C. XIII
• Deut., XII, li; III Reg., viii, 29.
»Deut., m; Rog.,viii, 10-12; H Par., vu, 1.
♦ Jos., VI, 41 (8, 3).
CUAP. XV. - SIÈGE DE JERUSALEM. m
brillait au front du «^raml prclrc, tout ocla, souillé par des mains païennes^ Ut partie du butin de Titus.
Aussi Tanniversaire de la chnie du temple cst-îl toujours pour les Juifs un jour de grande douleur. C'est de ce moment qu ils comptent leur « ère do désolation. » Le neuvième jour du mois d'Ab (ioûs^, mois né^te où « rien de bon n'arriva jamais, » ils marchent pieds nus dans les synagogues ; ils mangent assis par terre (signe de douleur dans toute l'antiquité). Dès le premier du mois ils s'abstiennent du vin, de la viande, du bain. Dès le diiiëmc jour du mob précédent, ils tiennent tous les jours pour malheureux. Ils célèbrent ainsi par un même deuil un double anniversaire, celui de la chute du premier temple sous Nabuchodonosor, celui de la clmte du second temple sous Titus, tous deux tombés le même jour à six cent soixante-dix-sept ans de distance, le premier pour soixante-dix ans, l'autre pour tous les siècles K
En effet, il faut bien le comprendre : la cessation des sacrifices, la désolation du temple, la profanation des symboles sacrés, ce n était pas seulement un malheur 'pour la religion mosaïque, c'en était la fin. La loi de Moïse, en effet, n'était pas, comme celle du Christ, une loi toute spirituelle, indépendante des conditions de race, de temps, de lieux. Attachée au sol et à la pierre, elle tombait avec le sanctuaire qui en était le centre et le foyer. Incorporée étroitement à des emblèmes visibles, elle périssait avec eux. Ni le temple en effet, ni le portique du temple, ni la table sacrée, ni le chandelier à sept branches, au dire des rabbins, ne pouvaient être remplacés *..0r, dans le temple, et dans le temple seul, ou,
' Josc|)hc place cette date au 10 et non au 9, mais il admet la eolneîdence des deux annifenaires. Voyez du reste Buxtorf, de Synag. dœor,, S5.
* Le Talmud défend d*éleTer une maison à la ressemblance de la maison
400 ^(m £1 LA JIOÊE. . . %
selon le langage de Moïse, devant rentrée du tabernacle de
tèmoîgnn*fC, pouvaient s'accomplir les saciilices solennels, i'iiolocauste, le sacrilicc de paix, le saci ilicc pour les péchés, le sacrifice quotidien, la purification des. femmes ^ G*était dans le lemple, de\anl l'autel des parfums et le chandelier à sept branches, que l'encens devait fumer tous les jours parla maio du prûlrc*. C'était dans le Saint des saints, et LH seulement, que le grand prêtre, au jour des expiations, entrait pour puriliei" le peuple, les prêtres, le temple, l'autel, le sanctuaire C'est A au lieu choisi de Dieu, » c'est-^-dire devant l'édifice bâti sur le mont Moria, que trois fois par an tout être masculin devait comparaître devant la face du Seigneur*. La héucdiction donnée à Abraham n'était universelle ni pour le temps, ni pour l'espace. Elle était circonscrite à une époque, à un peuple, à une dté, à un lieu. Tout, dans cette religion, avait sa place, son jour, son instrument, son ininislre; el,ccllo place profanée, ce jour hiterdit, cet instrument anéanti, ce ministre souillé, la religion de Moise s'arrêtait. Le temple tombé, les sacrifices disparaissaient; le Saint des saints anéanti, le nom de Dieu n'était plus au iniheu de Juda. Jérusalem n'était plus la cité clioisie; les promesses étaient abrogées; les bénédictions cessaient. C'était Ifi fin de la loi, que le Christ était venu, non pas abolir, niais accomplir, |maisque le peuple juii, par son crime et su démence, avait abolie ^
saci'ée, un jKirliquc ;i l'instar du portique saci'é, un \t'.slibule pareil à celui tles prêtres, une tal}le st'mbl;«l>I(' à la table consacrée, un clianclelier pareil au chandelier à sept branches. — Ghcniare, Rosch-llassiitanat f* 25. — Auoda Ziiraf T 45, 1.
