‹ Rome et Jérusalem [microforme]Chapitre 94 sur 101 · VINGT-SEPTIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

VINGT-SEPTIÈME LETTRE

De Jaffa à Port-Srïd — Le Canal de $

uez el Isimaïlia — À travers le désert — Le Caire

— L'arbre de la Vierge et la Grotte de la Ste-Funille — Les p J'amides — Le

Nil — D'Alexandrie au Pyrée.

À BORD Du DakiaLten,” EN VUE DE LA GRÈCE,

le 14 avril 1893.

CICR. 2 LS EPUIS notre départ de Jérusalem le 5 à ar] avril=nous avons l honne 0ÿ4

ur de voyager ë ne en Compagnie de Sa Gre andeur Mgr

- Dowling, évêque de ITamilton, et de ses 2 deux assistants, Monsignor J. McEvay et as le R. P, Kloëpfer, — En quelques heures de KE chemin de fer nous sommes À Jaffa. Dans l'après-midi, nous louons une ch bord du Gemma — des Messageries maritimes — qui doit nous conduire à Port-Saïd, Le vent était violent et lamer affreusement agitée. A cette vue, le P

Roi se serait sans doute écrié :

Ji

aloupe pour aller à

rophète- Mirabiles elationes

mas ° TU tee an cn quon ar smnnane ane"

maris ! “O mer, qu'ils sont admi rables tes soulèvements!” Pour nous, nous le confessons, de tels “ soulèvements ” n’excitaient point notre enthousiasme. Au lieu de les contempler tranquillement du rivage, comme David, il nous fallait en ce moment affronter leur furie, passer entre une formidable digue de brisants, lutter corps à corps contre les éléments déchaînés, en un mot vaincre où mourir !…. Nous nous lançons à lassaut, en implorant le secours de l'Etoile de la mer: victoire !!

Le lendemain matin, à six heures, nous étions À Port- Saïd. |

Cette ville prend de jour en jour une plus grande importance.

En 1859, elle fut en quelque sorte improvisée, sur une plage déserte, près des ruines de l'antique Péluse, et servit de refuge aux milliers de manouvriers qui commencèrent à percer l’isthme de Suez, dont la largeur moyenne était de 24 lieues. Sa population actuelle est de 18,000 habitants, dont 3,000 catholiques. Depuis 1889, les Franciscains y possèdent une belle église en

stue, malheureusement peu fréquentée.

Dès sept heures, nous prenons le bateau pour remonter le canal de Suez jusqu’à Ismaïlia, Le parcours est d'environ vingt-deux lieues. Cette route nouvelle qui

relie la Méditerranée à la mer Rouge, met en commu-

bles tes soulève- 18, de tels “ soulèthousiasme, Au lu rivage, comme Yronter leur furie, e brisants, lutter haînés, en un mot ons À l'assaut, en a mer: victoire !!

k A ous étions à Port une plus grande

> improvisée, sur l'antique Péluse, manouvriers qui ez, dont la largeur lation actuelle est holiques. Depuis ne belle église en

ie,

iteau pour remon-

Le parcours est oute nouvelle qui +, met en commu-

nication, avec une abréviation trois cents millions

d'Asiatiques ou d’

de trois mille lieues, d'Orientaux et huit cents millions Africains. Honneur à la F — grâce au génie de M. de L l’une des plus gr poraine !

À dire vrai, le voyage Gi tone. Les déblais de la tr

ont été dressés en c

ance qui ESSC] JS

a SU accomplir andes merveilles de lé

poque contem-

lui-même est fort monoanchée à t avaliers ?

avers l’isthme ? pour former des dunes |

8 VOÿYageurs : sous ces Mmonticules

Stuyaux de fonte qui Port-Saïd l’eau douce du Nil s’élance à travers des désolation séeul

et arrôter les sable

arides courent le conduisent à

Ce fleuve artificiel solitudes condamnées À une aire, arrose Ismaïlia et

Suez qu'il affranchit de l machine À vapeur en dir Jusqu'à Port Saïd, à 2

coule jusqu’à étreinte du désert. Une ige un jet continu, d’Ismaïlia 2 lieues

‘ il n'existe pas de pres-

… | en

Son à plus longue portée.

