PROPOSITIONS D UNE CONFERENCE REPOUSSEES PAR LE GOUVERNEMENT FRANCAIS
Une autre question plus grave allait se presen ter et necessitait de la part du gouvernement franeais une solution immediate. J avais recu a la
fois de Vienne et de Rome une communication confidentielle relative a 1 ouverture d une confe rence, dans laquelle les puissances eatholiques regleraient la situation du Pape vis-a-vis de Victor-Emmanuel. Cette idee, souvent discutee par la presse depuis 1 occupation de Rome par les troupes italiennes et depuis le plebiscite du 2 octobre, paraissait etre en grande faveur dans les chancelleries. M. le comte de Bray, ministre des affaires etrangeres de Baviere, avait essaye de 1 exposer a M. le comte de Bismarck, lorsqu il etait venu a Versailles pour signer le traite des preliminaires de lapaix. M. de Bismarck ne preta qu une oreille fort distraite a cette ouverture, dementant ainsi ce qui a ete tant de fois repete , qu il n entendait pas separer la cause du Saint- Siege de celle de 1 Allemagne. Mais un peu plus
tard, le 11 mars, Mgr Meglia, nonce apostolique a Munich, revint sur ce sujet aupres de M. de Bray , qni adopta completement cette combinaison et en ecrivit de suite a M. de Beust. Celui-ci 1 accueillit avec le meme interet, et le cardinal Antonelli, auquel Mgr Meglia la communiqua, parut tout d abord n y voir que des avantages. Tel est, en effet, le jour sous lequel elle est pre sentee dans la depeche de M. de Behaine du 15 mars. Apres avoir rapporte ce que je viens de resumer sur 1 origine de la negociation, M. de Behaine poursuit en ces termes :
Le nonce ay ant parle a M. de Bray des difficultes qui vont sans cesse s aggravant a Rome et des mesures de rigueur prises par le gouvernement italien centre huit des convents les plus importants , M. de Bray a dit qu il allait de suite telegraphier a Vienne et a Berlin pour voir s il n y aurait pas moyen d agir en commun et de fairc des representations efficaces a Florence. M. de Bray a ajoute qu il serait a desirer que la " France, maintenant delivree de la guerre, consentit a s occuper aussi de la question romaine. Le nonce lui a repondu qu il etait bien persuade = que cette genereuse nation n abandonnerait pas le Saint-Siege et qu il ne doutait pas que, meme seule , elle saurait temoigner sa sollicitudc au
Papo. M. cle Bray a termine en exprimant le voeu que pour assurer -le succes des efforts qui devaient etre tentes en faveur de la papaute n et pour echapper a la necessite d employer les moyens violents , les puissances tombassent " d accord pour trailer la question romaine dans > line conference.
Le cardinal Antonelli, apres m avoir lu la de- " peche du nonce a Munich , m a communique quelques extraits d une lettre confidentielle qu il se propose d ecrire a Mgr Chigi. II lui dit que " le Pape , appreciant la situation actuelle de la " France, ne saurait songer a nous demander d assumer isolement de graves responsabilites , mais qu il espere que nous ne nous refuserons pas a agir en commun avec les puissances.
Quelque seduisante qu au premier aspect put paraitre cette idee , quelque considerable que fut ames yeux l assentiment general que deja elle avait recu , il me sembla absolument impossible d y dormer mon adhesion. Ses inconvenients , ses perils meme, me frappeivnt a un tel point, que je n hesitai pas a demander qu on ue s y arretal point; j rrrivis de suite a Viennc , a Florence et a Rome pour donner les raisons d<> cdtc opinion. Elles sont n-sumees dans la di -pcrlie que j adressai le 2G mars a M. de lleliainc.
Apres lui avoir rappele qu il devait constamment s efforcer d aplanir les difficultes qui empechaient un rapprochement entre le Saint-Pere et I ltalie et pouvaient meme determiner le pre mier a quitter Rome , je poursuivais ainsi :
Le Saint-Pere doit rester a Rome , et aupres de lui, je 1 espere, ne manqueront pas des conseillers sages qui le fortifieront dans I adoption n de ce parti. Dites bien an cardinal Antonelli que nous sommes prets a 1 accueillir avec tons les respects qui lui sont dus. En Corse, a Paris,, a Alger, si cette derniere residence lui parait preferable, mais que nous persistons a croire que la combinaison qui lui permettrait de ne point abandonner le Vatican est encore la meilleure solution.
