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J'avais pris enfin F habitude de la prière ; je ne rougissais plus , et je ne trouvais pas surprenant de prier. — A Rome , grâce à Dieu , les églises sont pleines de chefs-d'œuvre , et plusieurs d'entre elles étaient même , dans la Rome d'autrefois, ou des édifices publics, ou des temples païens , dont le vrai Dieu s'est emparé. Nous allions voir les thermes de Dioclétien : un pape les a donnés à Ruonarotti pour qu'il en fît l'église Sainte- Marie-des-Anges ; le Panthéon : la croix y resplendit , le Christ y règne, seul comme au ciel, dans l'éternité du Père et du Saint-Esprit; le CoKsée : c'est là que la croix est belle ! 0 mon Dieu , cette humble croix de bois sur un humble calvaire , au milieu de cette arène trempée du sang de tant de martyrs , quelle prédication ! Le Moïse de Michel -Ange est à Saint -Pierre -aux -Liens; des fresques de Raphaël ornent les murailles de Sainte- Marie-de-1 a-Paix; d'admirables figures du Dominiquin enrichissent la coupole de Saint- André délia Valle; les plus beaux marbres , les plus curieux et les plus délicats ouvrages abondent à Saint -Jean- de -Latran, à SaintexMarie-Majeure , au Gesû, à Saint-Ignace, à Sainte-Mariedu-Peuple, et dans une quantité d'autres lieux saints que je ne saurais tous nommer ici. Nous en visitons plu-
sieurs chaque jour ; il en était oii nous ne nous lassions pas de revenir. Avant toute chose , mes compagnons , en y entrant , rendaient hommage au maître du lieu : ils s'agenouillaient pieusement devant l'autel, et souvent mon cœur, plus encore que les convenances, me disait de les imiter. Que demandai-je à Dieu? J'avais une prière qu'il m'avait lui-même enseignée. Ayez pitié de moi! c'était le cri de ma faiblesse ; car, au milieu de cette foi naissante, j'étais si combattu, que je ne pouvais former un désir ; ou plutôt tant de désirs contraires se succédaient en moi, et si vite, que je ne pouvais savoir ce que je désirais véritablement , et que je souhaitais toujours ce que je n'éprouvais pas. Pressé par ma raison, pressé par ma conscience, et (je crois que je puis le dire aussi) pressé de Dieu, me sentais-je tout prêt de faire enfin profession de foi chrétienne, d'aller enfin me jeter aux pieds d'un prêtre, et de mettre entre mon passé et mon avenir la barrière d'un engagement sacré... : tout aussitôt le regret de ce qu'il fallait quitter serrait mon cœur dans une étreinte de fer. Je me donnais les lâches raisons que l'on se donne toujours : Que j'étais bien jeune; que je n'avais pas commis tant de fautes; que sans doute Dieu m'avait pardonné, puisqu'il me laissait vivre; qu'il pardonnerait encore ; que des erreurs innocentes , ou des emportements de jeunesse, n'étaient pas dignes de son courroux; que, s'il était bon, je n'avais rien à craindre ; que , s'il était injuste et sévère ( pardonnez-moi ces blasphèmes. Seigneur), mes prières ne me sauveraient pas, et que j'avais bien le droit de me révolter... Et ces lâchetés ramenaient tous les doutes. Qui m'assurait de la divinité de l'ÉgHse? qui me persuadait que Dieu, par un secret renfermé dans sa pensée
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souveraine, n'avait pas ahandoiUK! le monde au\ œuvres du inonde? Ne s'était-il pas décidé à laisser vivn^ rhoninie comme il l'entendrait, maître de suivre l'un ou l'autre des penchants divers qui le combattent toujours , ayant pour seule récompense ou pour seule punition ou la paix , ou le trouble de son âme ? Évitant d'envisager plus à fond ces sophismes, je me hâtais de secouer toute pensée, tout projet de conversion. Je laissais errer mes yeux , je laissais errer mon cœur, avec une ivresse emportée , dans le monde de tous mes anciens délires , comme dans un domaine enchanté dont j'avais failli échanger les jouissances contre la tristesse et l'ennui d'une prison. 