Ce qui n'empêche p

as que le voy:

Par bonhe:

age est Monotone, 1, quelques vols d'oiseaux viennent agréne blement nous distraire : ce sont des moue

ttes, goélands, ages, pélicans ct aussi des #

oïes sau amants aux ailes

roses, Ce lac, À main droite,

est le Menzalch, dont Je bassin de 50 lieues, c

oupé d’îlots et de

bancs limoneux, est si riche en poissons de t

outes sortes qu’'Isaïe Je surnomme ‘le vivier de Pha

"aon.”” Mais quel est du

côté opposé cet autre lac qui s étend aussi À perte de vue ? J'interroge un officier de bord ; il sourit d'un air moqueur et me dit à l'oreille : Monsieur le marabout, ce n’est pas un lac, mais simplement l'image du ne Menzaleh.” — Il avait raison, le Turc ; j'étais le jouet d’un phénomène physique : le mirage n’est pus un mythe. Or, une pensée — une mauvaise pensée, je l’avouc — me traverse l'esprit : mystifier mes com: patriotes. Je destin, hélas ! permit que $. G. Mgr Dowling fût mon plus proche voisin : “ Monseigneur, me rendriez-vous un service 2... Vous voyez ce lac ; dites, pouvez-vous apercevoir des arbres sur les îles lointaines, ou quelques voiles là-bas ? Moi, j'ai la vue si courte...” — “C’est étrange, je ne vois que de l’eau.” —“ Est-ce possible ? Et vous Mgr McEvay, distinguez-vous quelque chose ? ” — Mes nobles interlocuteurs se lèvent tous deux, braquent leurs lunettes d'approche sur ces ondes enchantées....— ‘IT n'y à rien, rien du tout sur ce lac.” — “ Je vous crois bien, Messeigneurs, il n’y à même pas de lac. Le mirage seulement !”’ — Et, tous ensemble, de rire de bon cœur de notre mystification. Un quart dheure après, une mer de sable jaune remplagait le lac imaginaire.

Nous arrivons vers 11 heures à Ismaïlia, belle et

gracieuse ville qui excite à bon droit l’étonnement de

l'étranger. Comment a-t-on pu jeter dans cette zone

aride une pareille oasis, une ravissante cité, avec ses

L uussi À perte de

d ; il sourit d’un

Monsieur le mara-

ment l’image du

» Ture ; j'étais Île

mirage n’est pus

mauvaise pensée,

aystifier mes com:

t que S. G. Mgr ,: Monseigneur, us voyez ce lac ; arbres sur les îles ? Moi, j'ai lu vue + vois que de l’eau.” r McEvay, distins nobles interlocuent leurs lunettes es... — Il ny a Je vous crois bien, e lac. Le mirage le rire de bon cœur d'heure après, une + imaginaire.

| Ismaïlia, belle et it l’étonnement de ter dans cette zone

sante cité, avec ses

Chalets, ses Jardins, ses parcs tracés À l’angl

aise et couverts d’une végétation @

Xubérante ? Oh ! on n simplement amené l’eau du Nil par

lieucs parti du Caire.

la fertilité, c'est ]n vie,

un canal de cinquante Et, chacun le sait, le Nil, c’est

x *# Un convoi direct partait pour le Caire : nous en profitons. Quel épais nuage de

poussière nous soulevons sur notre passage !

C’est le désert,

Du sable, puis du sable!

Le «désert ! noir chaos...

Ici rien ne s’arrôte,

Ccs monts à jaune crète, Quand souffle ]a tempête Roulent comme des flots

Ces solitudes mornes,

Ces déserts sont à Dieu :

Lui seul en sait les bornes, En marque le milieu.

Toujours plane une brume Sur cette mer qui fume,

Et jette pour écume

Une cendre de feu,

(V. Hvo.) À vec cela il fait une ch

aleur torride, et le flotte dans l'air À l'éta

sable qui it impalpable pénètre dans nos compartiments par toutes les r du feu,

ainures. Nous respirons

Spuit ore viator

COCTETE

Aridits,

Etait-ce duns le désert — vrai vestibule de l'enfer — que la voluptueuse Cléopâtre offrit ses diamants pour : une seule goutte d’eau, et son diadème pour une coupe rafraîchissante ? — Toujours est-il que cette atmosphère de feu est suffocante,

Mais quoi! De la verdure tout à coup? Du gazon, des bouquets de palmiers ? Sommes-nous, une fois de plus, le jouet d’une illusion d'optique? Du mirage, tout cela ?... — Pardon, voiei même un grand village : Tell-el-Kébir. On se souvient que le général Wolseley défit ici Arabi-pacha en juillet 1881.

