‹ Rome et la JudéeChapitre 11 sur 64 · V. aussi XIV · texte numérisé non relu

V. aussi XIV

^ Cicer., in Flacco, 28. —Philo, de Leg , 10. — Jos., Anlifj., xvi 3 (2, 5). Le proconsul Vitcllius consent h ce qiu* sos (Hendards ne tr.ivcrsent pas la Judée. Ijetlre de Pelronius aux habitants ilc Dora. AtU., \i\ 5, 0(6, 5). — Cumanus fait exécuter un soldat coii})ablc d'insulte envers la loi de 3Ioise. Ant., XX, i (.'), 4); de Dello, n, 20 (12, 2).

* Voir sur tout cria Jos., Ant., xn, 3 (3> 2); xvi 3 (2, 5); de Bcllo, ii, 28 (16, 4); V, 25 (y, A)\ vi, 51 (G, 2) (contenant les discours d'Agrijtpa, de Joseph et de Titus). M. conlre Apion, ii, G. Lalcllre d'Agrippaà Caius dans Pliilon, de Légal., 10.

CUAP. IV. — LE PEUPLE JUiP AVANT LE BÈGNE DE NÉRON. 81

luaire ; mais il s'était arrêté plein d'étonnement et do respect à la vue de ce temple sans idoles. 11 avait respecté le temple, la YÎUe, le trésor, et il avait ordonné aux prêtres d'efTacer dès le lendemain la profanation que lui-même avait imprimée au sanctuaire. Et remarquez que Ciiéron, l)icn qu'il attaque les Juilî», parce qu'il est avocat et plaide la cause d'un de leurs ennemis, Gicéron loue cet acte lie modération ches Pompée. Le même sentiment de vénération avait été éprouvé par d'autres. Les envoyés romains n'entraient guère dans l'enceinte du temple ouverte aux Gentils, sans y adorer le Dieu des JuiisS Agrippa, le ministre d'Auguste, pendant son séjour à Jérusalem, ne passa pas un jour sans aller visiter le temple et lui offrit de riches présents. Livie, la Icinme d Auguste, donna des coupes et des vases d'or. Auguste lui-même, quoiqu'il prescrivit à sa famille de s'abstenir d'hommages personnels, non-seulement fit de pai'cils dons, mais voulut qu'à ses frais et eu son nom un taureau et deux agneaux lussent immolés chaque jour à ce Dieu inconnu de Jérusalem dont la grandeur Tavaitfrappé'. Ce sacrifice quotidien, continué par ses successeurs, célébré avec un zèle pieux j)ar les Juifs, fut longtemps le gage de la tolérance romaine et de la soumission judaïque, le sceau de l'amitié entre Rome et Jérusalem*.

Ce n'est pas assez. Alors, connue aujourd'lnii, dans 1 empire romain comme dans l'Europe moderne, les Juiis avaient

* los.f de Dello, ii, 28 (16, 5). Uonimagcs rontlus |iar Susius, général romain qui pril Jérusalem. Jos. ,/!«/.,. \v,27{lU, 4); iiarM.Agripiia. //;.,xvi, S. Les rois grecs avaicnl rendu dcpai^eils honuiiages au leiiiple. II Mach.f m, 1, 3.

• Suet., t>ii4f/9.,95. — Jos., de Belle, \, 57 (l.j,tJ).LcgoaTeraeurr(inain Tibère Alexandre, juif d'origine, mats devenu itaïen, fit revêtir d^or et d'argent neuf des portes du tcii)|ile. Jos., de B.f v, h (5).

' Lettre d'Agrippa à Calus dansPhilo, de LegaL, 16. — Jos., de BellOf u, 50, 51 (17, 2-i).

noMi!; Ëï LA jud£e.

obtenu, avec la tolérance pour le lu culte, la liberté pour leurs personnes. Les révolutions du monde leur avaient été pro • pices. Ces hommes qui ne se sentaient liés à la cité qu'ils habitaient par aucune tradition nationale, quand cette cité était vaincue ou envahie, saluaient sans regret le vainqueur et savaient se rendre nécessaires au nouveau venu. On les a vus à Alger être les premiers amis de notre victoire, nos premiei^s serviteurs, nos premiers interprètes, [uosque nos premiers guides, et, par suite, nos premiers protégés.

