‹ Rome et Jérusalem [microforme]Chapitre 55 sur 101 · D SES · texte numérisé non relu

D SES

papes seulement sont arrivés À ce Jubilé : Jean XIT, Grégoire XII, Calixte IIL, Paul IIT, Paul IV, Innocent L X, Clément X, Innocent XIT, Benoit XIII, Clément | XII, Benoit XIV, Pic VIT, Grégoire XVI, Pie IX,

At

domi

=] Arth:

: Jean-XIT, IV, Innocent [If, Clément TT, Pie IX.

En route Pour la Pales'ine — Naples à vol d'oiseau — Excursion

à Pompéi — Miracle de saint Janvier

— De Naples à Brintisi — En mer.

À BORD Du Poséidon, le 28 février 1898.

De CT YANT assisté À toutes les fêtes du jubilé

Ê ê S épiscopal de 8.8. Léon XII, 1e pre-

SR’ mier but de mon voyage d'Europe était

« Atteint, Aussi, presque au lendemain

NES de la messe papele à Saint-Pierre de

/). Rome, Partais-je pour la Terre-Saiute, prenant FR toutefois le chemin des écoliers.

C'était le 22 février.

Au fond, le pèlerinage de Jérusalem était l’objet pré-

dominant de mes VŒuUX. Qui pourrait s’en étonner ?

“ IL n’est presque pas un chrétion, écrit M.

Arthur Loth, il n’est pr

esque pas un chrétien, pas

Un antiquaire, pas tn érudit qui n'ait rêvé d'aller voir la Palestine, cette terre illustre et sacrée, toute remplic des monuments les plus insignes des premiers âges et des souvenirs les plus vénérables du monde. D’Abra: ham à Jésus-Christ, tout ce qui peut intéresser l’humanité est 1h. Aussi nulle contrée n’exerce-t-elle autant d’attrait sut les imaginations et sur les cœurs ; nulle W’occupe une aussi grande place dans les annales du genre humain, C’est par elle, pour ainsi dire, que commence l'histoire et c’est à elle que se rattachent les destinées des peuples. Jésus-Christ domire tous les siccles et la Palestine est sa patrie, la patrie du peuple Juif auquel tout converge avant lui, la patrie de l'Eglise à liquelle tout se rapporte après lui,” Donc, en avant !

J'avais pour compagnons de route : MM. les abbés C. Swéron, curé de Sainte-Luce (Maine), Fox, Kaster {Wisconsin) et H. Deslauriers, vicaire À Woonsocket, La ‘oie se lisait peut-être sûr nos fronts: mais ce “était ronrtant pas sans émotion que nous quittions la Ville #iernielle. Semblable À O'Connell qui, moutant à Gênes, léguait son corps à l’frlande et son cœur à Rome, tout chrétien, et le prôtre en particulier, ne

sort point de Rome sans y laisser une partie de son

cœur,

Et longtemps après l'image de Rome nous poursuit

toujours :

SOI r'et ter la an l'in de imn allis men niba on n mon:

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Ante ou los errant donus, urbs et form locorum. (Ovipr.) Cependant, de Rome à Naples, le traiet est intéres- , , I]

sant et par les souvenirs historiques et par la toilette

printannière du Paysage. Les champs sont ensemencés, Teï et 1à, le blé a déjà deux ou trois Pouces de hauteur.

On taille les vignes dont les bourgeons commencent À

poindre, Ailleurs, ce sont des plantations considér d'orsngers, de citronniers et d'oliviers, de fruits aux arbres, À p

ables Presque plus art quelques oranges et citrons en retard. Plus loin, les vallées arrosées par le Volturne sont des mieux cultivées et des plus fertiles. Bref, on retrouve encore ici les “ délices de Capoue,” comme au temps d’Annibal : c’est toujours la Campania Felir, la Campagne Heureuse.” On ÿ fait trois récoltes par an ; et pourtant l'Italie est pauvre !.. Sans doute l’incurie Ÿ est pour quelque chose ; mais une cause

de ruine indéniable eat l'entretien désastreux d’

une immense armée, Oh!

on ne se Je cache plus, la Triple alliance coûte cher aux “Italianissimes !! »

A Capoue — petite ville assez coquette, mais triste: Ï 1 )

ment célèbre et par l’amollissement des soldats d’An. nibal et par une victoire de l’aventurier Garibaldi — On nous fait remarquer, à peu de distance «

le la gare, le Monument funèbre d’un officier anglais tombé ici lors de là bataille de 1859. Plusieurs compatriotes du i£ros ‘descendent pour le saluer de plus près :

ee A rer

Slx, viator, heræm caleas !