A mesure que nous avançons, de riants paysages reposent la vue: c’est la terre de Gessen que Pharaon donna généreusement à la famille de Joseph, son habile et prévoyant ministre. — À quatres heures, nous F sommes au Caire, sur la rive droite du Nil. |

La capitale de l'Egypte est aujourd'hui la plus t:

RARE grande ville de l'Afrique et la seconde de l'empire ts hi | ottoman. Fondé sur les ruines de la Babylone v : d'Egypte, à la fin du X° siècle, le Caire sert d’entrepôt a commercial aux trois continents de l’ancien monde, —

Actuellement il a une population totale de 500,000

habitants, dont 25,000 Européens.

ule de l'enfer — diamants pour pour une coupe ette atmosphère

up? Du gazon, ous, une fois de 6e? Du mirage, \ grand village :

énéral Wolseley

riants paysages sen que Pharaon oseph, son habile # heures, nous | Nil.

urd'hui la plus nde de l'empire le la Babylone e sert d’entrepôt l’ancien monde.

tale de 500,000

Quand vous parcourez les principales rues de la ville,

vous vous demandez gi réellement vous êtes en Orient :

boulevards, Quartiers bâtis à la française, jardins publics et parcs splendides, rien n'y manque !, Cepen-

dant l'illusion n'est pas de longue durée,

Déjà le Tasse, dans sn « Jérusalem délivrée ”, disait que cette capitale est “ ]n ri ale d'une province entière, et renferme plusieurs cités dans son sein,” C’est vrui : “Voyant ce tourbillon d'hommes de

toutes couleurs et de tous Costumes, cette cohue

d'Ethiopiens, de Nubiens, d'A rabes, d'Italiens, de Gr

ecs, de Syriens, etc., on serait tenté de croire que ,

la moitié du monde a été mise À contribution Pour peupler un carrefour du Caire, Pour compléter le tableau : les femmes, avec leur voile-manteau, ressembl. \ «les fantômes, et ces fantômes ont un galbe sun

rbe et une grandeur

étonnante, Rien de fantasti. lime ces dominos

perpétuels, aux regards noir eMmbusqués au fond des

fissures de tous ces Masques, Quel contraste aussi comme une colombe d’As-

ut-Nil, muselée et inquié-

entre la Syrienne, “blanche turté et la Négresse Qu Ilan tante comme un fauve !

:— Que si maintenant vous

voulez visiter les bazars et les quartiers indigènes, ne

manquez pas, je vous prie,

de prendre un guide pour

1I—Les Anglais appellent le Caire the diamond stud on tLe

handle of tie fun of the Della.

ne pas vous égarer dans un dédale inextricable de rues étroites et tortueuses ; cr, voyez-vous, l'itinéraire d’un papillon qui flâne me paraît rectiligne en comparaison de ces ruelles,

Pour nous, contents de ce premier coup d'œil sur la vuie, nous rentrons à notre hôtel Villa-Victoria, admi- “blement bien tenu par un Erançais, M. Rocheman. C'est une véritable villa, au centre du Caire, avec une

cour spacieuse plantée de banians, de bougainviliers

aux fleurs violettes, de mandariniers, d’abricotiers et

d’orangers.

Le premier monument de la capitale est sans contredit la mosquée de Méhémet-Ali. Ce temple, le plus beau de l'Islam, est entièrement revêtu d'albâtre oriental, de couleur ambrée, avee un chatoiement d’opale. L'aspect en est grandiose. Il découpe sur lazur du firmament son dôme majestueux, entre deux minarets, deux minces baguettes qui filent d’un bond, deux fois plus haut que la coupole. Le pavé de la mosquée est recouvert d’un riche tapis ; des œufs d’autruche, plusieurs cercles concentriques de lampes et des centaines de lustres descendent de la voûte, étincelante d’or et de pierres précieuses. Enfin, grâce à des verrières d’un goût exquis, il règne à l’intérieur un demi-jour mystérieux du plus bel effet.

A la porte d’entrée, À droite, se trouve le tombeau de Méhémet-Ali.

xtricable de rues , l'itinéraire d’un

en comparaison

coup d'œil sur la a-Victoria, admi- , M. Rocheman.