C'est ainsi que les Juifs d'Egypte avaient su se faire adopter par les rois Ptoléméos comme les plus sàrs gardiens de leurs forteresses; que les Juifs de Syrie et d'Ionie, trafiquants habiles, avaient rendu aux rois Séleucides d'utiles services et en avaient reçu une assistance utile. Ces princes, maîtres de l'Asie Mineure et de la Syrie, dans les nouvelles villes qu'ils fondèrent ou qu'ils prétendircnl fonder, dans toutes leurs Antioches, leurs Séleucies, leurs Laodicées, n* oublièrent pas les Juife, ces fidèles serviteurs de leur pouvoir; ils les y implantèrent comme colons; ils les y élevéïent pu rang de citoyens. Les Lagides en Ëg^'pte ne pouvaient faire moins pour la milice judaïque qui servait sous leurs drapeaux ; ils en peuplèrent la Cyrénaîque et la Lybie conquises; et les Grecs d'Alexandrie, à leur grand désespoir, furent obligés de compter les Juifs comme leurs concitoyens.

Et à son tour la conquête romaine n'effaroucha nulle part ces niellées d'oiseaux exotiques, accoutumés à se faire partout un domicile, nulle part une patrie. Rome, touchée de leur bonne volonté, ne leur fut pas moins favorable qu'Antioche ou Alexandrie. Horace et Cicéron pouvaient se moquer d eux ; mais, en Orien, Pompée, Césai', Antoine, Auguste, Agrippa, reconnaissants de leur enthousiasme çt

Oigitized by

CttAP. IV. - LB PEUPLE JUIF AVANT LE RÊ6^E DE RÉRON. g$

de leurs semces, maintenaient leur liberté, confirmaient leur exemption du service militaire, protégeaient leurs envoi» d'or au temple, et faisaient écrire sur le bronze leurs privi> léges que les villes grecques étaient toujours tentées d'oublier ^ Dans Rome môme, les Juifs, amenés comme prisonlûers ou comme esclaves, d'esclaves devenaient affranchis^ et d'affranchis dtoyens^ comme tant d'autres, la servitude les faisait Romains. Ce peuple a la mémoire des bienfaits comme celle des injures, et les lamentations bibliques de» Juife de Rome retentirent autour du bûcher de César. Et c'est ainsi que, sousTégide des rois macédoniens d'abord, des consuls romains ensuite, nràco aux conquêtes d'un Alexandi-e et à celles d'un César, Israël avait gagné le droit de cité dans presque toutes les villes de rOrient.

Cette liberté qui, au dix-neuviéme siècle, fait le trioinplie des Juifs, dès le premier siècle était donc leur apanage. Implantés partout, ils étaient citoyens partout; partout ou presque partout isommesy égaux en droit aux indigènes, prenant place dans leurs assemblées, votant avec eux, ayant leurpartde cegouvemement républicain qui étaitencore, sous les Césars, le gmivternement municipal des viUes grecques. Dans toutes les villes, la synagogue juive formait une communauté libre, ayant non-seulement sa iibei té religieuse, mais sa liberté civile, possédant non-seulement ses oratoires et ses rabbins,, mais ses tribunaux et son magistrat propre, son ethnaitiue.

* Droit de cité des Juifs à Alexandrie. Philo, m Flaceum et de Lega^ tione. J'i&èphe, Ant., xviii, 10 (8, l);xiy,17 (10); m, A (5, S);de0., ii, 19 (II, 15).— A Anlioche. AnL, xii, 3; deBello, \n,^('5rZ).ConlràAppion», n, 4, il.— A Ccsaréc. Ànt.,\\, 6 (8, 7). DeB,,n, %, 3 (15, 7).— AUoii. Ant,, XIX (5 G). — Dans rionie. Jos., AlU,, xii, 3, etc.. Voiries Actes deft proconsuls rouiains dans Josèihe, AnL,THï, 3; xiv, 17 (10); xvi, 10 (<i).

* Quatuor inillia libertim gênons, dit Tacite perlant de Juifs Ubitante d» Rome. Annal , n, 85.