* LeTil.,i, i, 5,5; m, 2; iy, 7, 14, 18 ;xii, G; xv, 14, 29.
* Exod., su, sxxix et xi., il. — Parai., m, 4. » Lerit., xvi.
* Exod., XXIII, 17.
* i Moïse, lentaolsareKgiODtempoiiiîre, avait ordonné de ne la pratiquer
CUAP. XV. — SlKGfi M JÉaUSALSM. m Mais il faut toujours en revenir aux prophètes; écoulons Jérémie ; ($ Ëlie est donc devenue une caverne de voleur, cette maison où mon nom a été invoqué.... Moi qui suis, moi je Tai vu, dit le Sdgneur. AUei à mon sanctuaire en Silo V là où dans le commencement mon nom a aussi habité, et vous verrez ce que j'en ai fait à cause de la malice de mon peuple d'Israël De même, à cette maison dans laquelle mon nom a été invoqué...., je ferai ce que j'ai fait à Silo, et je vous rejetterai (le ma face comme j'ai rejette vos frères de la race d'Éphraïm » Écoutons surtout ce que le Seigneur avait dit à Salomon : « Si vous vous détouinez de moi, vous et vos fils, si vous cessez de me servir et d'observer mes préceptes et les cérémonies que je vous prescris...., j'airadierai Israël de la terre que je lui ai donnée, je rejetterai loin de moi le temjde que j ai sanctifié en mon nom. Israël sera la fable et la risée de tous les peuples ; el cette demeure servira d'avertissemcul; quiconque passera auprès s'étonnera, et sifflera, et dira: Pourquoi le ' Seigneur a-t-il ainsi traité cette terre et cette maison? et* Ton répondra : Parce qu'ils ont abandonné le Seigneur leur Dieu »
que dans un seul lieu. Il est défendu Mgomd'bui m imfk de féke les mcriiiccs de la lui, d'avoir un teinple ou un miel, de oéldbnr les cérémonies, de se purifier d'une souillure... d*obfenir une propitiation. Ils sont tombés sous ranatlième de Moïse, parce qu^ils vIMilait observer ailleurs qu'à Jérusalem une partie de leur loi, quand Moïse a dédaré eiéerabie quiconque n'observe pas la loi eo toute chose... Selon la prophétie de Hoïse, par k fenue de Jéaua^Sirist et par la ruine de Jénisalem, la loi tout entière de Moïse a été mise i fin» et toutes les observances de TAncien Testament sont annulées, r Busèb., DéiMmt,évang,f i, 6.
* Sot Sîlp et sa destruction, voyes Josué, xvin, 1 ; xxu, IS. — Jud , xTni, M ; IX, 8. — I Reg., 1, 5; iv,4. — Psalm. ucxviii, 6i. — Jérém., XXVI» 6» 9.
• Jérémie, vu, 11-15.
< III fteg., 6-9, 11. — Par., VII, 19-23.
m HOME ET U JUi)£Ë.
Si, pour en finir avec le temple, nous suivons jusqu'au bout le sort (le la nionlagne sacrée, nous venons conibien celle menace se vérilie exactement sous nos yeux. Pour que Yiwer* tissemeiU subsistât, Tenceinte du temple est demeurée visible; les restes de la muraille salomonienne en dessinent presque complètement le contour. Celte enceinte est même demeurée sacrée, et ceux qui l'ont sueuessivement occupée y ont bâti tour à tour, Chrétiens leurs églises, Musulmans leurs mosquées. Mais (le tous les édifices (ju'au temps des juifs supportait cette plate-forme, rien ne subsiste ; bâtis sur le roc, ils n'avaient pas de fondations ; aussi les fouilles les plus exactes n'en sauraient faire retrouver un vestige; il n*en est exactement pas demeuré pierre sur pierre. Chrétiens et Musulmans passent en sifflant prés de cette enceinte, et, conformément à la parole prophétique, ils se disent : « Pourquoi le Seigneur a-l-il ainsi li aité celte terre et cette maison? » Et, confoiTnémenl à la parole prophétique, Cln éliens et Musulmans répondent : a Parce qu'ils ont abandonné le Seigneur leur IKeu. »
Et, de plus, quels que fussent les maîtres de cette encmnte. Chrétiens ou Musulmans, ils se sont accordés pour en exclui e le culte et le peuple judaïque ; nul pied juif ne la désormais foulée. Le seul Julien l'Apostat a voulu rappeler ce peuple, re^ lever la ville, rebâtir le temple, on sait avec quel succès I Tout ce que les descendants de Salomon et de Zorobabel ont pu obtenir, c est de s approdier du mur extérieur, et, aujourd'hui comme au temps de saint Jérôme, de couvrir de leurs baisers et d'arroser de leurs lai mes quelques pieri'es encore debout de celte encemte qui lem* est fermée.
