‹ Rome et Jérusalem [microforme]Chapitre 95 sur 101 · VINGT-HUITIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

VINGT-HUITIÈME LETTRE

nn

Athènes : réminiscences — À vol d'oiseuu — Ruines inposantes — L'Acropole et ses chefs-d'œuvre — L’'Aréopage et saint Paul—

L'Agora, le Pnyx et !: Prison de Socrate — Corinthe, les îles Loniennes et le retour à Rome.

RouE, le 17 avril 1898.

VE port actuel d'Athènes — le Pirée — est PEU remarquable, Il doit toute son = SE) illustration au bon La Fontaine. Qui ne NE , a Salt par cœur la charmante fable inti-

tulée : Le Singe et le Dauphin 7... Celui-ci,

demandant à l’autre, qu’il porte sur son dos,

à travers les flots, s’il connaît le Piré cette réponse : Il est mon v Connaissance ! ”

e, en recoit ieil ami : c’est une vieille — Quant À nous, nous ne sommes pas tentés, il est vrai, de prendre le Pirée pour

un homme, mais nous sommes su rpris d’

apprendre que sa population s’élève aujourd’hui À plus de 30,000 habitants,

En mettant pied à terre sur ces fameux rivages de

la Grèce, que de souvenirs se pressent dans notre

mémoire ! D'abord les rochers, blanchis d’écume, nous rappellent Démosthène se promenant sur le bord de la mer et opposant les éclats de sa voix aux mugisse-

ments des vagues, pour s’accoutumer, disait-il, aux

orages des assemblées populaires. — Un peu plus loin, 6 l’île de Salamine chante encore la victoire de Thémistocle I sur la flotte des Perses. D Mais la “cité de Minerve ” nous appelle là-bas : cu courons à Athènes. , ci Vers le milieu de la route, la vue est saisissante. A él droite et à gauche, les lignes majestueuses de l'Hymette de et du Parnès ; au fond de l’amphithéâtre, les cimes de tourmentées du Pentélique.

Au sortir d’une forêt d’oliviers à la pâle verdure, le l'4 ; spectacle grandit encore. Vainement le Lycabette ell (mont St-Georges) dresse ses pyramides aiguës, vaine- ha ment la colline des Muses arrondit ses harmonieux en contours, le temple de Minerve ou plutôt l’Acropole coi paraît seule resplendir, avec tout, Île prestige de P'Il l'histoire et la magie des souvenirs. les En vérité, “le pays qui encadre Athènes et son al Acropole semble avoir été créé tout exprès pour I l'inspiration du génie, comme si cette terre avait été pou prédestinée d'avance pour devenir le berceau des arts ne

et des lettres. Il n’y a peut-être aucun lieu au monde

dans notre cume, nous le bord de 1x mugissesait-il, aux u plus loin, l'hémistocle

elle là-bas :

sissante. À e l’'Hymette e, les cimes

» verdure, le » Lycabette iguës, vaineharmonieux t lAcropole prestige de

iènes et son exprès pour rre avait été eau des arts eu au monde

qui réunisse un ensemble de beautés naturelles aussi

gracieunses, une aussi harmonieuse variété de

lignes et de tons.

“ Les courbes des montagnes et des collines, les

alentours des îles et des rivages ont l'air d’avoir été dessinés À plaisir Par la main d’un Phidias ou d'un

Praxitèle, Peut-on rèver, par exemple, un plus beau

piédestal pour le Parthénon que l'Acropole d'Athènes,

cet énorme bloc de rocher À pie et isolé dans la

Campagne ? En arrivant par mer au Pir

ée, l’œil reste émerveillé en àperce

ant cette ruine superbe qui dessine au loin sur l'horizon ses fines arûtos de marbre doré par la lumière de vingt-quatre siècles ! .” Athènes est située dans la plaine Principale de l'Attique, qu’arrosent le Céphise et l’Illissus, Autrefois elle se Composait de deux parties : l'Acropole ou haute ville et in ville basse ; cette dernière €

tait aux environs de Pnyx (ancien forum)