11 n'était coupe amère et breuvage empoisonné dont mes lèvres s'étaient détournées jadis avec dégoût, qui ne me parût délicieuse , et où je ne voulusse boire à satiété. J'entassais les projets, je rêvais toutes les indépendances, je me promettais de faire en sorte que je n'aurais à répondre ni de mes actions ni de mes pensées ; il me semblait trop cruel même de ne pouvoir être fou. Réfugié au sein de mes mauvais souvenirs , et plus coupable dans mes vœux que je ne l'avais été dans mes œuvres mêmes , je me reprochais ce que j'avais eu de retenue et de paresse; je me reprochais d'avoir été fatigué, de n'avoir pas saisi toutes les occasions de mal faire. C'est pour cela, me disais -je, que l'ennui m'a désolé. Et l'homme, le pauvre être misérable qui tout à l'heure s' enthousiasmait au spectacle de la vie des saints..., maintenant, évoquant d'autres images, se forgeait une espérance d'imiter ces héros de l'enfer qu'il avait vus, libres et gais sous le faix des scandales , montrer effrontément partout un visage où la conscience anéantie ne faisait plus monter aucune rougeur. (( Je ferai comme
eux ; j'ai autant d'esprit, j'aurai autant de hardiesse; je triompherai de moi, et je triompherai d'eux encore : je les effacerai. » Mille visions folles, stupides , m'emportaient loio de Rome, loin de mes amis, loin de Dieu surtout, au milieu de Paris, parmi les âmes infortunées que j'y avais aperçues ; rêvant les succès misérables qui s'y font, et les applaudissements des théâtres, et les éloges des journaux, et la confraternité des orgies, des trahisons , des luttes , tant que pourrait aller mon esprit, tant que pourrait aller mon corps, jusqu'à ce que je fusse épuisé , assouvi , repu. . . Et alors , disait une voix qui me faisait rougir, que j'aurais voulu ne pas entendre, mais qui partait des profondeurs de mon âme, alors tu te convertiras ! Je cachais dans mes mains mon visage, où il me semblait que ces odieuses pensées imprimaient un sceau de bassesse : je versais des larmes de dépit , je m'écriais presque avec colère : <( Si vous êtes Dieu , ayez pitié de moi. » Ces emportements me persécutaient au pied des autels comme ailleurs. Parfois je m'en faisais un argument contre Dieu , qui ne savait pas leur défendre l'entrée de ses temples ; parfois ils me rappelaient cette sage parole : Dieu habite les cœurs purs.
Mes regards se portaient sur ces chers amis, en prière à mes côtés ; et quelle douce paix je devinais dans leur prière ! Je les comparais à ceux que je me proposais tout à l'heure d'imiter. Ne ferais-je pas mieux, me disais-je, de prendre pour modèles ceux-ci? L'effort serait sans doute plus honnête ; serait-il moins glorieux ? Le prix en est-il moins assuré ? Je cherche la paix : ils la possèdent ; je souhaite des triomphes misérables : ils triomphent , eux , du sentiment qui me -es fait souhaiter. Je les aime, je les estime, et tout le résultat de mes entre-
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prises serait d'arriver à des succès dont ils me plaindraient, dans la lermeté de leur esprit et dans la délicatesse de leur cœur. S'il m'est facile de l'aire plus mal que d'autres, ne m'est-il pas aussi bien possible de faire aussi bien que ceux-ci? J'aurais la force d'étoulfer ma conscience, et je n'aurais pas celle de maîtriser mes passions ! (^)u'est-ce que l'indépendance que je me promets ? et , après tout , qui peut se vanter d'en jouir? Le plus effréné dépend de mille choses : que le remords se soit tu dans son ame, il dépend toujours de ses impuissances, de ses craintes; de l'opinion, s'il la respecte; du mépris public, s'il ne la respecte plus. Il dépend de la loi, aux barrières de laquelle arrivent bientôt ses désirs, et s'il brave enfin les lois , alors il dépend des geôliers ; et tous les jours, à toute heure, il dépend de la mort. L'homme a beau s'abandonner à ses désirs, il