Elle mait judaîquement, régie par la loi de Moïse, comme

les Athéniens par la loi de Solon, les l'gApticns par la loi de leurs aïeux, les Romains par la loi de Home. Quand des querelles (et les querelles étaient fréquentes) naissaient ou de rinsolcnce païenne ou de rîrasdbîlilé judaïque ; quand les idolâtres envahissaionl la synagogue; quand la population indigène déniait à la population juive son droit de cité, Rome, excepté sous le règne du fou Galigula, Rome intervenait, sinon par amour pour les Juifs, du moins par amour })our la paix publique : elle leur maintenait leur droit de cité et leurs synagogues ^ Le monde ancien n'avait donc pas usé envers Juda de moins de largesse que le monde moderne. Le Juif était Syrien à Antioclie, Alexandrin dans le Bruchiuin, comme aujourd'hui il est Français à Paris et Anglais dans la cité de Londres, sans pour cela cesser d'être Juif. '

Enfin, pour compléter la ressemblance entre Flsraâ d'aloi's et l'Israël d'aujourd'hui, les.luifs n'étaient pas hommesà tirer moins parti de leur liberté au premier siècle qu'au dixneuvième. Nous voyons aujourd'hui ce qu'est devenue cette race, à peine nationalisée depuis soixante ans au milieu des Etats chrétiens, et la position qu elle s est faite, non- seulement dans les finances, mais dansla politique, dans les sciences, dans les lettres. La race de Juda est certainement une de celles que Dieu a le plus douées ; car il lui a doiuié la patience avec la iiardiebsc, la ruse avec l'énergie, l'éloquence

' Ainsi Claude, en 41, confirinc le droit de cité des Juife» à Alexandrie et ailleurs. Jos., Ant., xix, 4 (G); Kiiseb., ii, 17; Dion, lx. — Leur libcrtéà Antioche. Jofi., de liello,\u, 9 (3, 5); Conlrà Appion., ii, i, 11. — Il y t plus, cl par un cdil de Claude, en 42, adressé aux rois de Terapire et aux magistrats des villes, Claude auraiiaecoixlé aux Juifs» dans toutes les villes de Tempire, les drwM dont ik jouîssaient ii Alexandrie. AtiL, xix, 4 (5, 3).

Digjtized by

GflAP. IV. - LE PEUPLE JUIF AVAKT LE BÈUfiE DE r^ÉftON. 85

avec la finesse, le sentiment du beau avec la rccliorclic du profitable. Elle était aloi's ce qu'elle est aujouid hui, plus entière seulement et plus près des sources inspirées : elle savait, comme aujourd'hui , user de sa liberté de même qu elle avait su l'obtenir.

11 sen fallait donc de beaucoup que, sous les premiers Césars, elle fût en décadence. C'était comme aujourd'hui» et c'était depuis longtemps déjà, ce peuple banquier, dégoûté de la guerre, dégoûté même de l'agricullure dés qu'il n'avait plus le sol de Chanaan à cultiver, livré modérément à Tindustrie, mais habile à tous les trafics, et surtout au trafic de l'argent. On sent combien ce commerce était favorisé par la vaste étendue de 1 empire, par les communications plus rapides et plus fréquentes entre tous les pays que baigne la Méditerranée, par la situation particulière de la nation juive répandue partout et correspondant partout. Ses commerçants voyageaient jusque sur les Lords du goli'e Persique. La seule contribution de deux drachmes que chaque Juif payait annuellement pour le temple, et qui s'envoyait en lin^ts d'or, produisait des sommes inuuenscs. >'ous voyons dans Cicéron que, lorsque Flaccus, préteur en Asie, s'avisa de faire arrêter ces envois, il saisit à Apamée prés de eent livres d'or, à Laodicée plus de vingt, quelques faibles sommes à Adramytte et à Tergame'. DeNéerda et de Nisibe, devenues les places fortes du judaïsme en fiabylonic, partaient tous les ans des caravanes de plusieurs milliers d'hommes, emportant

* Cicer., in Flacco, 28. — Si l'on suppose en tout rfiil cinquante livres d'or, elles seront éfpiivaientes à six mille inirei ou eenl cinquante nulle deniers romains (à ceUe époquel 16,000 IV.); à deux deniers par tèle (la dmclitue est d'ordinaire prise pour le dénier romain) nous devrons admettre une population de soixante-quinze mille Juifs d.ms ces quatre villes. Sur ce tribut et lu richesse qui en résultait pour Jérusalem, voir e;icore Titus, dans Josèphe, (/c Bello, VI, 54 (6, 2); Jos., fie fi., vu, 9(2,3), 15 (5, 20). Tacit., Hist.^y, a.