" Je reconnais toutefois le legitime emoi cause en Europe par cette situation douloureuse. Est-il possible dcl ameliorer, de la refjlerpardes voiesdiplomatiques? J en doute fort, et je ne partage pas sur ce point la confiance que FAutriche parait temoigner. J ai recu de M. de Mosbourg " la communication des ouvertures faites par M. de Beust pour la reunion d une conference des puissances catholiques appelees a s occuper de ces delicates questions. L ltalie parait le desirer, et je le comprends. Je comprendrais moins.
" ([ii elle fut souhaitee par le Saint-Pere. Dans 1 etat des choses, en effet, une conference aura bien de la peine a ne pas consacrer le statu (juo > an moins provisoire. Si le Pape y est represents, il soulevera forcement la question du pouvoir " temporel. On lui repondra par un refus de s y > engager, et toute autre discussion deviendra im- ) possible. D ailleurs, cette discussion secondaire touchant au modus vivendi de la papaute et de > la royaute italienne, serait pleine de difficultes inextricables. Chaque pas fait dans la voie ou il faudrait s aventurer, revelerait 1 incompetence des diplomates necessairement amenes a regler " des matieres dc discipline religieuse. Si la conference se borne ti declarer dans un protocole " que la liberte spirituelle du Saint-Pere doit etre garantie, et qu olle comporte la plenitude de son autorite pontificate , elle ne lui donncra qu un concours purement sentimental, c est-adire a pen pres sterile. Si elle va plus loin, elle " entreprend une oeuvre quime parait impossible. > D ailleurs ou sera la sanction ? Comment prevoir " et surtout apprecier toutes les competitions que soulevent ces interets subtils autant que res- " pectables, ct auxquels on ne peut toucher sans provoquer des susceptibilites et des passions redoutables? Pour moi , je n aperrois (jue d( j s in-
-< convenients et cles perils ct fort peu d avantages, et je ne serais dispose a m associer a 1 idee d une conference qn autant que son but serait parfaitement determine , en meme temps que ses moyens d action seraient nettement delimites. Je la comprends pour le reglement du sort rcserve aux etablissements religieux places sous le patronage des puissances. La se trouve la " matiere d un debat international precis dans son principe, bien que les elements en puissent varier avec chaque espece particuliere. On pent done " se reunir, tracer une ligne de conduite , unir ses " efforts dans un but commun qui est la preservation des droits acqiiis ct des interets moraux qui " s y rattachent. Dans ces conditions j accepterais une conference; en dehors d elles, je n exa- " minerals la question qu autant que la papaute " en aurait formule le desir, en faisant bien connaitre les termes dans lesquels elle en enferme " Fexpression. Sans ce prealable, je craindrais d engager mon pays dans une impasse ou il sc " heurterait, soit a une resistance systematiquc " de la papaute, soit a une impossibility de s associer a son action.
Vous voyez des lors en quoi j accueillerais 1 ouverture qui vous a ete faite par le cardinal > Antonelli. Je crois que la France a tout mterrt
a 1 agreer en ce qui louche la protection ties etablissements religieux, et que son devoir est d y offrir tout son concours, mais qu une grande - reserve lui cst commandce sur la question beau- " coup plus delicate du rcglement a intervenir entre la papaute et le roi d ltalie. Tres-desireuse d etre secourable au Saint-Pere et de le D premunir centre toute attcinte portee a sa liberte spirituelle, elle doit attendre de bien connaitre " la nature ct la portee de 1 intervention qu on lui demande. C est sur ce point que jc vous prie d attirer 1 attention du cardinal, en ne lui cachant " aucune des raisons qui me font rcgarder cet effort *> diplomatique comme extremement aventure.