; de l’'Aréopage, de la colline des Nymphes et s'étendait jusqu'aux bords de l'Illissus. Aujourd'hui, la nouvelle capitale a quitté les hauteurs Pour envahir !a Campagne, du côté de ln vallée du Céphise,

Les a antages exceptionnels que pr pour la fondation d’une ville

ésentait ce pays : Sa position stratégique,

1— Lettre de M. l'abbé H. R. Casgrain à la Se

mine Religieuse de Québec (1822).

4Sf TOME ET JÉRUSALEM

le voisinage de la mer, un port très sûr et protégé par les îles qui défendent les côtes, tont cela avait sufh pour y attirer de bonne heure de nombreux établissements. Leur origine remonte À l’an 2,200 avant J.-C. aux temps préhistoriques et fabuleux, où les Pélasges, lescendants de Japhet, peuplèrent le littoral de l'Asie Mineure, l'Archipel, la Grèce et l'Italie. Les Hellènes, sortis des montagnes de la Thessalie et de la Macédoine, vinrent plus tard (XVIe av. J.-C.) ct chassèrent devant eux les tribus primitives. Puis, quatre grandes colonies parties de la Phénicie et de l'Egypte achevèrent de donner à la Grèce les populations dont la fusion

constitua cette puissante et brillante nationalité.

La plus ancienne ext celle de Cécrops, qui épousa la fille d’Actée, roi de l’Attique, bâtit la citadelle (l'Acropole) sur le roc aplani par les Pélasges et fonda la ville d'Athènes (1650 av. J.-C.). IT la consacra à la déesse égyptienne Athné (Minerve), tout en donnant une place d'honneur à Neptune et à Jupiter. Enfin, on lui attribue l'institution de l’Aréopage, fameux tribunal qui ne siégeait que la nuit, et d’où l'on exeluait les avocats, afin, disait-ou, que les

artifices de l’éloquence ne pussent pas influencer ses

jugements.

Pendant de longs siècl A''ènes ne se développa

que lentement ; mais succes dans les guerres

r et protégé par cela avait suffi ibreux établisse- 200 avant J.-C., où les Pélasges, ittoral de l'Asie ie, Les Hellènes, de la Macédoine, hassèrent devant grandes colonies e achevèrent de dont la fusion ationalité.

»s, qui épousa la itit la citadelle les Pélasges et 3.). I la consacra incrve), tout en une et à Jupiter.

de lAréopage, la nuit, et d’où sait-ou, que les

»a3 influencer ses

ne se développa

ans Îles gucrres

“AAIVI-XNAIA na ATILVAALNIVS V1 4Q 731nv.71

oo D —— a RE

Médiques lui valurent une prospérité inattendue, En même temps, sous Périclès, elle se remplit de chefsd'œuvre d’ architecture, de sculpture et de peinture : ce fut l’âge d’or de la Grèce, l’âge d’or de la littérature et des beaux-arts,

Et les malheurs qui l’assaillirent ensuite, la perte de son prestige et de sa liber té, la domination des Romains, l'invasion des Barbares et le ; Joug des Tures ne purent faire oublier complètement sa première grandeur. Môme le souvenir de ce passé glorieux ct incomparable fut son meilleur rempart, Jamais les

’ainqueurs ne lui firent sentir, dans toute sa lourdeur, le poids de ses défaites,

Cependant, de 1394 à 1830, Athènes reste, pour l'Occident, un Pays à peu près inconnu. Il fallut l'intervention des puissances étrangères pour la faire Sortir de l'ombre et de la servitude, Le protocole de Londres, du 3 février 1830, déclara la Grèce royaume indépendant, et bientôt l'antique cité de Minerve

redevihit capitale et : Siège du Souvernement. PA

À peine installés dans le G rand-Iôtel d'Angleterre, nous en sortons pour parcourir les Principaux quartiers de la ville et visiter quelques monuments.