Bientôt Caserte montre avec orgueil le superbe palais la de marbre bâti par Charles III de Bourbon. et A une demi-heure de distance, nous apercevons la : c'e cime enflammée du Vésuve, ou son “ capuchon,” sit comme l’on dit ici. ] Enfin, il était six heures et trois quarts quand nous tel arrivâmes À destination. Hu

En attendant que le beau soleil de Naples se lève sur la ville, entrons à l'Hôtel d'Amérique et causons

ut peu. — Pr” P

Naples est toujours l'attraction des étrangers. Elle Mar sourit aux touristes comme Rome aux pèlerins. N aples, { ‘tuai “c’est la gaicté, l’entrain, la jeunesse irréfléchie, l’in- deva souciance. C’est une cité bruyante, exubérante, où la églis vie éclate en fusées et en chansons. Si on représentait Ischi Rome sous les traits d’une grave matrone d'âge mûr, { Vésu sérieuse et imposante, Naples serait bien figurée par p ‘cor une jeune fille légère et rieuse, pleine de vie et de joie bleue expansive. Oui, Rome avec ses ruines, ses arcs de blancl triomphe, ses églises, ses basiliques ; Rome avec Saint- p lecout Pierre, avec le Vatican, avec le Pape, revêt une majesté royale

qui lui est propre, qui frappe et qui subjugue ; c’est bien toujours la noble “ matrone ” d’autretois. Naples, rres Quel

superbe palais on,

ipercevons Ja

* capuchon,”

s quand nous

aples se lève

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ugers. Elle rins, Naples, sfléchie, l’inérante, où la représentait d'âge mûr, figurée par ie et de joie ses arcs de avec Saintune majesté ugue ; c’est ois. Naples,

LOME ET JÉRUSALEM

au contraire, c'est Je bruit, c’est ] l'agitation fébrile,

ete

à vie qui déborde, les chants animés, les cris Joyeux,

surtout le charme,

+... Et puis, co qui en fait c’est son climat incomparable, l'air, le soleil, Ja mer, | site,

Février, c’est déjà le printemps ; tel que les Voir Litérieure Hugo :

demain, Pété =

8 lindiquaient à Victor

L'été, la nature éveillée Partout se répand en tous sens : Sur l'arbre en épaisse feuillée, Sur l’homme en |

SAR COCOON Te

ienfaits Caressants.

LEE CEE NME Ten enesesspetes

Pour le moment, Martin des Chartr tuaire des arts

SUIVez-nous au Couvent de Sainteux. Et là, sur le balcon de ce sanc- » Contemplez le panoram À vos pieds, la ville es, SC villas, ses jardins.

a qui se déroule avec ses palai Plus loin, le] umes, IHerculanum, Castellamare, Sorrente, encore, regardez

devant vous,

S, Ses , Ces évlis

Le

ausilippe, Ischia, Pouzzoles C Pompéï, le ÿ 2 1

Vésuve, Capri. Regardez Le

à loisiret ce ciel l’azur et cette plaine bleue de la mer, ct cette côte éclatante de soleil et de blancheur, Naples enfin, “au bord de son golfe recourbé, s'étalant comme une

royale,

à l’are

reine assise dans sa robe

De palais et d’ombrazes Ce golfe immense est (

ER OT RE CO 0 om nr ss.

ouronné

OO On a

Quel magnifique spectac]

Ce! Ce panorama n’a d’égal,

dit-on, que celui de fonstantinople. Celui de Québec viendrait done en troisième lieu ?..

Une excursion intéressante est celle du Vésuve et de

Pompfi. Comme le temps devient sombre, et que

d’ailleurs j’ai déjà vu de près le volcan, contentonsnous de visiter à nouveau les ruines de l'antique cité.

Au reste, d’illustres personnages nous y ont précédés, Cicéron y composa plusieurs ouv ages ; Phèdre, des fables, et Senèque y passa les plus beaux jours de sa vie.