Je vous charge aussi d exprimer au cardinal, pour qu il la reporte au Saint-Pere, toute la reconnaissance que me font eprouvcr ses bons D precedes. Je suis profoudement touche de la v part qu il prend a nos maux, dcs instructions qu il envoie a son clerge pour la defense de I Asftemblee nationale. Je remercie aussi du fond du ca?ur Sa Saintete dcs dix mille francs qu ell( i a bien voulu envoycr a Mgr Chifji pour les victi- " mes de la guerre. Les millions que le cardinal an rait voulu y ajouter auraicnt soulajje sans doute beaucoup d infortunes, mais ils n auraient pu accroitre nos sentiments de gratitude et de
" veneration. En lisant dans votre depeche qu il " avail etc question de donner aux eveques 1 ordre dc fondre les vases sacres, je me snis cru revenu aux siecles de la primitive Eglise , si feconds en actes de devouement et de vertu. C est a cet esprit de charite qu est due la genereuse initiative de la commission promotrice des secours. J ai hi avec emotion le programme qu elle a public, et je vous prie d offrir a son digne president, M. le " marquis de Cavaletti, 1 hommage de ma respectuense gratitude.
En recevant cette note, M. de Behaine la soumettait au cardinal Antonelli, et le meme jour il m envoyait un telegramme pour me faire connaitre que le cardinal se rangeait a mon avis. Le lendemain, 5 avril, ilme confirmait cette adhesion par une depeche plus detaillee. J en extrais ce qui suit :
Rome, le 5 avril 1871.
Monsieur le ministre ,
J ai recu, le 22 de ce mois, la depeche chif- " free que vous m avez fait 1 honneur de m ecrire le 26 mars. Hier, j ai entretenu le cardinal An- " tonelli des pensees de haute prevoyance dont > vous vous inspirez en examinant la suite qu il " convient de donner aux ouvertures que provoque
de differents cotes Ic sentiment des difficulty s qne la. question romaine a fait, et doit faire encore surgir. Les reflexions que vous suggere le projet " du comte de Beust d examiner en conference les " conditions reciproques de 1 Italic et de la papaute n ont obtenu du cardinal secretaire d Etat une approbation absolue et sans reserve. Son Emi- > nence m a charge de vous le dire et de vous exprimer en meme temps sa gratitude. Ainsi que je vous 1 ai mande hier par le telegraphe , le Saint-Siege se refuserait a donner son assentiment a tout projet de conference, a tout pro- ) gramme impliquant une transaction qu il lui faudrait payer par un abandon de principes.
Cette maniere d apprecier la position qui lui est " faite par les circonstances est conforme a 1 atti- " tudc qu il n a eesse d observer depuis le 20 septeinbre. Ainsi, non-seulement la cour du Vatican > n a pas demande aux puissances de s oceuper, " rneme d une maniere indirecte et officieuse, de la loi des tjai-finlics, mais encore le cardinal " Antonelli ne m a pas cache, dans le courant de > cet hiver, que si quelque cjouvernement avail SOIKJC a le faire spontandment, it I en aurait dissunde; a bien plus forte raison le 1 ape repousserait-il aiijoiird hui I idee de voir ses droits apprecies an sein d une conference concurremment
avec ceux de 1 Italie. Vom avcz done eu par- "faitement raison de juger que ce projet, imagine > d abord par M. Gladstone, ainsi que jel ai ecrit a >> M. le comte de Chaudordy le 31 Janvier dernier, et ressuscite aujourd hui par le comte de Beust, n devrait convenir bien plus au cabinet de Florence qu a celui du Vatican. Pour 1 Italie, en effet, ce se- ." rait un moyen d assurer definitivement a 1 osuvre " incontestablement perilleuse qu elle a entreprise " en venant a Rome, la sanction du droit public, et c est a quoi il est aise de comprendre que la " papaute ne se pretera sous aucun pretexte. Croire " le contraire serait se faire unc etrange illusion. Pour nous particuliercment, en raison des liens " qui , durant des annees , nous ont fait assumer vis-a-vis de la politique italienne les charges d une solidarite si compromettante et si sterile, 1 adoption d une ligne de conduite qui nous exposerait aux memes inconvenients serait , en effet, pleine de dangers, et nous preparerait peut-etre les plus douloureuses deceptions.
