‹ Rome et LoretteChapitre 14 sur 50 · DERNIERS COMBATS · texte numérisé non relu

DERNIERS COMBATS

Nous étions aux approches de Pâques. Afin de solenniser comme il convient à des enfants de Dieu et de l'Église catholique cette fête si glorieuse, mes amis s'efforçaient de redoubler de piété, et redoublaient, en effet, de vigilance pour eux et de prières pour moi. Un motif reUgieux dirigeait toutes leurs visites dans Rome , où je les accompagnais toujours ; la foi et l'amour de Dieu inspiraient leurs conversations ; ils restaient plus longtemps prosternés devant les autels, et moi j'étais plus troublé et plus pressé que jamais , et plus que jamais irrésolu. J'attendais toujours ces lettres qui n'arrivaient pas ; je pensais que des catastrophes avaient éclaté depuis mon départ , et que par là peut-être Dieu commençait à me punir ; ou simplement , qu'oublié de ceux dont je me croyais aimé, j'allais faire encore une fois l'épreuve, si souvent faite, du mensonge de toutes les affections.

J'enviais le bonheur de mes amis chrétiens , qui s'aimaient entre eux d'une amitié sainte et durable, qui aimaient toujours Dieu par- dessus toutes choses, et qui vivaient continuellement dans la certitude de son amour.

Un jour de dimanche , l'un d'eux proposa de sancti-

lier lîi soirée p;ir ui)e lecture pieuse : tout le monde; en fut d'accord, et uioi-nieme j'y consentis bien volontiers. Adolphe avait apporté de Paris quelques volumes contenant le Carême de Bourdaloue. Il lut le titre de plusieurs sermons ; l'un aimait mieux celui-ci, l'autre celui-là. On convint de s'arrêter au choix indiqué par l'époque où nous étions , nous entrions dans la semaine sainte.

Quoique je ne sois rien moins qu'habile dans l'art excellent de la lecture à haute voix , moitié par vanité , moitié par désir de plaire à mes amis, je m'étais offert comme lecteur. Adolphe me présenta donc le livre, ouvert au sermon pour le lundi de la semaine sainte : Sur le Retai'dement de la pénitence. Je ne fis pas d'abord attention à ce titre, — qui surprit mes compagnons, ainsi qu'ils me l'avouèrent plus tard, et qui les rendit attentifs comme à un avis solennel que le Seigneur allait me donner en leur présence. — Je ne songeais véritablement qu'à lire de mon mieux, à ces chrétiens, un discours que je croyais de nature à les intéresser plus que moi.

Je ne connaissais rien de Bourdaloue ; j'appris vite à le connaître. On sait comment procède ce grand prédicateur : il pose et divise, en quelques lignes d'une admirable clarté, le sujet de son discours, s' emparant surle-champ de l'esprit de l'auditeur, et le frappant, comme d'un coup de massue, du bloc des sévères et irrésistibles doctrines qu'il va lui développer. Puis il marche , il s'avance d'un pas tranquille, mais impitoyable; il monte comme les grandes eaux , couvrant dans toute son étendue l'espace qu'il s'est marqué, gagnant toutes les objections l'une après l'autre, allant des plus faibles aux

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plus élevées , et les submergeant toutes des flots puissants de sa logique , sans cesse alimentée par la puissance de la foi et par la science de la doctrine , qui est la vraie science de Dieu. Peu de mouvements, point de fleurs : il ne songe pas à entraîner, il dédaigne de séduire ; mais une clarté qui ne permet aucun subterfuge, une raison qui s'élève sans effort à toutes les hauteurs , une certitude impassible qui accule tout ce qu'on lui oppose dans la contradiction et dans la folie. Or je me trouvais aux prises avec ce rude adversaire , sur le dernier terrain où je m'étais réfugié. Chaque mot que je Usais frappait d'aplomb sur mon esprit, broyait mes prétextes , déjouait mes ruses , me convainquait de ma déraison, proclamait ma foHe. Ou plutôt je ne Usais pas : j'écoutais, avec une sorte d'effroi et de stupeur, une voix qui ne semblait plus être la mienne , et qui , en révélant , en présence de mes amis , toutes mes pensées misérables , me couvrait de honte et de confusion. Je tremblais , je balbutiais , je me sentais rougir ; mon front s'humectait de sueur. Tantôt je voulais jeter le livre et me retirer ; tantôt je voulais m' interrompre pour m' écrier que j'étais vaincu, et que je prenais l'engagement de ne plus résister à des raisons dont la force me laissait sans excuses ; tantôt je sentais des larmes me gagner; et je continuais, à travers l'orage de ces sentiments divers, ce sermon, cet avertissement à la fois paternel et terrible , où les menaces de la mort éclataient à côté des plus douces assurances de salut si je voulais me sauver, et qui me faisait si bien sentir qu'en effet , dans la position où Dieu m'avait mis, j'avais moi-même, en mes propres mains , et le don de ma grâce et la sentence de ma condamnation.