n'en épuise pas le nombre; et d'un seul désir assouvi naissent des immensités d'autres désirs qu'il n'assouvira jamais. Vainement il en appelle à sa raison : qu'importe la mesure à qui veut l'infini? La raison lui fait toucher les murailles de l'impossible, et il va se désespérer avec elle au pied de ces limites inexorables, au delà desquelles il place follement l'asile de ses félicités. Tout au contraire , le chrétien , bornant ses souhaits et ses efforts au seul accomplissement d'une loi qu'il croit divine, n'a que des volontés dont il peut toujours atteindre le but ; il ne dépend véritablement que de cette loi qu'il adore, et sa dépendance est aussi sa joie; il s'affranchit du joug que font peser sur nous les désirs qu'elle lui ordonne de mépriser ; et , lorsque nous succombons enfin, pleins de regrets, d'épouvante et de colère, à la conviction de notre impuissance et de notre folie, lui, franchissant l'abîme de la mort comme un étroit
fossé, se repose d'avance, par la foi, dans cet infini que nous désespérons de saisir. Ainsi plus libre, plus sage et plus heureux , il acquiert tout , en renonçant à l'impossible ; tandis que tout le prix de nos efforts est de savoir que nous poursuivons en vain ce qu'il possède déjà.
Quels rêves dans ces cœurs! me disais-je encore, et quels rêves dans le mien! L'on nous voit vivre, causer, sourire ensemble, ensemble admirer les mêmes choses, jouir du même soleil, écouter les mêmes bruits ; en mille occasions comprendre, penser, sentir de même. Qui pourrait dire en quoi nous différons? Là, cependant, sont de chastes souhaits qui s'élèvent jusqu'au ciel, des regards qui contemplent les anges, des espérances qui s'épanouissent dans le sein de Dieu ; ici des souhaits qui craindraient de parler, des regards honteux de tout ce qui les séduit , des espérances de ténèbres , vapeurs impures qu'exhale un fumier de détestables souvenirs. Là de fermes résolutions d'obéir en toutes rencontres aux plus nobles lois qu'ait reçues la terre ; ici de chancelantes volontés, que le moindre souffle peut tourner en mai. Là le libre essor d'une confiance fihale, tranquille sur les joies qu'elle se permet , heureuse des privations qu'elle s'impose; ici de louches transactions, une crainte d'esclave au bord de mille œuvres douteuses, des convoitises jalouses, et toujours plus de regrets et de remords que de contentements. Là d'amicales atteintes, épiant, pour s'en réjouir, tous les germes de bien qui peuvent se montrer dans mon âme ; ici de secrètes malveillances , qui voudraient découvrir chez les autres les plaies qu'ils cherchent à guérir en moi-même. Là, pour tout dire, la foi, la charité, l'espérance et les œuvres ; ici le doute, le soupçon , l'envie et les avortements ! Deux plantes qui
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oroissorit sur lo nu'^iiic sol, à si [mmi de dislaiicc (jircllds (•()tirori(l(Mit. l(Mii's ranioaiix, mais ddiit rmio est stérile et véïK^iiouso, dont l'autre donne de belles fleurs et des fruits bienfaisants, no dilïï'ivnt [)as davantage. Cependant un prodige est possible, et je l'ai vu de mes yeux s'accomplir : cette plante mauvaise peut changer de nature, elle peut puiser dans le sol d'autres sucs, elle peut demander à l'air d'autres principes, qui la modifieront : et, comme sa compagne, elle se couvrira de douces fleurs, elle portera de nobles fruits , elle verra tomber à ses pieds tant d'insectes qui la rongent ; et malgré l'hiver, et malgré les orages, aussi longtemps qu'elle restera sur la terre, elle sera vigoureuse , utile et belle. Quel miracle est-ce là? Et si je ne puis nier ce miracle, quel autre signe de sa bonté toute-puissante demanderai-je à Dieu ? Il éclaire en nous du plein jour de la conscience l'immensité de nos corruptions; il nous en inspire le dégoût; il y mêle un ardent désir d'en être délivrés ; il nous convainc