Les reliques du temple (mt eu un aussi triste sort, iprés avoir figuré à la suite du triomphe de Titus, au milieu de toutes les abominations idolatriques, le chandelier à s^pt branches, la table des pains de proposition, deux des trom-
CHAP. XV. - SifiGB DB JÊiUSALEM. 4»
peltes sacrées, deux vases destinés à porter l'encens, la lame d'or indcnlc au nom de Jéhovah , ont été déf^osés dans le temple de ]a Paix. Le livre de la loi et le voile du sanotuaire sont demeurés dans le palais de Vespasien*. Aujoiu d'hui encore^ nous voyons l'image de ces saintes dépouilles gravée sur les monnaies de Vespasiéa ei sur les Ins-reliefe de Tare de Titus. Mais ce butin de la victoire n a pas reposé en paix. An bout d'un siècle, sous Commode, il a fallu l'emporter à la hâte du temple de la Paix, qu un incendie a détruit"*. Plus tard, à la prise de Rome par le Vandale Genséric (450^^ ces trésors ont été portés en Afrique. A la destruction du royaume des Yauda](7s par Bélisaire (520), ils ont été reti'ouvés et rapportés à Rome, a Gardez-vous, dit alors un Juif, de déposer dans le palais de Tempereur ces dépouilles du temple. 11 n'est permis de les garder qu'au lieu où Salomon les j)laça ; leur j)résence, contraire à la volonté de Dieu , a livré tour à toui' Rome à Genséric et le royaume de Genséric aux Romains. » I/empereur Justinien fut averti de ce propos, et, timoré comme le Juif, envoya ces trésors à l'église chrétienne de Jérusalem \ L'histoire n'en parie plus; ils auront péri dans la cité pour laquelle ils avaient été faits.
Ainsi ont disparu jusqu'au dernier les symboles du culte mosaïque et toutes les traces de la bénédiction de Dieu sur Israël, afin de vérifier cette dernière prophétie qui renferme toutes les autres, en même temps qu'elle renferme une espérance ; « Les enfants d'Israël demeureront pendant bien des Jours sans roi, sans prince, sans sacrifice, sans autel^ sans
* Jos*, de B'i VII. 19 (5, 7). » Siir cette lame d'or, voyez Exode, ixxu, . 39. — Lévit.; viii, 9. ^Jos.» Ant » vu, 2. Ghemare, Succa, f 5, 1.
' Herodien, i, 14. •
* Amstas.» Bibliothee. — Procop., de BeUa Yandal,, ii, 9. — Re-
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épliod et sans lérapliim. Et ensuite les enfants d'Israël reviendront, et ils cherdieront le Seigoeur leur Dieu et David leur roi, et ils honoreront le Seigneur et les dons du Seigneur au dernier jour*. »
Cependant Jérusalem n'était pas encore conquise tout entière. Sion restait debout après le temple.
PBISE DE SIO.N.
%eea rlUnqwliir fM damns mm dcterta.
Cl voill qva voira mnioa dcnmirtra àkMt, Hattb., SEW, 38.
Sioii,cn ciïel, riait la ciladellc de Jérusalem. Des précipites abrupts la séparaient au midi et à l'ouest de la vallée du Gihon. Au nord, la muraille de David, flanquée des trois tours liérodienneS) la séparait de la cité. Ces tours, élevées chacune sur un cube de mayoïincric de vingt-cinq, trente, quarante coudées, construites sur des assises dont quelques-unes a^-aient vingt coudées de long, dix de large, cinq de profondeur, étaient faites pour défier toutes les hélépoles et briser tous les béliei*s.