- I^D. LEFEBVRE DE BEHAIME.
Ainsi, je ne m etais point trompe sur les interets du Saint-Pere et sur ses dispositions veritables. J avais voulu lui eviter, nous evitcr a nous-memes
les embarras et les deconvenues cl une negociation qui ne pouvait pas aboutir. J avais egalement pre serve 1 Italic d unc occasion tres-probable de conflit. Jc perseverais plus que jarnais dans ma politique de neutralite , en reservant toujours a la France son droit de protection de la personne et de I independance du Saint-Siege. M. le comte de Beust voulnt bien reconnaitre que pour le mo ment au moins cette conduite etait la seule prudente, etla question de la conference fut renvoyee a une etude ulterieure.
Cependant la Baviere croyait devoir revenir a la charge quelques semaines plus tard , et le 21 avril, M. Lefebvre de Behaine mefaisait part; d une communication nouvelle du cardinal Antonelli, lui annoneant qu en traversant Munich, M. le cornte de Beust aurait ete, de la part de M. le comte clc Bray, 1 objet des plus vives insistances pour la reprise du projet d une confe rence. Suivant le rapport envoye au cardinal , le chancclier uutrichien se serait montre un pen froid et un pen lent . M. de Behaine me rendant compte des dis}>ositions de la cour du Vatican sur cette question, ajoutc : Dans sa pensrc, I action commune et pour ainsi dire perp&uelle qu il s agit de concerter, devait s exercer dans les fimites (|iie j ai CMI I honneur dc vous indiquer
deja, c est-a-dire qu elle n aboutirait pas a une conference, le Saint-Siege ne voulant en aiicun cas admettre que sa situation critique en face j> du gouvernement italien puisse devenir 1 objct d une transaction.
La etait en effet 1 ecueil, et je m etonne qu il n ait pas ete apercu tout d abord par les diploinates habiles qui voulaient sincerement servir la papaute. C etait meconnaitre son principe el meme ses veritables interets , que de lui demander de se soumettre a un congres. Le cardinal 1 aurait peut-etre accepte s il avait ete sur a 1 avance qu il lui ffit favorable. Aussi paraissait-il liesiter et revenir sur une opinion qu il avait abandonnee. J essayai de 1 en dissuader, tant j etais convaincu que dans Fetat des choses on ne pouvahVque tout gater en donnant au debat un caractere europeen. J ecrivis a M. de Behaine, le 27 avril :
En me melant aux discussions soulevees par ces questions , j avais depuis longtemps appris de quelles difficultes elles sont environnees. " Depuis que j ai eu 1 bonneur do diriger ce departement, je me suis efforce de calmer les ressentiments qui de 1 un et de 1 autre cote s opposent aux solutions raisonnables. Je ne puis me flatter d y avoir completement reussi , mais
u je ne crois pas y avoir nui. Nous n avons jamais etc dans des rapports meilleurs avec Rome ri * avec Florence. Notre parfaite franchise nous a donne une certaine autorite ; en etablissant nettement ce que nous ne pouvions pas faire, nous avons inspire confiance pour ce que nous promettions. Ce travail delicat, patient, scrupuleux , a done porte quelques fruits , et , je m empresse de le reconnaitre, c est a vous principalement que le merite en est du. Vous ne vous etes pas seulement inspire avec intelligence de mes instructions, vous m avez eclaire, " rectifie, guide avec cette precieuse independance d esprit que trop peu d agents, meme des meilleurs, savent mettre en pratique. Ce que j ai dit de vous a M. le comte d Harcourt " me donne la certitude qu il vous appreciera D comme je 1 ai fait moi-meme, et que vous con- " tinuerez votre ceuvre jusqu a ce qu il soit pos- " sible au departement d utiliser vos services dans un poste ou vous aurez toute votre liberte " d action.
Cette ceuvre ressemble quelquefois a la toile de Penelope, les maihVs se rompent quand on " croit les avoir solidement attachees, et il faut r> reprendre a nouveau le travail.
