‹ Rome et Jérusalem [microforme]Chapitre 34 sur 101 · DOUZIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

DOUZIÈME LETTRE

Les églises de Rome

— Suinte-Céci le — du Tusse,

Sainte-Subine — Souvenirs

ROME, le 13 février 1893.

sont nombreuses,

Ç églises de Rome, | monde, si ce

riches et belles los Aucune ville au n’est Naples, n’en possède autant, Onen Compte près de qu cents, qui correspondent bien

atre au cycle liturgique,

La plu Part, avouonscomme extérieur

SR le, n’offrent rien de saillant et comme style ; Mais, en revanche, Iles renferme des mer

chacune d’e veilles de beauté, chefs-d’œuvre var

des liques incomparables :

! Ce sont, pre

iés, ct des re

omis gloria….. ab intus |

sque partout, des pavés en Mosaïque, des colonnes de jaspe et de porphyre, des plafonds à e

aissons dorés,

des marbres

multicolores, des autels, des baldaquins en jaune, vert ou rouge antique, de superbes décorations en lapislazuli, des incrustations de pierreries dans les ornements de l'autel, quelquefois toute une galerie de tableaux de maître, ou un peuple de statues,

Ne cherchez pas cependant, en Italie, ces nets profondes et mystérieuses, ces belles verrières qui tamisent la lumière, ces arceaux élancés et ces flèches vertigineuses qui caractérisent les cathédrales du Nord. A part l’admirable Duomo ou cathédrale de Milan, et l'église de la Minerve à Rome, point d’ogive pure, point de gothique. Ici, c'est la Renaissance qui triomphe avec ses colonnes <orses, 808 chapiteaux de bronze, ses marbres bigarrés, ses caissons dorés et ses chérubins bouflis.”

Malgré tout, prises dans leur ensemble, ces églises sont “ le plus bel ornement et la plus solide richesse de la capitale du monde chrétien ; elles brillent sur sa robe de reine comme les pierres précieuses resplendissent sur la chape des pontifes et sur la mitre des évêques. On peut dire de Rome ce qu'un historien du âge disait de l'Irlande, qui, délivrée au dixième

moyen siècle d’une affreuse servitude, ne tarda pas à se couvrir d’une blanche parure d'églises : “ Æxcutiendo semel rejecta vetustate passin candidam ecclesiarum vestem induit.” Ainsi, du sol de la Ville Eternelle tout

empourpré du sang des martyrs s'éleva, dès que Île

Narkshe

EE ue

tôt la l'ég pelle funè prot( chap tife donn.

mort, Pilast.

d’une parler

jour :

jaune, vert y en lapis- ; les ornogalerie de CA

s nets proqui tami- 1èches verdu Nord.

e Milan, et give pure, ssance qui piteaux de

orés et ses

ces églises le richesse lent sur ss resplendisre des évèistorien du au dixième s à se cou- Excutiendo ecclesiaruim

ruelle tout

dès que le

ROME

Christianisme eut droit

de cité dans Je brillante floraison de

basiliques ot d' Sa plus belle Parure,”

Monde, une ivlises qui est rostée Vraiment on est frappé, on marche de Surprise quand on entre pour ]n premiè nombre de ces sanCtuaires, rés pour le bon Dieu ? D, Madone ? Ou

surpris: en

re fois dans bon

Sont-ce des salons déco.

‘# boudoirs apprè des musées dont le oublier ;/ Santissimo ?

tés pour Ja $ œuvres d'art font Quoi qu’il en soit, il est fidèle ce tableau des impressions étranges qu'éprouve le visiteur,

“Il parcourt silencieusement une nef, et voi] tête semble sortir d’une nie Ja tôte

l'église,

à qu'une he pour Je regarder : c'est Où d'un prince Il veut se mettre À

à genou pelle, et voilà qu'un mort semble funèbre pour

J linterpeller : c'es Protecteur de chapelle,

d’un Cardinal i dans

ant une cha.

ever de sa couche

M Iondateur ou un l’église dont Jos res reposent dans la

Il passe dans un b côté e

til voit un pontife assis sur

SOn trône, qui

lève la main Pour lui [4 ’ Li .

donner sa bénédiction

t rer

An pape qui, glacé par la Gnir. Ile’

anges,

mort, n'a pas oublic de 1 'ilastre, et voilà ue de:

d’une mère, ont l’

assied près d’un beaux Comme les rû

ves s’aVancer ve

air de Parler ; il est tenté de

jour : ce sont des anges qui

'S lui, pour Jui les caresser et de leur dire bon-

gardent ur gé ulcre, I]

sort enfin, et voilà qu’il aperçoit sur la porte un général qui soulève un linceul et qui à l'air de lui crier : & FTalte-là ! ” Il a presque un sentiment de frayeur, il se demande s’il ne faut pas reculer ; mais le général est en merbre, il ne bouge pas, il ne dit rien : c’est un vieux « lat des saintes causes qui dort son éternel sommeil et qui semble à tout instant vouloir se réveiller pour la bataille.”