Sur le boulevard de l'Université, voici l'église

atholique dédiée à saint Denys l’Aréopagite, premier

évêque d'Athènes. Elle possède un imposant péristyle.

L'intérieur du temple est richement décoré. A l'entrée

“ du chœur, de superbes colonnes en marbre vert de

ie Ténos jettent leur not brillante sur la blancheur un

peu monotone des lambris. — On compte environ 8,000

catholiques sur une population totale de 120,000 âmes.

L'archevèque actuel est Mer Zatftino.

L'Université, avec ses élégantes colonnades, ses ? » ?

{ statues ornant le péristyle, et la belle ordonnance de ses ailes, est digne les vieux siècles. Plus de 1,500 élèves fréquentent annuellement ses cours de philoso- : phie, de théologie, de jurisprudence et de médecine. La bibliothèque contient 120,009 volumes. l

L'Académie des Nciences, en marbre blane, se distingue par d’harmonieuses proportions, la finesse … de ses colonnes ioniques, la gracieuse ornementation ni des chapiteaux et de magnifiques bas-reliefs au fond pi azur : bref, ce monument a la splendeur lactée du di Pentélique. Ilest précédé de deux grandes colonnes lu au sommet desquelles se dressent les statues de Ci Minerve et d’Apollon, ses protecteurs symboliques. ot

Sur la place de la Constitution, saluons le palais de royal qu'habite actuellement le roi ce Grèce — Georges, et un prince du Danemark— prince magnanime, dit-on, Dé

et d'un grand tact politique.

»pagite, premier posant péristyle.

icoré. A l'entrée marbre vert de la blancheur un te environ 8,000 le 120,000 mes.

colonnades, ses e ordonnance de Plus de 1,500 ours de philosoet de médecine.

mes, arbre blane, se tions, la finesse > ornementation.

-reliefs au fond ndeur lactée du randes colonnes les statues de symboliques.

aluons le palais

rèce — Georges,

rnanime, dit-on,

Toutetois, les anciens Monuments d'Athènes nous

intéressent et Nous attirent bien davantage ; car, les vieilles ruines sée ulaires ne représentent: elles pas, pour toute nation, ce qu’il y à de plus auguste et de plus sacré : religion primitive, art, histoire ?

Montons À PAcropole,

Sur notre route, admirons les re

temple de Jupiter Olympien, orné Jadis de 126 colonnes corinthiennes : c’était le plus vaste après celui d'Ephèse. Il

stes hnposunts du

sanctuaire grec avait fallu plus de 600 ans

pour le parfaire et le peupler de statues, Qu'en reste-t-il

aujourd’hui ? Seulement treize immenses colonnes

reliées entre elles par leurs architraves.

Un peu plus

loin, l'Are d’ Adrien est mieux conservé.

Aux temps des Romains, de nombreuses villas

couvraient les pentes des collines. Le

Pare Royal renferme encore les vestiges

d’une de ces h: abitations, pavées de mosaïques, où les jeunes p: itriciens, envoyés dans les écoles d’ Athènes, séjournaient volontiers les bords de l’Illissus. JTci, sans doute, les demeures de

Cicéron et d'Atticus, plus tard celles des phil

; Sur

osophes et des néophytes chrétiens qui, au siècle des Basile ot

des Grégoire de Nazi lanze, venaient étudier l’ éloquence

et la sagesse dans la ville auguste où avaient parlé

Démosthène et enseigné Platon et Aristote, Là,

lombre du plateau, Socrate Poursuivait avec Phédon son immortel dialogue.

Ur Yeeenen ns,

Et ces souvenirs qui ont charmé notre enfance, nous

les évoquions avec un indicible plaisir en gravissant

les hauteurs que couronne l’antique citadelle.