1 Caire, avec une le bougainviliers , d'abricotiers et tale est sans con- Je temple, le plus u d'albâtre orientoiement d’opale.

ape sur l’azur du re deux minarets, n bond, deux fois de la mosquée est s d’autruche, plus et des centaines tincelante d’or et des verrières d’un

n demi-jour mys-

rouve le tombeau

Du haut de la terrasse et derrière la citadelle, quel Magnifique panorama !

C'était le soir,

À vant de disparaître derrière les pyramides de Giseh, le soleil €Mpourprait de ses derniers rayons les pyramides de Zachara, et répandait en même temps des teintes rouges et violacées sur l'immense ville aux quatre cents minarets, qui s'étendait à nos pieds : c'était un spectacle féerique.

Cependant, il nous tardait de vénérer les augustes vestiges laissés par la Sainte Famille en ce pays.

L’Evangile ne nous fait Pas connaître l'itinéraire qu’elle suivit en prenant le chemin de l'exil ; mais. s’il faut en croire les anciens documents et les livres sacrés des Cophtes 1, la Sainte Famille entra en Egypte per Péluse (Port-Saïd), traversa la terre de Gressen, et fix: sa demeure près d'Héliopolis, À Mantaryeh. — Le savant Père Patrizi (De interpret, Sacr, Script.) adopte ce sentiment,

Le sept avril, nous nous rendons À Mantaryeh, tout en visitant, sur notre passage, le Tombeau des Califos, C’est une vaste nécropole aux dômes et aux minarets

1—Les Cophtces, descendants des anciens Egyptiens, se convertirent Ge bonne heure au Christianisme, mais tombèrent peu après dans l’hérésie d'Eutvchès,

fantastiques, une ville sans bruit et presque sans habitants, On n’y voit guère que les gardiens des cimetières on des mosquées en ruines. Pas un arbre, pas un brin d'herbe, mais partout des milliers de sépulcres blanchis à la chaux et orientés vers la Mecque.

Quittons promptement cette cité des morts, et reprenons la belle route d’Abbassyeh, boriée de jardins délicieux et de champs cultivés. A un quart d'heure des décombres d’ITéliopolis, nous entrons dans un jardin de Mantarÿeh—le Jardin du Baume — au centre duquel se trouve Arbre de la Vierge.

Suivant la tradition, ce vieux s;comore, de dix-huit à vingt pieds de circonférence, serait un vigoureux rejeton de celui qui a abrité bien souvent Jésus, Marie et Joseph. T1 est fortement penché : son trone rugueux s'appuie sur l’enceinte en bois qui l’entoure et sui laquelle grimpent des jasmins.

Au sortir de Mantaryeh, nous saluons de loin l’obélisque d’Héliopolis, qui remonte, disent lesarchéologues, À 2,700 ans avant Jésus-Christ : c’est un bel Âge !

Un souvenir de date plus récente nous impressionne davantage : c’est ici que, le 20 mars 1800, le général Kléber, avec 10,000 Français, battit 60,000 Tures.

Une autre excursion bien intéressante est celle que nous faisons le lendemain à la grotte de la Sainte-

Famille dans le Vieux Caire.

sque sans habis des cimetières re, pas un brin

ulcres blanchis

morts, et reprede jardins déliart d'heure des dans un jardin

e—au centre

re, de dix-huit un vigoureux nt Jésus, Marie | tronc rugueux

entoure et sui

18 de loin l’obéarchéologues, n bel âge !

is impressionne 800, le général ,000 Turcs.

te est celle que de la Sainte-

Et pourtant le cœur saigne de douleur en voyant = v

cette vénérable crypte au pouvoir de tiques. Une église, dont les substructions sont attribuées À sainte Hélène, recouvre la grotte. C’est par

s Cophtes schisma-

un étroit escalier ouvert sur les dalles du chœur que

nous lescendons dans la crypte ou chapelle souterraine, obscure, humide, s

sans ornement et sans autel. Telle autrefois la grotte de Bethléem.

Maïs recucillons-nous et adorons en silence, car ici s’arrêtèrent et séjournèrent quelque temps Jésus, Marie et Joseph !

Si le pèlerin d'Orient trouve peu de célèbres sanetuaires en Egypte, le touriste, lui, e

n quête de distractions, est micux favorisé, Par exemple, outre les

monuments d'Alexandrie et qu Caire, et d’intéressantes excursions aux cataractes du Nil, encore, pour l’attirer et le captiver, les pyramides du désert ? Or, Parmi elles, vous le Savez, la grande mide de Chéops est la

n'a-t-il pas

pyraseule des sept merveilles du monde ancien qui subsiste, 1 vieille Egypte.