Mais aujourd’hui on est saisi d'émotion et de pitié quand on se rappelle la fin lamentable do l’ancienne Pompéia des Romains, ensevelie tout À Coup sous une formidable éruption du Vésuve, l'an 79 de l'ère chrétienne. Ce fut un horrible châtiment comme celui de Sodome et de Gomorrhe. La main vengeresse (de Dieu s’est appesantie sur ce théâtre des jorussances païennes et ny a laissé que l’image de la mort. L'homme est venu après, et, secouant la poussière de cet immense tombeau, il a achevé, sans s’en rendre compte, l’œuvre de la destruction en transportant ailleurs — au Musée National de Naples — jusqu'aux débris de mosaïques

qui couvraient ici et là le pavé de l’opulente cité

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Le 24 févrior.

Pour faire diversion À ces tristes Souvenirs, nous visitons le lendemain les Sanctuaires les plus célèbres de Naples,

L'église de Saint-Janvier tient le premier rang, Tout le monde connaît le miracle qui s’y produit régulièrement le dix-neuf septembre e

t le six de mai: la liquéfaction du sang du 1 $

glorieux martyr, évêque de Bénévent,

Les reliques qu saint reposent dans une chapelle

somptueuse, Colonnes, statues, tableaux, Marbres, bronzes, dorures, pierreries,

tout rivalise de beauté et d'éclat.

Au mois de septembre 1882, j'ai été moi-même

témoin oculaire du fameux miracle, et de ]

a scène À la fois émouvante et originale

qui l'accompagne.

Je cède la parole à l’abbé Boulfroy :

“ Deux chanoines de la collégiale déposent sur l’antel le buste en argent du saint renferm

ant son crâne.

Les deux fioles antiques,

pleines de son sane Coagulé

Le] ct conservé P'écleusement dans un Ostensoir d argent,

g sont retirées d’une cachette fermée Par une porte ière le maître-autel, et placées de ant l’insigne relique, 1

d'argent massif pratiquée derr

Parfois, le miracle s'opère en quelques minutes ; d’autres fois, une heure et plus avant que le

il se passe sang des ampoules

devienne liquide et vermeil, Pendant cetemps, la foule prie; muis la dévotion des Napolitains n'a rien qui ressemble à l’oraison de quiétude de sainte Thérèse. On entend d’'abort :n murmure confus de voix suppliantes ; peu à peu, avec un crescendo que la foi et l'amour rendent magnifique, ce murmure s’accentue, il vibre, il éclate, Les femmes lèvent les bras vers la statue du saint qu'elles conjurent avec larmes en lui donnant de petits noms d'amitié, et bientôt une immense clameur remplit la vaste église. Ce désordre, ce bruit, ces cris surprennent d’abord l’étranger; mais ily a dans cette foi passionnée quelque chose de si saisissant que les plus indifférents ne tardent pas à partager l'émotion générale. Quand le sang, devenu liquide, bondit en gros bouillons dans le reliquaire, un chanoine s’écrie en le montrant n pouple : Sunquis liquidus, sang liquide! Alors aux prières ferventes, aux invocations pressantes de la foule, suceède un long cri d'enthousiasme, le Ze Deum s'échappe de milliers de poitrines, l'orgue ct les voix prennent ces inflexions ém 03 que communique l'enthousiasme, et le frisson du divin court dans cette multitude de croyants, Ta bannibre est aussitôt hiss£e sur l’une des tours de!

cathédrale, vingt et un coups de canon sont tirés en rade, les navires s pavoisent, et toutes les cloches d la ville se matteut en branle: le soir. il y aillumination

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ROME gr JERUSALEM

J'ai donc assisté À ce Miracle

périodique. Et, cetto tois-l}, saint Janvier

a rudement exe il exigea bel et bien de

süpplications bruyantes, de

de rendre Je

reé notre Patience :

UX longues heures de pr cris et de cl sang des ampoules liquide, vermeil,

faecia il

"4 Ieres, de umeurs, avant

bouillonnant « San Cennuro, Miracolo !