Cependant, vers le versant méridional de l'Acropole, jetons un coup d'œil sur les ruines du théâtre de Bacchus où Dionysos : il est encore imposant avec ses gradins demi-cireulaires réservés aux spectateurs et ses sièges de marbre destinés aux prôtres.

Terminé sous Lycurgue, reconstruit plus tard, et restauré une dernière fois par l’empereur Adrien, il reste vraisemblablement peu de chose de la scène antique sur laquelle Eschyle, Sophocle et Euripide firent jouer leurs célèbres tragédies. Soit, mais le |

passé se ranime pour nous, et il nous semble voir tout

( un peuple saluer de ses applaudissements les grands drames — Antigone, Iphigénie, A ndromaque — dont les à rythines immortels frémissent encore. à Continuant l'ascension de la colline, nous passons e près des ruines d’un autre théâtre, consacré aux fôtes g musicales, et qui pouvait contenir 6,000 personnes : dl c’est l’'Odéon d’'Ilérode Atticus.

À mi-chemin, nous longeons l'Aréopage, d'où l1 f he vue est très belle sur la ville et la plaine. de Enfin, nous voici devant le portique de l’Acropole,

vrai sanctuaire de l’art attique, qu’un rhéteur de

l'antiquité appelait un % présent aux dieux.”

otre enfance, nous isir en gravissant citadelle.

mal de l’Acropole, s du théâtre de re imposant avec S aux spectateurs prêtres.

ruit plus tard, et pereur Adrien, il hose de la scène hocle et Euripide s. Soit, mais le s semble voir tout ements les grands omaque — dont les

ne, Nous passons

’ 1 LR :Onsacré aux fêtes 6,000 personnes :

réopage, d’où la dine,

ue de Acropole, u'un rhéteur de

dieux.”

L'Acropole fut,

à l’origine, une sÿ dont les rois d'Athènes firent le Pisistratides,

nple forteresse ur résidence, Sous les 9Ù ÿ transporta le siège du £ouvernement, Les Perses vinrent et ne]

aissèrent derrière eux que des ruines (480-479),

Thémistocle rebâtit pr ment les murailles du nord pour pr de Sparte, Cimon rétablit le

écipitamévenirune agression mur du sud, ainsi que le temple de la Victoire. Mais ce fut Périclès qui prit l'initiative de la sanctuaires des même temps dimpé monuments des triomphes d'Athènes, ans, On vit surgir

reconstruction des

dieux Pour en faire en rissables

En moins de dix comme par enchantement, autour de 8 Propylées 1, le Parthénon, VE (Erechteion) et le temple de la Victoire

Au commencement de l’à

l’Acropole, le rechthéum

sans ailes 2.

re chrétienne, et longtemps ses Ti0numents & intacts, Ainsi l'apôtre saint Paul «

après, l’Acropole et taient encore

Y trouva dans la même splendeur qu'aux jours de Périclès génie religieux de la Grè 5 = = :

de plus parfait.

ce que le ce à Conçu de plus pur, réalisé

“ Ce rocher abrupt, berceau et refuge d'Athènes, ation primitive que le nom de “ville haute” dAcropole :