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Tout ce qui m'avait été dit , tout ce que je me disais uioi-méme, et tout ce que je craignais de m'avouer, Bourdaloue me le répétait à voix haute, avec l'autorité souveraine de l'Écriture sainte , des Pères , de son propre génie , avec des paroles qui pénétraient comme des glaives ardents jusqu'au fond de ma conscience : « Je « viens aujourd'hui vous dire ce que l'ange a dit à (( saint Pierre dans la prison : Surije velociter ; levezw vous et ne tardez pas. Je sais quelle illusion vous « séduit , et par quels prétextes la passion vous trompe (V et vous joue. Pour calmer les remords intérieurs de (( votre âme, vous ne renoncez pas entièrement à la (( pénitence, mais vous la différez; vous^ne dites pas : « Je ne me convertirai jamais : ce désespoir fait hor- (( reur ; mais vous dites : Je ne me convertirai pas en- '( core sitôt. Et moi , je veux vous faire voir les suites i( malheureuses de ce retardement , et l'affreux danger « où il vous expose...

(( Il n'y a rien de certain , mes frères , dans le futur, (( que son incertitude même. Il n'y a rien de certain, (( sinon que nous y serons surpris ; car le Sauveur du « monde nous l'a dit en termes formels : Qua hora non ce putatis. Après une parole si positive, mais si terrible, (( ajouterai -je encore au désordre de mon péché les (( désordres de la plus insensée témérité, remettant tou- (c jours ma conversion , demandant toujours trêve jus- « qu'au jour suivant : Inducias iisqiie manel Et pource quoi cette trêve, qui ne peut être, si je l'obtiens, qu'une (( continuation affectée de mon iniquité, et, si je ne l'ob- (( tiens pas , que la cause de mon impénitence finale ? (( Pourquoi cet appel opiniâtre au lendemain , contre <( l'oracle de la sagesse qui me le défend : Ne glorieris

« in crastinum? Puis -je ignorer que ce lendemain a (( perdu des âmes sans nombre, et que l'enfer est plein ik de réprouvés qu'il a engagés dans le dernier malheur! (( Ils se flattaient du lendemain , et il n'y en avait point « pour eux ; ils avaient fait un pacte avec la mort , sui- « vaut l'expression du texte sacré, et la mort ne le garce dait pas. Est -il croyable qu'elle changera de nature (( pour moi , et qu'étant si infidèle pour le reste des (( hommes, j'aurai seul le droit de pouvoir m'y fier? « Quand même je l'aurais, ce lendemain, sera-ce un (( temps de pénitence et de conversion ? Toute sorte de « temps n'est point le temps de la pénitence...

(( Nous le connaissons, chrétiens, ce temps de la visite (( de notre Dieu ; ce jour qui nous est accordé , nous le (( connaissons ; et peut-être à l'instant que je vous parle « Dieu vous dit -il : Voici, pécheur, votre jour, voici le (( temps que j'ai destiné pour vous ; c'est aujourd'hui (( qu'il faut quitter cette vie libertine, car je ne veux (( plus de retardement. »

C'étaient là de ces paroles qui me faisaient pleurer, car je sentais vivre en moi-même le miracle qu'elles m'annonçaient; mais bientôt j'étais saisi d'épouvante en écoutant ces menaces :

« Qui sait si Dieu, se tournant contre nous (après « que nous aurons méprisé la grâce), ne nous dira (( point alors , comme à ces Juifs dont il est parlé au « premier chapitre d'Isaïe : Retirez -vous, et ne pa- (( raissez point devant mes autels pour me faire une « offrande indigne de moi ; je ne vous connais plus , et (( vos sacrifices me sont à charge. Comme roi des siècles (( et monarque éternel, je voulais les prémices de vos '(( années , je voulais ces années de prospérités , qui

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(( furent pour vous dos îinnécs de dissolution ; je voulais (( ces années de santé, que vous avez consumées dans le « repos oisif d'une vie molle et paresseuse ; je voulais (( cette jeunesse, dont vous avez fait le scandale de tant (( d'âmes ; je voulais cet âge mûr, qui s'est passé dans « les intrigues de votre ambition démesurée. Vous (( avez sacrifié tout cela au monde , et vous l'avez fait (( dans l'assurance que ce serait assez de m'en offrir (( quelques débris ; et moi, je vous dis que ces oblations (( me sont odieuses , et qu'il est de ma gloire de les c( réprouver. Ainsi parlait le Seigneur ; et ainsi se com- (( porte-t-il tous les jours à l'égard de certains pécheurs, (( après les délais criminels qu'ils ont apportés à leurs (( conversions. »

Mes amis eurent pitié de moi ; prétextant la fatigue d'une si longue lecture, ils m'interrompirent à la fin de la seconde partie ; et de fait, véritablement, je n'en pouvais plus ; mais , bien avant dans la nuit , la voix de Bourdaloue retentit à mon oreille , et le lendemain encore je l'entendais comme un tonnerre menaçant.

