‹ Rome et la République françaiseChapitre 10 sur 30 · SO ROME · texte numérisé non relu

SO ROME

vue des doctrines, durantlaperiode conciliaire. Dansnotre episcopal, 1 anarchie etait complete; de meme parmi les prelats allemands; les mis combattaient avec ardeur les tendances de la curie romaine; les autres, beaucoup plus nombrcux, se montraient entierement devout^s, an contraire, aux vues du Saint-Siege. II est facile de se figurer les graves et douloureuses difficultes interieures an dela desquelles on irait, si on acceptait Fidce de se faire representer au Vatican par un agent ayant un caractere eccle- > siastique, et en cette qualite, tenu par la force irresistible des choses de se prononcer tot on tard dans un sens ou dans 1 autre. Le Saint- Siege tie son cote se trouverait, par cela meme, en presence d embarras tres-graves; il n aurait a attendre que des satisfactions compromettantes ou steriles , ou cles froissements compliques de luttes theologiques, qui prendraient le pas sur les interets politiques auxquels doit " pourvoir le maintien de bons rapports entre le Vatican et les puissances.

Enfin, il ne faut pas oublier que le Pape etaul infaillible, il pourrait se presenter des cas ou un diplomate se trouverait, s il etait revetu du caractere ecclesiastique, oblige dans sa conscience M de sacrifier ses inspirations d liomme politique

an respect qu il devrait an dogmc. Cette situa-

> tion, deja fort grave par elle-meme, serait " susceptible de devenir tres-critique et pleine de

- perils pour le gouvernement, si la papaute, se reeonciliant un jour avec 1 Italie, favorisait, vo-

- lontairement ou non, au detriment dcs autres

> pays catholiques , une politique au service de

- laquclle elle mettrait des doctrines religieuses qu un laique subordonnera toujours aux interets de son pays , et qu au contraire un pr^tre pour-

> rait se voir oblige de subir sans appel, comme 1 expression du mandataire infaillible de la

." volonte divine sur cette terre.

.T essayai, dans ma conversation avec M. Nigra, de reproduire une partie de cette argumentation, a mon sens irrefutable, et je ne tardai pas a obteuir son assentiment. II me demanda seulement, si nous pcrsistions a noinmer un ainbassadeur a Rome , de nommer en ineme temps un ministre a Morence. M. Rothau, qui occupait alors ce poste, etait assurernent d une incontestable capacite. Choisi en decembre par M. de comte de Cbaudordy pour diriger la legation vacante par le rappel de M. de Malaret, il avait rcndu des sci-vices reels et deploye beaucoup d habilete. Mais il etait necessaire d envoycr a Moi-cnec un pcrsoimage qui represcntat plus inlimement noire

pensee. J avais jete les yeux sur M. le comte Horace de Ghoiseul, depute aTAssemblee. Apres s etre distingue en Crimee, il s etait fait remarquer au Corps legislatif par son independance, sa fermete et sa droiture. Liberal et modere, rattache a 1 Italie par les alliances les plus honorables, il me semblait plus propre que tout autre a devenir a Florence 1 interprete de notre politique. II avait ete accepte avec empressement par le roi. II m etait aussi facile qu agreable de joindre sa nomination a celle de notre ambassadeur a Rome, et la chose fut ainsi convenue entre M. Nigra et moi.

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