me

ne gardait plus de sa destin toute habitation en

1 Portique en marbre blane,

d’une perfection admirable, et qui servait d'ouvrage de défense,

#— Ainsi appelé, parce que la V le drapeau grec,

ictoire ne devait plus désorter

avait disparu, et les remparts cyclopéens destinés à le défendre n'enfermaient plus que des temples, tous consacrés à Pallas Athéné, vierge divine, sortie du céleste éther, de Zeus, dieu souverain. Les sanctuaires, pressés sur l’étroit sommet de l’Acropole, consacraient les gloires dont Athènes était redevable à son patronage, Le temple de la Victoire sans ailes rappelait Salamine, Marathon, de longs jours de triomphe et de suprématie sur le monde; un gracieux édicule, l’Erechteion, contenait l'olivier sorti de terre à la voix de la déesse (Minerve) : don précieux entre tous, ear se propageant dans l’Attique et l'Hellade, il avait changé un sol rocailleux en fertiles vergers. Mais c’est au Parthénon qu'Athéné se révélait en sa vraie grandeur. Ce temple, comme son nom l'indique, était le sanctuaire de la Vicrge. Dallas Athéné y régnait en pleine lumière, au-dessus des basses passions que divinisaient ailleurs Aphrodite et Dionysos. Ce qu'elle incarnait aux yeux de ses adorateurs, c'était le génie, dont le soufHe animait tant de merveilles dans Athènes, et plus que tout autre la statue de la déesse : Phidias, en effet, n'avait ciselé qu’une œuvre d’égale perfection, l Jupiter d’Olympie, et en ce dernier lieu il n'avait pas trouvé ee qui mettait l'ivoire d’'Athéné en splendeur incomparable, un écrin digne d'elle, le Parthénon !.

1—Outre la Minerve de Phidias, que renfermait le Parthénon. une sia ue Colossale de la déesse s'élevait au-lessus de la

colline, si haute, dit Pausanias, qu'aussitôt après avoir doubli

péens destinés À le des temples, tous divine, sortie du i. Les sanctuaires, pole, consacraient le à son patronage, appelait Salamine, eetde suprématie aile, l’Erechteion, , voix de la déesse ear se propageant it changé un sol “est au Parthénon e grandeur. Ce était le sanctuaire régnait en pleine s que divinisaient * qu'elle incarnait le génie, dont le lans Athènes, et esse ; Phidias, en zale perfection, ll

lieu il n'avait pas

éné en splendeur

, Je Parthénon !.

rmait le Parthénon.

it au-dessus de la

après avoir doubli

FOME ET JÉRUSALEM

Tout ruiné qu'est ce tenale la grâce l'harmonie de Il 1 , = ,

ses lignes, sa majesté simple, la finesse et l'éclat des

marbres en font aujourd'hui encore le chef-d'œuvre de l'architecture 1

Or, en parcourant ces ruines grandioses du Pagauisme, ous nous rappelions avec bonheur

que le christianisme 4 Un jour sanctifié ce Capitole de Ja Grèce, VIe siècle, les Francs dédibrent le ] Sainte Vierge Marie, et

Ainsi, au arthénon à Ja en firent Ja principale église “atholique d'Athènes, L’Ercchtcion fut également purifié et consacré au v ai Dieu.

De ce plateau élevé Ia vue sur la mer ct sur la ville est superbe ; elle s'étend sur Egine, PArehipel, la côte du Péloponèse Jusqu'à ILydra d’où Egée, roi d'Athènes, se serait précipité et noyé dans les flots, À 1

a suite d'un revers de fortune, A nos pieds, 1

es ruines du temple de Jupiter Olÿmpien, l'Are dAdrien v l ? ?

la tour des Vents, et Je temple de Thésée,

Plus loin, Athènes moderne et ses monuments, le Lycabette, le Parnès et la vallée du Céphise,

le Pentélique,

le cap de Sunium on apercevait de

la mer la pointe de sa lance et le cimier de son casque (P.

ausanias I, XXVIII 1. D'innombrables statues OCCupaient tout l’espace libre sur 1e sommet de l’Acropole et on à peine À concevoir qu’une foule de monuments, tels que les décrivent les anciens, aient pu tenir dans un espace si restreint, La Colline sacrée était Vraiment, selon le mot de saint Paul, “ remplie d'idoles.”