Ce jour -là, si je ne me trompe, qui était le lundi de la semaine sainte , ou le mardi , nous allâmes entendre la messe à Saint-Pierre. Je n'entrais jamais sans émotion dans ce temple sublime , et , comme un vrai catholique de Rome, j'y faisais de bon cœur acte de dévotion. Je ne manquais pas de baiser le pied de cette statue du prince des apôtres, dont le bronze en cette partie s'est usé et a pris une autre couleur au contact des lèvres fidèles qui viennent s'y poser. Quels cœurs malheureux ont donc les premiers conçu un triste plaisir à contester le sentiment , si naturel , qui nous porte à honorer les

reliques des saints et à les invoquer devant leurs images? J'étais, certes, libre de préjugés ; je n'étais pas chrétien encore, je refusais encore à Dieu ce qu'il me demandait essentiellement, et déjà pourtant j'aimais les saints. Mon cœur et ma raison me montraient en eux des médiateurs qu'il m'était doux et consolant d'appeler à mon secours.

Après la messe, nous allâmes nous agenouiller devant la balustrade qui entoure , près du maître-autel , le tombeau des apôtres. C'était notre usage toutes les fois que nous visitions S aint- Pierre ; et même, je puis bien l'avouer, j'avais souvent trouvé que mes amis y passaient un peu trop de temps. Il n'en fut pas de même ce jour-là. Appuyant mon front sur mes mains jointes , j'osai enfin , devant Dieu , contempler franchement mon âme bouleversée depuis un mois par tant de contradictions, chargée de tant d'inquiétudes, bourrelée de tant de remords ; si honteuse de ses lâchetés , si effrayée de l'avenir qui l'attendait, si incertaine encore de ses résolutions. Jamais je n'avais vu si clairement mes misères ; je fus saisi de pitié , et ne pouvant plus m'en tenir, je pleurai sur moi-même à chaudes larmes , dans une angoisse et dans un déchaînement de douleur que je ne saurais exprimer. C'était un trouble sans pareil, une confusion inouïe : le regret de mes péchés et l'amour de mes péchés, la colère, la tendresse, l'impuissante fureur d'un cœur vaincu malgré lui, le repentir généreux d'un enfant qui retourne à son père, le désespoir d'un jeune homme arraché à tous ses plaisirs , la reconnaissance d'un prisonnier délivré de ses fers ; tout ce que je pouvais penser, tout ce que je pouvais comprendre, tout ce que je pouvais sentir, alimentait ce torrent de larmes ; je

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pleurais d'avoir mccoiuiu Dieu, je pleurais de ne plus pouvoir l'ofteuser en sécurité. Prosterné h ses pieds , je lui demandais d'anéantir lui-m(5iTie, jusqu'au dernier vestige , les indignes idoles pour lesquelles je l'avais trahi : et presque au même instant , A folie et misère ! je le suppliais de ne les point briser. Et, comme si j'avais pleuré du sang, il me semblait qu'avec mes larmes s'en allait ma vie.

A ce moment violent, mais rapide, quoiqu'il m'eût suffi pour embrasser, dans le pêle-mêle de leur défaite, l'ensemble de mes désirs les plus contraires, succéda bientôt une sorte de calme qui amena de désolantes réflexions. Il me parut que j'étais toujours au même point, et que ce jour de la conversion, dont Bourdaloue m'avait parlé la veille, ou n'était pas encore venu pour moi, ou bien plutôt était passé, passé à jamais , passé par ma faute , passé pour mon éternelle condamnation ; et que j'allais en mourir coupable, ou retomber plus bas dans ce bourbier d'iniquités que j'aurais pu fuir, pour y mériter, par de plus longues souillures, de plus terribles punitions. Une sorte de rage alors s'empara de mon cœur, et j'osai me révolter contre cet arrêt sévère que je prêtais à Dieu. Mais quoi ! pensai-je, Dieu n'est-il pas clément et plein de miséricorde? Il ne m'a pas condamné ; car je veux me convertir, je veux me convertir aujourd'hui, je ne lui demande qu'un peu de secours. Quel secours demandais-je?un miracle, sans doute, n'étant pas capable de comprendre encore celui qui s'opérait en moi. Comme si je m'étais attendu à être transporté dans les airs , ou à voir des yeux de mon corps Dieu descendre de sa gloire pour m' absoudre et me transformer, je me figu-

