LE CALVAIRE
LÉGENDE
Notre Gravure représente un des Lieux les plus laugustes du monde, où l’on ne doit monter qu'avec |de saintes pensées, et que l’on visite dans ur profond | 'recucillement : elle nous montrela partie supérieure | | du Golgotha, ou Calvaire proprement dit. |
Le Golgotha que l’on a taillé à dessein, servit de | [noyau À un édifice distinct qui fut englobé dans la | Basilique au temps des Croisades. Il en occupe la partie Sud-Est, et s'élève à la hauteur de 15 à 16 ‘pieds au dessus du sol. On ÿ monte par deux escaliers très raides, dont l’un a 18 marches, et l’autre 19.
L'Eglise ou Sanctuaire du Calvaire est établie, pour un quart environ, sur la surface du rocher et | pour les trois autres, sur une plate-forme artificielle. | Le Calvaire est sensiblement carré et mesure environ | cinquante pieds, sur chacun de ses côtés. |
Le côté droit, en montant, renferme le Lieu du | dépouillement des Vêtements et du Crucifiement : | le fond laisse voir un autel monumental en bronze, | et une série de lampes qui brûlent jour et nuit : c’est | l’Autel de la Crucifirion. évit
Le côté gauche renferme le Lieu de la Plantation aux. | de la Croix, que la Gravure laisse voir aussi très mer. visiblement. nuit
Ces deux Chapelles parallèles partagent ainsi le chré sommet du Calvaire : deux piliers massifs les séparent. Adossé au pilastre du fond, entre les deux Chapelles du Calvaire, se trouve l’Autel du Stabat Mater, C’est l'endroit précis où Marie, la Mère des douleurs, reçut | dans ses bras le corps inanimé de son Divin Fils ! l'ado
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vous? Reuouveler d’une manivbre non sanglante Je sacrifice sanglant de la Cr accompli, quelle faveur in
souhaiter de plus ?
oix au lieu même où il s’est appréciable ! Et que peut-on
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Pourtant, le lendemain, le ciel me réservait, ainsi
qu’à mon excellent confrère, M, l'abbé Deslauriers, une grâce non moins précieuse :
la messe au Saint-Sépulcre, Aussi, dès ce soir,
nous nous rendons à Ja basilique Pour y passer la nuit et célébrer ment après la fonction des Grecs,
à l'aurore, immédiate-
Aussi bien, quatre Communions chrétiennes ont le
[vi]
Ôle les offices divins au Tom-
— indépendamment de ceux
droit de faire À tour de r beau de Notre-Seigneur
qu'ils chantent dans leurs chapelles respectives : ce
sont les latins (on désigne ainsi en Orient les catho-
liques), les Arméniens, les Cophtes et les Grecs. Pour
éviter la confusion, on a fixé des heures d'occupation
cs Sonttenus de se conformer. Or, comme Ja basilique re
auxquelles les uns et les antr ste toujours close la nuit ct quelquefois des jours entie chrétiennes ont chacune Temple et y donnant
rs, les diverses sectes un petit couvent attenant au accès ; des moines sy renferment pour pouvoir chanter incessamment les louanges du seigneur; ici donc, comme dans la Jér
usalem céleste, l'adoration est perpétuelle : Zaus
perennis !
Quant à nous, hôtes privilégiés des bons Pères Fran-
ciscains, nous nous installerons dans l’humble cellule réservée aux pèlerins catholiques.
Mais, là-bas, quel bruit assourdissant de clefs qui s’entrechoquent !..… Entendez-vous aussi rouler sur ses gonds et cadenasser la porte de fer du grand portail ? C’en est fait, nous sommes les prisonniers volontaires de la foi et de l’amour ; soldats du Christ, nous monterons la garde toute la nuit auprès de son tombeau : telle autrefois la veille d’armes des chevaliers :
Entre-temps, le jour baissait rapidement sous Îles sombres voîtes de la basilique. Profitant de ces ténèbres et de ec silence si favorables au recueillement et à la prière, nous nous séparons l’un de autre, nous
isolant pour mieux suivre l'attrait personnel et nous
égarer à loisir dans les multiples chapelles qui s'éten-
dent de la grotte sépulcrale jusqu’au sommet du Cal-
vaire.
Vers nouf heures, nous entrons dans notre cellule, mais... pour revenir irrésistibiement prier encore, du haut de cette galerie qui règne autour de la coupole ct domine le Saint-Sépulere. Ce Sépulcre, nous étions venus le chercher si loin, pouvions-nous maintenant nous en éloigner? Comment détacher nos yeux ct notre cœur de cette même tombe où l'Amour crucifié ramenait avec tant de force Marie-Madeleine et lui
arra la ra de ec jama les C ce to) mais baiser les sai impre peine nos fa Et pot rent :
72 à dans Je pour ré dies de seul, | gue ba d'or et Plantat fiement.
colique, il l’avoi Ton en
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arrachait des torrents de larmes ?.. Aussi, penchés sur
la rampe d’une tribune,
nous ne pouvions nous lasser
de contempler, à la lueur
des lampes qui ne s'éteignent
Jamais, l’adorable tombeau du Christ, ce tombeau que
et qu'ils perdirent ensuite Î ce tombeau que les Tures, hélas ! possèdent aujourd'hui, mais que je puis voir encore, que je puis toucher et
baiser, et sur lequel je célèbrerai, dans quelques heures,
les Croisés conquirent un jour
les saints mystères !.… Comme nous nousse
impressionnés, ravis
ntons émus, ! Quel trouble ét ange ! C’est À peine si la prière monte du
cœur aux lèvres ; toutes
nos facultés sont en quelque Et pourtant cette quiétude, rent : l'âme prie!.
