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* Annales flhki.
nemis succomber, fuir, devenir prisonnières; depuis- | santés murailles cédaient aux coups des machines de J siège; de hautes forteresses étaient prises d'assaut f on voyait Tattaque, la prise de la ville, les luttes corps à corps, les massacres, Tincendie des temples, Técroulement des maisons... » Une statue allégorique da Jourdain figurait à ce triomphe, nous le voyons par un des bas-reliefs de l'arc de Titus ; de même, sans aucun doute, on avait dû faire figurer au triomphe de Gerraanicus le Rhin personnifié, avec d'autres représentations de scènes ou de lieux que nulle autre ^ information ne nous permet de deviner et de reconstituer.
Mais le plus précieux trait que Strabon nous livre, c'est la présence de la fière Thusnelda, conduisant par la main lejeunefilsd'Ârminius : elle l'avait enfanté, nous nous le rappelons, dans la captivité, loin de son mari qui continuait la lutte. Tacite jette en quelques Ugnes sur la destinée ultérieure de cet enfant, — dont Strabon nous apprend le nom, Thumélicus, — une lueur incomplète mais sinistre ; faisant allusion i un projet d'ouvrage qu'il n'a sans doute pas accompli : ((Je raconterai en son temps, dit-il, comment il fut élevé à Ravenne, et de quelle cruauté du sort il fut la victime, quo mox ludibrio con/lictatus \ i» Nul ne peut dire de quelles infortunes Tacite veut parler; mais si l'on se rappelle que Ravenne était le lieu où, sous la garde de l'infanterie de marine, on instruisait les gladiateurs, si l'on imagine que le jeune fils d'Ar-
* ÀnnaleSf I, &8.
r LUITE £>*TRE ROME ET LES GERHA1^S. 299
iDÎnius, de bonne heure séparé de Thusnelda, dont on Imitait craindre les conseils maternels, ait fait partie fhces écoles de gladiateurs et qu'il ait plus tard servi ÉDX plaisirs du peuple romain, qu'il n'ait même dû Qf^l^ela le nom que nous transmet le géographe grec, Boni qui 'tignifîe comédien ou homme de théâtre, on ■nra, sans un extrême abus des conjectures, ce sjemble, en commentaire à la hauteur de la tragique expression dont s'est servi Tacite * .
L'historien romain achève sa courte description du Ipomphe de Germanicus en disant que ce qui atti- Ait surtout les regards, c'était l'air majestueux du 'Zingueur, et son char couvert de ses cinq enfants ; mais de tristes pressentiments, ajoute-t-il, venaient à la pensée, quand on se rappelait raffection publique placée sur son père Drusus avec peu de bonheur, son oncle Marcellus enlevé si jeune aux hommages de l'empire, les amours du peuple romain si tôt flétries et n infortunées, brèves et infaustos populi romani tmores. La poétique tristesse de Tacite nous émeut, UDsi que la pensée qu'il évoque de ces glorieuses lestinées interrompues parla mort; mais nous sommes fautant plus sensibles à sa propre émotion si nous tous rappelons qu'il semble n'avoir pas réservé ses ympathies uniquement pour les vainqueurs, et si lous croyons lire dans l'amertume de ses propres «rôles à propos de Thumélicus un certain accent le pitié.
* Les paroles de Tacite à la fin du chapitre 16 du Hvre XI des \nmaUi ne paraissent appuyer ni combattre cette supposilion.