«6 ROXB ET LA JUDÉG.

l'or que les Juifs de ces contrées envoyaient au temple.

CtV'AcG à ces dons, grâce à plus de deux millions de fidèles <{ui arrivaient tous les ans ù Jérusalem pour la Pàque, grâce aussi à la libéralité hérodienoe, le temple) ièrosalem, la Judée, s*enrichissaîent et s'embellissaient chaque jour. Hcrode avait refait le temple avec une magniliceace inouïe. Lui et ses descendants avaient rempli Jérusalem de somptueux édifices ; ils avaient semé dans toute la PïJestine les traœs d'une magnificence plus païenne que juive, des temples, des portiques, des statues, des théâtres, des villes nouvelles. Le dernier roi de Judée, Agrippa, à qui son royaume donnait un revenu annuel de 12,000,000 de francs, avait iigrandietà peu près doublé l'enceinte de Jérusalem, devenue iiisulïisanle pour elle. H y avait ajouté une ville nouvelle (Cœnopolis, Beietha); il avait voulu la fortifier et l'aurait rendue inexpugnable si la prudence romaine cette fois ne ^i'y fût opposée*. C'est au souvenir de cette magniticcnce que Pline, trente ans plus tard, oubliant que Jérusalem venait de périr, l'appelle la ville la plus glorieuse- de tout l'Orient.

Et à raccroissement de la richesse s ajoutait l'accroissement de la population. Ces colonies juives, semées par le inonde, étaient fécondes, fécondes par la chair, fécondes par l'esprit, l'ne vie plus pure, la polygamie tolérée par la loi, mais peu usitée dans les mœurs, le célibat inconnu, la paternité imposée comme un devoir et honorée comme un service, multipliaient les enfants de Juda, autant que la dépravation

* Vers les années 41-44. iosftpbe, Anliq., xix, 7 (7, 2); de Bello, 13 (4, 2). TaciU', au contraire, accuse le gouTemement de Claude d'avoir, moyennant finance, toléré celte conslriKtion (W/.s/., v, 12). 11 est dair, <lu reste, d après le récit même de Josèphe, que le travail avait été poussé «ssez loin. Sur le revenu d'Agi'ippa, Toy. Jos.» Anl., m, S (8,3).

CUAP. IV. — LB PEUPLE JUIF AVANT LK BÊtiMB DE KÉRON. 87

(les mœurs, le célibat de pins en plus dominant, le mépris égoïste de la paternité diminuaient les races idolâtres. Ces hommes là, dit Tacite ^, croient les âmes immortelles; aussi se réjouissent-ils d*étre pères, et ne se croient point permis d oter la vie à aucun des enfants qui leur sont donnés. La race judaïque allait croissant partout où elle était répandue. Au delà de TEuphrate, selon Philon, les Juifs étaient dominants dans plusieurs satrapies. Quoique ceux de la Bi^ylonie fussent les moins nombreux , lorsque les païens commencèrent à les persécuter, ou en vit périr jusqu'à cin* quanta mille dans la viUe de Séleude qui leur avait servi <Ie refuge*. Dans l empire romain, la population ju(iai(|ue n'était pas moindre. Joseph et Philon comptent en lîlgyple un million de Juife, cinquante mille à Aleiandrle, où, sur cinq quartiers de la ville, ils en occupaient deux. Le passage (le Cicéron cité tout à riieure peut faire admettre une ])(>pulatiou de .soixante-quinze mille Juifs dans quatre villes seulement de TAsie-Mineure. Un passagede Josèphefait supposer une population de vingt ou trente mille Juifs dans la ville de Rome. Quant aux Juifs de Palestine, on peut, sans exagérer, estimer leur nombre à trois millions ; la Galilée, la province la plus riche, il est vrai, de la Terre sainte, contenait, selon Josèplie, plus de cent mille hommes en Age de porter les armes', ce qui suppose bien une population d'un million.

* AugeodaB tainea mnltitudiai consolitur. Nam et necare qucmquani o;i agiiat':, neCis; anîmasque prslio aut suppltciis peremptonmi, œteitias putant. Hioe generandi amor... Tac, Bistor,, y, 5.

