‹ Rome et Jérusalem [microforme]Chapitre 57 sur 101 · DIX-HUITIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

DIX-HUITIÈME LETTRE

Coup d'œil sur Alexandrie

— Une messe de cences — La ville act

l'equienr — Reminis.

uelle — Une

intéressunte ELCUrSION — Ln route pour Jaffa.

ALEXANDRIE, le 2 mars 1892,

> 4 À dernibre lettre nous à laissés en vue du

a) mystérieux continent

africain, et à quel- À 1

KUA%! ques heures seulement de la terre des Der) © S

Pharaons, Aussi, le lendemain matin,

Premier mars, abordions-nous sains €

t saufs au port d’ Alex.

andrie.

Il était huit heures.

Vous ne pouvez vous faire une juste idée du € ésente ] cette légion de Nègres, d’Arabes d'Ttaliens, de mul

Ooup d'œil pittoresque que pr

ä-bas, sur le rivage, , de Tures, de Grecs,

âtres qui Suettent le moment d

prendre le navire d’assant…. Les plus intéressants sont les Arabes avec le farbouche (toque), le burnous, la longue chemise flottante d’un bleu obseur où d’un blanc équivoque et le pantalon plus large que long laissant à nu leurs jambes couleur de brique. Comme vue d'ensemble, que dire de toutes ces figures bizarres qui se meuvent sur le quai comme des fantômes ? Toutes les couleurs de la peau, depuis le noir opaque jusqu'aux carnations à peine brunies, en passant par toutes les nuances du bronze, se mêlent sur ces visages étranges. — Mais, ne riez pas. Loin de là ; pour le moment, tenez-vous bien, tenez surtout vos colis, car c’en est fait, les fils de Cham et du Prophète envahissent déjà la passerelle. Oh ! le lot montant de croissants, de fez, de turbans, de burnous, de tarbouches !.… «es

Battant en retraite, nous cédons un instant À l'invasion 1 d'un

mahométane, à ce tourbillon de moukres et de drog-

Ros mans — la onzième plaie d'Egypte. Enfin, grâce À

un employé de l’agence Cook, nous échappons heureu-

sement et aux nègres, et aux mulâtres, et aux Arabes. nous

qui si

et aux abominables bakchiches (pourboires.)

‘“ Alexandrie est comme la porte d'entrée d’un monde, d’un ensemble de mœurs et dusages tout À fait étranges, pour celui qui vient d'Europe ou d'Amirique.

“ Ville semi-oricentale et semi-européenne, elle offre.

Emard

éressants sont > burnous, la seur où d’un we que long te, Comme rures bizarres :s fantômes ?

noir opaque passant par ur ces visages là ; pour le vos colis, car hète envahisant de eroisarbouches !..

it À l'invasion et de drogfin, grâce À >pons heureuaux Arabes, .) entrée d’un sages tout à

e où d’'Amr-

ne, elle offre

toutes les variétés de Costumes ; et l'Arabo avec son

turban, sa tunique, son manteau de poil de chameau

et ses picds nus, y coudoie le Parisien « du chapeau de soie et portant l’h

migré, coiffé abit noir ; on y rencontre la femme turque ire assez bizarre, et Les modes los plus fraîches S'y talent ce

avec son tatouage, on la fig voilée d’une manière omme dans les gran : l’indigène, méprisant le sortes, dort sur la dure, mange

ls centres civilisés s meubles de toutes acCTOUpI sur sa natte et fume nonchalamment avec sa chibouque, pendant

que l’étrancer donne des dîners et des bals dans Î S

ses salons somptueux.” 1

À notre arrivée au couvent Sainte-Catherine,

Nous assistons aux funérailles

d'un religieux de leur ordre, le R, P. Gabriel, cur

Rosette.

des Pères Francis ains,

ë de Son corps reste exposé «d

ans 1e cercueil tout le temps du service.