C'est l'orgueil de la

1--Les sept merveilles Qu monde étaient, se nologique de leur construction :

Babylone : 2, les pyramides

lon l’ordre chro- 1. 1cs jardins suspendus de d'Egypte ; 8, le Jupiter Olÿmpien

de Phidias ; 4, le tcmbeau de Mausole ;: 5, Je Fhare d'Alexan-

le temple de Diane à Ephèse,

drie ; 6. le colosse de Rhodes : 7,

A notre tour, allons visiter ce chef-d'œuvre.

h à: Tout d’abord, une belle route, ombragée de chênes u Le]

verts et d'acacias, court sur les bords du Nil, Bientôt

nous traversons le Heuve sur un large pont en fer, et

nous nous engageons dans la plaine famense où Bonaparte remporta, le 21 juillet 1798, la brillante victoire

des pyramides. Après une heure et demie de marche,

nous sommes à l'entrée du désert, sur la lisière duquel

se dressent fièrement les colossales pyramides de Giseh

dont La masse indestructible a fatigué le temps.

Elles portent les noms des Pharaons qui les ont

élevées : Chéops, Chéfren et Mycésinus.

Pour les bâtir, les maîtres de l’Egypte ont fait remuer des montagnes de pierre par des populations qui périssaient sous le fouet de leurs gardes-chiourme.

Nous nous rendons, à dos de chameau, au pied de ces constructions eyclopéennes qui ‘ portent jusqu'aux nues le magnifique témoignage de notre néant” Elles

étaient jadis revêtues de pierres de taille, lisses et brunes, que les habitants du Caire ont enlevées pour leurs édifices. Ruïinées par les hommes, mutilées, elles

ne laissent voir sur leurs flancs que des assises étagées

en gradins.

Rudis indigestaque moles.

. Un jeune Arabe, pour un bakchiche de dix sous,

euvre, gée de chènes Nil. Bientôt pont en fer, et euse où Bona- Jante victoire mie de marche, \ lisière duquel mides de Giseh

temps.

s qui les ont

ont fait remuer tions qui périsurme.

au pied de ces jusqu'aux nues néant.” Elles taille, lisses et enlevées pour , mutilées, elles

assises étagées

e de dix sous,

s'offre À faire, en huit minutes, l'ascension et la descente de la grande Pyramide: nous y

Consentons, Avec lagilité d’un chamois, le fil

s du désert réussit à escalader

et dégringoler, dans le temps fixé, ces

LCLLENPENTTETS

ce MOonstrueux degrés Faits pour des pas de six coudées.

Même au sommet, il s'était arrêté un inst

ant pour nous saluer de la main et de la voix, Nous, dans notre modestie, nous crûmes qu'il disait : « Songez que, du amides, quar:

haut de ces pyr ante siècles vous contem-

plent !” Le gardien nature

l des pyramides est le Sphinx, lion

accroupi, à tôte humaine, le plus gros de tous les monolithes. Son cou, creusé et aminei

1, porte comme ses du calcaire ; et sa icatrisée et ene

des collines les arâtes des assi face, au nez emporté, © adrée dans Ja coiffure mystique, a pris une expression terrible, Aussi les Arabes ap

pellent-ils le Sphinx le “père de la Terreur.”

k*X Être en Egypte et ne pas parler du Nil scrait manquer de respect envers “Je roi des fleuves” de l’ancien continent : en effet, “l'Egypte habitée, l'Egypte cultivée, c’est le Nil qui l’a faite, qui l’a peuplée, qui la conserve, qui la délimite. Sa forme est celle d’un cordon posé négligemment sur ]

à carte, du sud au nord,

ss = RES

et terminé par un beau gland triangulaire. Le cordon est le lit sinueux du Nil, le gland est l'épanouissement des branches par lesquelles il se déverse dans la mer. Le premier est une étroite vallée creusée à travers le plateau des déserts arabique et lybien ; le second est une riche plaine formée des alluvions du fleuve. Sa forme triangulaire l’a fait nommer le Delta, nom que l’on a étendu aux alluvions de même forme déposées par plusieurs grands fleuves près de leur embouchure.

