LES HÉRÉSIES
lulti wnieni in wmAêê m» dioeales : ItfOfiim Chrtotu», et muhos acducnit
BetQCOup TÎMtlronl en mon nom, disant : Je suis le Cfarki » el ib siduiront beaucoup de monde.
(]lallh.t ssiv, 8.)
Kn même temps que les perst'culions, pi édils comme elles, siirgÎBsaieDt les faux prophètes. 11 faut ici nous arrêter un peu. L'histoire des hérésies est considérable dans rhistoîrc du christianisme et dans celle de re$m^t huimân. 11 importe d'en bien marquer le début.
« 11 laut qu'il y ait des hérésies, » disait saint Paul. Le grand coup de filet qui amenait à l'Église des miUim de néophytes avait amené parmi ce butin du ciel plus d'un élément impur. Tôt ou tard l'ivraie devait ôtrc triée d'avec le bon grain, l'Ëi^ passée au crible, soit par les persécutions qm séparaient d'elle bien des apostats, soit par les hérésies qui détournaient d'elle bien des Ames égan'^îs.
Un double levain, en eilet, fermeutuit au sein de l'Eglise. Ceux d'entre les fidèles qui ne savaient pas supporter la plé*
iiitiide (le la luinicre chréliennc regardaient en ai riùre, vers te judaïsme, s'ils étaient Juifs d'origine; vcrslepaganisine, s'ils ' sortaient de la gentilité. Chaque race avait ses défauts et ses pentes à elle. Le Juif, tlcvemi (llirélien, accouliiiiié à l'observance servilc d'une lui minutieuse et rituelle, la gai'daitavec scrupule, l'eût volontiers imposée avec rigueur. Le gentil, au contraire, ou, pour parler avec saint Paul, le Grec, encore iuîbu de la sagesse de ses philosophes, cherchait les pr^Iiniinaii'cs et les foudenients de rEvan<;ile dans l'iaton plus que dans Moïse. Le Grec était lier de l'intelligence donnée à sa nation; le Juif, de Télection de Dieu sur ses afeui. L'un réjn'uuvait celte race ingrate, qui, favorisée pendant tant de •siècles, avait méconnu et crucifié son Sauveur; l'auti'e méprisait ces nouveaux venus à la foi, ces inconnus, cette branche d'olivier sauvage qui était venue se greffer sur l'olivier li ane. « Les Juifs, dit saint Paul, demandent des miracles, » comme s'il n'y en avait pas assez, c'est-à-dire une évidence toute surnaturelle et toute visible qui ne laisserait plus de place ni à la raison ni à la foi; « les Grecs cherchent la sagesse, » une évidence tonte rationeile, une piiilosophie tout humaine ^
L'antagonisme de deux tendances et de ces deux races s'était produit dés le premier jour de l'Église. A Jérusalem, sous les yeux des apôtres, et piesque le lendemain de la première prédication de l'Évangile, il y avait eu dans le sein de l'Ëglise des plaintes des Grecs contre les Hébreux. Plus tard, quand saint Pierre avait reçu au baptême le centurion romain (Cornélius, le judaïsme avait murmuré. Malgré les avertissements donnés de Dieu même, beaucoup avaient per^ sisté à n'annoncer l'Évangile qu'aux seuls Juife*. Et bientôt,
* Jiulaei signa petuiit i-t V.iwci sa|ûeoti-jni qusenint. I* Cor., i, 33.
* Act., vi.i.— XI, i3 J9.
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les gentils venant en foule, l'Église d'Anlioche so recrutant de païens, on s'était iniaginc tle les faire juifs, et ou leur avait imposé la circoncision. U avait fallu que les apôtres statuassent et que le concile de Jérusalem maintint la liberté de ces nouveaux ('hrétiens*. A Rome, c'étaient les rivalités entre Grecs et Juifs <]ui avaient provoqué la célèbre épitre de saint Paul. Grecs et Juifs voulaient s'approprier la foi, faire de l'Évangile leur Evangile, et ils eussent déchiré en lambeaux la tunique du Christ.
Et quand l'apostolat fut intervenu; lorsque, comme saint Pierre devant les murmurateurs de Jérusalem, comme le concile en face des novateurs d'Antioche, comme saint Paul écrivant aux Romains, raulorité se fut année pour niaiiiti:nir les uns et les autres dans la vérité et la paix; le grand nombre sans doute se soumit : mais il y eut des rebelles; il y eut de prétendus docteurs (pii persistèrent à trouver l'Église ou trop juive ou trop peu juive, un pns assez philosophe ou trop païeime. 11 n'y eut plus seulement des dissentiments, mais des ruptures; plus seulement des disputes, mais des schismes. La race commença à paraître de ces hommes qui choisissaient au lieu de croire, et qui, au lieu de suivre le droit cliemin de l'Eglise, dévièrent ou SI droite vers la synagogue, ou à gauche pour se rapprocher du temple et de l'é^ cole. Il y eut en un mot des hérésies, les unes païennes par leur principe et par leurs passions, les autres juives par leurs réminiscences et par leurs pratiques; dans un sens et dans l'autre, des défaillances de la foi, des regrets, des retours, des âmes faibles ou orgueilleuses qui, semblables à la femme de Loth, laissant marclier les forts et les fidèles, re-
» Act., XV.
50 ROMB ET LA lUDÉE.
loiu'iiaiciit la tète vers le passé et demeuraient pour leur cliùtiinent inertes et pétrifiées.
Parmi ces déserteurs, ceux qui étaient Juifs d'origine et qui reculaient vers la synagogue furent les plus nombreux. C'étaient des pharisiens haplisés, mais demeurés pharisiens dans le christianisme, et qui ne pouvaient se résigner à déposer leur titre de docteurs, leurs honneurs de rabbins, leurs privilèges d*Israélites, les observances au sein desquelles leur enfance avait été nourrie. Tour les garder, ils imaginaient de faire du judaïsme Fédielie indispensable, la première marche du christianisme; la synagogue seule menait à l'Église. 11* fallait être ciixîoncis, observer les sabbats lavec toute la rigueur pharisaïque, rejelei' les viandes iminondes, quoiqu'une révélation directe de Dieu eût aboli cette distinction, vivre avec les seuls Israélites, fuir le contact des idolâtres, sans quoi on n'était point prosélyte de la synagogue et par suite ou ne l'était pas de l'Eglise. Jérusalem était toujours pour eux la ville sainte, et ils se tournaient vers elle dans leurs prières; le peuple juif était toujours pour eux le peuple éli^ : et c'est en s'agrégeant à lui non-seXilernent par la foi, mais par les rites, en devenant juii non-seulement de croyance, mais de nation, que quelques gentils pouvaient trouver grâce; pour être assodé à la vocation d'Abraham, il t'iillait être, au moins par adoption, iils d'Abraham. Le salut était ainsi surtout dans la vocation d'Abraham et dans les œuvres de Moïse ^ La grâce du Christ n'était plus qu'un appendice à la bénédiction patriarcale, sa loi un supplément h la loi mosaïque. Par son origine et par ses œuvres, le Juif avait tout droit à la bénédiction de Dieu; ce n'était pas le
• Voir en général rKpitre aux Romains et aux Galates; {irincipale- «lent : Galat., i, 6-9. — m, 1-15. — iv, 8-10. — v, l-i2. — Colos., u, 1 v-2i. — Til., 11, 15. — Uebr., xui, U.