut-il sen étonner ?.. Je me retrouvais tout À coup auprès du tombeau des saints apôtres ! Et, que d’émouvants souvenirs se pressaient dans ma mémoire ! Il ÿ à Scize ans — qu'on me pardonne ce Fes détail intime — i] Y à seize ans, mon pauvre père, . (hélas ! il n’est plus) avait prié ici Pour moi, alors

élève du collège de Sainte-Anne. Six ans plus tard, nee Le a “A :

1 le 4 juin 1882, J'avais célébré ici même ma première du

messe... Moment ineffable, jour inoubliable de bone

le heur et de sainte allégresse ; oh ! ilme semblait aujour- d'hui te ressaisir et te savourer encore !… Même je revoyais un à un les témoins de ces douces Joies sacordotales : Mr Blais, Mer Labrecque, MM. les abbés L.-A. Pâquet, IT. Gouin, D, Pelletier et ER D A Lemieux, rédemptoriste, alors À Rome, et accourus à Saint-Pierre, pour m'honorer de leur présence et partager mon bonheur. Au surplus, lors de mon premicr séjour dans ln Ville Eternelle, j'étais venu si souvent, avec mes confrères du Collège Romain, m’agenouiller sur cette tombe bénie, dont l'éloignement faisait tant gémir autrefois saint Jean-Chrysostome !

Vraiment il n’en fallait pas davantage pour m'émouvoir profondément et m'attendrir jusqu'aux larmes …. Et je restai 1à longtemps, en prières, oubliant que la Confession de Saint-Pierre n’est pas seulement un lieu Saint, mais un monument art, remarquable par sa beauté, sa richesse, sa splendeur.

La crypte est précédée d’un vestibule tout étincelant de marbre précieux, Au bas des degrés qui y conduisent se trouve le tombeau de Pie VI. Il est bien à sa place parmi le cortège de martyrs qui entourent le crucifié du Janicule. Sa statue agenouillée est lun des plus beaux ouvrages de Canova….

Autour de la balustrade qui protège la Confession, s’épanouissent des palmiers d’airain chargés de quatrevingt-neuf lampes qui sans cesse veillent ardentes autour du saint tombeau.

Regardez maintenant:le superbe baldaquin doré qui surmonte l’autel papal, placé au uilieu de la coupole et sur le corps de saint Pierre. Les colonnes torses et dorées qui le soutiennent ont trente-quatre pieds de hauteur, Elles sont, paraît-il, remplies d’ossements de martyrs. Aux angles sont quatre anges debout et quatre consoles renversées qui, se réunissant dans le milieu, supportent un globe couronné d’une croix. Bref, la hauteur totale du monument est de quatrevingt-six pieds.

Mais si le Bernin a la gloire d’avoir fait ce chef d'œuvre, Michel-Ange revendiquel’honneur autrement plus grand d’avoir élevé la majestueuse coupole, Sa hauteur et sa masse ne le cédant qu'aux pyramides d'Egypte, on dirait une construction titanesque : “ c’est le Mont-Blanc des édifices !”” A voir sa légèreté, on

croir tienr malg coup fond toute gineu et cot apôtre est le le ciel aperço du ha cher € tution tandis laquell nité.”?

Il fa même « un sup siège, e des plus et saint Augusti chaise ci

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croirait, dit Boulfroy, que des mains invisibles le soutiennent dans les airs, tant il est svelte et gracieux, malgré ses énormes Proportions, — A l’intérieur Ja coupole étincelle de mosaïques, radicuses peintures à fond d’or représentant les anges, les saints, la Trinité, toutes les hiérarchies du ciel. De ces hauteurs vertigineuses, la cour céleste semble s’incliner vers Ja terre et contempler avec amour le tombeau du prince des apôtres. ‘ La coupole de Saint-Picrre, à écrit Ozanam, est le diadème de la Papauté suspendu entre Ja terre et le ciel, Des mers qui baignent la côte d'Italie, on aperçoit en passant ce dôme colossal, D'autres fois, du haut des collines voisines, on voit le soleil se coucher derrière lui : emblème admirable de cette institution que nous VOÿons toujours debout et immobile, tandis que nous Passons sur les flots du temps, et sur laquelle se couchera encore le dernier soleil de l’humanité.”