." .... On reproclie 1
" depuis longtemps a la diplomatic francaise , et " non tout a fait sans raison, de poursuivre une chimere en s efforcant de rapprocher la papaute et laroyaute d ltalie. Je mesuis permis d expri- " mer cette opinion, et je n aipas cesse de la croire juste. Mais quand je m en faisais 1 interprete , le pouvoir temporal etait debout, et c etait lui " qui me semblait 1 obstacle invincible. II est " tombe, je sais que son souvenir subsiste, qu on n a pas renonce a Fesperance de sa resurrection. Toutefois cette grande transformation ne peut pas ne pas avoir sa signification et son influence. " Si elle est penible pour le Saint-Pere , elle met " a 1 aise les defenseurs de son pouvoir aneanti r v a bien plus forte raison ceux qui Font toujours " condamne; enmeme temps elle desarme F Italic ; en la desint6ressant. II devient des lors moins " impossible, si ce n est de concilier, ce a quoi je n ai jamais pretendu, au moins d amener une " grande deference d une part, de Fautre une " certaine resignation.
L hommc qui est aux prises avec la fortune " peut subir bien des vicissitudes, il peut etre > depouille de ses richesses , de sa puissance : " son etre intellectual et sa conscience lui restent > toujours comme un sanctuaire impenetrable
> d oil il defie la rage de ses ennemis. Eli bien, la papaute a dans le monde ce role sublime de 1 ame humaine, toujours libre, malgre la servituclc dans laquelle elle gemit : elle est d autant plus grande, qu elle est reduite a cette force superieure puisee dans 1 inviolabilite de son principe spirituel. Sans doute elle descend du "trone, mais c est pour s elevcr a une region bien plus haute, d ou elle domine les consciences avec une autorite souveraine , et quant a 1 ob- " jection ordinaire tiree de ce qu elle peut etre > entravee materiellement dans 1 exercice de sa " discipline et dans la propagation de ses dogmes, " elle me parait etre un argument centre le pou- f voir temporel. De deux choses 1 une, en effet : >- on la papaute serait genc<> par le pouvoir civil " qui voudrait lui imposer sa loi , et alors elle " chercherait dans 1 opinion des fidelcs , snr la- > quelle elle s appuierait, un levier puissant pour proteger sa liberte; ou elle previendrait par " son ascendant moral toute tentative d agression , et dans ce cas encore , elle serait bien plus grande qu entouree d un appareil administratif etmilitaire qui I liuinilieen faisant doutcr de son > prestige spirituel. Mais ce sont la des reves, et > j ai tort de m y arreter. Jc reconnais volontiers
que la papaute en est actuellement fort eloignee; elle considere la perte de son pouvoir " temporel comme un accident momentane , comme une crise passagere qui sera suivie d une complete restitution. C est parce qu elle perse- * vere dans de telles idees, que nous ne devons pas 1 y encourager. Aussi me suis-je refuse a la reunion d une conference ayant pour objet la " reglementation de son sort avec 1 Italic. J y ai vu une occasion certaine de revendication in- > tempestive. J avals cm ramener M. de Beust a mon avis , et voici que vous m informez qu a son " passage a Munich il a entendu une conversation de M. de Bray, preconisant de nouveau cette combinaison et la recommandant au nom v de M. de Bismarck, qui voudrait y associer ki
France Si nous nous engagions dans une tellc
j> entreprise diplomatique , nous nous exposerions " a mecontenter les deux parties interessees. La " seule politique sage , c est le conseil et rien de plus. Nous n aurons pas de peine a demontrer a la papaute et a 1 Italie qu elles doivent eviter une rupture, maisle meilleur moyen de laprovoquer, serait de la leur imposer par protocole. Je crois clone qu il faut netternent perse- " verer clans la voie que j ai tracee. Je 1 ai rappele
a M. de Choiseul. Je 1 ecris aujourd hui meme a M. de Banneville, qui arrive a Vienne ; il ne faut pas que le Saint-Pere puisse nous accuser ou d avoir favorise ses decisions, ou de cher- " chera le contraindre.