“ Je bienfait du Nil, qui l’a fait célébrer par les habitants de l'Egypte à l’égal d’un dieu, c’est sa crue annuelle et constante, si régulière, portant à chaque parcelle du sol égyptien l'eau qui fait germer la graine, grandir la plante, et lui restituant par son limon ceque la plante lui enlève.

& La crue commence au Caire le 10 juin. Le fleuve amène alors des eaux verdâtres, chargées de débris végétaux qui flottaient à la surface des grands marais. Le progrès de la crue, lent d’abord, devient rapide vers le milieu de juillet par l’arrivée des eaux rouges ou limoneuses des torrents d’Abyssinie. Elle est à peu près dans son plein à la fin d’août, ct atteint sa plus grande hauteur vers le 7 octobre. À partir de ce maximum, le niveau du fleuve baisse régulièrement sans inflexion jusqu’à la crue suivante.

Nil est maintenu dans son lit par de hautes

laire, Le cordon l'épanouissement rse dans la mer.

aisée à travers Île 1; le second est , du fleuve. Sa Delta, nom que . forme déposées eur embouchure.

brer par les habiu, c’est sa crue ortant à chaque ermer la graine,

son limon ceque

juin. Le fleuve oées de débris Le]

8 g ‘ands marais.

devient rapide des eaux rouges e. Elle est à peu t atteint sa plus artir de ce maxi-

rulièrement sans

t par de hautes

digues dominant la vallée, Le 0] de celle

abaissant du fleuve ‘ar les dépôts de limon ont été voisinage du fleuve,

tion, munis de v

-ci va géné.

ralement en s’ aux talus du désert, plus abondants dans le De nombreux Canaux de dérivaannes À leur prise sur le Nil et aussi e les eaux comme par S plus voisines du fleuve, nées. Dès que le Nil c les prises des c l'eau qu'ils contiennent

sur Jeur Parcours, font descendr gradins, d'abord sur les terres le Puis sur les plus éloig ommence anaux pour empêcher de retomber dans le lit et emarrosage,

à baisser, on ferme

Ployer cette retenue à l “Tout gouverne Pays

ment désireux de ] s’est préoccupé d’accroître ] utiles à la culture.

à prospérité du à portion des eaux apprenant que, des cent scubes d’eau apportées annuell'Egypte, c rigation, s’écriait :

maître de l'Egypte, je voudr du Nil n’aille à la mer,”

Napoléon vingt xilliards de mètre lement par le Nil à inq seulement sont utilisés pour l'ir “Et moi, si je reste

ai que pas une goutte d’eau

“ Les anciens comptaient sept branches par lesquelles

SES CAUX, Actuellement cinq sont comblées ; le Nil se rend à la mer par 1 branches de Rosette et de D

Rosette est la plus

le Nil déversait

es deux seules

amictte, La branche de Courte et la plus Puüissante,” 1

1 — L'Egypte. —R, p. M

. Jullien.

Mais si ce fleuve roule de l'or, un jour, sous les Pha-

ons, il roula des flots de sang.

4 Un souvenir plus doux est celui de Moïse, exposé

de sur les ondes impétueuses du Nil, et sauvé miraculeu-

sement, lui qui n'avait d'autre rempart contre la mort

Qu'un berceau de roseaux fragiles.

Avez-vous lu ces beaux vers de Vietor Hugo, qui,

hélas ! ne s’est pas toujours soutenu dans les hauteurs

sereines de la foi, de l'idéal et de la véritable poésie ?

J'aperçois un enfant qui dort au sein des flots, Comme on dort au sein de sa mère !

sosossuse

PILITILLEREL PPPITT LIL ELEC ECOLE EELLLLEL

Dans sa couche enfantine, il erre au gré du vent ; L'enu le balance, il dort ; ct le gouffre mouvant

Semble le bercer dans sa tombe !

Sous les traits d’un enfant délaissé sur les flots.

C’est l'élu de Sion, c’est le roi des fléaux,

Qu'une vierge sauve de l'onde,

Mortels, vous dont l’orgueil méconnaît l'Eternel, Fléchissez : un berceau va sauver Israël ;

Un berceau doit sauver le monde.

Le 10 avril, nous partons pour Alexandrie.