Il faut aussi aller voir une autre merveille, au chevet

même de la basilique : la chaire de saint Pierre, C’est

Un superbe monument de bronze doré, en forme de siège, et que soutiennent les belles et grandes statues des plus illustres Docteurs de l'Eglise : saint Athanase et saint Jean-Chrysostome, saint Ambroise ct saint Augustin, Cette enveloppe de bronze recouvre la chaise curule du sénateur Pudens, devenue le siège, la

chaire de Pierre, d’où l'apôtre enseignait, prêchait ct.

100 LOME ET JÉRUSALEM

administrait les sacrements À ses chers néophytes qui ue eraignaient plus, après cela, d'empourprer de leur sang leur robe blanchie la veille dans les eaux du baptême, De chaque côté de la chaire s'élève un mausolée, A droite, celui d'Urbain VIII est un chefd'œuvre du Bernin. A gauche, celui de Paul IIT est non moins remarquable : on reconnaît la main de Michel-Ange.

Mais il est impossible de donner ici une description détaillée de ce monde de merveilles que renferme la basilique vaticane. Saint-Pierre, voyez-vous, est à la fois tune nécropole et un musée : tombeaux des papes, statues des évangélistes et des fondateurs d'ordres, mosaiques, bas-reliefs ou inscriptions ; bref, ‘ toute Phisioire de l'Eglise est là, écrite en caractères indéiébiles, sculptée en marbre, coulée en bronze, fixée dans d’admirables peintures, gravée en lettres immortelles par le talent, le génie, la reconnaissance, l’amour et la foi.”

Au moment de sortir, quand je repassai près de la Confession, je me rappelai cette réflexion, si touchante et si juste, du marquis de Ségur : “ Après le sépulcre du Sauveur, il n’en est point de plus glorieux que le sépulcre de saint Pierre. Je dirai plus, en exéeution de la paroïe mystérieuse de Jésus-Christ à ses discipies : “ Vous ferez de plus grandes choses que moi-même,”

le tombeau du prince des apôtres est entouré de plus

ES — LÉGENDE

cn En arrivant par la Voie Douloureuse près de À] . . .

à l’emplacement du Prôtoire de Pilate on voit devant leur , A nt 2 , s01, à cheval sur Ja même X O16, Un grand arc : C’est ] x du ARC DE L'Ecce Iomo.—D'anrès une Tradition e un ’ Lef vieille de plusieurs siècles, c'est du haut de cet Arc chef- * à A que Pilate montra Notre Seigneur au peuple, après + mn . à t Lest lavoir fait cruellement flageller, croyant par cet acte n de de barbarie exciter enfin la compassion des juifs | mutinés, ption EVANGILE SELON Sr. JEAN, Cu. XIX.

ne la : : a : 4, Pilate sortit donc de nouveau ct leur dit : Voici que à la je vous l’amène, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime, apes, = -

Î ! 5. Jésus donc sortit, portant une Couronne d’épines, et un dres, manteau d’écarlate, ei Pilate leur dit : Voilà l’homme : Oute Ecce Homo !

dété Cet Arc se composait autrefois d'un are central et ! nu de deux arcs collatéraux, mais celui du côté Sud a dans : |

. complètement disparu. | eiles | x L’Arc central, autrement dit de l’Ecce Homo, con- | et le | 5 : + | | servé en entier, a le pied-droit Nord enchâssé dans | l'église de PEcor Homo, appartenant aux Dames-de- | le Ja Sion.

ante Notre gravure montre l’intérieur de cette Eglise. | 0 "e + | alet L’Arc collatéral Nord encadre PAutel, et lon | | . . û Il

ue le | aperçoit, au-dessus, mais en arrière, au fond du

nn de Sanctuaire, une magnifique statue en marbre blanc

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| représentant Notre Seigneur, couronné d’épines !

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