‹ Rome et MoscouChapitre 19 sur 51 · I . Voir chap. m · texte numérisé non relu

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tique vis-à-vis de Moscou à Tendroit des relations avec Rome : dans ces révélations se concentre l'importance historique de la mystification. Quelle était, se demandera-t-on enfin, dans tout cela la part d'Ivan ? peut-on supposer qu'il ait eu des velléités de rapprochement avec Rome et qu'il ait autorisé ses agents à faire des démarches dans ce sens? Le lecteur aura pu se convaincre que les documents ne fournissent pas de preuves à Tappui de cette thèse : les patentes de Schlitte ne contiennent pas la moindre allusion aux affaires d'Église, celles de Steinberg ont été délivréesà Tinsu d*Ivanetne sauraient et reprises pour l'expression de sa pensée personnelle. Mais peut-être Schlitteavait-il des instructions verbales, qu'on n'a pas osé confier au papier? Rien n'autorise une conjecture si étrangère aux mœurs du Kremlin : nous sommes à l'époque brillante du règne d'Ivan, le métropolitain Macaire et surtout le pope Sylvestre ont une influence prépondérante sur les affaires religieuses; ni l'un ni l'autre ne

sont suspects de latinisme, les nombreuses ordonnances du tsar n^en portent pas la moindre trace et lui-même, à l'occasion du siège et de la prise de Kazan, fait parade de ses sentiments orthodoxes.

L'attachement à la foi de ses pères dure autant que sa vie, malgré le désordre de ses mœurs : les années i58i et i582 en sont la preuve. Réduit à la dernière extrémité par les victoires de Bathory, il demande l'intervention du pape pour obtenir la paix, mais il reste inébranlable sur l'article de la religion. Lorsque Possevino, envoyé auprès de lui par Grégoire XIII, lui en parle, il remet Taffaire jusqu'après la conclusion de la paix; celle-ci une fois signée, à peine consent-il à des discussions stériles, qui restent sans résultat.

Supposer qu'Ivan ait été plus conciliant et plus accessible à l'époque de sa gloire qu'au moment de ses désastres, c^est méconnaître complètement son caractère.

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