sorte assoupies, pa ralysées,
ce mutisme n'est qu'a ppa-
À l'heure des Matines, minuit, je descends cette fois
dans la basilique et vais tout droit au
Pour remonter bientôt au Calvaire. Les lentes psalmo-
aient jusqu'à moi. J'étais Soudain un prêtre gr
Naint-Sépulcre
dies des Franciscains arri
seul,
eé— un caloyer À la lon-
gue barbe blanche et revêtu
d'une chape étincelante nt encenser l'autel de la a Croix et ceux du Stabut ot du Cruci- Puis il disparaît, me lais colique, Cet hommage du sc
dor et de pierreries — vie Plantation de 1 fiement.
sant rêveur, mélan-
hisme, le Seigneur peut-
il l'avoir pour agréable? Ah! perfide Photius ! Ton encens, à ses yeux, est un encens souillé !
Au pied du Cal aire,
J'aperçois de grandes ombres
np rennsnmmenmmmmnmnne
528 ROME ET JÉRUSALEM qui se meuvent le long du déambulatoire : ce sont des pèlerins, hommes et femmes, qui se sont laissé enfermer hier soir ; quelques-uns parcourent pieusement tous les sanctuaires, tandis que d’auties, vaincus par la fatigue, dorment plns ou moins bruyamment, soit à la porte du Suint-S‘pulere, comme jadis les gardes des Princes des prêtres, soit un peu plus loin, la tête appuyée contre un pilastre ou une colonne. Sans doute, j'aurais préféré le silence et la solitude; maïs qu'importe? il est des moments dans la vie où le bruit des créatures arrive pas jusqu’à l'âme...
Et les heures de cette nuit méinorable s’écoulèrent ainsi — avec quelques intervalles de repos — entre ces courses émouvantes, ces pieux pèlerinages du
Tombeau au Golgotha, et du Golgotha au Tombeau.
Finalement, à cinq heures ct quart, je reviens au Saint-Sépulcre, revêtu cette fois des ornements sacrés. Par un privilège spécial et perpétuel, le prêtre peut, tous les jours de l’année — à part la Semaine Sainte et deux ou trois solennités — dire ici une messe votive, de Resurrectione avec Gloria et Credo. J’eus donc le bonheur de lire la messe de Pâques : Resurrerit ! C’est un Alleluia continuel. A PEvangile, je crus
voir les saintes femmes, Madeleine en tête, accourir au
Tombeau de grand matin, orto jam sole. En entrant
dans le sépuicre, un ange leur dit : Ne craignez rien.
Y l’a qu soi Co CO pot tois rect Cal A S'ex part cont vien que et d des & müré notre prièr au nc nôtre leur
ment
re: ce sont des nt laissé enfernt pieusement , vaincus par la nment, soit à la les gardes des la tête 1ppuyée s doute, j'aurais
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le s’écoulèrent repos — entre pèlerinages du a au Tombeuu, , Je reviens au nements sacrés, le prêtre peut, semaine Sainte ne messe votive,
J’eus donc le s : Resurrerit !
angile, je crus tête, accourir at e. En entrant
e craignez rien.
Vous cherchez Jésus de Nazareth, quia été crucifit ; il est ressuscité, il n’est pas
l'avait mis.” — Or,
ici ; voici le lieu où on ce lieu trois fois saint, ce tombeau qui n’a pu garder sa victime, il était encore bien Jà
sous l'autel où je sacrifiais ! Aussi, au moment de la Consécration, je crus le voir se réouvrir; je erus voir le
corps meurtri de Notre-Seigneur se relever radieux pour s’immoler de nouveau à la gloire de son Père : Vidi Agnum stantem lañnquam oce
isuin. Sebne À la fois douce et sublime
» Souvenir délicieux de la Résurrection qui ne nous émeut P Calvaire !
Mais, ces impressions ne s'écrivent pas : elles s'exhalent avec la fumé
as moins que le drame du
e des lampes pieuses, avec les parfums des encensoirs, avec le murmure vague et confus des soupirs. Elles tombent avec les ] viennent aux JEUX, au souvenir des pr
que nous avons balbutiés d
armes qui emiers noms ‘ns notre enfance, du père et de la mère qui nous les ont enseignés, des frères,
des sœurs, des amis avec lesquels nous les avons mur-
mürés. Toutes les impressions pieuses qui ont remué de la vie, toutes les
re cœur et de nos lèvres
notre Âme à toutes les époques prières qui sont sorties de nott au nom de Celui qui nous apprit à prier son Père et Je nôtre, se réveillent au fond de l’âme et produisent par leur retentissement, par leur confusion, cet &
blouisse.
ment de l'intelligence, cet attendrissement du
cœur,
qui ne cherchent point de paroles, mais qui se résol-
vent dans des yeux mouillés, dans une poitrine , , . « .
oppressée, dans un front qui s'incline, et dans unc
bouche qui se colle silencieusement sur la pierre du
Sépulcre. Je restai ainsi longtemps priant le Père
céleste.” (Lamartine).
myst des m perso Thab des pr une p toute
is qui se résol- , une poitrine e,et dans une uw la pierre du priant le Père