par des exemples multipliés de la possibilité de cette délivrance : puis-je penser qu'il voudra bien en rester là, qu'il me permettra de rester inerte lorsqu'il ne veut pas que je reste aveugle et sourd? Non , les punitions dont il parle ne sont point de vains épouvantails : il est trop puissant pour mentir, et n'a trompé ni dans ses promesses ni dans ses menaces. Béni éternellement, ou éternellement réprouvé, point de milieu! et mes incertitudes ne peuvent pas même se réfugier dans la sombre espérance du néant. Si le néant était la punition suprême , j'éprouverais, à la pensée du néant, cet effroi insurmontable que m'inspire la pensée de l'enfer. — Pourquoi ai- je peur de l'enfer? — C'est une terreur de mon enfance? Dans mon enfance on m'a épouvanté aussi des
revenants , des sorciers , des fantômes de la nuit : et la raison m'a débarrassé de ces craintes ; pourquoi ne m'at-elle pas débarrassé de la crainte de l'enfer? Si je n'ai vu ni sorciers, ni revenants, ni fantômes, je n'ai pas vu davantage l'enfer. — C'est une invention des prêtres? Qu'importe ! est-ce que ma raison devrait accorder plus d'autorité aux inventions des prêtres qu'à celles des poètes et des nourrices? Est-ce que je crois aux récits de Milton, au paradis de Mahomet , à aucune des mythologies de l'antiquité? D'où vient donc que j'incline tant aux croyances de l'Église catholique , — si ce n'est que de secrets instincts , combattus , je le sais , et je sais aussi pourquoi, mais irrésistibles, m'y poussent, et que ma raison y pressent la vérité ?
Ainsi j'allais et je revenais, dans cet espace oii Dieu m'avait placé, entre le monde et lui. Et je dis entre le monde et Dieu, parce que déjà je n'étais plus dans le monde : en quittant Paris, je l'avais quitté : l'abîme me tentait; mais je n'y pouvais pas tomber, ou du moins je ne pouvais m'y submerger entièrement. Je demandais à Dieu d'avoir pitié de moi , et sa pitié était la planche de salut qui me soutenait sur les flots. A Rome, raille bruits ne venaient plus étouffer entièrement dans mon âme la voix qui depuis si longtemps y gémissait en vain. Tout aidait, au contraire, à l'action de cette voix secourable; les pierres mêmes , me rappelant , à chaque pas que je faisais , quelques-uns de ses accents, lui servaient de preuves pour me convaincre, me conjuraient de l'écouter et de lui obéir. Rome est une prédication constante : les temps y sont rassemblés , les choses s'y accordent pour confesser Jésus-Christ. Yoici les statues des dieux et des empereurs : maîtres du monde, qui donc vous a fait des-
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oondro du ciel, cl (iiicllos arnios vous ont détrAiiés? Voici les bustes des écrivains et des sages : A philosophes ! A penseurs profonds ! vous adoriez tous les vices, ne sachant comment les vaincre ; vous attachiez par des chaînes vos dieux lares, de crainte qu'ils ne quittassent vos demeures; vous cachiez soigneusement le nom de vos dieux tutélaires, afin qu'un ennemi, venant à les connaître, ne les séduisît pas par des présents plus riches que ceux dont vous les honoriez! Sénèque, vous preniez part à l'apothéose de Claude ! Cicéron, votre ferme esprit se troublait d'un présage, et, au fond de toutes les doctrines que Tesprit humain peut inventer, vous proclamiez l'incertitude du savoir, l'impuissance de la raison ; vous appeliez une révélation de la Divinité ! Voici la trace encore visible des dévastations des barbares : qui donc à pu discipliner les barbares ? Voici les images des apAtres : artisans et pécheurs de la Judée , hommes simples et sans lettres , qui vous a faits plus savants que les sages, plus puissants que les empereurs ? par quel art avez- vous renversé les dieux de Rome et du monde? par quelles victoires avezvous établi le pouvoir qui vous dresse ici^ et dans tout l'univers , des statues et des autels ?