rais qu'il ne voulait pas m' exaucer, parce que ces prodiges ne s'accomplissaient pas. Je m'adressai aux saints apôtres : Pierre, vous avez renié par trois fois votre maître ; Paul , vous l'avez persécuté : ai -je donc plus péché que vous ? Venez à mon secours ! obtenez-moi le pardon que vous avez obtenu ! Étrange prière sans doute, cri d'orgueil jeté par le ver à demi écrasé dans la fange. Mais je devais offenser Dieu même en implorant sa grâce, et, après lui avoir demandé pardon de mes fautes, lui demander pardon encore de mon insolent repentir.

Et comme les saints apôtres ne sortaient point de leur tombeau pour venir en personne m' assurer qu'ils intercéderaient en ma faveur, après de nouvelles larmes je me levai convaincu que je ne me convertirais pas.

Yoilà le triomphe de la raison humaine , ou du moins quels services je tirais de ma raison. Elle souffrait bien que je demandasse à tout propos des miracles ; elle ne suffisait pas à me pousser là où tout lui disait cependant que ces miracles si désirés s'accompliraient. - Et quand nous fûmes sortis du temple , je navrai le cœur de mon pauvre Gustave , qui augurait bien de ces larmes et de cette longue prière, en lui disant avec sincérité que je m'étais offert à Dieu, mais que Dieu ne voulait pas de moi , et que je ne serais jamais chrétien. Puis, comme un moment auparavant j'avais demandé secours à Dieu, demandant à l'enfer un autre secours, j'allai encore voir à la poste si j'avais des lettres de France, et Ton me répondit encore qu'il n'y en avait pas. Et c'est ainsi, Seigneur, que j'ai toujours vécu dans le miracle de votre pitié ; mais alors je l'ignorais. Ne me condamnez pas, maintenant que, le sachant si bien, après

avoir abusé jadis de mon ignorance, je suis tenté d'abuser de ma foi.

Gustave et Adolphe , et cette bonne Elisabeth aussi , étaient à mon sujet remplis d'inquiétudes. — Hélas ! se disaient-ils, est-ce qu'il ne profitera pas des grâces de Pâques et de Rome, dont le Seigneur se plaît à l'accabler? Gustave, bravant l'humeur sombre et taquine où j'étais presque continuellement , cherchait les occasions de me dire une bonne parole. Adolphe, moins libre avec moi, n'osait me presser, et se bornait à me prodiguer les marques d'une affection dont on ne peut se figurer la constante douceur ; car cette âme pieuse exhale la douceur comme une fleur exhale son parfum . Elisabeth priait ; elle était douce aussi, compatissante et simple. Renfermée dans la modestie de son sexe , et dans la réserve commandée par la date si récente encore de notre première entrevue, elle ne disait pas un mot qui eût trait à la religion ; mais la charmante aménité de son caractère, la droite et naturelle affection dont elle aimait ses devoirs , et cette vraie piété qui paraissait en elle sans qu'elle songeât à la montrer jamais, étaient une grande et nouvelle prédication.

Un jour, et je crois bien que c'était encore ce même mardi de la semaine sainte, Adolphe tournait autour de moi, cherchant comme toujours ou à me distraire ou à m' éclairer. J'étais assis, je lisais je ne sais quel livre ; toujours n'était-ce pas le sermon de Bourdaloue : je lui gardais rancune. Je levais les yeux sur Adolphe, il était aisé de deviner sa pensée , et , obéissant moi-même à je ne sais quel bon mouvement que m'envoyait Dieu : « Cela vous ferait donc bien plaisir, lui dis-je, Adolphe, si je me convertissais? » Il ne répondit pas ; mais je vis

dans ses yeux une larme. Qu'il soit béni pour cette larme !

Et vous, Elisabeth, soyez bénie également pour le regard charmé que vous échangeâtes avec Adolphe en m' entendant parler ainsi.

Oui, soyez bénis tous, mes chers tuteurs, pour l'aide que vous m'avez donnée en ce difficile combat. Je sais combien vous avez prié pour moi, car depuis j'ai prié pour d'autres ; et avec quelle ardeur, avec quelle plénitude de tendresse et de foi, le chrétien ne supplie-t-il pas Dieu de prendre et de toucher ces cœurs rebelles, qu'il lui présente sans se décourager jamais ! Soyez bénis dem'avoir tant aimé, maintenant que je sais comment les chrétiens aiment. Soyez bénis, toi, Gustave, du courage persévérant de ton affection ; toi , Adolphe , de la persérante douceur de la tienne , et vous , Madame , de vos vertus !

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