1 Les origines de l'Eglise St p

aub, par l'abbé C Fouard,

02 na à her rar

En descendant de l’Acropole, nous allons droit À l’Aréopage (colline de Mars) massif de rocher escarpé qui a conservé son nom en dépit des siècles, Les seize marches sont les mêmes que celles par lesquelles montaient les juges de l’Aréopage, ‘ Au siècle d'Auguste comme aux jours primitifs, ils siégeaient en plein air sur des degrés taillés dansle roc. Deux pierres étaient placées en avant des juges, consacrées, l’une à l’'Znplacabilité, Yautre à l’Znjure. L’accusateur montait sur la première, l'accusé sur l’autre ; ils parlaient dans l'obscurité, car l’Aréopage tenait ses audiences la nuit, afin de voir, dit Lucien, non lo ateur, mais ce qu'il disait. Au penchant de la colline, les Furies veillaient dans leur sanctuaire, prêtes À s’élancer sur le coupable et à le poursuivre sans merci.” (L'abbé C. Fouard.) Ce n’est pas sans émotion que nous évoquions ici le glorieux souvenir de saint Paul apparaissant tout à coup au milieu de l’Aréopage et prononçant cette mémorable harangue devant laquelle pâlissent toutes les Philippiques de Démosthène,.

La scène fut belle, grandiose, sublime. L'auteur cité | plus haut semble la peindre sur le vif :

“ Paul vint librement au conseil, en pleine lumière, non pour être jugé, mais pour exposer sa foi et tenter

d'y gagner des magistrats dont le suffrage eût entraîné é

le peuple. Moins émouvant qu’une séance de nuit, le

s allons droit À e rocher escarpé ècles, Les seize par lesquelles ,, ‘° An siècle ils siégeaient en oc. Deux pierres sacrées, l’une à usateur montait s parlaient dans diences la nuit, , Mais ce qu'il l'uries veillaient sur le coupable C. Fouard.) évoquions ici le raissant tout À ononçant cette vâlissent toutes

, L'auteur cité

pleine lumière, sa foi et tenter

A LS , e eut entrainé

ice de nuit, le

religieux à l'excès. Pac regardant les objets de votre culte, j sur lequel est écrit : « Au Dieu ine vous honorez sans Je connaître VOUS annonce,

Spectacle otfert À ses Jeux ne laissait p

as d'imposer :

autour de lui, l'élite d'Athè

nes ct de la Grèce ; à ses

Pieds, la ville étalant monuments, portiques et temples ;

plus majestueux que tous, le Parthénon dressant en

face de lui le trône de la sagesse humaine, dans un.

ssait les regards, nisme ne s'était montré à lui séduisantes,

éclat qui ébloui Nulle part, Je pagasous des formes plus L’apôtre n'y donna Pas un coup d'œil :

toutes ses pensées étaient aux

Îmes, tous ses souvenirs à Jésus crucifié.

Uniquement rempli de son de recourant la ville, une r Jugea Propre À lui servir.

la crainte de mé

ssein, il avait fait, en pa emarque qu’il Athènes, comme Rome, dans onnaître quelque divinité, élevait ça et là des autels anonymes avec ces simples mots :

Aux dieux inconnus !

Paul prit texte de ce

tte superstition Pour se concilier assemblée :

“ Athéniens, dit-il, je vois qu'en tout vous êtes

nt, en eftet, dans VOs rues et.

J'ai trouvé un autel onuu.” Celui que

est celui que, moi, je

“ Le Dieu qui a fait le monde et tout « étant le seigneur du ciel et de l

e qu’il renferme, à terre, n’habite pas

dans les temples faits de main d'homme et n’est point honoré par les ouvrages de la main des hommes, comme s'il avait besoin de rien, lui qui donne à tous la vie, le soufle et toute chose, Il a fait d’un seul sang toutes les nations ; il les a fait hubiter sur la face de la terre, déterminant À chacune d'elles la durée et les bornes de leur domaine, afin qu’elles cherchent Dieu, qu'elles tâchent de le toucher en tâtonnant, et de le trouver quoiqu'il ne soit pas loin de chacun de nous. Car c’est en lui que nous vivons, que nous mourons et que nous somines. Comme l'ont dit quelques-uns de nos poètes : ‘ Nous sommes de sa race.” Etant donc

de la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la

divini! semble à l'or, à l'argent, à la pierre, à une

œuvre sointéc par Part et le génie de l’homme. Oubliunt ‘done ces temps d’ignorance, Dieu ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, se repentent parce qu'il a arrêté un jour où il doit juger en justice le monde par l'Homme qu'il a destiné pour cela, et qu'il a autorisé auprès de tous en le ressuscitant d’entre les morts...”