* Jos., Ata,, xviii, (9, 9).

' Sur les Jui& de TAsie Iranseuphratique, voir les pa.^ges cités plus haut, et pour leur histoire, Josèpbe» xn.«— Sur ceux d*Égyptc, Philo, m Flacco, Joiièphc, Ant., xn; Co«l. Appion, i. — Sur ceux d'Asie Mineure, voir 4'i-dessus. p. }<5, et Josèplie, Aut , xvi, .4 (2, 3); —de Rome, .1?//. , xvii, 1 2 ( 1 0) î '—de Syrie, de ^(Zo, vu, 9 (3) et ailleurs; -^cGyr^, Jos., A$U,, siv, 12(7)

nOÀIE ET Là JIDÊE.

Jérusalem, soloii llécatéc, avait cent vingt mille habitants'.

Quant au nombre total des Juifs, Josrplio donne un renseignement assez positif. Le proconsul de Syrie, Cestius Gailus, vint h Jérusalem au temps de Pâques (an 66); il voulut compter la mnllitiidc de Jnifs qui y affluaieut de toutes les parties du monde. Les prêtres, par son ordre, tinrent note du nombre des agneaux immolés, et dont chacun était mangé en commun par une réunion de dix personnes au moins, quelquefois de vingt. On trouva deux cent cinquante six mille cinq cents victimes. Et comme à ceux qui participèrent à la Pâque , il faut ajouter ceux que la lèpre ou d'antres impuretés légales eiupèeiiaient d'y prendre part, on peut bien compter une population de deux millions sept eeul mille âmes présentes à cette heure dans Jérusalem. Or le voyage de la Pâque n'était point obligatoire pour les femmes; les hommes même, lorsqu'ils demeuraient loin de la Judée, no pouvaient accomplir annuellement ce voyage. On peut donc facilement supposer dans l'empire romain une population juive triple du nombre des pèlerins, et la compter pour hnit ou neuf millions*.

Enfm les pertes même qui, plus tard, signalèrent la chute

^oû il cite Strabon); ivt, 10; AcL, n, 10, ti, 9, il.— Li PalesUne a eD?ireii trantesleux mille kilomètres carrés, co qui» ilaos la pro)iortion des pays les plas peuplés, comme la Belgique, donne trois millions huit cent mille habitants. — Sur la Galilée, Jos., de B„ 4S (30, 6, 8). Elle possédait, dit Josèphe, un grand nombre (il dit ailleurs devis. coA quatre ) de Tilles ou bourgs, dont le moindre avait ciuq mille habitants ('). de B., ni, 4 (5, 3). — Richesse de la ville de Zabnion égale à celle de Sidoaet do Tyr, n, 37.

* Jos., Contrà Appion», 1, 23, diaprés flécatée d^Abdère, qui vécut peu après Alexandre.

* Sur ce recensement, voyes Jos., de 0., vi, 45 (9, 5) et ii, 24 (U, 5). Les talinudistes conGrtnentle fait de ce dénombrement ({u iU nttrihucnt nn roi Agrippa. Echa Ral)l):ith, p. 6S, i. Lt; T.irgum, sur le livre de Samuel (II Reg,, m, 13), parle de la computation des agneaux de ki l'àque.

CUAP. IV. - LB PEUPLE JUIF AVANT LE R&GNË DE KÉRO.X. gî^

de la race juive attestent son importance. Parmi les Juifs de Palestine, Josèplic compte quatre-vingt dix-sept mille prisonniers faits en quatre ans de guerre par Vespasien et Htus; dans la seule Jérusalem, où des milliers de fugitifs s*étaient retirés, plus d'un million d'ôtres humains morts par le fer, la maladie ou la famine*; dans différentes villes de Palestine et de Syrie, deux cent mille morts ; en Egypte, soixante mille. Lorsque quarante ans après, sous Trajan, les Juifs d'Iigypte et de (lyrénaïquc se révoltèrent, on parle de plus de cinq cent mille hommes massacrés par eux% et dont ils payèrent la mort par un nombre au moins égal de victimes. Ces chiffres, serai^t-ils exagérés, auraient encore une importance relative ; ils attestent ce qu'était, au temps de sa prospérité, la puissance de la race judaïque.

