‹ Rome et les barbares: étude sur la Germanie de TaciteChapitre 20 sur 31 · IC · texte numérisé non relu

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s'élève aujourd'hui Duisburg. Il est possible qu'une même dénomination se soit appliquée à deux localités différentes, séparées seulement par le fleuve. Ce nom se retrouve du reste une autre fois encore dans Ptolémée*, pour désigner, au centre même de l'Allemagne, un groupe montagneux probablement identique avec le Riesengebirge ; on sait que le souvenir des voyages errants d'Ulysse, comme celui des Argonautes, avait laissé de nombreuses traces dans les vallées ou sur les bords des grands fleuves qui avaient servi de voies aux primitifs essors de la découverte, du commerce et de la civilisation. — Nous connaissons, par ce que nous avons résumé des récits de Tacite y Vetera castra. C'était le lieu de campement de deux légions, la V* Macédonique, la XXI* Rc^ax jusqu'à la mort de Néron, et plus tard la XXX" Ulpia Victrix. On a cru retrouver quelques restes du pont qu'y avait jeté sur le Rhin Germanicus ; Trajan aussi s'en servit comme d'un utile point statégique. Arenacum, ville des Bataves, est citée dans les Histoires de Tacite, qui y place la légion JP Gemina * ; c'est aujourd'hui Arnhem, selon Cluvîer, ou Clèves, ou, selon d'Anvillc, le village nommé Aert. Elle était située en tous cas à la tête de l'île des Bataves. — A partir de 1&, le Rhin se partageait en deux branches principales, celle qui, conservant le nom du fleuve, passait par Trajectum et Lugdunum ou Leyde, et celle qui, sous le nom de Vahalis, allait par Noviomagus se

' HUMres, V. 20.

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joindre à la Meuse et se jeter dans la Mer germanique par le Hélium ostium. Noviomagus ou Noviomagi^ aujourd'hui Nimëgue, n'est pas cité dans Tacite; mais les inscriptions qui y ont été trouvées ne laissent pas douter que la légion A'* Gemina n'y ait été cantonnée après la guerre de Civilis *. — Tacite a nommé encore plusieurs oppida des Bataves qu'on voit occupés à certains moments par les troupes romaines : Vada^ Grinnes^ Batavodurum ; il serait difficile d'identiûer ces places avec quelque certitude.

Pour ce qui est de la rive droite du Rhin^ nous avons marqué aussi les principaux postes que, depuis Drusus, les Romains y avaient fondés et entretenus. Alise, aujourd'hui sans douté Elsen, près de Paderborn, occupait le premier rang parmi ces stations avancées. Artaunum, aujourd'hui Salburg, dans le Taunus, est sans doute, avons-nous dit, indiqué par allusion dans Tacite avant d'être nommé dans Ptolémée. Nous avons parlé des Longs-Ponts construits par les légions dans les endroits marécageux^ soit au traders de ce qu'on appelle encore de nos jours le marais de Burtange, sur la frontière orientale de la Hollande, soit en Westphalie, sur la rive nord de la Lippe. On a cru enfin pouvoir distinguer dans le récit de Tacite, au second livre des Annales -, une place nommée Amisia, sur les bords de TEms, et sous la protection de laquelle Drusus aurait placé sa flotte ; mais comme le même nom désigne aussi précisément

* Voir dans VEncyelopédie de Pauly l'article Legio, tome IV, page 890.

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