Ce qui justifiait Tibère d'interrompre les campagnes de Germanicus au-delà du Rhin, c'est qu« précisément dans cette année 17, une grande guerre] civile éclatait entre Arminius et Marbod. On navail^ qu^à laisser faire les haines intestines, pensait Tenipereur : la Germanie se déchirerait elle-même. Rous avons vu que Marbod avait refusé de se joindre au chef des Chérusques contre Rome ; quelques-uns des peuples unis au roi des Marcomans s'étaient cependant joints à son rival contre l'ennemi commun. En voilà assez pour expliquer leur dernière querelle. S les Longobards et les Semnons avaient quitté Marbod, ' le vieil Inguiomer, jaloux de son neveu Arminius, était passé avec les siens du côté opposé. En outre, le parti romain subsistait à côté de ces deux factions intérieures : la discorde était donc extrême. Elle ne fit plus que se multiplier et porter .ses fruits. Arminius et Marbod se livrèrent plusieurs batailles, à la suite desquelles ce dernier acheva de perdre Tascen* dant que sa neutralité précédente avait commencé d'ébranler. Onze ans plus tôt il avait traité avec Rome, dans le moment où il pouvait^ grâce à la révolte des Pannoniens et des Dalmates, lui porter un grand coup. II fit mieux maintenant : il envoya demander du secours à Tibère contre le défenseur dévoué de l'indépendance germanique. L'empereur se garda bien de lui envoyer une armée; mais il chargea son fils Drusus d'aller en observation dans les provinces romaines du Danube. De là il devait suivre les événements, et aussi les diriger. A défaut des armes, il avait mission d'employer la ruse, c'est à-dire d'enve-
LUTTE ENTRE ROMB ET LES GERBfAJNS. 301
nimer par des intrigues secrètes les divisions des Gerniains. Le succès ne lui manqua pas : haud levé decus Drusus quœsivitj inliciens Germanos ad discordias \ Encouragé sous main par lui, un jeune chef de la tribu des Gothons, un de ceux que Marbod avait vaincus, Gatualda, envahit le royaume, et bientôt même la capitale de son rival. Marbod n*eut plus de recours qu*à implorer de l'empereur, non pas cette fois une armée, mais un refuge. Cette nouvelle prière était tout à fait de nature à être agréée, car le roi barbare, une fois au pouvoir des Romains, leur servirait d'épouvantail et d'instrument contre tout chef qui ferait mine de devenir trop puissant chez les Sueves : on aurait par lui un motif permanent d'intervention. Tibère l'envoya à Ravenne rejoindre le prince dalmate Bato et le jeune fils d'Arminius; il y vieillit sans honneur pendant dix-huit ans. Marbod avait cependant fondé et maintenu pendant un quart de siècle dans la Germanie méridionale une puissance considérable. On peut calculer les craintes que cette puissance avait inspirées aux Romains par la joie que Tibère laissa éclater au moment du triomphe. Quand il reçut la lettre invoquant un asile, ses paroles au sénat furent significatives : ce Ni Philippe n'avait été aussi redoutable pour les Athéniens ni pour Rome Pyrrhus et Antiochus^ » Velléius n'a pas assez d'admiration et de reconnaissance pour l'adroite politique de Drusus, qui avait su attirer ce dangereux ennemi hors
* Annales^ II, 62.
> Ibid,, II, 63.
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du royaume où il s'était retranché, comme un habiM enchanteur sait faire sortir de sa ténébreuse retraite] un serpent caché sous la terre*. Était-ce pour avoir] dépassé la mesure de ce que les Germains pouvaient j accepter de lois nouvelles, de discipline et de roytuté, t ou bien était-ce pour avoir oublié la cause nationale i au proGt de son unique puissance que Marbod avait échoué? Peut-être, croyant pouvoir confondre les divers desseins, avait-il rêvé une sorte de rivalité en face de Tempire. De telles visées n'étaient pas permises à la Germanie : c'était assez qu'elle ne se laiss&t pas soumettre; elle ne pouvait rien créer par elle seule et sans Rome. La preuve en était tout au moins dans ses divisions intestines, particulièrement dans ce pa^ tage d(Vjà alors si tranché entre le nord et le sud de l'Allemagne, cause perpétuelle de faiblesse, que la politique de Tibère avait fort bien su mettre à profit. C'étaient ces mêmes dissensions qui allaient combler la joie de Rome, en ruinant à leur tour et Catualda, le vainqueur de Marbod, et Arminius lui-même: tous deux succombèrent, non par les Romains, mais gnlce aux intrigues de leurs parents ou alliés. Ud chef barbare alla jusqu'à offrir à Tibère, en échange de certaines conditions, d'empoisonner Arminius';
' Livre H, chapitre 129.