Janvier, faites le Continuaiont

groupes de N

Saint

Miracle ! à crier divers

äpolitaines,

Enfin, le miracle eut lieu, etje vénérai immédiate. ment la sainte relique : le

tion et d’un rouge

sang tait comme en ébullifoncé,

Voilà le fuit, Je n'ignore Pas que des sce

Ptiques l'ont ré + Qu'importe ? «x

“oltaire e À cette fiole, dit Alex en fait de crédulité r

voqué en doute . t Lavoisier ont voulu andre Dum eligieuse, et,

mordre

as, pou suspect comme le sé leurs dents, } gar r les chanoines du Trésor et e ration ce génération depuis le

fidélité inême,

serpent de fable, ils Yont u

Est-ce un secret onservé de gé datrième siècle 2 Cette ° en conviendra, est plus mir que le miracle, J'aime donc mie

né-

aculeuse UX croire tout bonne

eut au miracle, et, pour mn Part, je déclare que j'y crois, ” 1

l— Lo: {trop célèbr. teur des Mousquetaires avait résidé longtemps à Naples S fonctions de

surintendant

3 Où il ( *erçait Le ux,

des musées Nnationa

Dans l'église de Saint-Dominique des Frères-Précheurs, avec quel bonheur je m'agenouille devant la tombe de saint Tharsicius dont je vous ai parlé dans ma ‘Sixième Lettre.” Le corps de l'illustre martyr de l’eucharistie à été transporté ici en 1646.

On la représenté, au moyen d'une statue en cire, grandeur naturelle, et remplie de ses reliques, portant d’une main un bouquet de lis, et de l’autre un ciboire qu’il presse amoureusement sur sa poitrine,

Dans la chapelle latérale, À droite, regardez audessus de l'autel le crucifix miraculeux qui adressa la parole à saint Thomas d'Aquin, Le docteur angélique venait de composer le magnifique office de la Fôte- Dieu, ct il priait devant cette image sacrée. Tout À coup, de la bouche du Christ, il entend ces paroles : Bene scripsisti de me Thoma ; quam mercedem reri. pies ? Vous avez bien écrit de moi, Thomas ; quelle récompense désirez-vous ? “ Nulle autre que vousmême, Seigneur, Non alium nisi te, Domine,” répondit le saint.

#k*% Re - Le 25 février.

Mais il faut partir pour l'Orient, vià Brindisi.

Le trajet est long : 92 lieues de chemin de fer. Ce sera une course d’au moins dix heures, À cause des Apennins que nous franchirons à une hauteur de 3,400

pieds, vers Portenza. De ]à, nous descendrons rapide.

à es Frères-Prô.

ille devant la ai parlé dans lustre martyr 46, statue en cire, reliques, porde l’autre un a poitrine, regardez aujui adressa la octeur angélice de la Fôtecrée. Tout à ces paroles :

hercedem reri.

omas ; quelle fe que vousine” répondit

25 février.

vià Brindisi.

de fer. Ce à cause des teur de 3,400 drons rapide-

Le Lac de Tibériade doit |

l:dont l'existence

| thermale rochers vole | tremblements de [point du globe

| aujourd’hui, en sc Les eaux de Tibé | lacs de notre hé F une immense une

canards sauv:

Ce lac se pré ‘ovale,

Jualorze milles, et sa viron sept milles, cents pie Il à pr profondeur.

| neuses,

Ses eaux

Autrefois, le

tous les sens par de petits peine y voit-on aujourd’hui bles barques de pêcher

Terre Sa inte.)

remonte À lé ! La forme qu’il affecte S Qui coulent sur aniques qui terre qui ont jadis be et s’y font encore mt des indices indub riade forme misphère,

nappe d’ar grande quantité 1868, sarcelles, grè quelquefois des oies, des sente sous un ag Sa longueur, du Nor

Son niveau ds au-dessus de cel

ès de huit cents pied

8 eaux du Lace ét

son origine à un cratère te n ( Poque préhistorique, |

» ainsi que son bassin,

les eaux |!

è || ses rives, les blocs des |

entourent, Jes violents |

uleversé ce 1

sentir parfois | itables. | nt un des plus beaux | Il ressemble quelquefois l gent sur laquelle sé

| || bat | d'oiseaux lageurs, tels que :

bes, ete, ; on y voit ||

cygnes et des pélic

ans, | pect irrégulièrement || d au Sud, est d’environ |!

plus grande largeur est d’en- | est de plus de sir || ui de la Médite s dans

| rranée,. |

sa plus grande | sont douces et très Poisson- |

aient sillonnées dans | navires Marchands : à || trois ou quatre miséra- | TS. (Guide Tndicateur de ta!

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