La plaine que traverse le chemin de fer est sans

relief, sauf quelques tertres où s'élèvent de misérables villages de fellahs ou cultivateurs. Le sol paraît assez

riche, mais non les paysans. A l'exemple de leurs s qui travaillaient sans salaire et pour le profit

ancètre

ur, sous les Pha-

Moïse, exposé uvé miraculeucontre la mort iles.

etor Hugo, qui, ans les hauteurs éritable poésie ?

les flots,

ré du vent ; » mouvant

r les flots.

ux,

it l'Eternel, aÔl ;

xandrie.

de fer est sans

nt de misérables

e sol paraît assez

cemple de leurs

et pour le profit

AMAR A. ne FE ET ALT

L'OBELISQUE D'HELIOPOLIS.

exclusif des Pharaons, les fellahs d’

aujourd’hui sèment mais ne récoltent pas

Pour eux, Plus de la moitié de leurs revenus va au fisc,

A Alexandrie, les Francises Catherine nous accueillent grande cordialité.

ains du couv t Sainte.

de nouveau avec la plus

Deux jours après, nous prenions le Paquebot égyptien

Abbas pour nous rendre au Pyrée : Je trajet est de 510

Milles marins.

Saluons, dans le port d'Alexandrie, ]

a flotte fronçaise de 23 Cuirassés, et v

Oguons vers la Grèce, La traversée est belle d’

abord, mais soudain le vent s'élève, et le rouli

8 Ct le tangage font de victimes parmi les Passagers, Et toute la Journée

nombreuses Quelle nuit orageuse !

suivante, le bateau Continue À dan-

“er COMme un morceau de liège dans une bouilloire,

Vers une heure de l’aprè

de la plus belle et de la plus étendue des îles l’ancienne Crète ou CEandie.

cs chaînes de mont

s-midi nous sommes en vue grecques, “La longne ligne de gues, que domine fièrement lc mont Ida avec son diadème de neige; s'aperçoit de loin au-dessus des flots, comme qui protège Archipel contr l'Afrique.”

une muraille gigantesque e les redoutables vents de

À l’encontre des Cyclades, la Crète

à COnservé son

vâtement de verdure ; mais où sont les cent villes qui faisaient sa gloire ?

& Cette île, ‘ingue de soixante lieues et large de douze à quatorze, est peuplée de 350,000 habitants, dont les trois quarts sont chrétiens. Le Léthé en arrose la plaine principale ; peu de contrées au monde sont plus favorisées de la nature : olivier, qui, comme les arbres de l'Eden biblique, donne son fruit sans exiger le travail de l'homme, compose le plus abondant revenu des indolents Crétois. Le malvoisie n’y est plus connu.

& Nous regrettons que l'itinéraire du paquebot ne nous permette pas de descendre dans le célèbre royaume du sage Minos et du cruel Idoménée. Le monstre fabu-

leux qu’on y nourrissait de chair humaine au fond du labyrinthe de Dédale, le féroce Minotaure n’est plus là pour nous effrayer: le héros athénien Thésée, guidé par le fils d Ariane, en a délivré la terre. Ce souvenir mythologique fait nai .. °F" nos lèvres un sourire de compassion, en nous prouvant jusqu'où les hommes, livrés aux seules lumières de leur intelligence, peuvent pousser l'erreur. Heurersement le christianisme, semblable au soleil qui dissipe en ce moment sous nos Yeux

Les brumes de la mer, a chassé ces honteuses aberrations.

& Aux temps antiques, la Crète fut une puissance

maritime, mais ses habitants ne jouissaient pas d’une

cent villes qui

es et large de 000 habitants, Le Léthé en trées au monde ier, qui, comme son fruit sans e plus abondant isie n’y est plus

aquebot ne nous bre royaume du e monstre fabuaine au fond du ure n’est plus là 1 Thésée, guidé re. Ce souvenir es un sourire de où les hommes, ligence, peuvent ristianisme, semnt sous n0s YEUX ‘uses aberrations.

at une puissance

? à saient pas d’un

bonne réputation : on les

sregardait comme Parmi les menteurs, Un de leur

Epiménide, disait d’eux :

chantes bê

des menteurs $ Compatriotes, le poète “ Les Crétois sont de métes qui n’aiment qu'à m faire,” Saint Paul affirmait que ce Jugement peu flatteur n’était que trop mérité (Tit, I, 15.) Tite, son disciple,

anger et à ne rien

» Ct recommandait À

rendre fortement.” L:

de les « r'e] a

morale Chrétienne

4 sans doute amélior vicieuse.”

é leur nature

Le lendemain, 14 avril, le Paquebot jetait l’encr

e dans le port d'Athènes.

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