CBAP. IV. - LE PEUPLE JUIF AYANT LE RÈI3NE DE NÉRON
est bon d'eu être averti ; oous en savons assez pour dii'C qu'il ne l'a point faussée ^
Du reste, là où il est impartial, il est inoontestahle qu'il a été à même de bien savoir. Dans toute l'antiquité où les mémoires proprement dits sont rares, nous n'avons guère d'historien mieux renseigné. Témoin oculaire, acteur d une partie des éfvénfflDents, confident -de Vespesien pendant le siège de Jérusalem, son parlementaire habituel auprès des Juifs, il a beaucoup vu et il a tenu note de tout. Les nombreux fugitif qui passaient de la ville dans le camp romain lui ont raconté ce qui se faisait dans Tintérieur de la dté ; les généraux romains, après la guerre, lui eu ont lait couuaitre le détail. 11 a eu entre les mains des mémoires écrits par Vespasien lui-même. Vespasien et Titus ont lu et approuvé son hbtoire; le dernier y a apposé son sceau. Le roi Agrippa, acteur importauL de cette histoire, lui a écrit soixante-deux lettres relatives à diverses parties de son récit; il en cite deux qui contiennent une pleine approbation de l'ensemble*. Refaire après c^up et à dix-huit cents ans de distance Tœuvre d'un homme aussi bien rensoi{.niè et que malheureusement aucun autre témoin ne contrôle , c'est un tour de force, d'érudition ou d'imagination, dont nous avons quelquefois vu le pareil, je Tavoue; ce peut être un exercice d'esprit fort agréable, mais c'est, cerne semble, un travail historique très-peu sûr et très-peu méritoire. Hypothèses pour hypothèses, j'aimerai toujours mieux celles d*un contemporain. Tenons-nous en donc au récit de Joseph ; soyons
> • Sa véracité» dît Jost. ne saurait être douteuse, sauf beaucoup d*en- Itérations en l*iionneur des Juife et au détriment des chefs de la sédition. Ces déTauts môme doivent être attribués, non k Josèphe, mais à la destination de son ouvrage. > vni, 17.
« Cùntrà Àppim.,h 9. * lie VUâ, 65.
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seulement avertis de ses défauts et^ s'il pèche, sachons en quel sens il peut pécher.
Rappelons-nous de plus que, s'il a des défauts, il n'a pas du moins celui d être chi élien. Quoi que l'on puisse penser du passage célèbre où il parle de Jésus-Christ, en y ajoutant ceux où il blâme la mort de saint Jean-Baptiste et la mort de saint Jaeques'S ni ses flatteries sacrilèges envers Vespasien, ni son langage très-variable sur le suicide et sur l'autre vie, ni son silence sui* les prophéties de l'Evangile, ne permettent de voir en lui un disciple des apôtres. Romain ou Juif, modéré ou exalté, Joséphe peut donc avoir tous les torts possibles; il n'a pas celui d'avoir embrassé l'Evangile, et de chercher l'accomplissement des prophéties qui y sont contenues. Ce pharisien devait-il avoir à cœur de montrer réalisé au bout de quarante ans ce qu'avait prophétisé le supplicié du Calvaire? Ce flatteur ilc Domitien avait-il en tôte les affaires d'une Eglise qui souffîrit sous Domitien? Et si, malgré cela, sans le savoir et sans le vouloir, il vérifie ces prédictions ; si, témoin involontaire, il dépose de la véracité d'un prophète qu'il ne connaît pas ou qu'il n'aime pas, il me semble alors, et à cet égard, digne de toute notre croyance. 11 peut avoir toutes les passions et tous les préjugés, il n'a pas le préjugé chrétien.
* Voyez Ant., xviii, 4 (5, 5). 7 (5, 2); xx, 8 (9» 1).