C'était derrière cet imprenable rempart que le roi Hérode avait abrité son palais et que s'abritait maintenant Tagouie de la liberté judaïque. Sauf les trois châteaux hérodiens de Massada et de Maclieronte, encore occupés par l'insurrection, tout ce qui restait de Juifs indépendants était
* 0^, tu, A, 5.
GHAP. XV. ~ SIÉCB b% JÊftOSALEM. m
dans Sion. Simon et Jean étaienl là, réconciliés enfin à leur dernier jour; après tant de luttes, tant de souffrances, tant de soldats, de parents et d'amis tués auprès d'eui, à bout de force, non de courage.
Ils étaient là avec quelques soldats et une population désarmée, encore immense, qui encombrait les maisons, même les rues. C'était les derniers de ces réfugiés que tous les coins de la terre sainte avaient envoyés à Jérusalem. C'étaient les survivants des six cent mille morts dont Josèphc nous parle, ceux qui, après tant de désertions, n'avaient pas voulu ou n'avaient pas osé fuir, les plus adiamés à vivre et les plus acharnés à ne pas se rendre. Tout cela achevait misérablement de mourir, enviant ceux qui avaient eu le bonheur de périr dès le début du siège, ou la consolation de succomber avec le temple.
Du reste, l'histoire de cette agonie ne sera pas longue. Le fanatisme juif s'affaiblissait : son temple détruit, sa religion morte, sa ville perdue, pour qui combattait-il? Même parmi les combattants, beaucoup songeaient à fuir. Jean et Simon sentirent leur faiblesse, et demandèrent une entrevue à Titus. Elle eut lieu sur le pont qui passait au-dessus du ravin de Tyropôeon, joignant le temple à la citadelle. La naissance de l'arche de ce pont est encore visible dans la nun aille extérieure du temple ^ Us s'abordèrent là, Jean et Simon d'un côté, Titus de l'autre ; derrière ceux-là, une multitude de « Juifs, haletants et inquiets; derrière celui-ci, des soldats romains irrités et que César avait peine à empêcher de lancer leurs javelots contre les Juife. Titus parla le premim* par un interprète. Il parla beaucoup de la mansuétude
• Voir M. de Saulcy, t. H, p. 214. — Williams voii(lr;iif plncor ro pon ailleurs; mais ses raisonnenicuts, qui tiennent à rciisenihlc de sa théorie sur le temple, ne me semblent jpas décisifs.
40$ Aûll£ £T LA
roniaîiic , attribua à un sentiment d'humanité la lenleur calculée des opérations de son père, proposa un dernier pardon et offiit sa main droite en signe de paix. « Nous n*aeeepteroiis pas ta main, dirent les deux Juifs, nous avons juré de ne jamais la prendre. Ouvre-nous seulement un passage, pour que nous, nos femmes et nos enfants, nous puissions novs retirer dans le désert. La ville te restera. » THuSr blessé de leur arrogance, rompit l'entrevue, et fit proclamer par un héraut qu'il ne tendrait plus la main à personne, et qu'il fallait maintenant se défendre ou mourir. En même temps, il permit â ses scddats d'ineendier la ville d'Acra, respectée jus«iue-là, et les cris des malheureux qui y périrent vinrent apprendre aux habitants de Sion qu'il n'y avait plus de miséricorde dans le camp romain ^
€è fut alors dans Sion une terreur et un abattement presque universels. Le fanatisme, que de telles menaces eussent dû exalter, succomba devant elles. En d^it de Titus et des refus de pardon qu'il annonçait, en dépit des chefs juifs et des javelots tju'ils i'aisaiciU lancer aux déserteui'S, on ne pensa qu'à se jeter à tout hasard dans le camp romain. Jusqu'à ces redoutables cbe& idumèens, jusqu'aux princes courageux de TAdiabène, mendièrent le pardon de Titus. Au risque de se démentir, il ne le refusa pas; gardant les princes conune otages, ce que Rome ne manquait jamais de faire; faisant vendre comme esclaves les captife les plus suspects; rendant aux êtres inoffensifs leur liberté*.
11 ne restait doue sous les armes qu'un groupe de fanatiques isolés, mourant eux-mêmes de £ûm, et, à ce dernier moment, fanatiques de pillage plus que de liberté. Leur seul
* Jos., deB,n, 54 (0, 3, 3).