Spectacle econsolant : les adorateurs ne manquent jamais ici. Oh ! elle est encore vivace la foi du peuple italien. — Et, si les orgues ne sont pas des instruments de premier ordre, où trouver de meilleurs

orchestres, des chœurs plus complets, des maîtres de

chapelle supérieurs au maëstro Capocci, des virtuoses

comparables à Moreschi, “ l'ange de Rome,” et en général, une musique plus belle, plus enlevante, j'allais dire plus théâtrale ? Dans les vastes basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Jean de Latran, l’etfet en est superbe ; mais ces mélodieux concerts ne m’impressionnent peut-être nulle part autant que dans Péglise de Sainte-Cécile, sur la rive droite du Tibre.

Aussi bien, quand le mois de novembre, si triste par lui-même, nous ramène la radieuse fête de cette sainte & autour de laquelle résonnent toutes les harmonies du ciel et dela terre,” les Romains, les étrangers se portent

en foule au delà du Tibre.

Valé

Or symp dait :

Et ell

| général 1i crier :

ayeur, il général c’est un éternel

e réveil-

anquent a peuple s instrumeilleurs iîtres de virtuoses "et en , j'allais iques de t cn est n’impres-

s l’église

triste par tte sainte ionies du e portent

Pendant les quatre séjour dans la Ville-Eternelle, Je n'ai jamais manqué À ce rendez-vous d’un attrait irrésistible,

années de mon premier

Suivez-moi un instant dans cet antique sanctuaire,

encore parfumé des souvenirs et des vertus de l’héroïque martyre,

**% Cécile, de l'aveu de tous, est la

plus séduisante figure de l’histoire. Son nom €

St Synonyme d'innocence

et d'harmonie, Sa vie est tout un poème,

Cécile appartenait à l’une des plus illustres familles de Rome. % Pure et candide c et le premier rayon de l’au Scipion et des Pompée sé beauté sublime ct poé

omme le lis des champs rore,” la petite-fille des prit de bonne heure pour la tique de la morale &

Son idéal fut de devenir Jésus-Christ.

angélique.

l’épouse sans tache de

Elle lui voua tout de suit

€ sa Virginité, Néanmoins,

ses parents encore païens la f un jeune Romain, Valérien.

ancèrent À d’une noble ct opulente famiile :

Or, pendant le festin nuptial, au milieu des Joyeuses Symphonies qui ravissaient les conviy dait au fond de son cœur

es, Cécile enten- Un Concert divin et ang Et elle chantait, les Jeux au ciel

és élique, : Seigneur ! Seigneur !

veille sur mon cœur et sur mon corps, et fais la garde autour d’eux, pour qu’ils te restent immaculés et purs.”

La nuit vint, nuit sainte et lumineuse comme celle de Bethléem, nuit radieuse et remplie, pour ainsi dire, des mêmes harmonies célestes, nuit féconde où une épouse-vierge enfanta une me au Christ !.

Entrez dans la chambre nuptiale et prêtez l'oreille à ce dialogue d’un charme exquis.

Fortifiée par la grâce de Dieu, Cécile dit À son époux : “0 très doux et bien-aimé jeune homme, j'ai un secret À te révéler, mais jure-moi que tu sauras le respecter.”

Valérien lui promit tout,

‘ Ecoute, reprend la vierge, jai pour amant un ange de Dieu, jaloux de la virginité de mon corps, et qui la garde jour et nuit avec son glaive. Si tu l’outrageais, il te frapperait, et tu perdrais la fleur de ta charmante jeunesse ; mais s’il voit que tu m'aimes d’un amour chaste et pudique, il t’aimera lui aussi, et il se montrera à toi dans sa gloire.” — ‘Cécile, si tu veux que je te croie, fais-moi voir cet ange : je ferai ce que tu voudras ; si, au contraire, c’est un homme que tu aimes, je vous frapperai tous deux avec mon épée.” — Ki tu veux croire au vrai Dieu et que tu me promettes de te faire baptiser, je te le ferai voir. Va au troisième mille de la Voie Appienne, Là, tu trouveras des pauvres qui

dan tret de } cour Ce S pour parft seuls Bi son t( Per Alma ordon mort.

Les

pleura

et purs.” ime celle nsi dire,

e où une l'oreille à

dit À son

.) mine, j'ai sauras le

tunange et qui la itrageais, harmante n amour montrera que je te voudras ; , je vous

tu veux e te faire mille de iavres qui

Page 1