La parole de l’apôtre ne demeura pas complètement stérile : Quelques-uns, disent les Actes, se joignirent à lui et embrassèrent la foi, parmi lesquels fut Denys,

surnommé l’Aréopagite.”

ie et n’est point 1 des hommes, ui donne À tous ; d’un seul sang sur la face de la la durée et les cherchent Dieu, nnant, et de le ‘hacun de nous.

ous mourons et quelques-uns de

” Etant donc

as croire que la la pierre, à une

e de l’homme.

… Dieu ordonne à tous lieux, se où il doit juger a destiné pour

à le ressuscitant

s complètement s, se joignirent

ucls fut Denys,

À l'occident de l’Acropole, voici l'emplacement de Agora (place Publique) où tous los dieux de POIympe avaient leurs Salctuaires, De ces temples il ne reste plus que d'imposants di

‘bris Maäarmoréens : portiqu en ruines, fûts do

colonnes et chapiteaux épars, Plus loin se trouvait le Payx, forum Athénien qui retentit arangues de Démosthène et d'Eschine, son illustre rival

bien des fois des immortelles h

Allons voir Maintenant la pri du mont Muséum : elle est formée sépulerales taillées d

son de Socrate, au pied de trois chambres ans le roc, — Qui ne plaindrait le philosophe qui, Victime de la haine et de l'envie des sOphistes, dut boire, hé

sort de ce noble

las ! la ciguë ?

Le lendemain de notre

arrivée À Athènes, la visite si intéressante et si instructive

OcCupe toute Ia matinée.

des musées nationaux

Vers midi, il nous faut dire adieu à la cité des Muses.

Le chemin de fer — Piréc-Athènes-[

’éloponèse — passe à Eleusis, cé

lèbre par son vicux temple de Cérès.

C’est dans Ja plaine voisine que la bienfaisante déesse conduisit de ses augustés nains Ja charrue, quand elle daigna enseigner aux hommes |

terre (? !).

art de cultiver la

À trois heures, nous Sommes à Corinthe. Cette ville

Ÿ. Ÿ à AV, pe Ÿ Ÿ Z \C N'4 y à s ” 2 \@ ES € NA ON OMC Y & € $ \ PAT Ai K a) 4e E 3 A À J fl 42 S où <Ù 2 2 TE 2 Sun +E S O 4: ra a | ù a < ” Li — 7 oo 5 214 285 2È dns SE ER Q AD EE a À ZA N

Ke NN D s% N ZA

qui eut, comme Sparte et Athènes, son heure de suprématie sur la Grèce entière, n’est plus aujourd’hui qu'une triste bourgade. — Mais nous aimons À nous rappeler la riche moisson spirituelle qu'y recueilli Vapôtre saint Paul faisant entrer dans ses discours le nom du Seigneur Jésus et persuadant Juifs et Grecs.” (Act. XVIII, 14.)

À trois milles de la gare, nous apercevons, solitaire et escarpée, la montagne qui portait, À son sommet, lAcrocorinthe, c’est-à-dire l’antique citadelle réputée imprenable, Au temps d’Aratus, fondateur de la ligne Achéenne, 400 soldats et 50 chiens suffisaient À garder ce poste et à barrer l'entrée du Péloponèse (Plutarque).

