‹ Rome et la JudéeChapitre 58 sur 64 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

DE L'ÉGLiSK

Qiri waH/tm pertevonTarit usque la finem liic lal* vus tfit. •

Mail qui penévérera jusqu'à U On ten sauvé!

Hallh., xxir. 15.

Le conlrasle entre l'Église et la société paîemie est un Uième qui a été mille fois traité. Notre siècle, qui se lasse do tout, même des meilleures choses, semble le prendre comme un Heu commun. Je serai donc court sur ce sujet, et je tâcherai surtout dV^trc précis pour éviter les redites, et d'être simple pour me les faire pardonner.

D'ailleurs, si nous touchons ici à ce qu'il y a de plus beau, nous touchons à ce qu'il y a de plus simple. Dans la vîe chrétienne, tout est simple parce que tout est droit ; tout est grand sans être grandiose, lumineux sans être éblouissant. Tout est sage et tout est sobre. L'Eglise reste en dehors de tout excès, même de Texcés de sagesse. Sois sage avec sobriété, dit saint Paul.

De ces révolutions qui avaient troublé le monde, quell^ impression avait reçue rÉg^se? Quelle était son attitude vis-

b\i ROME ET LA JUDÉE.

à-vis des Juifs? vis-à-vis des hérésiarques? vis-à-vb du

momie païen?

Vis-à-vis des Juifs d'abord. ï,a chute de Jérusalem était pour l'Église une éclatante confirmation des promesses qu'elle avait reçues. Annoncée par Moise et par les prophètes de Tancicnne loi, prédite par le Sauveur dans ses préludes, dans sou achèvement, dans ses conséquences, rappelée à satiété dans les admonitions des apùtres, cette chute avait jusUCé toutes les prophéties. Et, pour ajouter en même temps à la confirmatiDn de la foi et à la cx)nsolatîon des cœurs, ceux-là seuls, parmi les habitants de Jérusalem, avaient échappé au désastre qui, devenus clirétiens, avaient suivi les conseils divins, et, dès les premiers symptômes de cette moisson redoutable, s'étaient enfuis sur la montagne sans même descendic dans la maison pour prendre leur manteau.

De plus, la synagogue abolie faisait place à TEglise. Les prophètes n'avaient jamais montré un peuple rejeté, sans faire voir Télection d*un autre; une bénédiction éteinte, sans la faire voir transportée ailleurs. Le Seigneur dit d'abord ù Isaïe : « Tu es mon serviteur pour ramener à moi Israël... » )lais, lorsque le prophète a en vain épuisé ses forces auprès d*!3raël : « G*est trop peu, lui dit alors le Seigneur, que tu sois mon serviteur pour réveiller les tribus de Jacob, et convertir la lie d'Israël. Je t'ai placé pour être la lumière des Gentils, afin que tu sois jusqu'aux extrémités de la terre le salut qui vient de moi ^ » Lorsque ceux qui ont été appelés

*■ Dominus ab ulero vocavît...'~Etdintiiiilii : Semsmeus estuiobrael «[uia in legloriabor. — Bteg» diii : lu Tacuuni labonti el sine causé, et Tamè fortitudinem iiieam coMniDiwi ; ergô judicium meum com ttomino et opiis meum eu m Deo mco. — Et nunc dicit Domious formai» me ex utero «enrum sibi ut rcducani Jacob ad eom, Israël non cnngrcgabitur... — Et dixil : P«râm est ut sis niibi semis ad suscilandas tribus Jacob et ùbo»

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iront pas répondu, le Seigneur leur annonce que « leur nom sera un nom de malédiction » et qpe « désormais sous un autre nom il appellera d'autres serviteurs ^ » En même

temps (( le Seigneur rendrn son jugement par le feu et par le glaive sur toute chair, et des milliers d'hommes périront; il rassemblera de toute nation et de toute langue d'autres témoins de sa gloire*. »

Je n'ai pas besoin de dire connuout la nièinc concordance entre les menaces cl les pei*séculions se retrouve plus marquée encore dans le Nouveau Testament- C'est le pérc de famille qui, à la phiee des conviés ingrats dont il a détruit et dépeuplé les cités, envoie dans les rues et les carrefours recueillir les boiteux, les aveugles, les pauvres, pour les pousser dans la salle du banquet *. C'c«t la sentence qui rejettera les fils du royaume dans les ténèbres extérieures, et appellera, de rOrient et de l'Occident, du>^ord et du >lidi, de nouveaux venus pour se reposer dans le royaume célcslc avec Abraham, Isaac et Jacob

promesses en elles-mêmes sont donc étemelles ; elles peuvent être irausporlées, elles ue périssent pas. Kl maintenant, où se continuaient-êlles? Où était le royaume de Dieu qui n'était plus à Jérusalem? Qui héritait des promesses après que Juda en était déshérité? En quel coin du monde étaient réunis, et ces restes d(î la nation élue que les prophètes montrent toujours surnageant au milieu de sou naufrage, et ces nouveaux venus des nations disgraciées, appelc'M»

Israël convei-tcndas. Ecce dedi te m luccin Gcntiiim, ut sis Kilus mea usine ad extifiuuin terra. xLix, 1-0» cité Act., xiii, 47.

• Isaïe, L\v, 12-15.

* Isaïe, Lxvi, 15 et suiv,

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