•Jos., VI, 39-41 (7 et S). .
CHAP. XV. ^ SltiCB DE JÉRUSALEM. 407
coup de main hardi fut d'aller au milieu d Acra embrasée, s'emparer du palais de la reine Hélène; ils le savaient plein de Jvnh fu^tifs quMIs mirent h mort, plein d*or qo*ils pillèrent; ils se retirèrent, riant et laissant les Romains brûler le reste à leur aise. Ces brigands d'autrefois, devenus pendant qudqoes jours des héros patriotiques, avaient dépensé tout leur héroïsme, et, voyant la patrie h bout, redevenaient brigands comme devant. Dans les rues de Sien, ils pillaient ; ils allumaient Tincendie afin de pouvoir massacrer comme déserteurs ceux qui se jetaient dans les fossés pour échapper aux flammes ; ils fouillaient leurs victimes, afin de trouver sur elles quelques aliments qu'ils mangeaient ensanglantés, et ensuite ils jetaient les corps sans 8épi:dture. Toute leur pensée était, au premier cri de victoire des assail* lants, de s'enfuir, chargés d'or, dans les souterrains pratiqués sous la ville. Cette insurrection patriotique expirait en achevant de déchirer la patrie; cette insurrection reli- . gîeusc s'achevait par des scènes diirnes de l'enfer.
Cependant la lenteur avec laquelle les chaussées se construisaient prolongea celte situation pendant près d un mois. Les légionnaires à Touestdu côté de la vallée, les auxiliaires à l'est du côté du temple, élevèrent leurs ouvrages, que cette fois aucune attaque, aucune tentative d'incendie ne troubla ( du 20 loûs au 7 gorpiœus — du 14 au 34 août). A l'approche des liélépoles, bien des combattants quittèrent les murailles pour s'aller cacher dans les souterrains ou se glisser furtiv^ent dans Acra. Au moment où le bélier eut achevé son couvre et ouvert la brèche, la brèche fut désertée. Le nuu- d'occident est renversé! les Romains entrent! les Romains sont là! Ce cri détermina un sauve-qui-peut universel. Jean et Simon, troublés eux-mêmes, ne songèrent pas que les trois tours. Uippicos, PhasaêletMariamne, pouvaient
m MOMB ET U JUOÊB.
loiii' olfi'ir un .nsile à peu près imprcuablc; ils curent peine à rallier quelques soldats, se jetèrent dans la vallée du midi, dans l'espéranoe de forcer la circonvallalioa romame, furent repoussés, et allèrent se cacher chacun de son c6té, dans les
souterrains
Les Romains entrèrent donc, Tépée à la main et la rage dans le cœur. Hais la faim et la maladie avaient cruellement
avancé leur lûclif. En entrant dans certaines maisons, les pillards reculèrent d'horreur; elles étaient pleines de morts et ne servaient plus que de cimetières. Mais Jérusalem renfer» mait à la fois et un peuple de vivants et un peuple de morts. On fouillait les maisons ; celles qui n'étaient pas pleines de cadavres étaient encombrées de fugitifs. On descendait dans les souterrains ; ils rendaient par milliers des captifs et des morts. Une seule grotte renfermait deux mille corps; Tinfeclion fit d'abord reculer les plus hardis; mais on savait ces Juifs chargés d'or, et la cupidité l'emporta. Ailleurs, c'étaient des hommes affamés, pâles, moribonds, que l'on ramenait par cculaines de dessous terre. La foule des vivants était épaisse comme celle des morts, et, s'il y avait quelque pitié pour ceux-ci, il n'y en avait aucune pour ceux-là. On massacra dans ces ruelles étroites de Sion, tant qu*on renoon- Ira un peu de cliair luunainc au bout de son épéc. En môme temps, on brûlait, mais le sang, dit Joseph, éteignait rincondie; à la nuit» seulement, quand on eut massacré tout le jour, le feu reprit le dessus, et le kndanain matin (8 gorp , V sept.), tout était en flammes.
Titus entra dans Jérusalem, surpris de la facilité de cette dernière victohre. Cette guerre juive était enfin terminée : elle venait de s'achever le jour anniversaire de la naissance de sa
• Jm., VI, 4a (S, A, 5).
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