Et Israël, qui se multipliait ainsi par la paternité visible, se multipliait aussi par la paternité spirituelle de la parole. £n ce siècle, le besoin du vrai Dieu se faisait sentir aux ûmes. Dans la loi juive, cette religion d'un seul peuple, l'œil du genre humain, devetm plus lucide, avait commencé à démêler une vérité universelle, patrimoine commun de toutes les nations.

Les Juife, à leur tour, avaient, commencé à sentir que la vérité ne leur avait pas été donnée pour eux seuls, et ils

prêchaient leur foi aux étrangeis. Les roi?^ asmonéeiis, maîtres de ridumée et de la Galilée, avaient converti les peuples de ces contrées. Des pharisiens passaient les mers pour racheter les âmes de quelques gentils. Les commerçants . israélites ensci^^naient jusque dans la Perse le nom de Jéhova. liate, roi de P Adiabène, amené par un marchand juif à la loi de Holse, avait trouvé la même foi chez sa mère, Pavait donnée

< De Bello, m, 54 (8).

* XipbiUn ou Dion, ucviii, 59.

à sa famille et à beaucoup des grands de son royaume. Dans

l'empire romain, chaque synagogue était le centre d'une propagande à laquelle quelque àmc inquiète et touchée, quelque sainte femme de la gentilité, finissait toujours par se rattacher. A Damas, les femmes syriennes suivaient pres- 4]ue toutes la loi d'Israël. Rome elle-même éprouvait cette attraction vers le Dieu que Platon lui avait fait entrevoir ét «que Noise lui révélait. Beaucoup de Romains, beaucoup de Romaines surtout, convertis à des degrés divers, quelquesuns jusqu'à la circoncision, pratiquaient ou les jeûnes, ou i'abstuience des viandes, ou les sabbats. Horace, Sénèque, Perse, Tacite, Juvénal, nous montrent Rome pleine de ces prosélytes, les sabbats et les jeûnes publiquement célébrés, les fêtes juives connues de tout le monde, les lanternes aUu* mées aux fenêtres au jour des cérémonies judaïques^ Plu-

* Du prosélytisme, juif au temps de la captivité. Voy lEstlras, vi, 2i; vu, 25; II Estlr,, x, 28. — Au temps des Macliabées et par la voie de la ronqucle, Jos., Anl., XIII, 8 (4); 17 (Oj, 18 (10). Celte propagation du Judaïsme avait été prophétisée (Zacharie, ix, 1, 2). — Sur le prosélytisme juif dans TAdiabène et en Orient, Jos., Anl., \\, 2 (4, I). Les Talniudistes parlent souvent de la i-eine Hélène et de son fils. V. aussiPausan., vu, IG. -Sur les femmes de Damis, Jos., de B., 11, 41 (20, 2). — Prosélytisme juif chez les Grecs. Jos., de Uello, vu, 9 (5, 3); Contrà Appion., ii» 1, 5, S, 9; Plutarq., de Superstilione, p. 106 (ed. Xylandrr) et ailKnirs.— A Home surtout, beaucoup de convertis. Jos., de h., v, 35 (9, 4). — Dans les èasses classes, Pbitarque, in Cicérone. — Chez les nobles, Fulvie, Jos., Anl,, .xviii, 4 (5, 5.). Pop|)ée, femme de Néron, était pieuse (OîcaiSr,;) et faforable aux Juifs. Jos,, Ant., xx, 7 (8, H). — Les Actes des Apôtres font -des allusions fréquentes à ces prosélytes (x, 2, 7; xiii, 1G, 45: xvn, 4, 17; 7) quand ils parlent d'étrangers « pieux et craignant Dieu » (jùac&rc

tôt tou^aïuv xâl Twv <j££ca£v(ov upoosX'jTwv....) Celte expression tiwcnle^ DeiWif même dans PAncit'n Testament, désigm' les j)rosélytcs, c'est-à-dire, en général, ceux qui, sans être Juifs de naissance , connaissent le vrai Dieu: < Le Seigneur a béni la maison d'Israël; il a Ijéni la maison d'Aaron; il a béni tous ceux qui craignent le Seigneur. » [Ps. cxiii.) Celle triple division des croyinls se retrouve dans beaucoup d'autres passages. Voyei

Page 1