Et ainsi de tout ce que l'on voit. Rome est bien ce livj^e des ignorants dont parlait un bon pape, qui voulait que les églises fussent couvertes de peintures et de sculptures, où le pauvre peuple pourrait toujours lire couramment les belles histoires de la religion. Si les lieux saints de Rome semblent être des musées embellis par le génie des arts, les musées, à leur tour, y pourraient souvent passer pour des chapelles où l'art est ennobli par le génie de la foi. L'Ecriture s'y déroule en mille tableaux, tracés par des pinceaux sublimes ; partout sont les grandes scènes des
Évangiles ; quelquefois si douces et si touchantes , quelquefois si douloureuses, toujours remplies de si hauts enseignements. Les saints, resplendissants de paix et d'espérance, les martyrs, aussi calmes dans les tourments que dans la prière, les prophètes inspirés, les apôtres glorieux, l'enfant Jésus et la céleste Mère, y sanctifient en quelque sorte jusqu'à la curiosité, et font du plaisir des yeux une admirable leçon pour le cœur. Non seulement je puisais, avec l'aide de mes amis , dans ces visites une instruction des choses saintes qui m'avait manqué , j'y recueillais encore d'imposants témoignages. Ces saints, ces martyrs , ces hommes illustres des âges chrétiens , dont je voyais les images ; ces grands artistes dont j'admirais les œuvres; ces papes, les tuteurs du monde, plus puissants par la foi, par la sagesse, la patience et l'amour, que jamais conquérant n'a su l'être par la force du génie et par la force des armes , — ils avaient cru ; ils attestaient par une succession de dix-huit siècles, par l'autorité de tous les événements , de toutes les pensées, de toutes les œuvres, de toutes les sciences, et les dogmes que l'on me proposait de croire, et les merveilles qui m'étaient racontées ; et plusieurs parmi eux , convertis miraculeusement , ne laissaient pas dans mon esprit un doute qui pût s'appuyer de l'ombre d'une raison.
Et j'éprouvais un immense mépris pour moi-même, en considérant ce qui m'empêchait d'être encore de la religion des grands hommes , des saints , des vierges , des martyrs ; de la religion qui était déjà celle de ma raison et de mon cœur.
Soyez béni, mon Dieu, d'avoir eu si tendrement pitié de moi ! d'avoir mis dans mon âme un sentiment de justice que je ne pouvais vaincre , un sentiment d'hon-
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neur qiio je iw [)()iivais ('(ouH'cr cl (iiii muiiiiuniil loiijours ! do m'avoir soumis aux contiiuicllos persécutions de kl conscience, à rimplacal)le dégoût de mes plus violents désirs, h T insupportable remords de mes mauvaises actions ! et , quand vous avez vu que toutes ces choses ne suffisaient pas, de m' avoir enlevé soudainement du théâtre de mes misères , comme on emporte un enfant malade pour lui faire respirer sous d'autres cieux un air meilleur ! Soyez béni de m'avoir présenté goutte à goutte, par des mains amies , et dans Rome , ce vase enduit de miel des miracles, le breuvage salutaire qui m'a guéri; la doctrine , maintenant adorée , où je veux vivre toujours , et pour laquelle j'espère que je saurais mourir comme vos martyrs bienheureux. Amen.