* Annales, W, 88. H faut ici noter les variantes proposées au texte de Tacite géoéralement admis. Au lieu de : Reperio apud scriptores senatoresque eorumdem temporum, Adgandestrii, principii Cattorum, lectas in senatu literas, quibus mortem Armiuii promittcbat si patrandae neci yenenum mitteretur; responsumqne esse..., Grimm propose de lire : ad Gandestrii... litcras... respon-
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mais la politique romaine n'avait pas besoin de se charger de ce crime : peu de temps après, Ârminius succombait assassiné par quelqu'un des siens. II mou- T Fait à trente-sept ans, doublement honoré par les ' regrets de la Germanie et le sincère hommage de Tacite : liberator haud dubie Germanise... canitur adhuc bar bar as apud génies.
Après cette grande lutte, les Annales de Tacite ne donnent plus, sur l'attitude des tribus germaniques, que des indications passagères et de nature à faire croire à un certain progrès de l'influence romaine au-delà du Rhin. Nous avons perdu, comme on sait, la partie de son livre qui traitait du règne de Galigula; peut-être y aurions-nous trouvé quelque sérieuse explication sur cette campagne vers le Rhin, que le récit de Suétone nous présente comme uniquement ridicule. Il faut du moins se souvenir, quand Suétone raconte les sévères mesures prises par Tempereur dès qu'il fut arrivé au camp, des très-intéressantes informations que Tacite nous a antérieurement données * sur ce Lentulus Gétulicus, qui commandait les légions de haute Germanie. Maître absolu de ses soldats dont il était adoré, disposant des légions de basse Germanie par son beau-père Apronius, Lentulus s'était attaché à la fortune de Séjan, après la chute duquel il avait osé écrire à Tibère qu'il resterait inviolablement fidèle tant qu'on ne l'attaquerait pas, mais qu'il verrait dans son rappel un arrêt de
sum 6886 ; M. Mommsen propose : Reperio apud scriptores senatoriisque eorumdem temporum actis Gandestrii, etc. ' Annales, VI, 30.
mort, et qu'il résisterait. Il avait été, dit Tacite, jusqu'à proposer un traité selon lequel, cédant le reste de l'empire à Tibère, il se réservait sa province de Germanie supérieure. Tibère, au déclin de l'âge, n'avait pas engagé la lutte ; peut-être Caligula se proposait-il de resserrer le frein. Quant aux barbares, ils semblent n'avoir donné lieu ni alors ni sous le règne de Néron, que les Annales nous racontent presque en entier, à de sérieuses inquiétudes. Si les Ghauques, dont les pirateries incommodaient le nord de l'empire, mettent à leur tête un chef qui, après avoir longtemps servi auprès des légions, consent à les combattre*, les Ghérusques, de leur côté, demandent à Rome même un roi, et Claude leur envoie Italiens, fils de ce frère d'Arminius qui avait déserté la cause nationale. L'empereur lui fournit de Targent et lui donne une garde : Italiens sera le premier souverain qui, citoyen romain à Rome, ira régner sur des étrangers '. De même les Frisons, après mainte révolte, se soumettent volontairement; le gouverneur de basse Germanie, Corbulon, leur assigne un territoire, et établit chez eux, avec une forteresse, un sénats des magistrats et des lois. D'autre part, les Gattes sont ch&tiés de leurs incursions en haute Germanie, et doivent rendre un certain nombre des soldats de Varus qu'ils gardaient prisonniers depuis quarante ans. Enfin l'empire donne asile au roi des Suèves, Vannius, qu'un règne long et généralement paisible