En vérité, la route d'Athènes À Patras, par l’isthme de Corinthe, est ravissante : d’un côté, le golfe de Corinthe ; de l’autre, de hautes montagnes dont les cimes sont couvertes de neige, et les flancs, parsemés de belles plantations d’oliviers ou de vignobles renommés,

Le soir du même jour, 15 avril, nous prenions, À Patras, le paquebot Méditerraneo qui fait le service entre la Grèce et l'Italie (de Patras À Brindes). — Temps superbe,

Le lendemain, soleil radieux. — Quelle course pittoresque à travers les îles Ioniennes (ou Sept-îles) dont les principales sont Céphalonie, Zante, Théaki (Ithaque)

on heure de supré-

plus aujourd’hui us aimons À nous le qu'y recueillit ans ses discours le it Juifs et Grecs.”

ercevons, solitaire it, À son sommet, citadelle réputée dateur de la ligne uflisaient À garder onèse (Plutarque).

atras, par l’isthme côté, le golfe de ontagnes dont les flancs, parsemés u de vignobles

nous prenions, À ui fait le service 8 À Brindes). —

1elle course pittoou Sept-îles) dont Théaki (Zthaque)

ROME ET JÉRUSALEM 497 = RE — —————— te —

et Corfou (Corcyre), On les dit très fertiles — à l'excep-

tion de Théaki 1 — ot peuplées d'environ 25,000

habitants, l'origine grecque ; depuis 1863, Ies îles Toniennes ont été annexées an royaume de Grèce,

Ce matin, de bonne heure, nous aVOns eu la consolation de dire la sainte messe, dans une cabine que le sse de mettre À notre disposition.

C'était la première fois que J'offrais,

Padorable sacrifice,

Capitaine eut la centille Le)

en pleine mer, Quel précieux moment et comme "ous Comprenons aujourd’hui la vérité de cette parole de saint Augustin : « S; vis orare, ascende mure a vous voulez bien prier, allez sur mer ! ”

Comme le bateau fait escale à Corfou, nous en profitons pour mettre pied À terre et visiter, À sept milles d'ici, le palais de l’impératrice d'Autriche. Une belle route y conduit À travers des plantations d’orangers en fleurs, de cyprès, d’oliviers et de vignes.

Le château occupe un site pittoresque au la colline. Nous y àärrivons par

sommet de

un chemin en lacets qui court au milieu d’un taillis. Le palais impérial est

1I—Cette île, à peu Près stérile, a été Célèbre autrefois sous le nom d’Ithaque. D'après Les poènies homériques, Ulysse y régnait quand il partit pour le siège de Troie, Après 1 la ville, il voulut revenir près de Pénélope : irrité, le tint errant pendant dix ars sur les flot constamment, par une sorte de mirage, l'im Chère Ithaque,

a prise de

Mais Neptune, 8, lui présentant age fugitive de sa

en marbre blanc, avec balcons et portique soutenus par

des colonnes d'ordre ionique. De la ter rasse, la vue est

splendide sur la mer Tonieune, aux flots d'azur.

Le paquebot lève l'ancre vers les 4 heures de Paprèsmidi.

Le lendemain matin, nous abordions heureusement

à Brindes, répétant le eri, plein d’enthousiasme, des compagnons d’Enée : Ztaliam ! Ltaliam !

Quel bonheur d’être revenus sains et saufs dun long

et périlleux pèlerinage comme celui de Palestine !

L'âme embaumée dés plus doux souvenirs de Terre

Sainte, le cœur ivre de joie et de reconnaissance, nous

aurions voulu célébrer tout de suite une messe d’actions

de grâces ; mais le train rapide partait pour Rome...

En avant ! — C'est une course de treize heures.

Passant par Fogaia, Bénévent, Caserte, Capoue, ete.,

nous n’arrivons qu'à huit heures du soir dans la V: Eternelle.

ique soutenus par errasse, la vue est ots d'azur.

heures de l’après-

ns heureusement nthousiasme, des im !

t saufs d’un long ti de Palestine !

avenirs de Terre nnaissance, nous e messe d’actions ait pour Rome...

ze heures.

rte, Capoue, ete., oïr dans la V:

Page 1