‹ Rome et la JudéeChapitre 53 sur 64 · LES HÉRÉSIARQUES · texte numérisé non relu

LES HÉRÉSIARQUES

Viilele neseduMniai : midti enim vtnient in Domine moo dirpni es quia ego Ami «t tampot ^fnpinqiMvit.

^'•lite ergo ire ynsl co^.

i'reacz garde de ne pas être séJuiis. C.ai' beuucoup ritndrottt en non nom, diianl que (fesl moi ot que le lempt approdie. Re les auivei pts. (Luc., sxi, 8.)

Les prophéties élaieiit accomplies. Une génération entière ne s'étnit point passée, la race d'iiommes coiilemporains du Christ ne s'était pas éteinte sans avoir vu de ses yeux la vérité des paroles divines. Les persécutions, les hérésies, les faux prophètes et les faux christs, les calamités puhliqucs, les guerres cl les soulèvcnienls des peuples, les douleurs de Jérusalem, son investissement, ses angoisses, sa destruction, le massacre et la captivité de ses fils; tout était

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venu à Fheure marquée. Pas un iota de la parole divine et

sur Jérusalem et sur le monde n'était passé sans être accompli.

Maintenant le monde respirait, Rome avait été pacifiée par la victoire de Vcspasien et plus encore par sa venue ;

rOcridônt, par les armes et la polili(nic de (léréalis; rOrieiit par l'épée de Titus et l'épouvantable châtiment du peuple . juif. Le Capitole commençait à se relever; les dieux et les lois de Rome sortaient de leurs cendres. Le trésor, épuisé par les frais de tant de ^merres civiles, se remplissait, grâce à réconomie', on peut dire à 1 avarice du prince. En mémoire de ces longues douleurs et de ce repos enfin reconquis, Yespasien élevait non loin du Forum un temple magnifique. L'univers, tant de fois dé[»ouillé, fournissait pour l'orner de nouvelles dépouilles et de iiouveaux chefsd'œuvre. Les vases d'or du temple de Jérusalem y étaient

déposés, et, dans sa juste satisfaction, Tempereur donnait à

cet édifice fastueux, malheureusement peu durable, le nom de temple de la Paix*.

Cependant il demeurait encore comme une certaine oscillation de cette grande secousse qui avait agité le monde.

Comment eût-il pu en être autrement ? Les calamités avaient été teUjernenl multipliées, que les convulsions mômes de la nature, pestes, tremblements de terre, disettes, avaient j)u iiasser pour de simples présages. En vingt-deux mois, quatre révolutions; cinq princes renversés et mis à mort;

* VoirSuet., m Vesp., 9. — Herodian.,i, 14. — Pline, H. m., xxxiv, 8 ; xuTi, 5 ; xlv, 10. — Joseph., de B., vu, 59 (5, 7). — Dioo, lxti, 15. — Ce temple fut acheré p»r Domitîen [Statii Sylv., iv, 3, 16). Les savants 8*y rdanissaieDt (Galeo., de Libris sttû). Incendié sous Commode Gai.» ibid. — TrcbfUius Pollio, 31. — Dion et Uérodîen. — II parait aToi été placé sur remplacement oii sont aujourd'hui les restes de la basilique de Constantin.

Néron et Othon par le suicide; Galba, Fison, VileUius, par une mort ignominieuse suivie d'insultes pour leurs cadavres; l'ïtalio envahie (1(îu\ fois; l^)me denx fois prise, et la seconde fois prise d'assaul; l'ébranlement, une fois donné au centre, retentissant jusqu'aux extrémités; les provinces se soulevant comme Rome, les populations comme les armées, les barbares coninie les sujets de l'empire; la Gaule en révolte, la Germanie en armes, la Judée couverte de sang et de ruines; la guerre sur le Rhin, sur le Danube, sur l'Humber, sur la mer Noire, au pied de FAtlas, en même temps (fue sur le Tibre : à la fois guerre eivih}, guerre sociale, guerre étrangère; révolte du peuple sujet contre le peuple maître, de la province contre la métropole, du soldat contre son drapeau, du barbare contre le civilisé: jamais peut-être, poin* des causes aussi diverses, on n'avait vu s'agiter autant de nations, souffrir autant de contrées, mourir autant d'hommes. Ëst-il étonnant que l'ébranlement durât encore lorsque la secousse ne durait plus, et que le monde tremblât lonjniirs des coups de tonnerre qu'il avait cessé d'entendre?

Aussi le désordre de la guerre civile durait-il en certains lieux après la guerre civile. On soupçonnait des prétendants

à l'empire. On entendait parler de faux ?^'érons, et i)lus d'une fois encore, sous ce nom, honteusement populaire, des aventuriers surent se &ire un parti S Enfin, cette crise de vingtdeux mob laissa de si formidables souvenirs, que, lorsque neuf ans après Julius Sabinus, le rcvollé liugoii, fut découvert dans la caverne où sa femme l'avait caché, Vespasien, clément d'ailleurs, ne crut pas possible de lui faire grâce.

* Tacit., Hisl.f ii, 8, 9. Suet., in tfer., 57. — Xiphil., ixiv. Z<h nanis, AmuU,, h*

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