— Comme nous sommes émus 4 messe de Requiem comme ‘< nous !** C’est le même Patroïit, le mû Dies ire. Elle est belle cette unité

qui se manifeste Jusque d

d'entendre chanter ] chez

me ÆXyrie, le même de l'Eglise romaine, ans sa musique sacrée...

Avant de commencer la visite d'Alexandrie, rafraîris

1 Souvenirs d'un veyage Emard,

en Ti rre-Sainte, par M, l'abbé J, M.

amourd'hui évéque de Valleyfield,

2m IOME ET JÉRUSALEM

chissons un peu nos souvenirs, Fondée par Alexandrele-Grand, l'an 332 avant Jésus-Christ, elle partagen avee Memphis, Thèbes, Eléphantine et le Caire, l’honneur d'être la capitale de l'Egypte. Sous les Ptolémées, elle atteignit l'apogée de sa gloire. Ptolémée Soter commença sur l'île de lharos, qui se dresse À l'entrée du port, comme une sentinelle avancée, le célèbre phare, regardé comme la septième merveille du monde. Ce phare, on le sait, a donné son nom À tous ceux qu'on construisit ensuite, partout ailleurs,

pour guider les navires,

Cependant, après les Ptolémées, la Rome de l'Orient connut des jours de décadence, Malgré tout, au temps de saint Paul, ses vaisseaux sillonnaient encore toutes les mers (Actes des apôtres, 27, 6 ct 28). Saint Marc, disciple de saint Picrre, fut le premier apôtre de ce pays. Marchant sur ses traces, saint Athanase et saint Cyrille y établirent une chrétienté florissante, pendant que saint Antoine peuplait d’ermitages les solitudes de la Thébaïde.

Mais abrégeons. En 1798, Napoléon débarque avec

son armée sur la plage du Marabont, et, sans cou

férir, s'empare d'Alexandrie, Peu de temps après, les Anglais brisent les digues de Ja Méditerranée ct inondent complètement les vallées environnantes : un

“ blocus continental ” en miniature Cependant, se

(a nu da pot ‘ ajo:

Cle pro:

gué rec} men révo men vallé com] 66 ] le pa; Br angla de Liv Tell-e

euvah

Act

ar Alexandreelle partagen : Caire, l’honous les Ptolée,. l’tolémée i se dresse À elle avancée, ‘me merveille é son nom À

tout ailleurs,

1e de l'Orient ut, au temps hcore toutes

Saint Marc, apôtre de ce nase et saint ute, pendant solitudes de

‘barque avec , Sans Coup PS après, les terranée ct nnantes : un

pendant, se

fiant À son étoile, le jeune Bonaparte, À 1 tête de ses J

troupes, traverse per fas et nefus la plaine liquide (aujourd'hui le Jae Maréotis), et

remporte la victoire d'Aboukir, Enfin, ]

a célèbre bataille de vramides, dans laquelle des milliers de Mamelu

poussière, décide du sort de l'Egypte.

rdent la

“Lejeune général écritle R

à P, Julien — voulant ajouter À Ja gloire des armes celle des conquêtes

scientifiques, que ce vieux promettait abondantes,

berceau du monde lui

S'entoura de savants distingués, La mul iplicité des tra aux, des fructueuses recherches sur toutes les branches de la science, qu’ils menèrent À terme durant deux années de gue

rres et de révolutions, est étonnante :

l’ensemble forme le monument scientifique le plus considé

able qui existe sur ln vallée du Nil, et leur carte d'E

£gypte est encore la plus complète que l’on possède,

“ La retraite des Français, en septembre 1801, remit

le Pays sous la domination ottomane.”

Bref, un siècle plus tard, en 1881, les troupes anglaises occupent Alexandrie, que les Arabes venaient de livrer aux flammes ; ©t la déroute d'A abi-pacha, à Tell-el-Kébir, laisse 1e champ libre à la prépondérance euvahissante de la fière Albion,

Actuellement, la ville

se relève ‘apidement de ses

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